M. CHAUVEAU
Ce n’est pas sans une vive émotion que je propose une santé toujours accueillie avec le plus grand enchousiasme.
Je ne sais plus lequel de nos hommes d'état, tant le mot a été répété depuis, je ne sais qui a dit que notre devise à nous Canadiens-français devrait être ‘ Souveraineté britannique et nationalité française.” La manière dont le premier toast à ‘€ Notre gracieuse Souveraine”’ a été accueilli ce soir, et l’'inpatience avec laquelle on semble attendre celui que je dois proposer témoignent, dans tous les cas, de la justesse de ce dicton.
Je suis heureux de voir à ma droite l’homme distingué qui représente officiellement la France au Canada. Il saura en répondant à cette santé nous parler convenablement de la France et du Canada ; il tient aujourd’hui autant à l’une qu’à l’autre et si je ne craignais pas de le compromettre j'oserais dire qu’on ne sait trop si M. Lefebvre, est un français qui fait les affaires de la France au Canada, ou un canadien chargé de nous revrésenter à Paris (vifs applaudissements).
Dès son arrivée dans ce pays M. Lefaivre s’est épris de nous, de notre histoire, de notre avenir. Dans ses voyages
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en France il s’est efforcé de nous être aussi utile quil l'était à son pays. Il ne s’est point contenté de servir les intérêts du commerce et de l’industrie des deux peuples, il nous a été dévoué dans un autre ordre de choses; il a fait à Versailles de très habiles conférences sur notre littérature, il il a écrit dans des revues sur notre mouvement intellectuel et social, enfin il a obtenu de l’Université de France des privilèges remarquables pour notre Université Laval, dont il est membre dans la Faculté des lettres où il a été élevé au degré de docteur. Du reste la France s’est toujours montrée disposée à nous favoriser de cette manière.,et il y à quelques années notre concitoyen M. Euclide Roy obtenait par un privilège tout particulier le certificat de capacité de la Faculté de droit de Paris où il était allé compléter ses études.
Messieurs, je suis certain que vous avez hâte d'entendre notre ami, M. le Consul de France, et je propose sans autres remarques ce toast: à la France, la patrie de nos ancêtres ! (Applaudissements.)
M. le consul général de France, venu spécialement de Québec pour assister à cette démonstration, répondit dans les termes suivants qui furent à maintes reprises chaleureuse-
ment applaudis.
M. LEFAIVRE, consul général de France,