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Le Théâtre des antiquités de Paris, p

io8 JÉSUS-CHRIST ET LE DON SPÉCIAL DE SON CŒUR

Chapelle des Saints -Martyrs, auraient trouvé au delà du bout et chef de la dite chapelle, qui regarde du côté du Levant, une voûte sous laquelle il y a des degrés pour descendre sous terre en une cave... en laquelle serions descendu... trente-sept degrés... et aurions trouvé une cave ou caverne prise dans un roc de plâtre..., laquelle a de longueur trente-deux pieds..., huit pieds de largeur, etc... Dans laquelle cave, du côté de 1 Orient, il y a une pierre de plâtre bicornue, qui a quatre pieds de long et deux pieds et demi de large, prise par son milieu, ayant six pouces d’épaisseur, au-dessus de laquelle, au milieu, il y a une croix gravée avec un ciseau, qui a six pouces en carré de longueur et demi-pouce de largeur. Icelle pierre est élevée sur deux pierres de chacun côté, de moellon de pierre dure, de trois pieds de haut, appuyée contre la roche de plâtre, en forme de table ou d’autel; et est distante de la dite montée de cinq pieds. Vers le bout de laquelle cave, à la main droite de l’entrée, il y a dans la dite roche de pierre une croix, imprimée avec un poinçon ou couteau, ou autre ferrement, et y sont ensuite ces lettres MAR. Il y a apparence d’autres qui suivaient, mais on ne les peut discerner. Au même côté, un peu distant de la susdite croix, au bout de la dite cave, en entrant, à la distance de vingt-quatre pieds dès l’entrée, s’est trouvé ce mot écrit de pierre noire sur le roc, CLEMIN, et au côté du dit mot y aurait eu quelque forme de lettres imprimées dans la pierre avec la pointe d’un couteau ou autre ferrement, où il y a DIO, avec autres lettres suivantes, qui ne se peuvent distinguer. »

En présence de ce monument, dont la date est aujourd’hui impossible à fixer, l’éminent épigraphiste, M. Edm. Le Blant, pense aux chapelles souterraines des catacombes de Rome, et rappelle en particulier les sanctuaires si intéressants du cimetière de Saint-Calixte, qui avait servi au troisième siècle de lieu de sépulture à un grand nombre de papes et de martyrs. « Pour moi, dit-il, habitué par l’étude à compter sérieusement avec les traditions, ce fait ancien et méconnu me paraît contenir l’indication antique et précise du lieu où l’apôtre des Gaules a souffert pour la foi, et la preuve de la vénération attachée à ce lieu dès les pre-

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SAINT PAUL PRECHANT DEVANT L’AREOPAGE

D'après Raphaël. — Si Jean est le bien-aimé du Christ et le favori de son Cœur, Paul n’en reçut peut-être pas des faveurs moins éclatantes, et brûla pour lui d’une si ardente charité, que saint Chrysostome n’a pas craint de dire que « le Cœur de Paul et le Cœur du Christ ne font qu’un » : Cor Pauli , Cor Christi. — Denys, le futur apôtre des Gaules, était au nombre des auditeurs de saint Paul et lui dut sa conversion.

miers âges de l'Église » Et il ajoute un peu plus loin : « Si mon opinion est partagée, on verra, dans la crypte de Montmartre, un sanctuaire creusé aux premiers siècles, sur la place, alors sans doute bien connue, où saint Denys et ses compagnons avaient donné leur sang pour Jésus-Christ. »

Les trois mots mutilés qu’exhumèrent les fouilles de i6ti, MARtyres, DIOnysius, CLEMINs, se prêtent à diverses interprétations, nécessairement conjecturales, et rien n’empêche d’adopter, si l’on veut, celle que propose M. Le Blant. Mais quand on sait combien le nom du pape Clément était resté attaché, dans le souvenir des populations, à celui de l’apôtre des Gaules, comme l’attestent de concert, depuis le cinquième siècle, les textes des martyrologes, des diplômes et des offices liturgiques, n’est-il pas bien naturel de penser que le mot CLEMIN doit s’interpréter dans le sens traditionnel et désigner le pape saint Clément, auteur probable de la mission de saint Denys dans la région des Parisii1 2?

Et maintenant, notre but n’étant pas de faire ici une dissertation historique, nous laisserons de côté le texte de la Vie de sainte Geneviève , l’hymne de saint Eugène de Tolède, celle de saint Fortunat, divers témoignages du sixième et du septième siècle, et même d’un concile tenu à Paris en 825, douze ans avant la prétendue invention de l’aréopagitisme par Hilduin, le célèbre abbé de Saint- Denys. Nous rappellerons plutôt la belle lettre écrite, en 835, à ce même Hilduin, par l’empereur Louis, que l’histoire a qualifié de Débonnaire, mais que la religion appelle volontiers le Pieux. Elle montre quelle place la mémoire de saint Denys occupait alors dans le cœur des princes francs. Après avoir longuement exposé les éclatants et innombrables bienfaits dont lui-même et ses prédécesseurs sont redevables au glorieux apôtre des Parisii , le monarque finit par demandera Hilduin de recueillir avec soin tous les documents latins et grecs, historiques et liturgiques, qui concernent son histoire. On sait comment Hilduin s’acquitta de cette tâche. La publication de la

1. Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au huitième siècle, i856, in-4. T. Ier, p. 270 et suiv.

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