‹ La France et l'étrangerChapitre 99 sur 177 · LA GRÈCE D'APRÈS LES DOCUMENTS OFFICIELS · texte numérisé non relu

LA GRÈCE D'APRÈS LES DOCUMENTS OFFICIELS

I« RtosdjiieBeib sUtiitifies sir la Grèce (1860). — 2" Population it la Grico (déioDbrameit et moivemeit) ei 1861. (1862.)

En rendanl compte, dans un autre recueil, de la première de ces deux publications officielles, nous nous exprimions ainsi (Journal des Économistes, octobre 1861): (Le temps, hélas! est bien loin de nous où la Grèce excitait en Europe, je dirai mieux, dans le monde entier, les plus vifs transports d'enthousiasme, où les nations chrétiennes faisaient, à son profit, une nouvelle croisade contre les infidèles; où, de (ous les points du globe, armes, munitions, vivres, argent, aftiuaient sur ses côtes; où des volontaires sans nombre venaient se ranger sous son héroïque drapeau et partager ses périls. Aujourd'hui que le but est depuis longtemps atteint, que la Grèce est libre (trop libre peut-être), que la Turquie n'inspire plus d'autre inquiétude que celle de son incurable faiblesse, aujourd'hui les ardentes sympathies d'autrefois se sont éteintes, et c'est avec un sentiment d'une tout autre nature que les trois puissances qui ont travaillé à son indépendance, versent, chaque année, entre les mains de ses créanciers, les intérêts de l'emprunt contracté, sous leur garantie, par le nouvel État européen.

cCe visible changement dans les dispositions des grands États protecteurs à regard du royaume hellénique, est-il justifié? Les humiliations que quelques-uns, rÂDgleterre notamment, lui ont prodiguées, sont-elles motivées? Est-il vrai que la Grèce n'ait pas su se créer de bonnes finances, une administration régulière et stable, un gouvernement populaire et fort, des institutions politiques en harmonie avec les exigences de l'ordre et de la liberté? Est-il vrai qu'elle aurait été ingrate; qu'elle n'aurait pas suffisamment gardé le souvenir des inappréciables bienfeits de l'Europe, qu'elle aurait manifesté d'imprudentes sympathies ou antipathies; qu'elle aurait dédaigné de salutaires conseils; qu'elle aurait, enfin, par des pensées d'agrandissement prématurées, offensé certaines hautes susceptibilités? Autant de questions que nous n'avons pas mission d'examiner et encore moins de résoudre ici. Il en est une, toutefois, sur laquelle il nous sera permis peut-être de dire, en passant; notre avis; c'est celle de savoir si la Grèce a voulu sérieusement se donner une organisation administrative efficace. Or, l'affirmative ne nous parait pas douteuse, et nous n'en voudrions, au besoin, d'autre preuve que le recueil statistique dont le titre précède. A nos yeux, en effet, tout pays qui cherche à s'éclairer, qui veut se connaître, qui fait des enquêtes périodiques sur sa situation économique , ce pays a évidemment rintention de profiter des lumières qu'elle aura ainsi provoquées, et de donner à son administration, à son gouvernement, la direction indiquée par les besoins que ces enquêtes ont fait connaître. Nous dirions donc volontiers avec Monod, l'auteur oublié d'une excellente thèse latine sur la statistique : SicUisUca initium regum sajyientiœ.T^

Depuis la date de ces lignes (oclobre 1861), la Grèce a fait un nouvel usage, le plus grand, le plus redoutable qu'elle pût en faire, de cette liberté dont nous signalions le développement prématuré ; elle a chassé le roi qu'elle s'était donné avec l'adhésion des puissances protectrices et s'est mise en révolution. Au nom des intérêts de la science, les seuls qui doivent nous préoccuper ici, nous faisons les vœux les plus sincères pour que cette révolution se dénoue heureusement, et que le Bureau d'économie publique puisse reprendre, sans retard, le cours de ses paisibles et fructueux travaux.

En fait, la statistique officielle exisie en Grèce depuis 1834. A cette époque, il a été organisé, au ministère de l'inlérieur à Athènes, un service chargé de recueillir les éléments de la statistique de l'État: et, pour assuier, autant que possible, le suc^ ces de cette mission, une loi, empruntée à la Belgique , à l'Angleterre et aux Étals- Unis, a rendu obligatoire, sous une sanction pénale, la réponse des administrés aux questions posées par l'administration.

La première publication de ce bureau , alors dirigé par M. Spiliolakis, ancien commissaire du gouvernement grec près de l'exposition universelle de 1855, ancien délégué du même gouvernement au congrès international de statistique de Paris, remonte à 1860. Elle comprend le résultat de ses recherches sur le mouvement de la population, sur la criminalité et sur les finances. Bien qu'en ce qui concerne la population, cette publication se rattache étroitement à la seconde, nous Fanalyserons séparément, pour avoir une juste idée du progrès réalisé par la statistique officielle de la Grèce de l'une à l'autre époque.

Mesurée par les dénombrements, la population du royaume s'est élevée, de 675,646. en 1821, à 1,062,627 en 1856. C'est un accroissement total de 391,570, soit de 57 p. 100 pour la période entière, et de 1.63 p. 100 par an. Si l'on omet l'Angleterre et la Prusse, c'est la proportion d'accioissement annuel la plus forte que l'on constate en Europe.

En 1856, on comptait, en Grèce, plus de femmes que d'hommes, dans le rapport de 51.40 à 48.60. La proportion est un peu moindre dans les autres États de l'Europe, même en Allemagne où l'émigration masculine est considérable. 11 faut faire cependant une exception pour l'Ecosse, où le rapport des femmes est de 51.80, et pour la Suède où il s'élève à 51.50 au moins. Nous verrons plus loin qu'en 1861 ce n'est plus le sexe féminin, mais le sexe masculin qui l'emportait en Grèce.

L'âge des habitants de la Grèce en 1856 n'est qu'imparfaitement donné. Nous ne pouvons même expliquer que par quelque besoin administratif, les deux divisions un peu étranges : 1^ d'enfants de 0 à 18 ans; 2^ de célibataires de 18 à 25 ans, les seuls que contienne le document officiel.

En 1848, un dénombrement spécial a fait constater l'existence de 180,672 familles et 203,064 maisons dont 10,139 inhabitées. G'est un résultat assez extraordinaire, en ce sens qu'il y aurait eu plus de maisons que de familles. Si le fait était exact, et si les édifices pubUcs , les constructions agricoles et industrielles n'avaient pas été, par mégarde, confondus avec les maisons, il faudrait croire qu'il existait en Grèce, en 1845, un plus grand nombre de maisons inhabitées que ne l'indique le document officiel. Quant au rapport des familles à la population, il serait de 5.4 pet^sonnes par iamille, chiffre peu difierent de celui que l'on constate ailleurs.

En 1855, les principales professions étaient exercées par le nombre de familles ci-après :

Agricollore.

Imlutlrte.

XégoeiaDU ProfeMiuiis Fonctionnaires otmarini. Itbéralet. publics.

Clergé.

IntlifenU.

Il esl remarquable que la marine marchande occupe près de Irois fois plus d'habitants que le commerce intérieur, 20,775 contre 6,925. Le chiffre de 20,775 serait memQ très-inférieur à la vérité, puisque M. Spiliotakis assure que la population des îles est à peu près exclusivement maritime (249,093 habitants), et que, dans un moment donné, la Grèce peut, sans peine, embarquer plus de 50,000 marins.

La superficie de la Grèce étant évaluée à 45,429 kilomètres carrés, elle possédait , eu 1856, 23.»S8 habitants par kilomètre; c'est une des plus faibles densités connues en Europe, ainsi qu'il résulte du tableau ci-après, dressé d'après les census les plus récenls :

lUPBBriCIB POPULA-

en kilom. tiom.

Àllemafime (en général) . ; . 648,360 44,174,707 Antriehe (1861 et moins lei

proTinces allemandes). . . 443,718 88,109,039

Belgique 89,435 4,529,560

Danemark 46,608 8,010,458

S'psffne 454,850 15,445,514

France (1861) 541,840 37,388,000

CtraQde-Bretagne et Irlande. 801,009 89,031,164

Hollande 84,516 3,899,183

POPU- LATION

spéctfiq.

SUPBS-

ri en popuLAen kiloiD. tiok.

POPU- LATION

spéciiq.

IUlie (Roy. d') [1661]. . 846,456 81,788,589 88

Portugal 95,600 3,578,677 87

Prusse 98,556 4,161,655 • 45

Romains (EtaU-) [18611. 11,556 690,000 59

Russie 5,850,744 66,638,187 18

Suéde et Norwége . . . 759,000 5,877,776 7

Suisse 38,844 8,534,848 65

Turquie • 851,378 10,500,000 41

Disons, en passant, que cette comparaison des densités' né saurait conduire à (les résultats exacts, parce qu elle ne porte pas, si nous pouvons ainsi dire, sur des valeurs de même nature. Prenons pour exemple la Belgique d'un côté, la Suède et la Norwége de l'autre, ces deux antipodes des densités européennes. Dans le premier des deux pays, situé sous une zone tempérée, la presque totalité du sol est plus ou moins cultivable. On comprend donc que la population s'y agglomère plus ou moins uniformément. Dans la seconde, au contraire, l'existence de vastes surfaces d'eau, (le montagnes rocheuses et incultes, de marais impénétrables, de forêts indéfrichables, puis la rigueur du climat qui frappe de stérilité une notable partie du sol, obligent la population à se concentrer sur une surface restreinte. Les deux pays ne peuvent donc être utilement rapprochés au point de vue du rapport entre le territoire et la population. A nos yeux , une comparaison de ce genre ne pourrait avoir quelque intérêt pratique qu'à superficie cultivable égale.

Les relevés de l'état civil de la Grèce ne méritent pas une confiance absolue; c'est M. Spiliotakis qui nous en avertit. Nous démontrerons plus loin qu'ils n'avaient pas une valeur beaucoup plus grande en 1860. Voici, en attendant^ les nombres recueillis de 1849 à 1852:

desn

POPULATION. MARIAOaS. RAUSAVCBS. DÉCAt.

En déduisant une moyenne annuelle du chiffre de la période entière, on trouve 1 mariage pour 193 habitants seulement (une des plus faibles proportions constatées jusqu'à ce jour), 1 naissance pour 37,6 (chiffre également trop faible), 1 décès sur 44 (46 en 1852) rapport aussi favorable qu'en France et en Angleterre, et 5.1 naissances par mariage. Enfin, si l'excédant des naissances sur les décès était

exact (moyenne annuelle 3,830), raccroissement de la population par celle voie, ne serait que de 0.38 par an. L'immigration ferait donc la différence entre ce chiffre el celui de 1.63 par an qu'indiquent Içs recensements? Mais quels seraient donc les pays qui fourniraient une pareille immigration? Nous ne les connaissons ni ne pouvons les soupçonner.

Toujours d'après l'état civil, la Grèce n'aurait eu, en 1852, que 81 naissances naturelles sur un total de 25,343, soit 1 sur 313 naissances. Voilà une sévérité dans les rapports sexuels, qui témoigne, à un degré vraiment extraordinaire, do l'austérité des mœurs grecques, pour emprunter les expressions de M. Spiliolakis.

Infiniment moins heureux en France, nous comptons 1 naissance illégitime sur 13 naissances totales, et la plupart des pays qui nous entourent (sauf, au moins en apparence, l'Angleterre, où un grand nombre de naissances, tant naturelles que légitimes, échappent à l'état civil), ne sont pas dans une situation beaucoup plus favorable.

En 1852, les registres de l'état civil ont indiqué 11,691 décès masculins et 9,684 féminins. Si nous rapprochons ces nombres de la population par sexe pour 1856 (elle n'est pas donnée pour 1852), nous avons 1 décès masculin sur 44.3 hommes, et 1 décès féminin sur 56.6 femmes. Nous retrouvons bien, dans les autres pays, une différence de mortalité en faveur du sexe féminin , mais nulle part l'écart est aussi considérable. Serait-il dû, par hasard, aux périls qui menacent particulièreraenl le sexe masculin dans un pays où la population maritime est si considérable?

En résumé, ces résultats, un peu insolites, nous paraissent pouvoir être attribués, pour une forte part, à des omissions dans les déclarations à Tétat civil, pour une pari, peut-être égale, à des inexactitudes dans le relevé des registres qui les reçoivent.

Le tableau du mouvement de la criminalité qui suit immédiatement , exigerait quelques explications au sujet du chiffre exceptionnel des accusations de 1845. En voici, au surplus, les résultats généraux en ce qui concerne le nombre annuel des crimes commis. (Ne serait-ce pas plutôt poursuivùf)

aa6

De 1846 a 1850, la progression a été de plus du double. Cet accroissement ne serait-il qu'apparent? Ne résulterait-il, comme le veut M. Spiliotakis, que d'améliorations continues dans l'administration de la justice criminelle? Nous faisons quelques réserves sur ce point.

Après le mouvement de la criminalité, celui de l'instruction publique. Il existe, en effet, entre ces deux ordres de faits, une étroite relation qui n'a pas échappé à M. Spiliotakis.

A une époque qui n'est pas indiquée, la Grèce possédait 955 établissements de tous les degrés, ayant 1,223 maîtres ou professeurs, fréquentés, en 1853, par 46,827, en 1856, par 64,961 élèves, et recevant une subvention totale de 1,077,522 drachmes (969,769 fr.)

Le tableau des finances de l'Étal à diverses époques, termine celte pramère série de monographies statistiques. Nous y trouvons les indications ci-après :

~ ^ Dr.

Dr.

Dr

Dr.

Dr.

Recettes. . .

Dépense» . .

Des chiffres ainsi donnés pour des années isolées et à une grande distance Tune lie Tautre, ne sauraient conduire à des induction^ sérieuses sur la véritable situation financière d'un État. Tout incomplets qu'ils sont, ils contiennent cependant quelques enseignements utiles. Ainsi, par suite, sans doute, d'une meilleure assiette de l'impôljes recettes s'accroissent rapidement de 1834 à 1843. Un temps d'arrêt Irésmarqué signale la période 1843-1851. Une amélioration assez sensible se produit de 1851 à 1859. Le déficit, énorme en 1833, considérable encore en 1835, disparaît en 1843, pour se montrer de nouveau^ en 1851, et faire place, en 1859, à un léger excédant de receltes.

La seconde publication statistique du Bureau d'économie puilique appartient à M. A. Soutzo, professeur d'économie politique à l'Université d'Athènes, successeur momentané de M. Spiliotakis, aujourd'hui réintégré dans ses fonctions de directeur. Elle comprend deux fascicules relatifs, le premier, aux résultats du dénombrement de 1861 , le second, au relevé de l'état civil en 1860.

Quelques mots d'abord sur le dénombrement. Cette opération a été faite conformément au programme des congrès internationaux, c'est-à-dire dans les conditions jugées nécessaires pour arriver à une appréciation aussi exacte que possible de la situation économique des populations. L'enquête a porté, en effet, sur les sexes, rélat dvil, les âges, les professions, les cultes, les nationalités, sur le nombre des familles et des maisons. Elle a eu lieu conformémeni au système français, qui consiste, comme on sait, dans le recensement à domicile par les agents de l'autorité municipale. Le système anglo-belge (dépôt dans les maisons de bulletins imprimés destinés à être remplis par les habitants) n'a été pratiqué que dans les deux villes d'Athènes et du Pirée^ où on a supposé que la population pourrait fournir, sous cette forme, les renseignements demandés par l'administration. C'est encore le système français qui a prévalu au point de vue du choix de la simple résidence comme base du dénombrement. Enfin , pour prévenir autant que possible les omissions et les doubles emplois, les instructions ont prescrit que les opérations commenceraient le même jour dans toutes les communes et que leurs résultats seraient transmis à l'autorité supérieure, dans un délai déterminé. Les agents consulaires helléniques ont, en outre, été chargés de faire connaître au gouvernement le nombre fie leurs nationaux établis ou résidant à l'étranger.

D'après le recensement opéré dans ces conditions , la population grecque aurait •ilé, en 1861, de 1,096,810 habitants, soit un accroissement de 34,183, par rapport â 1856. C'est 3.22 p. 100 pour la période entière et 0.64 par année. On voit que le progrès constaté de 1821 à 1856 s'est considérablement ralenti, et qu'aujourd'hui la Grèce est rentrée, à ce point de vue, dans des conditions plus régulières et en quelque sorte normales. Maintenant, l'accroissement constaté de 1826 à 1856 résultait-il réellement de recensements effectifs, ou n'avait-il été déterminé que par de simples évaluations? c'est un doute que les publications officielles n'ont pas cornplélcment éclairci pour nous. S'il en était autrement, c'est-à-dire si les habitants raient été réellement recensés en 1821 , 1832, 1842, 1852 et 1856, il y aurait lieu l'être surpris d'un ralentissement aussi marqué dans le mouvement de la populaion d'un pays qui ne compte encore que 24 habitants par kilomètre carré et où 'émigration est très-probablement insignifiante. Voici, au surplus, la proportion l'accroissement résultant de chacun des six dénombrements (réputés tels) du ■oyaume, de 1821 à 1861 :

ttadcs SUtJtltqOM. 21

FOPULATIOH.

ACCBOIIIB- MBMT

abiolii.

ACOSOXMBMBHT P. 100

11 (annéea) S6,96t

10 (annéM) 140,397

10 (annéei) 149,107

. 4 (années) 60,615

6 (annéei) 34,183

pour

U période.

par «BBée.

Ce tableau, si les éléments en sont exacts, est très-instructif. Il montre, en effet, que, pendant la période qui a vu la guerre de l'indépendance , puis les premiers essais d'organisation politique et administrative du jeune État, l'accroissement de sa population a été modéré. De cette période a la suivante, c'est-à-dire sous l'influence du développement des éléments de prospérité que son sol, son industrie, mais son commerce surtout lui assurent, son mouvement ascendant est très-rapide. Il l'est encore, sous la même influence, mais à un moindre degré, de 1^42 à 4852. Nouveau ralentissement, dû probablement à quelque perturbation dans l'une des sources de sa richesse (la diminution de sa production viticole par suite de l'oïdium?), de 1852 à 1856. Enfin, le mouvement se modère très -sensiblement de 1856 à 1861 , peut-être par suite de la persistance du même phénomène économique.

Calculée de 1821 à 1861 (40 ans), la proportion d'accroissement est de 1.56, ce qui porte à 44 ans 9 mois la période de doublement. Voici, à ce dernier point de vue, la place qu'occupe la Grèce parmi les principaux États de l'Europe.

PAYB.

▲aflf terre et payi de OaUei .

▲ntrlcbe

Bade (frmnd-dttobé)

Barière

Belgique

Panemark (saiii lei dnobés). .

iooMe

ittaU romatna

Vranee

Oréee. . . -.

HanoTre

Hollande (aaiii le Limbourr) .

Vaplea (tau la Sielle)

Norwéfe

Plimoat (sana la Bardaiffne) .

PrsMe

Base

Bttéde

BnlMe

Wortembert

FOFCLATIOir.

ACCBOietBMBirT

p^aiODBa

toUl.

p. 100 par an.

de

doublement.

89 an s.

Ois

clàssiucsst

par ordre décroissant

de U

darée de cette période.

Antricbe. . . . 198aB«- Belgiqae .... 158 Wartemberg. . 145 Bavière. .... 189 Hanovre .... 188

France 188

BaiMo 108

Naplea 91

Bade ...... 91

Piémont .... Si

Hollande ... 8) ^tato romaine. T9

Bnéde 69

Norwéff 57

Danemark ... 56

Saxe SI

]£come U

Grèce 44

Pmeie 41

Angleterre. . . 89

La Grèce est du très-petit nombre d'États européens qui présentent un excédant du sexe masculin sur le sexe Téminin. On y a recensé, en effet, pour 100 habitants, 51.725 hommes et 48.275 femmes. Cette prédominance masculine a peut-être sa cause dans le fait du grand nombre de femmes grecques qui, d'après M. Soutzo, vont habituellement chercher à l'étranger des moyens d'existence et n'ont pas figuré sur les listes du recensement, tandis que les marins de la même nation, naviguant sous des pavillons étrangers, y ont été portés.

Le document ci-après indique combien est rare le phénomène de la supériorité numérique des hommes dans les populations européennes :

▲nias.

POUB 100 HABIT.

Hou

FenuBM.

Angleterre et pays d« Oalles.

Aatriehe

B«de (grand<^aclié)

Btriére

Belgique

I/anemark (duchés compris).

£co»»e

Euu romBiae. ........

Frtoeo

Hanovre

UoIlsDde

POUB 100 ] ▲VBiBS. ^^^

Irlande 1861 49.53 50.47

Naples (moins la Sicile). . . 1851 60.45 49.65

Norwége 1855 49.19 50.81

Piémont 1848 60.54 49.46

Prusse 1858 49.82 60.M

Saxe royale 1858 48.90 51.10

Saxe-Weimar 1852 49.06 60.94

Snèdo 1850 48.45 51.65

Suisse 1860 49.61 50.49

Toscane (g rand-dacbé) . . . 1849 60.85 49.15

Wurtemberc 1852 48.36 61.64

Ainsi, à l'exception de la Belgique^, de la Grèce et des divers États italiens, la prédominance féminine est un fait général en Europe. On Ta expliquée par Teflèt sur les populations européennes (effet encore sensible dans les âges avancés) des grandes guerres du premier Empire. Pour quelques États (Royaume-Uni et AUemague) Féraigration, qui porte principalement sur le sexe masculin, est certainement une des principales causes du phénomène. Ailleurs, il a été attribué ou à la plus grande mortalité du sexe masculin, soit congénitale, soit comme conséquence des dangers qui s'attachent aux professions dévolues à ce sexe, ou à des faits de guerre fréquents.

Même dans les pays les plus habitués aux enquêtes de celte nature, et où les mesures sont prises avec le plus d'intelligence pour en assurer l'exactitude, le dénombrement par âge rencontre de nombreuses difficultés.

Tantôt, en^ffet, les individus à recenser sont absents et les intermédiaires ne connaissent pas exactement leur âge; tantôt des raisons diverses, quelquefois les moins sérieuses, décident les habitants à atténuer ou exagérer le nombre de leurs années; souvent, dans la pensée que ce» renseignement ne peut offrir aucun intérêt, Tàge des enfants au berceau n'est pas indiqué. Les documents publiés sur cette branche, cependant si importante, de la statistique humaine, ne doivent donc être consultés qu'avec la plus grande réserve, et nous n'hésitons pas à appliquer cette observation au tableau qui suit et s'applique à la Grèce (pour 1,083,988 hab. seulement) :

De 0 à 18 ans (S) 500,824

De 18 à S5 ans 138,840

De S6 à 30 ana 105,837

De 30 à 40 ans 187,371

Pour 100.

De 40 à 60 ans 98,891

De 50 à 60 ans 64,801

De 60 à 70 ans 96,869

Audessos 18,156

Foar 109.

ro6

La nomenclature des âges employée dans les divers États, différant plus ou moms notablement, il nous est assez difficile de rapprocher exactement les rapports qui précèdent des résultats analogues recueillis dans d'autres pays. Voici cependant quelques éléments de comparaison indirects extraits des documents officiels :

1. En 1846, on ayait recensé en Belgique 19.88 hommea et M). 12 fenunes.

2. Cette coupure de k nomenclature des âges est un poa étrange et aurait besoin détre josonc*. On ne B^explique pas, en outre, que les séries intermédiaires ne aoieot pM indiquées.

Vnn». Gr.-Brtt* BeWiviM. Hoitand*. Piimoat. <#r'>i|M. Komig: 8««Ib. .

(1851.) (I8fll.) (1846,) (1840.) (1848.) (1848.) (1845.) (1850.) (1850.)* (18*0.)

De Oà Sans 9.291 13.059 11.644 13.821 11.878 18.602 18.810 12.569 12.899 1S.548

file 5àl0aA« 9.216 11.688 10.906 10.900 11.377 12.459 10.446 | ^^'^ ^'^ { ^'^

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Pe80i80aai 16.646 17.524 16.616 16.445 17.6S4 15.248 18.012 17^109 16.97;» 1748»

De 80 à 40 ans 14.743 13.080 13.515 13.174 13.664 13.194 11.567 13.534 13.876 13.77!

De 40 A 50 ans 12.465 9.619 11.798 10.549 10.788 11.589 10^79 9.991 11.011 10J6S

De 50 à 60 an» 10.172 6.895 7.806 7.437 7.729 8.075 8.198 8.316 7.880 7.«8

De 60 4 70 ans 6.455 4.509 5.490 4.917 4.880 4.032 5.106 5.126 5UK0 4.SSS

De 70 à 80 ans 8.013 2.218 2.687 2.380 2.023 1.283 2.530 2.232 2.499 1.900

De 80 à 90 ans 634 572 711 548 398 603 823 440 587 iO»

DegOansetau-dessns. 48 47 57 37 34 65 98 ' 21 39 8

Total 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000

En prenant la série de 0 à 20 ans, qui se rapproche le plus de celle de 0 à 18» on trouve, pour les pays qui font l'objet du tableau ci-dessus, les rapports p. 100 ci-après:

En présence de ces faits, il est très-probable que le rapport de 45.75 p. 100, attribué à la Grèce par le census de 1861 et pour la série de 0 à 18 ans seulement, est exagéré, à moins que la fécondité des maiîages n'y soit exceptionnelle et que les 'parents n'y aient l'heureux privilège de conserver le plus grand nombre de leurs en- Êmts. Mais M. Soutzo, en faisant remarquer que, dans son pays, là mortalité aax bas âges est très-considérable, croit pouvoir attribuer le rapport qui nous occupe au désir c des chefs de famille de soustraire leurs eniants à Tobligation du rec^al^ ment, en leur attribuant un âge inférieur â celui de 18 ans.> Nous avons à peioe besoin de faire remarquer qu'une préoccupation de cette nature ne saurait lister dans les pays où le recrutement s'opère d'après la force des classes, c'est-à-dire des jeunes gens qui atteignent, d'après les relevés de l'état civil, l'âge de 20 ans accomplis.

L'effet de ce rapport, plus ou moins erroné, devant se prolonger sur toutes b autres séries d'âge et attribuer, par conséquent a la Grèce, comparativement m autres pays, un moindre nombre d'adultes, nous ne croyons pas devoir continuer un rapprochement inutile.

Nous avons assez longuement insisté ailleurs (voir notre étude sui* les pr&fessim en Europe) sur l'importance d'un recensement d'après les divers moyens d'existence, au point de vue d'une saine appréciation de l'état économique d'une population. Le tableau suivant, que nous avons formé, pour la Grèce, avec les éléments de ee recensement spécial en 1861 , nous paratt donc devoir être lu avec intérêt Comme il se rapporte â 377,659 individus seulement, nous avons lieu de penser, bien que le texte officiel ne soit pas explicite sur ce point, que ces individus sont des chelis de fiauuille, et que, par conséquent, les femmes et les enfiints (autres que les étudianisi en ont été éliminés.

Pro|.«l.î...loda-r^el.C8). ^ri^-"' -^^^^ ^^^^ J^^^^^" T---

OhlifreaabBoIas. . . . 16,122 52,893 186,460 81,855 70,454 20,875 377,659

Pour 100 4.27 13.67 49.37 8.43 18.66 5.40 1»<^

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