Hanolaux, Histoire de la France contemporaine, t. III
LA FRANCE ET LA TRIPLE ALLIANCE loi
C'est delà qu'est née la Triple Alliance, De cette alerte, provoquée par lui, Bismarck sortait, suivant le mot du comte Schouvaloff, avec « le cauchemar des coalitions ». Pour conjurer ce danger, un seul moyen, prendre les devants et placer les victoires allemandes sur une base si large et si forte que la France, pour longtemps, fût condamnée à l'isolement. L'alliance des trois empereurs de 1872, qui constituait d'ailleurs une entente plutôt qu'une alliance, paraissait condamnée par l'imminence des difficultés orientales. L'Autriche, sur les suggestions allemandes, tournait vers l'Orient ses espoirs de revanche. La Russie ne vivait que pour sa politique bali<anique. Entre Vienne et Pétersbourg, le conflit était fatal, l'option inévitable. Bismarck n'hésita pas et, malgré l'empereur Guillaume, c'est pour Vienne qu'il opta. Déjà en 1876, il avait refusé au Tsar de prendre des engagements vis-à-vis de lui dans l'hypothèse d'une guerre austro-russe*. Sa prétention au rôle « d'honnête courtier » n'exprimait que sa volonté de rester indépendant. Son rôle au congrès de Berlin s'exphque par le choix qu'en haine de Gortschakoff, il avait fait de Vienne contre Pétersbourg. Trois mois plus tard, le chan-