LE BAPTEME UE CLOVIS
Peinture murale de Langée, en l’église Sainte-Clotilde, à Paris. — Le vainqueur de Tolbiac, fidele à son voeu, demanda et reçut le baptême des mains de saint Remi. L’élite de ses soldats embrassa comme lui le christianisme. C’était la nuit même de Noël : aux saintes solennités de la naissance d'un Dieu s'unissaient les joies de la naissance d’un peup'i .
JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES
citas ; et chacun de vos combats est pour nous un triomphe : Quotiescumque illic pugnatis vincimus *. » N'y a-t-il pas dans ces accents comme un écho religieux et enthousiaste des chants de fête qui ont coutume de retentir sur le berceau d’un royal nouveau-né ?
Le langage du saint pape Anastase n'est pas moins significatif : « Croissez, dit-il au glorieux et illustre fils! croissez en toutes sortes de bonnes oeuvres : Crescas in bonis operibus. Comblez notre joie et soyez notre couronne : Impîeas gaudium nostrnm et sis corona nostra. Consolez l’Église votre Mère, et dressez-vous pour elle comme une colonne de fer : Lœtifica matrem tuam , et esto illi in columnavi ferream. Notre nacelle, en butte à la malice des hommes, est furieusement ballottée par les flots écumants qui menacent de l’engloutir : Naincula nostra... despnmantibus midis pertunditur. Mais, grâce à vous, nous voulons espérer contre l’espérance même, et nous bénissons le Seigneur d’avoir ménagé à son Église, dans un si grand prince, un si puissant protecteur : Dominion collaudamus qui... in tanto principe providit Ecclesice qui possit eam tueri 2. » Ici encore, comment ne pas reconnaître le lointain pressentiment de nos destinées, l’intuition prophétique de notre mission à travers les âges?
Quant à saint Remi lui-même, devenu ainsi comme le patriarche de la nouvelle nation chrétienne, il dut éprouver, et peut-être avec plus de vivacité encore, les mêmes sentiments que saint Avile et saint Anastase. Nous en trouvons la trace éloquente dans son second testament , dont l’authenticité textuelle est fort contestée, mais qui témoigne du moins des vues et des souhaits qu’on lui attribuait au temps d’Hincmar, quatre siècles plus tard. Nous ne pouvons nous dispenser de reproduire ici quelques lignes de ce document célèbre :
« Que les rois des Francs, mes très chers fils, lesquels j’ai consacrés à Dieu par le baptême, avec la coopération de Jésus-Christ et de l’Esprit-Saint, le maintiennent (mon testament) et le défendent envers et contre tous, afin qu’il soit exécuté dans chacune de
1. Apud Acta Sanctorum Bolland., Octobr. die comment, præv. de S. Remigio, § x.