CHAPELLE DU SACRÉ-CŒUR
Premier sanctuaire élevé au Sacré Cœur de Jésus par les soins de la Bienheureuse Marguerite-Marie, au fond du jardin de la Visitation de Paray, et inauguré le 7 septembre 1688.
le décider à retirer sa triste ordonnance sur la Déclaration de 1682, et, après avoir réglé ses mœurs à l’âge de quarante-deux ans, devait un jour le révéler au monde plus grand encore dans le malheur que dans la prospérité. Observons, d’ailleurs, à la décharge de ceux qui ne comprirent pas le dessein de Dieu, que les communications célestes de l’humble religieuse, alors si peu
connue et si contestée, n’avaient pas reçu la consécration du temps ni la sanction authentique de l’Église, d’où leur vient aujourd’hui une autorité irréfragable.
Quelle qu’ait été l’infidélité des hommes, il demeure constant que Notre-Seigneur s’est servi de la bienheureuse Marguerite-Marie pour donner son Cœur à la France, et par la France à l’Église et au monde. « Louis XIV, dit éloquemment Mgr Bougaud1, aura pu sourire, si on lui a parlé, aux jours de sa splendeur, du péril que courait la France, et de la nécessité de monter plus haut que les hommes, jusqu’au Cœur adorable de Jésus, pour trouver un remède et un abri. Et cependant cela était vrai. De Louis XIV la France allait descendre à Louis XV, de Louis XV à Voltaire, de Voltaire à Robespierre et à Marat... Et ce n’était que le commencement de nos douleurs. De 1789, descendez à 1889 : nouveau siècle guère moins triste que le précédent; où il fait obscur dans les esprits et froid dans les cœurs; où rien n’a duré; où tous les quinze ans un orage emporte un trône; où l’on vit parmi de continuels tremblements de terre, dans l’inquiétude du présent et l’incertitude de l’avenir. C’est pour de tels temps qu’avait été providentiellement préparée, et que va se tracer péniblement mais sûrement sa route, la dévotion à ce Cœur qui est doux et humble, ce qui convenait si bien au siècle de Louis XIV ; qui est pur, ce dont avait tant besoin le siècle de Louis XV ; que l’amour et le dévouement consument, ce qui n’aurait pas nui à l’époque de Robespierre; qui console les cœurs tristes et relève les âmes brisées, ce qui convient à notre temps et à tous les temps. »