‹ La France et le Sacré CœurChapitre 112 sur 148 · S. EM. LE CARDINAL GUIBE.RT · texte numérisé non relu

S. EM. LE CARDINAL GUIBE.RT

Archevêque de Paris, qui, en 1871, prit sous son patronage spécial l’Œuvre du Vœu'national, et, le 16 juin 1875, posa la première pierre de la basilique de Montmartre.

plus beaux monuments, n’eut peut-être fait de la grande ville qu’un monceau de cendres !

Aussi, dès que l’ordre fut quelque peu rétabli, l’œuvre de réparation se propagea de tous les côtés avec la rapidité de la flamme et commença vraiment à revêtir un caractère national. Le nouvel archevêque de Paris, Mgr Guibert, s’empressa de la prendre sous son patronage spécial. Ce digne fils de Msr Eugène de Mazenod, le fondateur des Oblats de Marie et le promoteur du culte du Sacré Cœur en France après la Révolution, comprit de suite l’importance et la sublimité du projet : « Oui, Messieurs, je bénis votre œuvre de tout mon cœur, dit-il à ceux qui lui proposèrent l’idée du Vœu national; non seulement j’applaudis à la pieuse pensée qui l’a inspiré, mais je la fais mienne, et je vais me dévouer de toute mon âme au succès de cette entreprise. » Quelques mois après, tous les évêques de France avaient envoyé leur adhésion pleine et entière et promis un concours efficace. Un comité de laïques éminents fut constitué, et ne tarda pas à recevoir de Pie IX le bref le plus flatteur. Bientôt, en dépit de certaines oppositions, l’idée fit son chemin. Des fonds importants commencèrent à venir. Et d’avance, le 14 avril 1872, le R. P. Monsabré, dans un admirable discours qu'on ne lit qu’à travers des larmes, put expliquer, du haut de la chaire de Notre- Dame, l’inscription proposée pour le futur monument : Christo

EJUSQUE SACRATISSIMO CoRDI GyLLIA PŒNITENS ET DEVOTA.

« Notre vœu, disait en finissant l’éloquent conférencier, commencé par la prière, doit recevoir sa dernière expression dans un monument. Ce monument répond à un besoin, à une sainte ambition, à un noble sentiment. Dispersés à tous les points de la France, nous voulons un signe matériel de notre union dans le même repentir, le même espoir, la même reconnaissance. Le sanctuaire du Sacré-Cœur, édifié au sein même de notre capitale, sera ce signe. La prière est un acte qui passe, nous voulons en assurer autant que possible la perpétuité; or, le monument parle pendant que les cœurs et les lèvres se taisent; l’église du Sacré-Cœur fera prier ses pierres, tout imprégnées de nos larmes et de nos sacrifices, toutes chargées d’inscriptions et de symboles qui rappelleront

aux futures générations combien fut grand notre malheur, profond notre repentir, aimable le Cœur de Jésus qui nous a pardonné et relevés de notre abjection. Enfin, toute victoire illustre veut un monument qui témoigne, à travers les âges, de la reconnaissance des peuples qu’elle a délivrés. Or, trois victoires seront inscrites sur le temple du Sacré-Cœur : victoire de l’amour pénitent sur nos péchés; victoire de l’amour fraternel sur la haine sociale; victoire de l’amour divin sur la justice divine. »

Le bref pontifical, mentionné tout à l’heure était conçu en ces termes :

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