AU SACRÉ CŒUR
Mais ce n’était pas là tout ce que Notre-Seigneur avait à dire à sa fidèle épouse. Ce qu’on vient de lire regarde directement l'Église et les âmes. Elle était destinée à recevoir d’autres communications, en un sens plus merveilleuses encore, qui se rapportent à la France. Qui n’admirerait ici les desseins de Dieu ? Cette humble visitandine vit loin du monde, elle ne sait rien des affaires publiques, elle ne peut rien humainement; et c’est cette pauvre fille inconnue qui est investie d’une mission dont la grandeur égale, surpasse peut-être celle de Jeanne d’Arc. Nous nous bornons à transcrire les documents.
Le 23 février 1689, elle écrit à la Mère de Saumaise, son ancienne supérieure : «Ah! que de bonheur pour vous et pour ceux qui contribuent à glorifier l’aimable Cœur de Jésus ! Non seulement ils s’attirent son amitié et ses bénédictions éternelles, mais ils
GAGNENT UN PUISSANT PROTECTEUR A NOTRE PATRIE. Il n’en fallait pas
un moins puissant pour détourner la juste colère de Dieu... » Le 17 juin de la même année, jour désigné pour la fête du Sacré Cœur, la Bienheureuse écrivait encore : « Le divin Cœur désire entrer avec magnificence dans ^la maison des princes et des rois pour y être honoré autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa Passion. Il faut qu’il ait autant de plaisir à voir les grands de la terre humiliés devant lui qu’il a senti d’amertume à se voir anéanti à leurs pieds. Et voici les paroles que j’entendis à ce sujet : « Fais savoir au « Fils aîné du Sacré Cœur — parlant de notre roi Louis XIV — « que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion « aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa nais- « sance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. « Il veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands « de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses