‹ La France et les alliancesChapitre 36 sur 71 · Maurice Busch, Mémoires, t. II · texte numérisé non relu

Maurice Busch, Mémoires, t. II

verainement. Elle était l'arbitre de la paix, d'une paix qu'elle imposait et qu'elle garantissait à la fois. « La force allemande se protégeait d'une zone de deux boulevards : contre la France, c'était l'alliance italienne, contre la Russie, l'alliance avec l'Autriche. Au dedans de cette double digue, où elle était invulnérable, elle restait libre pour l'attaque. Défensifen apparence, ce groupement de forces permettait à l'Allemagne d'agir sur le monde à sa guise : c'est au juste cela qui s'appelle depuis ce temps l'hégémonie allemande ^ »

En face de celte combinaison, la France était paralysée. Sans doute, la République ne l'avait pas fait descendre « graduellement ou par saccades ^ » jusqu'au point qu'espérait Bismarck. Son armée se réorganisait. Elle avait en Jules Ferry un homme d'Etat clairvo^^ant et ferme. Elle venait de prouver à Tunis qu'elle savait vouloir et réaliser. Diplomatiquement, elle n'en était pas moins réduite à l'impuissance. La Russie n'était pas mûre encore pour une action commune. L'Angleterre en voulait à la France de ses hésitations au cours des négociations relatives aux frontières de la Grèce. Elle éprouvait de la surprise et du dépit à constater l'usage, si tôt fait à Tunis, des bonnes paroles de

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