SAINT DENYS, APOTRE DE PARIS
L’illustre Église de Lyon fut fondée, on vient de le voir, par les disciples de saint Jean; l’illustre Église de Paris, d'après une tradition constante dont nous ne croyons pas devoir nous écarter1, fut fondée par un disciple de saint Paul, le glorieux Denys l’Aréopagite, d’abord évêque d’Athènes, et puis de Lutèce ou de la région des Parîsii . Si Jean est le bien-aimé du Christ et le favori de son Cœur, Paul n’en reçut peut-être pas des faveurs moins éclatantes, et brûla pour lui d'une si ardente charité, que saint Chrysostome n’a pas craint de dire que « le cœur de Paul et le Cœur du Christ ne font qu’un ; » Cor Pauli , Cor Christi. Voici donc une autre voie par où le Sauveur du monde témoigne de sa prédilection pour son futur peuple de France.
Mais quel lien spécial rattache la mémoire de saint Denys à ce lieu prédestiné de Montmartre? C’est ce que va nous apprendre un monument dont une certaine critique n’a pas peut-être tenu assez de compte. Il s’agit de la découverte, en 161 r, d’une crypte que le procès-verbal, daté du 5 juillet, et rapporté par du Breul 2, décrit en ces termes : « Les maçons, travaillant aux fondements des murs nécessaires pour faire l’accroissement de la chapelle du martyre de Monsieur saint Denys et ses compagnons, vulgairement dite la
1. Voir Saint Denys l’Aréopagite, premier évêque de Paris, par M. l’abbé Darras. 1 vol. in-8, Vives, 1861. Malgré les objections du pieux et savant P. Sirmond, que nous avons le regret de trouver ici en compagnie du fougueux sectaire Launoy, il nous semble que la plus grande somme de probabilités reste à la thèse traditionnelle de l'aréopagitisme et de la mission par saint Clément. Voir aussi le magnifique et savant livre de M. l’abbé Vidieu : Saint Denis l’Aréopagite. i vol. in-q, Paris, Didot, 1889.