‹ La France et le Sacré CœurChapitre 6 sur 148 · LE PACTE DE TOLBIAC · texte numérisé non relu

LE PACTE DE TOLBIAC

Composition de Le Brun. Gravure tirée de la revue Le Règne de Jésus-Christ, année 1887 ; d’après l'estampe conservée au musée eucharistique de Paray-le-Monial. — Dans une bataille livrée aux Allemands près de Tolbiac, l'armée des Francs allait être taillée en pièces lorsque Clovis, se souvenant des enseignements de Clotilde, s’écrie : « Jésus-Christ, que Clotilde annonce être le Fils du Dieu vivant, si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. n

JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES

chrétiens, et, fidèle à son vœu, il alla se faire instruire par saint Remi, l’illustre évêque de Reims. Puis, courbant sa noble tête sous la main du pontife, adorant ce qu’il avait brûlé, et brûlant ce qu’il avait adoré, il demanda humblement et reçut le saint baptême. L’élite de ses soldats embrassa comme lui le christianisme. C’était la nuit même de Noël : aux saintes solennités de la naissance d’un Dieu s’unissaient les joies de la naissance d’un peuple.

Peuple vraiment nouveau, issu d’un sang barbare, mais vigoureux, mais pur d’énervantes souillures, peuple déjà moderne par son caractère et ses tendances, qui naît en même temps à la vie nationale et à la vie catholique, le premier de tous qui ait professé la véritable foi de Nicée, le seul même qui la professât à ce moment! Et en effet, regardons autour de nous : partout alors, parmi les nations baptisées régnait l’hérésie, surtout l’arianisme, c’est-à-dire la négation de la divinité de Jésus-Christ. En Orient, c’est l’empereur Anastase, eutyc'nien; en Afrique, le vandale Trasamond, arien ; en Italie, l’ostrogoth Théodoric, arien ; et, tout près du cœur même de la Gaule, en Bourgogne, le roi Gondebaud, oncle de sainte Clotilde, également arien.

Aussi, quels transports éclatèrent dans tout le monde catholique, à la grande, à l’heureuse nouvelle que l’Église comptait enfin au nombre de ses fils les plus dévoués un si puissant monarque!

Saint Avite, le célèbre évêque de Vienne, s’empresse de manifester au royal converti l’allégresse et l’espérance communes : « Le choix que vous faites de la foi romaine, s’écrie-t-il, sera une règle pour tous : Dum vobis eligitis , omnibus judicatis. Votre foi, c’est notre victoire : Vestra jides nostra Victoria est. » Et il l’exhorte vivement à répandre au loin la lumière de l’Évangile, qui vient de l’éclairer lui-même, à faire instruire au plus tôt le reste de son peuple, à ne pas craindre d’envoyer chez les hérétiques et chez les infidèles des messagers du salut. « Rayonnez en tout lieu et sans cesse, continue-t-il : Radiate perpetuum , sur ceux qui vous approchent, par l’éclat de votre diadème; sur ceux qui sont loin, par l’empire de votre majesté : Prcesentibus diademate, absentibus majestate. Votre bonheur est le nôtre : Tangit etiam nos vestra feli-

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