I.E DISCIPLE QUE JÉSUS AIMAIT ET L’ÉGLISE DE LYON
On connaît l’incomparable panégyrique de saint Jean l’Évangéliste par Bossuet. Ce qui montre plus sensiblement, dit en substance l’orateur, « la forte pente du Cœur de Jésus sur le disciple dont nous parlons, ce sont trois présents qu’il lui fait dans les trois états admirables où nous le voyons dans son Évangile. Je
1. Pour l’ensemble des faits contenus dans ces pages, voir : Monuments inédits sur l’apostolat de Marie- Madeleine en Provence, etc., par M. Faillon, de la Société de Saint-Sulpice, ?. vol. in-4. Migne, 1 853 .
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trouve, en efïet, qu’en sa vie il lui donne sa Croix ; à sa mort, il lui donne sa Mère ; à sa Cène, il lui donne son Cœur. Que désire un ami vivant, sinon de s’unir à ceux qu’il aime dans la société des mêmes emplois ? Et l’amitié a-t-elle rien de plus doux que cette aimable association ? L’emploi de Jésus était de souffrir. C’est pourquoi il unit Jean à sa vie laborieuse et crucifiée, en lui prédisant de bonne heure les souffrances qu’il lui destine : « Vous boirez, dit-il, mon calice, et vous serez baptisé de mon baptême... » Voilà le présent qu’il lui fait pendant le cours de sa vie. Quelle marque nous peut donner un ami mourant que notre amitié lui est précieuse, sinon lorsqu’il témoigne un ardent désir de se conserver notre cœur, même après sa mort, et de vivre dans notre mémoire ? C’est ce qu’a fait Jésus en faveur de Jean, d’une manière si avantageuse qu’il n’est pas possible d’y rien ajouter, puisqu’il lui donne sa divine Mère, c’est-à-dire ce qu’il a de plus cher au monde. « Fils, dit-il, voilà votre mère ! » Mais le comble de son amour, c’est le beau présent qu’il lui fait au banquet sacré de l’Eucharistie, où son amitié n’étant pas contente de lui donner, comme aux autres, sa chair et son sang pour en faire un même corps avec lui, il le prend entre ses bras, il l’approche de sa poitrine, et, comme s’il ne suffisait pas de l’avoir gratifié de tant de dons, il le met en possession de la source même de toutes ses libéralités, c’est-à-dire de son propre Cœur, sur lequel il lui ordonne de se reposer comme sur une place qui lui est acquise. O disciple vraiment heureux ! à qui Jésus-Christ a donné sa Croix pour l’associer à sa vie souffrante ; à qui Jésus-Christ a donné sa Mère pour vivre éternellement dans son souvenir ; à qui Jésus-Christ a donné son Cœur pour n’être plus avec lui qu’une même chose ! »
Nous permettra-t-on un rapprochement ? Il semblerait, en vérité, que Dieu a quelque peu traité la France comme il a traité son disciple bien-aimé. Ne lui a-t-il pas aussi donné sa Croix, qu’elle mit sur sa poitrine et défendit longtemps sur tous les champs de bataille ; sa Mère, dont elle n’a point cessé, nous l’avons vu, d’être la cliente fidèle et la fille dévouée ; et enfin, sans parler de son nom, devenu le nôtre par le titre de nation très chrétienne, ne nous a-t-il
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pas donné son Cœur lui-même, comme le fera voir, au cours de ces pages, la clarté toujours grandissante des faits ?
Nous n’avons garde d’insister sur des analogies qui pourraient facilement paraître forcées, et nous arrivons bien vite à des réalités historiques dont l’autorité s’impose. Ce n’est pas seulement, en effet, par de lointaines ressemblances de destinée que le virginal favori de Jésus-Christ se rattache à notre pays, c’est par de véritables liens de paternité apostolique : plusieurs de nos principales Eglises, en tête celle de Lyon, sont filles ou petites-filles de saint Jean.
Pendant que le flambeau de la foi rayonnait dans la Province romaine et montait vers le nord, au delà de ses frontières, une nouvelle colonie de hérauts de l’Evangile partait d’Orient. Elle avait pour chef un saint vieillard, nommé Pothin, dont la mémoire ne périra pas dans l’Église de France. D’autres missionnaires, venus probablement avec lui, répandaient la divine semence à Vienne et aux alentours. Pothin choisit pour centre de son apostolat Lyon, qui était dès lors une des villes les plus célèbres de la Gaule par le concours des étrangers, la richesse des habitants et ses écoles florissantes de littérature grecque et latine. La parole sainte, triomphant par sa simplicité même des vains artifices de l’éloquence profane, trouva partout un favorable accueil. Une nouvelle chrétienté fut fondée, et Pothin en devint le premier évêque. C’était vers l’an 160.
Or, Pothin était le disciple de Polycarpe, évêque de Smyrne ; et Polycarpe, l’ami d’Ignace, évêque d’Antioche, avait été formé, comme ce dernier, à l’école de saint Jean. Quels noms ! quels souvenirs ! Il n’y a rien de plus beau dans toute l’antiquité ecclésiastique.
Jean, le vrai père de toutes ces grandes Églises d’Asie, avait longtemps séjourné à Éphèse, et il n’avait pas manqué, au retour de Pathmos, quand mourut Domitien, d’aller revoir ces chrétientés naissantes. Peu à peu s’étaient groupés autour de lui un certain nombre d’hommes qui reçurent ses leçons, s’inspirèrent de son esprit, et le transmirent ensuite aux lointaines contrées de l’Orient et de l’Occident1. C’est ce qu'on a nommé l’école de saint Jean.
i. L’Apôtre saint Jean, par Ms>' Baunard, ch. xxtv.
Elle fut nombreuse, sans doute ; mais entre ceux qui la fréquentèrent alors, quelques-uns seulement ont sauvé leur mémoire de l’oubli par l’éclat de leurs vertus ou celui de leurs oeuvres : à leur tête brillent Ignace et Polycarpe.
Je ne m’arrête pas à Ignace, ce véritable « Christophore » ou Porte-Christ, comme il s’appelle lui-même devant l’empereur Trajan. Mais Polycarpe ne fait pas moins d’honneur à saint Jean, que toute l’antiquité chrétienne, à la suite d’Irénée, de Tertullien et de Jérôme, désigne comme son maître. Irénée, le futur évêque, docteur et martyr de Lyon, avait dans son enfance entendu souvent le saint évêque de Smyrne. Écoutons comme il en parle dans une lettre charmante qu’Eusèbe nous a conservée. « Ce qu’on apprend à cet âge ne s’oublie jamais ; de sorte que je pourrais dire où était assis le bienheureux Polycarpe lorsqu’il prêchait la parole de Dieu. Je le vois encore entrer et sortir ; sa démarche, son extérieur, son genre de vie, les discours qu’il adressait à son peuple, tout est gravé dans mon cœur. Il me semble encore l’entendre nous raconter de quelle manière il avait conversé avec saint Jean et plusieurs autres qui avaient vu le Seigneur lui-même, nous rapporter leurs paroles et tout ce qu’il avait appris touchant Jésus- Christ, ses miracles et sa doctrine, de ceux-là mêmes qui avaient pu voir le Verbe de vie... » Il nous reste de saint Polycarpe une belle épître aux Philippiens, où on lit ce passage, qui respire bien toute la charité de saint Jean : « Soyez miséricordieux et pleins de compassion pour tous. Ramenez dans la voie droite ceux qui s’égarent. Visitez tous les malades, sans négliger la veuve, l’orphelin et le pauvre. Ne cherchez que le bien devant Dieu et devant les hommes... Ne jugez pas avec trop de sévérité la conduite des autres, vous rappelant que vous-mêmes vous êtes des pécheurs... »
Ignace, passant à Smyrne, y revit Polycarpe et donna le saint baiser à ce frère, qui ne devait pas tarder à le suivre au martyre. On sait que Marc-Aurèle voulut contraindre Polycarpe à renier le Christ : « Je le sers depuis quatre-vingt-six ans, répondit le vénérable vieillard, et il ne m’a jamais fait de mal ; comment pourrais-je blasphémer mon roi qui m’a sauvé ? » Et il fut condamné aux flammes.
LES SAINTS PROTECTEURS DE LYON Fragment d’un tableau d’Orsel dans la cathédrale de Lyon. — Saint Jean-Baptiste est accompagné des saints Pothin et Irénée, disciples de saint Polycarpe, et de sainte Blandine. — Dans la persécution qui valut à Blandine la couronne des martyrs, périt aussi le diacre Sanctus; et quand l’historien des Eglises de Lyon et de Vienne se demande comment le jeune martyr put endurer les barres de fer rougies au feu qui convertirent tout son corps en une immense plaie, la seule réponse qu’il puisse trouver est « que le saint diacre fut arrosé et fortifié par la source d’eau vive qui jaillit du Côté du Christ ». On doit en dire autant de tous ces glorieux confesseurs de la foi.
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Tel est l’homme qui, au témoignage formel de Grégoire de Tours, envoya Pothin vers la métropole lyonnaise, après s’être concerté avec le saint pape Anicet, qu’il vit à Rome en 1 58 ; et c'est encore lui, probablement, qui plus tard dirigea vers les Gaules une seconde expédition apostolique, à la tête de laquelle fut placé son autre disciple, Irénée. On a même prétendu qu’il était venu de sa personne installer successivement les deux pontifes sur ce siège, qu’ils devaient tous deux couvrir d’une si pure gloire. Mais, sans tenir compte de conjectures trop peu fondées, retenons seulement ce fait incontestable, que l’Église de Lyon a pour pères les successeurs on peut dire immédiats de l’apôtre saint Jean, et les plus fidèles héritiers de son esprit.
En faut-il davantage pour expliquer l’héroïsme qu’elle déploya dès le berceau ? Nous sommes en 177. Marc-Aurèle gouvernait alors l’empire romain. Ce prince, par un assemblage bizarre, réunissait en sa personne les qualités d’un grand capitaine, les vertus d’un philosophe et les vices d’un tyran. Trois ans auparavant, en reconnaissance de la victoire sur les Marcomans, attribuée à l’intervention miraculeuse du Dieu des chrétiens, il avait défendu d’inquiéter les fidèles. Mais il n’en est pas moins certain que, sous son nom et son autorité, la persécution continua en plusieurs endroits. Nulle part elle ne sévit avec plus de rigueur qu’à Lyon et à Vienne. Il faudrait entendre ici ces Églises, si cruellement éprouvées, raconter leurs glorieux combats aux Églises d’Asie, d’où elles tiraient leur origine. Leur lettre, probablement rédigée par Irénée, alors un des ornements du clergé de Lyon, nous a été transmise par Eusèbe. De l’aveu de tous, elle est un des monuments les plus beaux et en même temps les plus sûrs de l’histoire ecclésiastique. Trop longue pour être reproduite tout entière, nous n’en citerons que quelques traits. L’adresse d’abord, que l’on croirait dictée par saint Jean lui-même : « Les serviteurs de Jésus-Christ qui sont à Vienne et à Lyon, dans la Gaule, à leurs frères d’Asie et de Phrygie, qui ont la même foi et la même espérance que nous en la rédemption, paix, grâce et gloire, de la part de Dieu le Père et de Jésus- Christ Notre-Seigneur. »
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Entre ces quarante-huit martyrs, dont les noms ont survécu, et qui moururent avec un égal courage, bien que par divers genres de supplices, saluons en passant le jeune Vettius Epagathus, décoré pour son zèle à défendre ses frères du titre d 'avocat des chrétiens ; le diacre Sanctus, de Vienne, ne répondant à toutes les interrogations que par ces deux mots latins : Christianus sum ; le bienheureux Pothin, qui, malade alors et âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, est porté au tribunal, et, sommé par le juge de dire quel est son Dieu, lui jette à la face ces fières paroles : Tu le connaîtras , si tu en es digne , puis va mourir d’épuisement dans sa prison ; le médecin Alexandre, saisi au moment même où par signes et par gestes il exhortait les saints confesseurs, et qui, immédiatement livré aux bêtes, ne laisse échapper aucune plainte ni même aucune parole, mais continue à s’entretenir doucement avec son Dieu ; cet enfant de quinze ans, Ponticus, que soutiennent les exhortations de Blandine, et que ni la vue des tortures ni les tortures elles-mêmes ne viennent à bout d’intimider. Mais j’ai nommé Blandine ; elle mérite de nous arrêter, car elle occupe un rang d’honneur dans cette invincible légion. C’était une jeune esclave ; et « par elle, dit l’admirable lettre, Jésus-Christ a fait voir comment il sait glorifier devant le ciel et la terre ce qui paraît vil et méprisable aux yeux des hommes. Nous tremblions tous pour cette jeune fille; et sa maîtresse, qui était du nombre des martyrs, craignait aussi qu’elle n’eût pas la force de confesser la foi, à cause de la délicatesse de son corps. Nous fumes bientôt rassurés. Cette généreuse esclave montra tant de courage qu’elle lassa les bourreaux, qui se relayèrent pour la tourmenter depuis le matin jusqu’au soir. Ils furent étrangement surpris qu’elle respirât encore, quoique sa chair déchirée tombât en lambeaux de toutes parts. Mais la bienheureuse, semblable à un vaillant athlète, retrempait ses forces dans la confession même de sa foi. C’était pour elle un rafraîchissement, un repos, un remède qui la rendait insensible à toutes les souffrances, de répéter : Je suis chrétienne ; il ne se passe rien de criminel parmi nous. » Ce ne fut là que son premier combat. Le second ne devait pas être moins glorieux pour elle : « Attachée à un gibet, elle fut exposée
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en cet état à la dent et aux assauts des bêtes féroces. Sur ce gibet, qui était en forme de croix, elle demeurait plongée dans une prière ininterrompue, et sa vue remplissait d’ardeur les autres athlètes. Dans la personne de leur sœur, ils envisageaient Celui qui a voulu être crucifié pour nous, afin de bien persuader tous les fidèles que nul ne souffre pour la gloire du Christ sans avoir éternellement part avec le Dieu vivant. Mais aucune bête n’ayant osé la toucher, on la réserva pour d’autres luttes... »
Voici enfin l’heure du triomphe : « Restait la bienheureuse Blandine. Comme une mère généreuse, qui, après avoir animé ses enfants au combat et les avoir envoyés victorieux au Roi suprême, parcourt après eux la même carrière pour aller les rejoindre, elle se hâtait de parvenir au terme, avec une joie, une allégresse si grande, qu’elle paraissait plutôt invitée à un festin de noce que condamnée aux bêtes. Après avoir subi les fouets, la chaise de fer rougi, la morsure des bêles, elle fut enveloppée dans un réseau et exposée à un taureau furieux. L’animal la lança plusieurs fois dans les airs; mais Blandine, tout occupée de l’espérance des biens que la foi nous promet, s’entretenait cœur à cœur avec Jésus-Christ, et n’était pius sensible aux tourments. Elle fut immolée par le glaive; et les païens avouèrent qu’ils n’avaient jamais vu de femme qui eût tant souffert ni avec tant de courage1. »
L’Église de Lyon ne tarda pas à se dédommager de la perte de saint Pothin, en choisissant pour évêque le prêtre Irénée, que nous connaissons déjà. Disciple, lui aussi, de Polycarpe, il avait toutes les qualités nécessaires pour soutenir la chrétienté des Gaules dans des temps si difficiles : un zèle ardent, une science profonde et une sainteté éprouvée. Le sang des martyrs n’avait pas éteint le feu de la persécution. Elle fit encore à Lyon même deux victimes particulièrement illustres, Épipode et Alexandre, dont nous avons les actes authentiques. Elle étendit ses ravages dans les villes voisines, qui avaient été évangélisées, comme Lyon et Vienne, par des missionnaires venus d’Asie avec Pothin et Irénée. Autun — nom qui reviendra souvent dans nos récits — put montrer avec une
i. Trad. sur le texte publié par Routb, Reliquiœ sacrœ, t. Ier, Oxford, MDCCCXLVI.
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sainte fierté son jeune et magnanime martyr Symphorien. Pendant
LE MARTYRE DE SAINT SYMPHORIEN D’après Ingres. — Autun peut montrer avec une sainte fierté un jeune et magnanime martyr. Pendant qu’on le conduisait au supplice, sa mère accourut, et elle lui criait du haut des remparts : « Mon fils Symphorien, mon cher fils! souviens-toi du Dieu vivant; montre ton courage, mon fils, et ne crains pas une mort qui mène sûrement à la vie! » Partout, sans distinction d’âge ni de condition, éclate le même héroïsme inspiré par le même amour de Jésus-Christ.
qu’on le conduisait au supplice, sa mère accourut, et elle lui criait du haut des remparts : « Mon fils Symphorien, mon cher fils!
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souviens-toi du Dieu vivant; montre ton courage, mon fils, et ne crains pas une mort qui mène sûrement à la vie! » Partout, sans distinction d’ige ni de condition, éclate le même héroïsme inspiré par le même amour de Jésus-Christ.
Irénée lui-même devait à son tour sceller de son sangla foi qu’il avait propagée et défendue avec tant de succès par la parole et la plume. En 202, la dixième année de l'empire de Sévère, cet empereur publia les plus sanglants édits contre les chrétiens. On assure même que, furieux de voir le nombre des fidèles prodigieusement accru à Lyon, il donna l’ordre à ses soldats d’entourer la ville et de faire main basse sur tous ceux qui refuseraient de renier le Christ. Le massacre fut presque général, et le pasteur fut immolé au milieu du troupeau. Divers monuments portent à dixneuf mille le nombre des victimes, sans compter les femmes et les enfants. C’est sans doute ce qui a fait dire à saint Eucher que Lyon avait un peuple de martyrs, et à saint Grégoire de Tours que telle fut alors la multitude des chrétiens égorgés pour la foi, que leur sang coulait par ruisseaux dans les places publiques.
Aujourd’hui encore, si vous visitez à Lyon la belle église de Saint-Irénée, qui s’élève au-dessus de la crypte anciennement dédiée à saint Jean l’Évangéliste, vous lirez sur l’archivolte de la principale porte d’entrée cette courte mais éloquente inscription :