DE TOUS SES ENNEMIS ET DE TOUS LES ENNEMIS DE LA SAINTE ÉGLISE
Au mois d’août de la même année 1G89, la Bienheureuse revient sur le même sujet et s’exprime en ces termes : « Le Père éternel, voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Cœur de son divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre, parmi les humiliations et les outrages de sa Passion, veut établir son empire dans le Cœur de notre grand monarque. Il entend se servir de lui pour l’exécution de son dessein, qu'il désire voir s’accomplir en cette manière : Construire un édifice ou serait
PLACÉ LE TABLEAU DE CE DIVIN CœUR POUR Y RECEVOIR LA CONSÉCRA- TION ET LES HOMMAGES DE TOUTE LA COUR.
« De plus, ce divin Cœur se veut rendre protecteur et défenseur de sa personne sacrée contre tous ses ennemis visibles et invisibles. Il l’a choisi comme son fidèle ami pour faire autoriser par le Saint-Siège apostolique la messe en son honneur, et obtenir les autres privilèges qui doivent accompagner la dévotion de son divin Cœur. C’est par ce Cœur qu’il lui départira les trésors de ses grâces de satisfaction et de salut, et répandra avec abondance ses bénédictions sur toutes ses entreprises... Qu’il sera donc heureux, s’il prend goût à cette dévotion! Elle lui fera un règne éternel d’honneur et de gloire dans ce Cœur sacré; et Notre Seigneur prendra soin de l’élever dans le ciel devant son Père autant que ce grand monarque en prendra de réparer devant les hommes les opprobres et anéantissements soufferts par ce divin Cœur1. »
Ainsi voilà Notre-Seigneur lui-même qui montre son Cœur à une religieuse française, qui promet à la France d’être son protecteur, et réclame en particulier l’hommage de nos rois, afin de pouvoir les combler de ses bénédictions. Pourquoi ne fut-il pas tenu compte alors de ces tendres et magnifiques avances? On a prétendu que Louis XIV connut, mais « dédaigna par orgueil » le don de Dieu. Rien ne le prouve. Aucune des raisons alléguées ne supporte l’examen. Quand on nous dit que Mlle de la Fayette, devenue visitandine, que la reine d’Angleterre Henriette-Marie ou
1. Voir Vie et œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, t. II, lettres xcve xcviii15 et cive.