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CHAPITRE VII

NOTRE-DAME, REINE DE LA FRANCE

près nous avoir donné un archange pour premier patron et d’innombrables saints pour patrons secondaires, le Christ nous choisit une reine. Et quelle reine! La Reine du ciel et de la terre, la Mère de Dieu et des hommes , la bienheureuse Vierge Marie.

En tout temps, on peut le dire, Marie régna sur la France. C’est en France, sous notre beau ciel méridional, que naquit, à la voix du grand Dominique, la touchante et si populaire dévotion du très saint Rosaire, à qui le temps n’a rien ôté parmi nous de son efficacité ni de son charme. C’est en France que se propagea d’abord, pour envahir ensuite l’univers, le scapulaire si souvent miraculeux du Mont-Carmel, dont tant de nobles cœurs sont toujours fiers de se couvrir. C’est en France que

D’après une gravure de la Chalcographie.

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surgirent, comme par enchantement, et plus nombreuses que partout ailleurs, les basiliques splendides dédiées à Notre-Dame. C’est en France surtout que se multiplièrent presque à l’infini, à la gloire de la Vierge, les confréries, les congrégations religieuses de toute nature, les sanctuaires et spécialement les pèlerinages, aux noms les plus doux et dans les sites les plus variés, attirant aux pieds de la divine Mère des foules immenses de pieux visiteurs. La France enfin, la première entre les nations occidentales, eut l’insigne honneur de rendre un culte public à la Conception Immaculée, destinée à devenir de nos jours un dogme de notre foi, et pour nous, Français, un signe particulier d’espérance.

Certes, nos anciens chroniqueurs avaient le droit de le proclamer, « le royaume de France, c’est le royaume de Marie » : Regnum Galliæ, regnum Mari ce ; et nous pouvons adopter avec confiance la conclusion que la formule traditionnelle suggérait au grand pape Benoît XIV : Nunquam péri bit; « Aussi la France ne périra jamais. » Et cependant, jusqu’à une époque relativement moderne, il n’exista point d’acte authentique qui constatât cette donation réciproque de la France à Marie, et, si je puis le dire ainsi, de Marie à la France. Le jour de la solennelle consécration ne devait se lever qu’après les grandes luttes religieuses du seizième siècle et du commencement du dix-septième.

Cet événement, que nos historiens ont trop laissé dans l’ombre, mérite d’être présenté avec quelques détails. 11 m’apparaît à la fois comme une récompense divinement accordée à notre pays, pour avoir si énergiquement rejeté le venin de l’hérésie protestante, et comme le prélude lointain de cette autre consécration qui se prépare à Montmartre, et fermera, nous l’espérons, l’ère des agitations révolutionnaires.

Et qu’on ne vienne pas nous dire, ainsi qu’une histoire menteuse s’obstine à le répéter, que dans ces sanglantes guerres d’autrefois les catholiques se montrèrent intolérants jusqu’à la barbarie; qu’on cesse de nous jeter à la face les atrocités de la Saint- Barthélemy, accusation banale qui n’est plus à l’usage que de l’ignorance, de la mauvaise foi et d’une lâcheté haineuse. Sans doute, il y

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Statue de M. Bonnassieux, au Puy-en-Velay, fondue avec les canons pris à Sébastopol. — Regimm Gallicc, Regnum Marier.... nunqu.vn peribit « Le royaume de France, c'est le royaume de Marie.... ne périra jamais. »

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eut de cruelles et indignes représailles, imputables surtout à la politique, et que notre religion condamna toujours hautement, bien plus hautement que la secte ne le fit jamais.

Mais à qui la faute, et sur qui doit retomber la responsabilité? D’où venaient les provocations ? De quel droit le calvinisme, soutenu plus d’une fois par l’or ou les armes des frères et amis d’Angleterre et d’Allemagne, se permettait-il de piller et de saccager nos monastères, de brûler les reliques de nos Saints et d’en jeter aux vents les cendres profanées, de livrer à la dévastation, souvent à une destruction complète, les plus vénérables et plus magnifiques monuments de la piété de nos pères, couvrant le sol français de plus de sang et de ruines que ne devait le faire plus tard la Révolution ellemême ? De quel droit venait-on troubler la possession tant de fois séculaire de notre vieille foi catholique, par l’importation violente de doctrines étrangères, toutes d’invention nouvelle, aussi funestes à l’ordre public qu’à la religion, profondément imprégnées d’un esprit de révolte ?

La France sentit comme d’instinct qu’il y avait là, même pour son existence nationale, un véritable danger. Elle se ligua, et victorieuse jusque dans la défaite, elle convertit son roi Henri IV. Cependant, le calvinisme continuant à s’agiter et à compromettre l’intégrité du territoire, non moins que la sécurité des citoyens et l’unité nécessaire du pays, Richelieu, dont la politique, souvent répréhensible à l’extérieur, fut par plusieurs côtés si catholique et si française à l’intérieur, comprit qu’il fallait une bonne fois en finir : par le siège mémorable et la prise de la Rochelle, sa puissante main, en 1628,

Porta le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.

Dès lors l’hérésie était vaincue, et vaincue sans retour : n’étaitce pas pour Marie, dont elle avait sacrilègement combattu le culte, le moment d’être proclamée patronne et reine de la France? Ce fut Louis XIII, le chaste et pieux Louis XIII, qui accomplit cet acte glorieux, mais seulement quelque dix ans plus tard. Il y eut d’abord, en 1 636, un véritable vœu, par lequel le roi s’engageait « à dresser

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et à fonder une lampe d’argent, qui brûlerait à perpétuité devant l’autel de Notre-Dame de Paris ». Puis, le 10 février i638, fut publiée la déclaration royale, où l’on reconnaît le style ferme et grandiose de Richelieu1, mais que Louis fit sienne en la signant et en veillant à ce que le parlement l’enregistrât comme un acte solennel de l’autorité souveraine. Nous croyons devoir en reproduire ici le texte officiel, malgré sa longueur. Il est peu connu et mérite de l’être beaucoup : rien n’est plus honorable pour notre pays et pour la royauté française.

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

« Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial de notre personne et de notre État, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient. Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause, que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu de détourner le mal avec autant de douceur que de justice. La rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’État, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, il s’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques. Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, i! a donné des succès si heureux à nos armes, qu’à la vue de toute

1. Voir Mémoires de Richelieu, dans Michaud et Poujoulat, Nouvelle collection de Mémoires, 2* série, t. IX, p. 2o5 et 206. Le cardinal reproduit en son nom presque tout le texte de l’ordonnance.

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l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme la Providence a fondé cet Etat, sa bonté le protège, et sa puissance le défend.

« Tant de grâces si évidentes font que, pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur, pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligé, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la très sainte Vierge, et de la sacrée Croix où nous révérons l’accomplissement des mystères de notre rédemption par la vie et par la mort du Fils de Dieu, de nous consacrer à sa grandeur par son Fils rabaissé jusques à nous, et à ce Fils par sa Mère élevée jusqu’à lui, en la protection de laquelle nous mettons PARTICULIÈREMENT NOTRE PERSONNE, NOTRE ÉTAT, NOTRE COURONNE ET TOUS NOS SUJETS, POUR OBTENIR PAR CE MOYEN CELLE DE LA SAINTE TRINITÉ PAR SON INTERCESSION, ET CELLE DE TOUTE LA COUR CÉLESTE

par son autorité et son exemple. N os mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la Pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de la porter les rendront hosties agréables ; et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ses bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

«A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume , nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite, et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou qu'il jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer de suivre nos volontés à ce sujet, pour

PORTRAIT DE LOUIS XIII, ROI DE FRANCE Gravure de Morin, dix-septième siècle. — « Nous avons cru être obligé, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté divine..., de nous consacrer à sa Grandeur par son Fils rabaissé jusques à nous, et à ce Fils par sa Mère élevée j'usqu’à lui, en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets, pour obtenir par ce moyen celle de la sainte Trinité par son intercession, et celle de toute la cour céleste par son autoriré et son exemple. » (Acte de consécration de la France à la sainte Vierge.)

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monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix : nous serons représenté aux pieds et du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre1.

« Nous admonestons le sieur archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons que, tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les Compagnies souveraines et le Corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales les plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant parochiales que celles des monastères de ladite ville et faubourgs, et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

« Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leurs diocèses : entendant qu’à ladite cérémonie les Cours du Parlement et autres Compagnies souveraines et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques, en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y faire ladite cérémonie, et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre; et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que

i. Ce monument, commencé par Louis XIII, fut continué par Louis XIV et terminé seulement en 1714 : la statue du fils y fait pendant à celle du père. On peut la voir encore dans le chœur de Notre-Dame, derrière le maître-autel.

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nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés.

« Car tel est notre plaisir.

« Donné à Saint-Germain en Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingthuitième.

« Signé : Louis. Et sur le repli : par le roi, Sublet1. »

Les acclamations publiques applaudirent à cet acte sublime de piété nationale, et quelque six mois après, le 5 septembre de la même année, naissait le dauphin qui devait être Louis XIV.

Ainsi s’accentuait de plus en plus cet admirable mouvement de rénovation intellectuelle et morale, qui date en France de la conversion d’Henri IV, mouvement comparé par Le Play à tout ce que présentent de plus beau les temps de saint Louis, et auquel se rattachent les illustres noms de Marie de l’Incarnation, de Jeanne de Chantal, de François de Sales, de François Régis, de Vincent de Paul, de M1Ie Le Gras, de Condren, d’Eudes, d'Olier, de Maunoir, de Marguerite-Marie, de Jean-Baptiste de la Salle, et de cent autres. Ainsi, sous les auspices de la bienheureuse Vierge qu’exaltera bientôt l’incomparable éloquence de Bossuet, se préparaient en silence les splendeurs de ce siècle si noble, si poli, si grand, et, malgré ses défaillances, encore si chrétien!

Mais la France a-t-elle été constamment fidèle à ses engagements? Hélas! que d’outrages n’avons-nous pas fait subir à notre divine Reine! Les fureurs révolutionnaires, déchaînées par le philosophisme voltairien, ont dévasté, souillé, renversé grand nombre de ses plus anciens et plus augustes sanctuaires. Et pourtant, jamais ne s’éteignit le filial amour des Français pour leur céleste Souveraine. A l’aurore de notre siècle, dès les premières lueurs de liberté religieuse, les ruines se relèvent, les pèlerins reprennent le chemin à peine effacé des temples et des chapelles d’autrefois. Les trésors des vieux âges ont disparu; peut-être la Madone véné-

i. Œuvres chrétiennes des familles royales de France, recueillies et publiée* par Paul Viollet. i vol. in-8, p. iq5. Poussielgue, Paris.

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rée a-t-elle été détruite ou mutilée : n’importe. La piété survit immortelle; rien ne peut comprimer son essor; et voilà que sous nos yeux, en présence d’un monde sceptique et matérialiste, le culte virginal a reconquis un développement, une publicité, une pompe, dignes des plus beaux jours du passé.

Voyez plutôt. C’est en i83o, à Paris même, au centre, au foyer de la Révolution, la Médaille miraculeuse révélée à une humble fille de la Charité, et devenant bientôt l’instrument d’innombrables prodiges; puis, dès i836, toujours à Paris, dans une paroisse alors inconnue, entre la Bourse et la Banque, Notre-Dame des Victoires, enrôlant sous la bannière de son Cœur immaculé, refuge des pécheurs, plus de trente millions d’associés.

C’est le dogme de l’immaculée Conception, accueilli dans tout l’univers, et spécialement en France, par des fêtes et des acclamations triomphales, dont le souvenir demeure impérissable : à la voix infaillible du Pontife, la Vierge de Lourdes ne devait pas tarder à faire écho, en se nommant elle-même « l’immaculée Conception ».

C’est Notre-Dame de France couronnant au Puy, de sa masse gigantesque, les hauteurs du mont Corneille : les canons de Sébastopol en avaient fourni la matière, montrant à tous que nos armées savaient encore demander à la victoire le bronze des monuments destinés à en perpétuer le souvenir.

C’est la restauration, mais agrandie et embellie, des anciens pèlerinages de Liesse, de Rocamadour, de Boulogne, de la Garde, de la Treille, de Fourvière, de Folgoat, de je ne sais combien d’autres, chers à la piété de nos pères, et qui ne le sont pas moins à celle de leurs descendants.

Ce sont d’antiques ou nouvelles Vierges, couronnées au nom du Vicaire de Jésus-Christ, avec une magnificence inouïe et un immense concours de peuple.

Ce sont enfin — et comment les oublier? — ces apparitions récentes, à la Salette, sur une cime des Alpes; à Lourdes, au pied des Pyrénées; à Pontmain, vers l’entrée de la Bretagne; toutes marquées du sceau des miracles, toutes ayant, ce semble, pour but

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unique de réveiller notre foi, de nous avertir, de nous consoler, de nous défendre.

Ah! comment ne pas espérer? Nous sommes toujours les enfants chéris de Notre-Dame, et nous en avons la preuve manifeste dans les maternelles visites qu’elle daigne nous rendre : couvre-t-on de caresses et de bienfaits ceux qu’on va livrer aux vengeances divines?

Non. Ces foules innombrables qui traversent la France pour aller se jeter aux pieds de la Vierge dans quelqu’un de ses sanctuaires préférés, ces pèlerinages décidément rentrés dans nos mœurs, et dont la ferveur ne se ralentit pas, ces manifestations éclatantes, ces prodiges sans cesse répétés aux yeux de la science confondue, cet élan universel de prière et de confiance : que dit tout cela? Que, si Marie continue de nous aimer, nous aussi nous l’aimons et la payons de quelque retour! Elle n’est point rompue l’alliance contractée avec elle par nos aïeux. Mais resserrons-en les nœuds sacrés; rendons-les, s’il est possible, et plus étroits, et plus doux, et plus inviolables : ce sera par là même nous unir plus intimement à notre Dieu.

Il semble qu’au don de sa Mère Jésus-Christ ne pouvait rien ajouter; mais c’est ici comme sur la Croix. A

l’heure suprême, n’ayant plus que quelques gouttes de sang non encore versées pour nous, Il appela le fer du soldat pour ouvrir son Cœur et consommer le sacrifice, afin que l’humanité, dans cette blessure profonde, pût à jamais trouver un refuge, un rempart, une source intarissable de vie. Ainsi, toute proportion gardée,

N.-D. DE LOURDES D’après le marbre de M. Cabuchet, statuaire à Paris.

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le Sauveur a daigné faire pour la France; et voulant mettre le comble à tant de faveurs, son Cœur n’a pas hésité h se donner, à se livrer lui-même aux fils aînés de son Église. Mais ce don admirable qui accompagne et couronne tous les autres a une histoire digne d’être racontée. La seconde partie de ce livre va la présenter aux lecteurs dans ses principales lignes et ses détails les plus caractéristiques.

Sceau du concordat de François 1er et du pape Léon X. Tiré de la revue le Règne de Jésus-Christ, année 1887.

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