HAUT -CANADA
CATHOiiiqnai. psotutaxti.
1842 787ll9 407,936
L'accroissement, pendant la dernière période décennale, a été, dans le Bas-Canada, de 26.25 pour les catholiques et de 17 p. 100 pour les protestants; dans le Haol- Canada, de 54 et 4>5 p. 100; dans la province entière, de 31.25 pour les catholiques et de 40.75 pour les protestants.
Ce dernier résultat confirme notre précédente remarque sur la prédominance graduelle du protestantisme au Canada, par le fait de l'émigration, malgré raccroissèment soutenu de la population catholique indigène.
Les documents qui précèdent sur la distribution des races et des religions au Canada ont une grande importance politique en ce sens qu'ils vont probableinenl servir de base à de vives discussions au sein des Chambres provinciales au sujet de la représentation proportionnelle à la population. On a pu voir, en outre, par les démonstrations orangistes, qui ont signalé, en 1860, le passage du prince de Galles dans le Haut-Canada, jusqu'où peut aller l'esprit de parti quand il est alimenté par des difl'érences de races et de croyances. M est, au sui-plus, une justice que Ton s'accorde à rendre aux catholiques du Canada, c'est qu'ils se montrenl sensiblement plus tolérants que les protestants. Leur influence, qui est prépondérante dans le Bas-Canada, ne s'y exerce jamais au détriment des membres des autres communions ou sectes religieuses, avec lesquels ils vivent, au contraire, en fort bonne intelligence. H n'en est pas ainsi des protestants du Haut-Canada, dont un grand nombre nourrit contre les adhérents de l'Église romaine une animosilé violente et toujours prompte à se manifester. Cette altitude hostile du protestantisme n'a pas de but bien déterminé et n'a encore amené aucun résultat; mais elle entretient dans le pays un élément d'antagonisme, qui pourrait, dans certaines circonstances, déterminer des désordres graves.
DIX-SEPTIÉIE ÉTUDE.