LA KRA>CB. H
Convention, qui lui donna le nom de « Commune affranchie ». En 1852, les cinq faubourgs voisins (La Croix-Rousse, Vaise, Fourvières, La Guillotière, Les Broteaux) ont été réunis à la ville qui n*a, depuis 1881, qu*un seul maire au lieu des six de ce qu*on appelait, entre ces deux époques, V « agglomération lyonnaise ».
L'ancienne ville (voir fig. 249, 250 et 251), resserrée entre la Saône et le Rhône, a la forme d'un long triangle dont la pointe est dirigée vers le sud. Les quais, qui sont justement renommés; les grandes rues, comme la rue Nationale où se trouve la Bourse; les grandes places, place Bellecour et place des Terreaux flanquée
Fig. ibO. — Vue de Ljou.
du palais Saint-Pierre et de Thôlel de ville, sont animés par une circulation très active. Au nord, sur une haute colline qui s*étend d'une rivière h l'autre, est l'ancien faubourg de la Croix-Rousse, séparé jusqu'en 1866 par des fortiQcations. Sur la rive droite de la Saône, s'élèvent la colline de Fourvières surmontée de l'église de Notre-Dame-de-Fourvières, très bel édifice moderne de style roman et l'ancien faubourg de Vaise; sur la rive gauche du Rhône, les anciens faubourgs de la Guillotière et des Brotteaux sont devenus de beaux quartiers, où se trouvent un grand parc public et la Faculté de médecine.
Le tissage de la soie, avec ses annexes, moulinage, teinturerie, fabrication des métiers, est l'industrie la plus importante de Lyon. C'est surtout à la Croix-Rousse et dans les rues qui y montent que sont encore groupés les tisserands, quoiqu'une grande partie de
cette fabrication ait émigré à la campagne. Les ateliers de machines et de quincaillerie, les fonderies de cuivre, viennent au
Fig. 251. >- Plan de Lyon (extrait de la carte de l'Etat-M^or, an 80,000*).
second rang. 11 faut citer aussi, outre les métiers nécessaires à une nombreuse population, la chapellerie, la préparation des peaux, l'ébénisterie, la bijouterie, la fabrication de la bière et des liqueurs,
celle des pâtes alimentaires, la charcuterie, la verrerie, la carrosserie» rimprimerie, rindustrie des papiers peints et celle des instruments de musique.
Lyon avait, jusque dans les temps modernes, des foires célèbres. Il est encore aujourd'hui le plus grand marché européen de la soie et le principal entrepôt du commerce de la France avec la Suisse et avec l'Italie, auxquelles il est relié par les chemins de fer de Genève et de Turin bifurquant à Guloz. La grande ligne de Paris à Marseille par la Bourgogne sert, ainsi que la batellerie médiocrement active aujourd'hui du Rhône et de la Saône, aux communications avec le nord et le sud; la ligne du Bourbonnais y aboutit aussi, et, de ses deux (sur neuf) principales gares (Perrache et Vaise), les lignes ferrées rayonnent dans huit directions différentes. Deux chemins de fer en plan incliné conduisent de Lyon Tun à la Groix-Rousse, l'autre à Fourvières. Lyon est aujourd'hui un des grands centres d'études de la France.
Ghef-lieu d'arrondissement : Ville franche (pop. tôt. 12,500 h. ; pop. urb. 12,200), près de la Saône.
Autre localité : Tarare (pop. tôt. 12,600 h. ; pop. urb. 11,800), situé dans une jolie vallée^ au pied de la montagne de ce nom, centre de l'industrie des mousselines et des broderies; Thizy (pop. tôt. 4,540 h. ; pop. urb. 4,400) et Cours (pop. tôt. 6,246 h.; pop. urb. 3,910), fabriques de toiles; Beaujeu (pop. tôt. 3,420 h.; pop. urb. 2,500), ancien chef-lieu du Beaujolais; l'Arbresle (3,630 h.), fabriques de chaux et de soieries, belle église et ruines d'un château; Givors (pop. tôt. 10,970 h.; pop. urb. 11,010), au débouché, dans le Rhône, du canal de ce nom, ville de forges, d'usines à feu et de manufactures; Caluire^et-Cuv^ (pop. tôt. 9,850 h.; pop. urb. 8,720), villes de fabriques, remouleries, etc.; La Mulatière (3,310 h.), près de Lyon, centre de grandes usines; Oullins (7,190 h.), dans une situation pittoresque au-dessus du Rhône, possédant de nombreuses usines et deux châteaux; Véms" sieux (pop. tôt. 5,880 h. ; pop. urb. 2,040) et VUleurbane (pop. tôt. 14,710 h. ; pop. urb. 43,760), fabriques de produits chimiques; AmplepuU (pop. tôt. 7,270 h. ;pop. urb. 4,580), fabriques de toiles et de cotonnades.
La Savoie, située au sud-est de la Bourgogne, dont la séparaient la Bresse et le Bugey, était habitée dans l'antiquité par les Allobroges et avait été conquise par les Romaim avant les cam-
RÉSUMÉ GÉNÉRAL DBS PROVINGRS, ETC. 565
pagnes de César. C'est peut-être par un des cols des Alpes Graïes {Petit Saini'Bemard) qu*Annibal a franchi les Alpes. Cette province, qui avait été rattachée au royaume des Burgondes^ était devenue en i032 un fief de V Empire germanique. Les Sarrasins et les Hongrois ont porté leurs ravages jusque sur son territoire. La Savoie a eu au moyen âge, des comtes, puis des ducs, qui devinrent puissants sur les deux revers des Alpes.
La Savoie communique par des vallées ouvertes avec la France ; elle ne communique avec le Piémont que par deux routes carrossables (Petit Saint-Bernard et mont Cenis) à peu près impraticables aux voitures pendant Tbiver; c'est pourquoi la langue française y était seule parlée, et la province a été occupée facilement à plusieurs reprises par la France : une première fois pendant les guerres d'Italie (1535-1559). Quand la maison de Savoie, échangea sa couronne de duc contre celle de roi (1720), la province fit partie du royaume de Sardaigne. Au commencement des guerres de la Révolution (1792), elle fut occupée sans combat par la France (général Montesquiou) qui la garda jusqu'à la chute de Napoléon, mais qui, par le traité du 30 mai 1814, n'en conserva qu'une partie (savoir la région située le long du Rhône, formant un département du Mont-Blanc); le traité du 30 nov. 1815 rendit le tout au royaume de Sardaigne. Après la guerre d'Italie, le roi Victor-Emmanuel paya le service rendu par la France et les chances d'une couronne de roi d'Italie par la cession de la Savoie (traité de Turin, mars 1860). Cette cession fut ratifiée par le sufi'rage universel de la population. La Savoie conserva à peu près ses cadres administratifs ; de larges crédits furent votés par les Chambres au profit des services publics dans les deux nouveaux départements de la Savoie et de la Haute-Savoie; le commerce prit un rapide essor.
La Savoie, contrée tout alpestre, ne possède que quelques plaines étroites. Le Chablais et le Faucigny entre le lac de Genève et la vallée de l'Arve inclue, la 7arentaise dans la haute vallée de l'Isère, la Maurienne dans la vallée de l'Arc, en étaient les principales divisions. Le versant occidental du Mont-Blanc en fait partie. Les terrains primaires y dominent dans Test et les terrains calcaires dans l'ouest. Le climat est tout alpestre.
Le sol est médiocrement fertile excepté dans quelques grandes vallées, et une partie considérable est occupée par les neiges et les rochers. Les forêts et les pâturages occupent aussi une large place; c'est pourquoi la principale richesse agricole consiste dans le bétail j et le fromage eei un produit important. Il y a des vignobles.
Les sites pittoresques des montagnes, surtout celui de Chamonix, sont très fréquentés par les touristes dans la belle saison. La Savoie a formé deux départements.
Le département de la Hauie-SaTOie, qui appartient entièrement à la région alpestre et possède la partie française du Mont-Blanc, est arrosé par TArve et par quelques autres torrents, les Dranse, le Fier, etc. ; il est situé à Test du département de l'Ain dont la sépare le Rh6ne et au sud du lac de Genève.
Chef-lieu : Annecy (pop. tôt. 11,810 h. ; pop. urb. 41,150), à Textrémité septentrionale du beau lac qui porte son nom, arrosée par les Thioux, canaux qui déversent dans le Fier le trop-plein du lac, résidence depuis 1535 de Tévèque de Genève, évèché depuis 1822.
Chefs-lieux d'arrondissement : Thonon (pop. tôt. 5,450 h.; pop. urb. 3,800), sur la rive du lac de Genève, ancien cheMieu du Chabiais; Saint-Julien (1,500 h.), petite ville dominée par le mont Salève, souvenir d'un combat contre les Autrichiens (1814) ; Bonneville (2,360 h.), sur TArve, ancien chef-lieu du Faucigny.
Autres localités : Évian-les- Bains (pop. tôt. 3,150 h. ; pop. urb. 2,500), sur le lac de Genève, eaux minérales; Chamonix (2,450 h.), station de touristes; la Caille (commune d'AUouzier) et Sainl-Gervais (1,900 h.), au pied du Mont-Blanc, station de touristes; Enii-evemes (400 h.), gisement houiller; Rumilly (pop. tôt. 3,980 h.; pop. urb. 2,780), ville autrefois importante, au centre d'un pays de plaine fertile, ancien chef-lieu d'arrondissement (département du Mont-Blanc, 1814-1815), école normale d'institutrices.
Le département de la Savoie, qui appartient aussi à la région alpestre et dont les montagnes sont en général (le Mont-Blanc excepté) plus hautes que celles de la Haute-Savoie, est situé au sud de la Haute-Savoie et arrosé par l'Isère, l'Arc, le Guiers.
Chef-lieu : Cbambéry (pop. tôt. 20,900 h. ; pop. urb. 19,700), ancienne capitale du duché de Savoie, situé près du seuil (309 m.) qui sépare le lac du Bourget de l'Isère, cour d'appel, archevêché créé en 1817 (évèché depuis 1779, époque avant laquelle Ghambéry relevait de Grenoble).
Chefs-lieux d'arrondissement : Albertville (pop. tôt. 5,400 h.; pop. urb. 4,400), sur l'Arly et près de l'Isère, ville formée en 1847
d'une vieille ville et d'une bourgade, place forte depuis i871 ; Moutiers (pop. tôt. 2,300 h.; pop. urb. : 2,200), sur Tlsère, ancienne métropole romaine, ancienne capitale de la Tarentaise, ancien archevêché, aujourd'hui évéché; Saint-Jean de Maurienne (pop. tôt. 3,100 h. ; pop. urb. 2,600), évéché, près de l'Arc, ancienne capitale de la Maurienne, évéché.
Autres localités : Aix-les-Bains (pop. tôt. 5,000 h. ; pop. urb. 3,450), localité importante, station balnéaire près du lac du Bourget, déjà fréquentée du temps des Romains ; i/orfane (pop. tôt. 2,600 h. ; pop. urb. 1,760), dernière station française du chemin de fer d'Italie; Montmélian (1,270 h.), sur un mamelon au pied duquel coule l'Isère, ainsi nommé k cause du rocher fortifié dit mons Emelianus; le Pont-de-Beauvoisin (1,580 h.), sur le Guiers, à l'entrée de la France en Savoie.
Le Daupbiné, situé à l'ouest de la Savoie et au sud-ouest du Lyonnais, est très montagneux à Touest et au centre et se termine à l'ouest par la plaine de l'Isère. Cette province est formée de bandes de terrains allongées du nord-nord-est au sud-sud-ouest et appartenant aux périodes pnmaire et secondaire dans la montagne, tertiaire dans la plaine. Elle est sous le climat rhodanien; l'hiver est rigoureux dans la montagne et des neiges perpétuelles couvrent les plus hauts sommets.
Habité par les Allobroges et par quelques autres tribus de moindre importance, le Dauphiné fut soumis aux Romains avant Jules César. Il fit plus tard partie des divers royaumes de Bourgogne, et fut rattaché, depuis 1032, à ïempire d'Allemagne. La suzeraineté de cet empire n'étant que nominale, les grandes villes, telles que Valence et Gi^enoble^ obéirent à leurs évéques et le reste du pays fut soumis aux sires d'A/Aon, depuis ducs ou dauphins de Viennois^ de Valentinois et de Diois, qui possédèrent le nord et Test de la province. Le dernier prince, Humbert II, céda en 1343-1349 ses domaines à Philippe VI de Valois, à condition qu'ils constitueraient désormais Yapanage du fils aîné du roi de France, Louis (plus tard Louis XI) étant en Dauphiné, transféra à Gi^enoble le Conseil de cette province, libre parlement.
En 1404 et 14i9, les rois de France entrèrent en possession du sud-ouest du Dauphiné, en vertu d'un legs fait par le dernier comte du Valentinois et Diois, Louis II de Poitiers. Cédé en 1643 par
Louis XIII au prince de Monaco avec le titre de duché-pairie, le Valentinois appartenait encore, en 4789, à ce prince. Le Dauphiné a joué un r61e dans les débuts de la Révolution française, à Tépoque de l'assemblée de Vizilk (1788).
Le sol est médiocrement fertile dans la partie montagneuse; il Test beaucoup plus dans certaines vallées, surtout dans le Graisivaudan. La plaine, bordée à Touest par le Rhône depuis Vienne jusqu'au-dessous de Pierrelate, produit des céréales, du vin et même au sud le mûner et ï olivier. Dans la région alpestre, les forêts et les pâturages dominent; aussi y voit-on beaucoup de bœufs, de chèvres et de moutons, surtout en été. On y fabrique du frontage.
La métallurgie, avec Yanthmcite et le minerai de fer de l'Isère, le tissage de la toile avec les chanvres du Graisivaudan ; celui de la soie, la ganterie sont les principales industries. La liqueur dite Chartreuse vient du monastère de là Grande-Chartreuse.
Le Dauphiné a formé trois départements.
Le département de risère, situé au sud-ouest de celui de la Savoie, appartient presque entièrement h la région alpestre et est arrosé par l'Isère et le Drac, limité au nord et à l'ouest par le Rhune.
Chef-lieu : Grenoble (pop. tôt. 52,500 h.;^ pop. urb. 49,340), le Cularo des anciens Gaulois, ancienne capitale du Dauphiné, ville parlementaire et centre universitaire, place forte, dans une situation pittoresque, sur l'Isère, au pied du massif de la Grande- Chartreuse et à la sortie de la fertile vallée du Graisivaudan. Durant la Terreur on avait changé son nom en celui de Grelibre. C'est la première grande ville dans laquelle soit entré Napoléon l*^ à son retour de l'Ile d'Elbe. La ville possède uu beau musée; la ganterie et la fabrication du ciment sont deux industries florissantes.
Chefs-lieux d'arrondissement : Vienne (pop. tôt. 25,480 h. pop. urb. 23,000), sur le Rhône, au pied du mont Salomon, ancienne métropole romaine, conservant encore beaucoup de souvenirs de l'antiquité, ancien archevêché ; Saint- Marcellin (pop. tôt. 3,400 h. ; pop. urb. 2,870), siège, avant Grenoble, du conseil delphinal; la Tour-dU'Pin (pop. tôt. 3,600 h.; pop. urb. 3,200).
Autres localités : Voiron (pop. tôt. 11,950 h.; pop. urb. 8,600), ville industrielle, possédant une belle église moderne dcms le style ogival ; Vizille (pop. tôt. 4,300 h. ; pop. urb. 3,200), dont le château servit à la réunion des états provinciaux en 1788; Allevard (pop. tôt. 3,080 h. ; pop. urb. 2,070), forges et eaux minérales ; la Grande-
Chartreuse, monastère fondé par saint Bruno au xi*^ siècle ; Viseronce (1,200 h.)i où a été livrée une bataille entre les Francs et les Burgondes (524); four^otn (pop. tôt. 6,340 h.; pop. urb. 5,060), entouré de nombreux marais qu*on croit avoir formé autrefois le lit du Rhône, siège du tribunal; la Côte Saint-André (pop. tôt. 4,150 h. ; pop. urb. 3,400), fabriques de liqueurs et d'buile d*olives ; Rives (3,100 h.), manufacture de papier; Sassenage (4,560 h.), renommé pour sa grotte (caves de Sassenage) et son fromage; Uriage (1,827 h.), dépendance de la commune de Saint-Martin-d*Uriage, station balnéaire; Bourg-tTOisam (2,550 h.), centre de la fertile vallée d^Oisans; Mens (1,900 h.), marché de bétail, tissage de toiles.
Le département de la Drôme, situé au sud-ouest de celui de l'Isère, appartient aussi en grande partie à la région alpestre et est arrosé par la Drôme, Tlsère et TAygues, limité à l'ouest par le Rhône.
Chef-lieu : Valence (pop. tôt. 24,760 h.; pop. urb. 22,000), sur le versant d'un plateau qui descend jusqu'au Rhône, ville principale du Yalentinois, importante par ses manufactures de soieries.
Chefs-lieux d'arrondissement : Die (pop. tôt. 3,800 h. ; pop. urb. 3,400), a été longtemps gouverné par ses comtes, puis ducs, ancien évéché; Montélimar (pop. tôt. 14,000 h. ; pop. urb. 11,000), ville manufacturière ; Nyons (pop. tôt. 3,500 h. ; pop. urb. 2,600), mines de lignites, sources minérales, industrie de la soie.
Autres localités : Romans (pop. tôt. 14,700 h. ; pop. urb. 12,800), ville manufacturière; Crest (pop. tôt. 5,670 h.; pop. urb. 4,300), marché important pour la soie; Tain (pop. tôt. 3.050 h.; pop. urb. 2,250), où se trouvait le cru renommé de V Ermitage; Mantaille (330 h.), ruines d'un château duxu^ siècle; Saint-Paul-Trois- Châteaux (2,500 h.), ancien chef-lieu du Tricastin, ancien évéché.
Le département des Hautes-Alpes, situé à l'est de celui de la Drôme et au sud-est de celui de l'Isère, appartient entièrement à la région alpestre et est arrosé par la Durance, le Buech et le Guil.
Chef-lieu : Gap (pop. tôt. 11,600 h.; pop. urb. 9,200), petite ville tout entourée de montagnes.
Chefs-lieux d'arrondissement : Embrun (pop. tôt. 4,500 h. ; pop. urb. 3,800), sur la Durance, ancienne métropole romaine, ancien archevêché, refuge des Vaudois chassés de la Provence au
XVI* siècle; Briançon (pop. tôt. 5,780 h.; pop. urb. 3,300), à 1,321 m. d*altitude, dominant la Durance, environné de forteresses qui défendent l*entrée de la France par la route du mont Genèvre, bassi» d'anthracite.
Autres localités : Mont-Dauphin (540 h.)f fort déclassé qui commandait les vallées de la Durance et de Guil; Queyras (env. 290 h.], tombeaux sarrasins, dépendance de la commune de Château- Ville- Vieille (950 h.).
Le Comtat d'Avignon et le Comtat Tenaissin (dont le nom vient de Venasque (1), son chef-lieu), sont situés au sud et à Touest du Dauphiné. A Touest et au sud, ils ont pour frontières naturelles le Rb6ne et la Durance. Les Alpes, auxquelles ils sont adossés, comme les régions précédentes, forment leur limite orientale. Ile sont traversés par trois chaînes parallèles à la Durance, qui appartiennent aux tetTains secondaires et qui sont séparées par des plaines de formation tertiaire; les alluvions quaternaires se trouvent dans la vallée de la Durance. Cette contrée appartient au climat méditerranéen.
Habités du temps des Romains par les Voconces et Cavorres, puis faisant partie de la Provence, les Comtats passèrent des comtes de Provence aux comtes de Toulouse, puis, vers 1245, aux deux frères de saint Louis, Charles d'Anjou et Alphonse de Poitiers. La première donation faite à la papauté en 1218 par Raymond VU de Toulouse, résiliée par les deux frères de saint Louis, fut de nouveau confirmée en 1274 par Philippe III, roi de France, héritier de ces domaines. En 1305, les papes établirent leur résidence dans le comtat Yenaissin et, en 1348, un d*eux sut obtenir de la reine Jeanne P* de Naples la cession de la seigneurie d'Avignon. Les papes résidèrent dans cette ville jusqu'en 1377, puis de 1379 à 1411 et y fondèrent une université. Plusieurs fois confisqué par les rois de France, les Comtats ne sont devenus définitivement français qu'en 1791, et n'ont été cédés qu'en 1797 par le traité de Tolentino.
La principauté d'Orange était possédée depuis le xu* siècle par une famille de la maison de Nassau qui en tire son nom et dont les chefs devinrent d'abord stathouders, puis rois des Pays-Bas. Confisquée une première fois par François 1", la principauté ne fut incorporée à la France qu'en 1673 sous Louis XIY, par confiscation.
(1) Petit bourg du caoton de Pernes.
De nombreuses rivières, ayant leur cours du nord-est au sudouest, arrosent les Comtats et la principauté, et en font, grâce au climat méditerranéen et h une irrigation savamment dirigée, un' vrai jardin. Les prairies des comtats sont célèbres. La découverte d'un procédé industriel pour la fabrication de Talizarine, il y a près d'un demi-siècle, y a ruiné la culture de la garance^ et le phylloxéra avait détruit presque tous les vignobles que Ton a en partie reconstitués.
Les Gomtâls et la principauté d'Orange, avec une petite partie de la Provence, ont formé un département.
Le département de Taucluse, situé au sud de celui de la Drôme, est limité par le Rhône à l'ouest et la Durance au sud, arrosé par l'Aygues, l'Ouvèze et la Sorgues.
Chef-lieu : Avignon (pop. tôt. 41,000 h.; pop. urb. 34,300), sur le Rhône, ancienne résidence des papes au xiv* et au xv* siècle ; la ville a conservé de nombreux souvenirs de leur séjour, principalement ses fortifications et son château ; elle doit son importance aujourd'hui à l'industrie de la soie.
Ghefs-iieux d'arrondissemt : Orange (pop. tôt. 1,300 h. ; pop. urb. 6,990), ancienne ville romaine autrefois très florissante, ancien chef-lieu de la principauté de ce nom, possède encore un arc de triomphe et les ruines de son théâtre, ancien évêché ; Apt (pop. lot. 5,700 h. ; pop. urb. 4,300), situé en Provence avant 1790, confiseries, etc., ancien évéché, cathédrale remarquable; Carpentras (pop. tôt. 9,700 h. ; pop. urb. 7.600), ville ancienne, bâtie dans un site pittoresque, au pied du Ventoux, arc de triomphe, attribué à tort à Marius, vainqueur des Gimbres et Teutons, ancien évéché, siège de la Gour d'assises.
Autres localités : CavaiUon (pop. tôt. 9,150 h. ; pop. urb. 5,160), ville de fabriques et de filatures, possédant une porte triomphale, ancien évéché; Pertuis (pop. tôt. 5,500 h. ; pop. urb. 4,750), restes de fortifications et château ; Vaucluse (770 h.), où se trouve la source célèbre de la Sorgues, sortant d'un amas colossal de rochers, souvenirs de Pétrarque; Vaison (pop. tôt. 2,970 h.; pop. urb. 2,000) , sur l'Ouvèze , possédant de nombreuses antiquités romaines et une belle cathédrale, ancien évéché; Valréas (pop. tôt. 4,900 h. ; pop. urb. 3,400), dont l'ancienne enceinte est bien conservée ; fabriques de soie ; Notre-Dame des Lumières près d'Api, célèbre pèlerinage.
La PrOTenca s'étend du Daupbiné au nord jusqu*à la Méditerranée au sud. Les terrains pHmairei constituent une petite partie de la région alpestre et les monts des Maures ; les terrains volcaniques, TEstérel ; la plus grande partie de la Provence est formée de terrains jurasitçuês, crétacés ou tertiaires; les calcaires dominent« Elle appartient au climat méditerranéen.
Cette province a été colonisée par les Phéniciens, puis par les Grecs {Marseille, Antibes, Nice, etc.) qui vinrent y faire le commerce et fondèrent des comptoirs. Les Romains la visitèrent de bonne heure, y bâtirent Aqtix Sextix (Aix) en I2â av. J.-C. et en firent une province romaine, d'où le nom de Provincia^ Provence. Gépion fut vaincu par les Gimbres et les Teutons près à^Orangt (105) et Marins battit les Teutons (102) au pied, dit-on, de la montagne nommée plus tard Montagne de Sainte-Victoire^ près d'Àix. Marins, pour faciliter la navigation du Rhône, creusa les Fossx Marianx. A l'époque des invasions, la Provence, traversée par les Visigoths, occupée ensuite par les Burgondes, suivit en général, Avec la ville de Marseille, la fortune des royaumes de Bourgogne ou d'Arles. Près d'Arles eut lieu la défaite de Thierry, fils de Glovis, par les Ostrogoths (508). Partagée au xii* siècle entre les comtes de Barcelone qui avaient la Basse-Provence et les comtes de Toulouse qui possédaient la Haute, la Provence échut vers 1245 à deui frères de saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d*Anjou, qui avaient épousé, comme le roi, des filles du comte de Provence. Les descendants de Charles d*Anjou gardèrent la Provence jusqu'à la mort de René en 4481, époque à laquelle le pays, y compris Marseille, fut réuni à la couronne par Louis XI, dont le successeur érigea en parlement la cour des anciens comtes, établie à Aix. Au xvi® siècle, la Provence fut envahie par Tarmée de Charles-Quint, dont le général en chef, le connétable de Bourbon, échoua au siège de Marseille. Au xvi* siècle, François !•' donna l'ordre d'écraser les Vaudois qui habitaient les villages de Cabrières, de Mévindol, etc. Pendant la première Révolution, Toulon se donna aux Anglais, mais fut repris en 4793, grâce surtout à Bonaparte.
La Provence produit, outre les céréales, la vigne, Volivier, le figuier, les fleurs, et sur divers points de la côte Voranger,
L'industrie a exploité les produits du sol et installé des fabriques d'huile, de savon, de parfums. Elle a installé aussi des ateliers de construction de machines et de navires sur les côtes. Le commerce
qui apporte dans le port de Marseille les marchandises de TAfrique et de rOrient, facilitant l'approvisionnement en matières premières, y a considérablement développé la grande industrie. Toulon, port militaire, est un foyer d'activité maritime, ainsi que plusieurs chantiers, la Seyne, la Ciotat.
La Méditerranée qui baigne de ses eaux bleues les côtes pittoresques de cette province, la beauté des sites et la douceur du climat attirent un grand nombre de malades et de promeneurs pendant la saison hibernale.
La Provence a formé trois départements.
Le département des Boucbes-dtt-Rbdne, qui comprend le delta du Rhône, est situé au sud de celui de Vaucluse ; il est limité par ce fleuve et par la Durance et la Méditerranée, arrosé par TArc, rHuveaune, la Touloubre.
Chef -lieu : Marseille (pop. tôt. 376,150 h.; pop. urb. 263,400). Les embouchures du Rhône sont ensablées et mobiles ; la côte à l'ouest du fleuve est basse et marécageuse ; à quelque distance du côté de l'est elle est découpée et l'eau est profonde. C'est autour