il 1U
G*est dans les arrondissements du centre, rive droite, entre la Seine et les boulevards que la population est le plus dense ; la densité s*élève dans Tarrondissement du Temple à 73,300 soit plus de 1000 fois la densité de la France qui ne compte pas tout à fait, une en moyenne de 73 hab. parkil. car. (V. §100). Elle est en moyenne de 20,000 dans les arrondissements éloignés du centre. Mais c*est dans ces arrondissements, relativement peu peuplés et où les logements sont moins chers, que la population s'accroît le plus depuis trente ans, comme elle s'accroît dans les communes suburbaines à mesure que se multiplient les moyens de communication. Depuis 1860, époque où la ville, divisée antérieurement en douze arrondissements, l'a été en vingt, la population des nouveaux arrondissements de la partie centrale (Louvre, Bourse, Temple, Hôtel de ville) n'a pas cessé de diminuer. Ainsi, depuis 1861, le 1" arrondissement, Louvre, a perdu 20,267 habitants, pendant que le 18*^, Butte-Montmartre, en gagnait 87,168 (B. L.).
Cette population se compose autrement que celle de la France en général, par suite des conditions politiques et économiques dans lesquelles elle se trouve. Elle comprend relativement beaucoup plus d'adultes et moins d'enfants : pour 1000 personnes de 20 à 60 ans, il n'y en avait, en 1886, que 418 au-dessous de 20 ans et 124 audessus de 60, alors que la moyenne de la France était de 677 dans le premier cas et de 232 dans le second. Les mariages y sont généralement plus tardifs et les célibataires plus nombreux : . 385 célibataires sur 1000 hommes de 30 k 60 ans, et 314 filles sur 1000 personnes du sexe féminin de 15 à 60, pendant que les nombres correspondants ne sont que 348 et 270 pour la France entière. La mortalité, quoique le taux moyen ne paraisse pas élevé, est en réalité plus considérable pour tous les âges de la vie à Paris que dans la campagne (1). La population de Paris comprend proportionnellement plus d'étrangers que celle de la France (180,253 recensés en 1886, soit près de 8 p. 100) et, parmi les Français qui habitent Paris, il ne s'en est trouvé, au même recensement que 36 p. 100 qui fussent nés dans cette ville.
363. lies maisoBs. — Pour loger la nombreuse population de Paris, il fautbeaucoup de maisons : c'est pourquoi le bâtiment y est une des industries les plus importantes. Le nombre des maisons était de 26,801 en 1817, de 30,770 enl851, de55,160en 1861, après
(1) La population de Paris ayant une très forte proportion d'adultes qui sont précisément dans la période de la vie où ]a mort sévit le moins, la mortalité générale devrait y être moindre qu'ailleurs.
l'agrandissement de Paris, de 64,203 en 1872 après le siège, de 73,342 en 1886. Ce nombre, qui augmentait d'environ un millier par an, de 1817 à 1852, s'est accru beaucoup plus rapidement depuis le second empire : de 1881 à 1886, l'accroissement est redevenu de 1000 environ par an, alors que pour le département entier il était de 4000. La plupart des maisons sont hautes; en 1885, 48 p. 100 avaient quatre étages ou plus et 26 p. 100 seulement n avaient qu*un étage ou un rez-de-chaussée ; les premières se trouvent principalement dans les arrondissements du centre où Ton en compte jusqu'à 95 p. 100 (1" arrondissement) ; les secondes, dans les arrondissements excentriques (près de 60 p. 100 dans le 15«).
Les maisons de Paris comprenaient, en 1886, 936,495 appartements ou logements (dont 10 p. 100 inoccupés), soit en moyenne 12,7 appartements ou logements par maison. Sur iOO logements, 30 sont occupés par une seule personne, 26 Tétaient par deux. pei> sonnes, 18 par trois et 26 par plus de trois. Il y avait, en moyenne, près de 31 habitants par maison en 1886; en 1801, on en comptait 23 et en 1851, 35.
364. li'adminUiratloB. — Paris a une administration spéciale. Le préfet de la Seine est le chef de l'administration municipale de la ville de Paris en même temps que de l'administration départementale de la Seine. 11 fait les fonctions de maire ; il en a toutes es attributions, à l'exception de celles qui sont réservées au préfet de police. 11 a sous ses ordres 20 maires, nommés par décret, un par arrondissement ; leurs fonctions consistent principalement à recevoir les actes de l'état civil, à dresser les hstes électorales, à surveiller les écoles, à recevoir les réclamations des contribuables, à présider les bureaux de bienfaisance ; chaque maire est assisté d'adjoints, nommés aussi par décret au nombre de trois à cinq. Le préfet administre, de concert avec le Conseil municipal^ composé de 80 membres, un par quartier, élus pour quatre ans par le suffrage universel. Le conseil municipal se réunit sur la convocation du préfet; il tient quatre sessions ordinaires par an comme les autres conseils municipaux; il élit son président. Le préfet de la Seine et le préfet de police ont entrée au conseil. (Les conseillers municfpaux, réunis aux huit conseillers des cantons de Saint-Denis et de Sceaux, constituent le conseil général du déparlement). Les conseils d'arrondissement de Saint-Denis et de Sceaux se composent chacun de 9 membres, suivant la loi, soit 18 pour les 8 cantons.
Le préfet de police, qui relève directement du ministre de Tinté-
rieur, exerce, dans la ville de Paris, dans le département de la Seine et dans les communes de Saint-Cloudy Meudon^ Sèvres et Engkieriy les pouvoirs de police qui, dans les autres départements, appartiennent au maire ou au préfet. Il y a un commissaire de police par quartier.
Il y a un juge de paix par arrondissement.
365. lies fiBamees. — Le budget ordinaire de la ville de Paris était de 53 millions en 1850. Après Tannexion de la banlieue (1860),
Budget 2 de la Ville de Paris .
(1&«0-I8av)
Pig. 245. — Budgets de U Ville de Paris.
il 8*est élevé à 106 millions ; à 197 en 1873, à 262 en 1887 et même à 322 en comptant les dépenses extraordinaires et les dépenses sur fonds spéciaux (voir fig. n^ 245).
Les ressources ordinaires en 1887 s'élevaient à 268 millions : les centimes communaux [ordinaires, 5 sur les contributions foncière et personnelle-mobilière, 4 spéciaux obligatoires pour le service de Tinstruction primaire, et 4 autres facultatifs pour le même objet (avant la loi du 19 juillet 1889) sans compter les 4 centimes au proflt du département (avant la loi du 19 juillet 1889) ;44cenli-
LA FRANCV.