SOURCE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ CŒUR
Tableau de Roger van der Weyden, au musée de Madrid, quinzième siècle.
La dévotion au Sacré Cœur de Jésus est aussi ancienne que l’Eglise. Elle a commencé au Calvaire où ce divin Cœur, ouvert par le fer de la lance, reçut les adorations de Marie, du disciple bien-aimé, de Madeleine et des saintes femmes. — « Le Christ nous a aimés et il s’est livré lui-même comme une oblation et une victime. » ( Eph., v, 3.) Bossuet en fait la remarque : « Judas le livre par intérêt, les Pharisiens par jalousie, Pilate par lâcheté, mais Jésus se livre par amour. » (Bossuet, Œuvres, édit. Vives, t. X, p. 81.) « On ne peut témoigner une plus grande affection, avait dit le divin Maitre, que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (S. Jean, xv, l3. )
LES SOURCES DE LA DÉVOTION AU SACRÉ CŒUR 36i
LA SYNTHÈSE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ CŒUR Sculpture sur bois du xvir ou du xvm° siècle, appartenant à M. René d’Hespel, à Lille.
Au centre du tableau se voit l’Adoration des Bergers. Au dessus, un fauteuil richement drapé symbolise le ciel. Un ange montre de la main droite que ce trône est vide, et que le Roi des rois à qui il appartient est ce même pauvre enfant qui repose sur les genoux de Marie. Tout en bas, un cœur enflammé, soutenu par un ange et par un saint franciscain, marque l’amour qui a fait descendre du ciel le Verbe adorable, et l’a décidé aux abaissements et aux humiliations de l’incarnation. Sur les côtés, échelonnés de bas en haut, huit personnages servent d’interprètes au divin poème du Cœur de Jésus. Ce sont apparemment, du côté droit, au-dessus de l’ange : saint Jérôme, saint François Xavier, saint Philippe de Néri et saint Léon; du côté gauche, au-dessus de ce franciscain qui supporte le Sacré Cœur et qui est probablement saint François d’Assise : saint Antoine de Padoue. saint Bernardin de Sienne, saint Roch et saint Ignace de Loyola. (Voir la notice de M. le chanoine Jules Didiot, dans le Règne du Cœur de Jésus, i™ année, n“ 7, juillet 188g. )