ORDRES RELIGIEUX
I.E SPASME DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE Fresque du Sodoma, à l’église San Domenico, à Sienne, xvi" siècle. — Un jour que sainte .Catherine méditait sur ce verset : Crée f en moi un cœur nouveau , il lui sembla que Jésus lui prenait son cœur. Puis elle vit Jésus réapparaître, un cœur lumineux à la main. A cette vue, la vierge tremblante s’affaissa sur elle-même, et le divin Epoux s’étant approché, ces tendres paroles arrivèrent jusqu'à son oreille : « Ma fille, je t’ai enlevé ton cœur et je te donne le mien, afin que tu vives à jamais en moi. » ( L’abbé Bougaud, His'.o'.re de la B. Marguerite-Marie, p. 200.)
de vue, et le recours ardent au Cœur sacré de Jésus en marque pour ainsi dire chaque page.
nique forment un monument des
plus précieux à tous les points
Voici, par exemple, ce qu’elle écrit au prêtre Jean de Pise : « Au nom de Jésus crucifié et de la douce Marie, — ceci est le début ordinaire de toutes ses lettres, — très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné, noyé dans le sang de Jésus crucifié, et caché dans la plaie de son Côté. Dans le sang vous trouverez le feu, car il l’a répandu par amour ; et dans le Côté vous trouverez l’amour du Cœur, car tout ce que le Christ a fait pour nous a été fait avec l’amour du Cœur. Alors votre âme s’enflammera du feu d’un saint désir, et ce désir est un effet de l’amour qui ne vieillit jamais, et rajeunit toujours, au contraire, l’âme qui en est revêtue. Demeurez toujours dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour1! »
Ces derniers mots lui servent invariablement de conclusion et en quelque sorte de signature.
Les mêmes sentiments et les mêmes pensées se font jour dans une lettre aux religieux de Cervaia : « Mes très chers et bien-aimés frères dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris pour vous fortifier dans son précieux sang. Ce sang a été répandu avec un si grand feu d’amour qu’il devrait attirer à lui tous les cœurs, toutes les affections des créatures. Ce n’est pas étonnant si la mémoire du sang est dans les cœurs des serviteurs de Dieu, car il est mêlé avec le feu : Je me rappelle ce que la Vérité première répondait une fois à l’une de ses servantes [ellemême dans son Dialogue, chap. lxxv). Celle-ci lui disait 2 : « Puisque « vousétiez mort, pourquoi vouloir que votre Côté fûtouvertet répan- « dît du sang en si grande abondance?]» Notre-Seigneur lui répondit : « J’ai eu bien des raisons, mais je ne te dirai que les deux principales. « La première, c’est que j’ai voulu que par l’ouverture de mon Côté « vous fût révélé le secret démon Cœur; car il renfermait plus d’a- « mour pour l'homme que le corps n’en pouvait montrer pendant ma
1. Lettres de sainte Catherine de Sienne , trad. par E. Cartier, t. II, lettre xciv.