Études..., par le P. Danzas, 1. c., p
coup pourraient être cités ici comme initiés d’une manière plus ou moins formelle au culte d’amour qui s’appellera le culte du Sacré Cœur. Rappelons seulement, avec la glorieuse Catherine de Sienne, cet angélique Henri Suso, l’amant passionné de la divine Sagesse, dont l’accent est si gén éreux et si tendre. « O mon amour crucifié! s’écrie-t-il, n’oubliez pas, je vous prie, la charité de votre très aimable Cœur. Que vos douleurs, ô Maître très miséricordieux! guérissent les miennes, et que votre Cœur embrasé blesse, frappe, enflamme mon cœur! Très doux Jésus, quelle douleur immense ressentit votre Cœur quand vous vîtes au pied de la Croix votre Mère désolée! Vous souffriez pour moi, daignez vous en souvenir. Gravez, gravez au plus intime de mon être, et pour toujours, l’image de votre cruelle mort. Transformez mon pauvre et misérable cœur en votre divin Cœur. Que vos souffrances unissent votre Cœur au mien et me le rendent toujours aimable, toujours propice! Que la sainte et amoureuse allégresse avec laquelle vous avez brisé mes chaînes contraigne doucement mon cœur à vivre dans une continuelle intimité avec votre Cœur, vraie source de vie et de sainteté1. »
Arrêtons-nous quelques instants de plus en présence de sainte Catherine de Sienne, une des plus belles et des plus étonnantes figures de l’histoire. Quand on voit cette humble fille d’un teinturier, sans lettres, sans aucun prestige humain, transfigurée par l’action divine de la grâce jusqu’à devenir l’oracle des docteurs, la conseillère des peuples, des princes, même des papes, la maîtresse spirituelle d’un nombre incroyable d’âmes de toutes les conditions dans l’Europe entière, jusqu’à exercer sur les événements de son siècle et sur la paix publique une influence décisive, on demeure confondu, et l’on ne peut s’empêcher de s’écrier : Dieu est là! Oui, Dieu est là par son Fils Jésus, par Jésus crucifié, dont les plaies adorables furent peut-être la plus habituelle dévotion de cette magnanime vierge, et certainement le radieux foyer de ses illuminations et de son amour. Les trois cent quatre-vingt-trois lettres qu’on a imprimées de l’admirable tertiaire de Saint-Domi-
i. Bolland , Act. B. Henr. Sus., 25 Janv. — Voir Contempl. de Passione Christi.