ECCE HOMO
Pilate fait paraître Jésus sanglant, déchiré, les épaules couvertes de la^pourpre de rrcquerie, et dit aux Juifs : « Voilà l'homme 1 » Gravure de Rembrandt, xvn° siècle. — Lorsque N otre-Seigneur commençait à apparaître à là B. Marguerite-Marie, c’était « sous la figure ou de Crucifié, ou d'Ecce Homo , ou portant sa Croix ». La dévotion à la Passion de Jésus-Christ était particulièrement chère à la Bienheureuse. Une nuit du jeudi au vendredi saint, elle demeura pendant douze heures à genoux, les mains jointes, comme immobile. Le lendemain, une religieuse lui ayant demandé comment elle pouvait rester si longtemps dans la même posture, et à quoi elle pouvait penser, elle répondit: « Je suis si occupée de la Passion de Notre-Seigneur que je ne sais pas si j’ai un corps dans ce temps-là, car je ne le sens point. » (Voir l’abbé Bougaud, Histoire de la B. Marguerite-Marie , p. 72 et 177.)
sa fille la duchesse d’Orléans, qui étaient initiées à tous les secrets de la Visitation et voyaient souvent Louis XIV, ne purent manquer de lui communiquer des révélations si intéressantes pour lui, on oublie quelque peu la chronologie : tous ces personnages étaient morts huit, dix-neuf ou vingt ans avant 1689, date, comme on vient de le voir, de ces révélations! La femme de Jacques II, Marie-Béatrix d’Este, chassée à son tour d’Angleterre en 1688, et royalement installée par Louis XIV au château de Saint-Germain, aurait pu à la rigueur être l’intermédiaire qu’il s’agit de trouver : sa dévotion si connue au Sacré Cœur et son assiduité à la Visitation
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FAC-SIMILÉ DE L’ÉCRITURE DE LA BIENHEUREUSE Extrait d’un recueil de prières composées pour son usage, conservé à la Visitation de Paray-le-Monial.
de Chaillot durent lui en inspirer le désir et lui en fournir le moyen ; mais nous sommes réduits sur ce point à de simples conjectures. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c’est que quelques-uns de ceux qui avaient l’oreille du roi eurent le tort de ne pas attacher assez d’importance aux merveilles de Paray-le-Monial. Tout porte à croire que, s’il les avait connues, Louis XIV n’aurait pas manqué de répondre à l’appel du Cœur de Jésus. Nous en avons pour garants : sa fidélité à renouveler chaque année la consécration de la France à la sainte Vierge; son empressement à seconder la piété de la reine envers saint Joseph; le soin qu’il prenait de visiter souvent et religieusement les principaux sanctuaires de la Mère de Dieu, à laquelle il rapportait le bienfait de sa naissance et l’hon-
LES GRANDES RÉVÉLATIONS DE PARAY
neur de ses victoires; son zèle généreux à favoriser la propagation de l’Évangile en Orient et en Occident ; et enfin cette foi profonde qui lui faisait trouver du charme à réciter chaque jour son chapelet, selon les recommandations de sa mère, qui allait, dès 1693,