RÉVÉLATIONS AYANT POUR BUT L’ÉTABLISSEMENT D’UNE FÊTE DU SACRÉ CŒUR
Dans ces mêmes champs de la Bourgogne qui virent paraître le Labarum,OiU fond d’un obscur monastère de la Visitation, vivait, en
LA RÉVÉLATION DU SACRE CŒUR A LA B. MARGUERITE-MARIE Le iô juin 1675. — Chapelle de la Visitation de Paray.
Révélation définitive au point de vue spirituel. Tout ce qui regarde la dévotion au Cœur divin de Jésus s’y trouve: son principe, qui n’est autre que l’amour débordant de Dieu; son but, qui est d’offrir à Dieu un culte de réparation; son caractère, qui est d'être un culte public; ses effets, enfin, qui seront une nouvelle effusion de l’amour divin sur l’Église.
1675, une humble et fervente religieuse, destinée à la plus haute mission : c’est la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, dont le nom glorifié peut braver les sourires ou les sarcasmes niais d’une impiété mal-apprise.
Elle était née en 1647, dans le Charolais, au hameau de Lhautecour, paroisse de Verosvres, diocèse d’Autun. Sa famille, modeste, mais fort respectée, touchait à la noblesse, et avait même ses armoiries, comme on peut le voir dans Y Armorial de Bourgogne. D’abord sous le toit paternel, puis au manoir du Terreau, chez sa marraine, Mrae de Fautrières de Corcheval, Marguerite-Marie grandit dans la pratique des aimables vertus de son âge et dans l’horreur de la moindre souillure. De bonne heure, elle montra de merveilleuses dispositions à la piété, surtout envers le Dieu de l’Eucharistie. Pensionnaire durant quelques années chez les Clarisses-Urbanistes de Charolles pour y parfaire son éducation, elle révéla des qualités à la fois sérieuses et charmantes. Sa mère, devenue veuve et fixée désormais au bourg même de Verosvres, ne tarda pas à la rappeler auprès d’elle. C’est là qu’elle vécut jusqu’à' vingt-quatre ans, déjà favorisée de grâces de choix, mais soumise aussi à diverses épreuves, et même aux séductions du monde qui lui sourit un moment.
Enfin, victorieuse d’elle-même et de tous les obstacles, elle entra aux « Saintes-Maries » de Paray-le-Monial, où l’appelait une irrésistible vocation ; c'était en 1671. Dès lors les faveurs du ciel se multiplièrent. Notre-Seigneur la comblait de ses caresses, et I’honora jusqu’à soixante-douze fois de sa présence. Entre toutes ces apparitions, il en est une surtout qui restera éternellement célèbre, c’est celle du 16 juin 1676. Ce jour-là, qui était un jour de l’octave du Saint-Sacrement, la Bienheureuse était à genoux devant la grille ouverte du chœur, les yeux fixés sur le tabernacle. Elle venait de recevoir « des grâces excessives de son amour », c’est le seul mot qu’elle en ait dit, lorsque tout à coup Notre-Seigneur lui apparut sur l’autel. Lui découvrant son divin Cœur : Voila, dit-il, ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et en reconnaissance, je ne reçois de la plupart