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MARSEILLE

Fig. 252. — Plan de Marseille au 200,000*.

d'une de ces découpures que s'est formée et qu'a grandi la ville de Marseille, fondée 600 ans av. J.-C. par les Grecs de Phocée, qui avaient reconnu l'importance de la position. La république de Massilia florissait depuis des siècles par son commerce lorsque les Romains conquirent la Gaule. Après la longue période de la domination romaine, Marseille a eu au moyen âge des fortunes diverses ; à plusieurs reprises il a profité des luttes des seigneurs qui se disputaient la Provence, pour s'ériger en république et se donner des consuls ; pendant les troubles de la Ligue, le pouvoir tomba aux mains d'une oligarchie et peu s'en fallut que ses maitres d'un jour

ne la livrassent aux Espagnols. Marseille est resté toujours un grand port au milieu de ses vicissitudes. Longtemps il n*a eu que le Yieux-Port, auquel aboutit la Gannebiére. Aujourd'hui il possède à Touest de ce port une suite de bassins beaucoup plus vastes : la Joliette, le bassin du Lazaret, le bassin National, en tout 138 hectares, avec 9 kil. de quais. L'intérieur de la ville a été transformé depuis 1852. On y a percé de belles et larges avenues. Quand on arrive sur le Vieux-Port par la Cannebière (voir fig. 253) on voit à sa droite la nouvelle cathédrale, ainsi que la forêt des mâts de navires alignés dans les bassins neufs, tandis que, sur la hauteur, à gauche, se dresse au haut d*une colline Noire-Dame de la Garde

Fig. 253. — Vue de ManeUle.

qui domine le paysage. Un château d*eau, qui est un des beaux monuments de l'architecture contemporaine, verse les eaux amenées de la Durance. A Test de la ville est la promenade bien ombragée du Prado (voir fig. 254).

Chefs-lieux d'arrondissement : Aiz (pop. lot. 29,000 h. ; pop. urb. 23,000), première colonie romaine fondée en Gaule près de sources thermales ; ancienne ville de parlement, Âix est aujourd'hui siège d'une cour d'appel et d'un archevêché; Arles (pop. tôt. 23,500 h. ; pop. urb. 13,300), sur le Rhône, métropole des Gaules au iv* siècle, puis capitale du royaume d'Arles, ancien archevêché, possède des ruines, telles que les arènes et le théâtre, qui témoignent de son antique grandeur, les Aleicamps, autrefois nécropole célèbre, et la population conserve un type parti-

culier, reconnaissable surtout dans la physionomie des femmes.

Autres localités : Tarascon (pop. tôt. 9,300 h. ; pop. urb. 6,600),

sur le Rhône, siège du tribunal, tribunal de commerce, chef-lieu

d'arrondissement jusqu'en 4816, avant Arles; on connaît la légende

Fig. 254. — Plan de Marseille (extrait de la carte de l'ÉUt-m^or, au SO.OOO*).

de la Tarascjue (dragon qu*on sort encore èi certains jours de fête) ;

Saint'Remy (pop. tôt. 5,800 h.; pop. urb. 3,200), marché de

. graines, industrie céramique, possédant encore des ruines de la

cité de Glannes (détruite par les Visigoths) ; Tour-Saint-Louis (env.

100 h.)» dépendance de la commune d*ArIes, petit port à rextrémiié de la Grau ; Martigues (pop. tôt. 6,S00 h. ; pop. urb. : 4»780), appelé la « Venise provençale », à rorîgine du chenal qui fait communiquer l'étang de Berre avec les étangs de Garonte et de Bouc et avec la mer, salins et pêcheries ; Valdonne, dépendance de la commune de Peypin, mine de houille, la plus anciennement exploitée du Midi; C<i$sis (pop. lot. 1,880 h.; pop. urb. 1,480), petit port bien protégé et vignoble renommé ; la Cioiat (pop. lot. 10,700 h. ; pop. urb. 9,000), port bien abrité, chantier de construction des Messageries maritimes; Roquefort (890 h.), fabriques de ciment, aqueducs et tunnels romains.

Le département des Basses-Alpes, situé au sud de celui des Hautes-Alpes et tout couvert par les Alpes, est arrosé par la Durance, le Verdon, le Var, la Bléone.

Chef-lieu : Digne (pop. tôt. 7,100 hab. ; pop. urb. 5,400), près de la Bléone, petite ville de peu d'industrie; possède des eaux thermales sulfureuses et une cathédrale, qui est peut-être du .av^ siècle.

Chefs-lieux d'arrondissement : Barcelonnette (pop. tôt. 2,230 h.; pop. urb. 2,000 h.), sur l'Dbaye, au débouché du col de TArgentière, vallée cédée à la France en 1713 (traité d'Utrecht) ; Forçaiquier (pop. tôt. 3,000 h.; pop. urb. 2,150), capitale d'un comté autrefois important; Sisteron (pop. tôt. 3,886 h. ; pop. urb. 3,300], au-dessus du confluent de la Durance et du Buech, avec une pittoresque citadelle déclassée en 1889, ancien évéclié dont le titulaire résida aussi à Forcalquier; Castellane (1,860 h.), dans une contrée montagneuse, sur le Yerdon.

Autres localités : Fort-Saint- Vincent (150 h.), construit en 1692, pour défendre l'entrée de la vallée de l'Dbaye ; Fort-Toumoux (env. 280 h.), hameau de la commune de Saint-Paul, sur une montagne dominant, à 1720 m. d'altitude, le confluent de l'Ubaye et de rUbayette; Co/mars (850 h.), sur le Verdon; Entrevaux (1,470 h.), sur le Var, siège, jusqu'en 1790, d'un évéché dit « de Glandèves » du nom d'une ancienne ville, située sur l'autre rive du Var, où résidait l'évéque avant qu'elle n'ait été détruite par une inondation et dont il ne reste qu'un château ; Iiiez{pop. tôt. 2,330 h. ; pop. urb. 2,130), importante colonie romaine, ancien évèché; Manosque (pop. tôt. 5,450 h. ; pop. urb. 4,500), sur un affluent et près de la Durance, mines de lignite dans le voisinage; Senez (550 h.), ancien évèché.

Le département du Var, dont le nom n'est plus exact, puisque le Var ne l'arrose plus depuis que l'arrondissement de Grasse en a été détaché (1860), est situé au sud de celui des Basses-Alpes et occupé en partie par les Alpes et par les monts des Maures et TEstérel, est arrosé par l'Argens, le Verdon.

Ghef-lieu : Draguignan (pop. tôt. 9,750 h.; pop. urb. 8,560)^ dans une petite vallée fertile, enveloppée de montagnes.

Chefs-lieux d'arrondissement : Bngnoles (pop. tôt. 4,500 h. , pop. urb. 4,400), renommé pour ses prunes; Toulon (pop. tot^ 70,000 h. ; pop. urb. 66,400), situé au pied de la montagne du Faron, port militaire de la Méditerranée, abrité derrière la presqu'île Sépet, au fond d'une double rade ; ce port militaire, séparé du reste de la ville, renferme de vastes bassins et ateliers.

Autres localités : la Seyne (pop. tôt. 13,170 h. ; pop. urb. 9,300), port et chantier de construction appartenant à l'industrie privée, sur la rade de Toulon; Hyères (pop. tôt. 13,490 h.; pop. urb. 8,000), renommé pour la beauté de son site et la douceur de son climat; Garde- Freinei (2,330 h.), autrefois laFreynet ou Fraxinet, localité au-dessus de laquelle les restes d'un château fort rappellent l'occupation du pays par les Sarrasins ; Saint-Tropez (pop. tôt. 3,640 h.; pop. urb. 3,250), dont le golfe offre d'excellents mouillages ; Fréjus (pop. tôt. 3,540 h. ; pop. urb. 2,700), évôché, ville riche en restes romains, aujourd'hui & 1,500 m. de la mer. autrefois sur le rivage; Saint-Raphaël (pop. tôt. 3,230 h.; pop. urb. 2470), eau minérale, souvenir du débarquement de Napoléon le !•' mars 1815.

Le Comté de Nice est situé à l'est de la Provence, entre la crête des Alpes et la Méditerranée. C'est une région de montagnes calcaires qui jouit, dans le voisinage de la mer, d'un climat déli cieux en hiver. Aussi y a-t-il dans cette saison une affluence considérable d'étrangers.

Le comté de Nice fit partie du comté de Provence jusqu'en 1383, année où le duc de Savoie Amédée VII l'enleva à la reine de Naples Jeanne I". Après de nombreuses péripéties, cette province, prise tantôt par les Impériaux, tantôt par la France, était restée à la Savoie (partie depuis 1720 du royaume de Sardaigne). Français en totalité de 1792 à 1814, sous le nom de département des AlpeS' Maritimes créé le 4 février 1793 et agrandi de Monaco (qui y fut

hk FRANCK. H. \M

même quelque temps chef-lieu d arrondissement), le comté de Nice a été cédé, en partie, & la France par le traité de Turin du 24 mars 1860 que le suffrage universel a ratifié; les parties orientales, les districts d*Oneille (Oneglia) et de San-Remo sont restés & ritalie et forment la province de Porto-Maurizio.

L*économie pastorale domine dans la montagne. Dans les plaines côtières, la vigne^ Yamandier, Yoranger^ le citronnier, prospèrent, et la culture des fleurs est une industrie très florissante.

La partie du comté de Nice cédée à la France et quelques territoires achetés au prince de Monaco {Boquebmne et Menton) ont formé, avec Tarrondissement de Grasse, détaché du département du Var, le nouveau déparlement des Alpes-Maritimes.

Le département des Alpes-Maritimes est baigné par la Méditerrannée, couvert en grande partie par les Alpes et arrosé par le Var et la Roya.

Chef-lieu : Nice (pop. toi. 77,480 h. ; pop. urb. 65,050), sur le bord de la Méditerranée, à lembouchure du Paillon, composé d'une ville vieille et d'une ville neuve, élégante, très fréquentée par les étrangers en hiver, ornée de promenades que bordent des palmiers.

Chefs-lieux d'arrondissement : Grasse (pop. tôt. 12,100 h.; pop. vrb. 8,250), ville importante par ses fabriques de parfumerie et de savon, au centre d'une région de culture des fleurs, ancien évêché; Puget'Théniers (1,200 h.), sur le Var, sources ferrugineuses, ruines d'un château fort, arrondissement qui n'a pas de tribunal et ressortit à celui de Nice.

Autres localités : Saorge (Saorgîo) (1,500 h.), près de la Roya, ruines de plusieurs châteaux, ancienne cité romaine et épiscopale ; Menton (pop. tôt. 9,380 h. ; pop. urb. 8,500), port de création nouvelle et station hibernale très fréquentée, commerce de citrons et d'oranges, distilleries et parfumeries; Roquebrune (1,140 h.), mine de houille, restes d'une ancienne cité romaine et de deux vieux châteaux; Cannes (pop. tôt. 19,960 h.; pop. urb. 15,000), station d'hiver, comme Saint-Tropez, que la douceur de son climat fait rechercher par les étrangers et les malades, les îles de Lérins (Sainl- Honorat et Sainte-Marguerite) font partie de la commune de Cannes; Antibes (pop. tôt. 6,460 h. ; pop. urb. 5,540), ancienne colonie de Marseille, évèché du v* siècle, transféré au xui* à Grasse; Venne (pop. tôt. 2,900 h. ; pop. urb. 2,500), ancien évèché.

Le Languedoc, situé à roues^t de la Provence, des Comtats et du Dauphiné, dont le Rhône le sépare, est baigné au sud par la Méditerranée et traversé par les Cévennes. Il appartient : au bassin de la Méditerranée par sa partie orientale et méridionale, c'està-dire par les deux tiers au moins de son territoire; à celui de la Loire par sa partie nord-ouest {le Puy, Mende) ; à celui de la Garonne par sa partie sud-ouest {Toulouse), C'est le pays de la (t langue d'oc ». Le sol est formé : surtout de terrains primaires dans la région qui appartient au Massif central {heissin de la Loire, bassin de la Garonne, versant oriental des Cévennes) ; de tefrains juras^ siquesy crétacés et surtout tertiaires dans le Bas-Languedoc et le Toulousain. Dans le Masssif central ( Vivarais^ Gévaudan, Albigeois)^ la montagne domine; dans le Bas-Languedoc, c'est la plaine.

Dans cette grande province, qui formait un assemblage d'éléments disparates par la nature du sol, le climat, les cultures, les mœurs des populations, on trouve, suivant les régions, les climats méditerranéen, central et girondin.

Le Languedoc, pendant la période de la Gaule indépendante, était habité par les Volces. Annibal traversa leur pays. Les Romains, qui s'y établirent de bonne heure, fondèrent A^arôonwe {Narbo Martius) en 118 av. J.-C. Du temps de l'empire, Nîmes, Narbonne qIToulouse furent de puissantes cités. Pendant la période des invasions, la province fut occupée par les Visigoths (411) qui la conservèrent, sous le nom de Septimanie (région des sept évéchés), même après la défaite d'Alaric II à Voulon (507). Elle passa ensuite aux Arabes d'Espagne (720). Près de Toulouse, en 751, les Sarrasins furent battus par le comte d'Aquitaine. Pépin le Bref conquit la province en 759. La Septimanie devint sous Louis le Débonnaire un duché avec la Marche d'Espagne; Charles le Chauve le détacha de la Marche et Narbonne devint sa capitale. Plus tard, le Languedoc forma des fiefs entièrement indépendants de la couronne de France, et dont le comté de Toulouse était le plus important. Pendant la croisade contre les Albigeois (1209-12), la guerre y attira les hommes du Nord; la ville de Béziers fut saccagée et le roi d'Aragon fut battu et tué à Muret (1213) ; mais Raymond VI fut rappelé à Toulouse par ses sujets et Simon de Montfort fut tué au siège de cette ville. Le roi Louis VIII, auquel son fils Amaury de Montfort avait cédé ses droits, s'empara du Bas- Languedoc (1226) et y créa les sénéchaussées de Carcassonne et

de Beaucaire. Le traité de Paris (1229) donna presque entier à son fils saint Louis, avec le Gévaudan et le Vivarais, le Bas- Languedoc. Vers la même époque (1228), Théritière du comte Raymond VU de Toulouse fut fiancée à Alphonse, frère du roi. Les deux époux étant morts sans postérité, ces vastes et riches domaines, comprenant presque tout le Haut-Languedoc, échurent en 1271 à la couronne de France ; l'annexion définitive (1361) eut pour conséquence l'installation, définitive aussi, à Toulouse, d'un parlement créé dès 1302, mais suspendu et remplacé par une « chambre de la langue d'oc » créée au parlement de Paris. La mgneurie de Montpellier fut réunie aussi en 1349, la vicomte de Narbonne en 1507, et le duché d'Uzès en 1789. Au xvi* siècle, la réforme de Calvin fut adoptée par une grande partie du Languedoc. Au XVII* siècle, le canaldu Midi fut creusé, et au commencement du xviii* siècle eut lieu dans les Gévennes la guerre des Gamisards.

La culture difi'ère comme le climat dans les diverses parties du Languedoc. Dans le Vioarais^ on rencontre sur les hauteurs le châtaignier^ les pâturages et de grands troupeaux de moutons; sur les pentes inférieures et dans la plaine, le mûner; aussi y élève-t-on beaucoup de vers à soie. Les côtes du Rhône et les coteaux du Bas- Languedoc sont en grande partie couverts de vignobles^ plus riches en général par l'extrême abondance que par la qualité des produits, quoique quelques crus soient renommés. Les récoltes avaient beaucoup augmenté pendant les vingt premières années de la seconde moitié du xix* siècle; le phylloxéra les a beaucoup réduites; mais on a beaucoup replanté d'après les procédés nouveaux. On élève dans le sud des abeilles qui donnent le miel dit de Narbonne.

Les bords de la mer sont semés de lagunes et de salins exploités suivant la méthode de Balard. La houille est exploitée sur plusieurs points, dans le bassin d'AlaiSy à Bessèges^ à Graissesssac, etc. ; de là, les nombreuses usines d'Alais et des environs. Les principales industries sont : la filature et le tissage de la soie, k Alais, à Aube^ nas, h Nîmes, etc., conséquence de la culture du mûrier; le tissage de la laine, à Carcassonne, etc., conséquence de l'élevage des troupeaux des Causses; la bonneterie, etc.

Sur huit départements que le Languedoc a formés, quatre appartiennent au bassin de la Méditerranée.

Le département de rArdéche, situé à l'ouest de celui de la Drôme» dont le sépare le Rhône, en partie couvert par les monts

du Vivarais est arrosé par TArdèche, le Chassezac, et la Loire qui y prend sa source.

Chef-lieu : Privas (pop. tôt. 7,600 h. ; pop. urb. 5,580), au confluent de trois rivières, non loin du Rhône, en partie détruite durant les guerres de religion du xvu* siècle (1629), bureau de conditionnement des soies.

Chefs-lieux d'arrondissement : Largentière (pop. tôt. 2,700 h. ; pop. urb. 2,150), anciennes mines d'argent qui ont valu à la ville son nom, restes de plusieurs châteaux, fabriques de soie; Tournon (pop. tôt. 5,290 h.; pop. urb. 4,170), dans une belle situation au bord du Rhône.

Autres localités : Annonay (pop. tôt. 17,300 h. ; pop. urb. 14,800), importantes papeteries, commerce de la soie ; Aubenas (pop. tôt 8,100 h. ; pop. urb. 5,670), bureau de conditionnement des soies Viviers (pop. tôt. 3,370 h. ; pop. urb. 1,840), près du Rhône, an cien chef-lieu de Vivarais, évêché; Saint-Péray (pop. tôt. 2,640 h. pop. urb. 1,620), vins blancs mousseux, marbres; la Voulte (pop. tôt. 4,200 h.; pop. urb. 3,600), sur le Rhône, mines de fer, fonderies et hauts fourneaux; Apt (1,500 h.), vestiges gallo-romains de la principale cité des Hel viens, restes imposants d'un vieux château; Vais (pop. tôt. 3,900 h. ; pop. urb. 2,190), sur le Volant, et près de TArdèche , nombreuses et importantes sources minérales ; Prades (1,150 h.), sources minérales, bassin houiller jadis bouleversé par des éruptions volcaniques; Vagnas (740 h.), lignites, schiste bitumineux; Le Teil{pop. tôt. 4,490 h.; pop. urb. 2,100), sur le Rhône, fabrique de chaux hydraulique.

Le département du Gard, situé au sud de celui de TArdèche, traversé par les Cévennes, limité par le Rhône et le Petit-Rhône, est arrosé par le Gard, l'Hérault, le Vidourle.

Chef-lieu : Nîmes (pop. tôt. 69,900 h. ; pop. urb. 67,300), ville gauloise, rebâtie par les Romains près d'une source abondante, possède encore de beaux monuments de l'époque impériale, les Arènes, la Maison-Carrée, la Porte -d'Auguste, la Fontaine avec le temple de Diane et les Thermes, la Tour-Magne; et, du temps de Louis XIII, le Fort, devenu maison centrale; longtemps prospère par l'industrie de la soie, elle Test encore par la fabrication des châles, des lapis et par le commerce des vins et des alcools; non loin de Nîmes, près de Retnoulins, est le pont du Gard^ célèbre aqueduc, un des chefs-d'œuvre de l'art antique roniain.

Chefs-lieux d'arrondissement : Alais (pop. lot. 22,520 h. ; pop. urb. 17,900), sur le Gardon de ce nom, important par son commerce de soie, par son bassin hpuilier, par ses forges et fonderies de fer, de plomb et zinc, ancien évéché ,* Uzès (pop. tôt. 5,150 h. ; pop. urb. 4,370), industrie de la soie, commerce de vins, eaux-devie et huiles, ruines des époques romaine et féodale, ancien évéché ; Le Vigan (pop. tôt. 5,350 h. ; pop. urb. 4,300), petit bassin houil- 1er, pierres lithographiques, industrie de la soie, sources thermales.

Autres localités : Trêves (500 h.), mine de houille, curieuses grottes du Bramalésan dans le voisinage ; Saint-Hippolyte-du-Fort (pop. tôt. 4,100 h.; pop. urb. 3,800), sur leVidourle qui s'y perd et renaît plusieurs fois, ancien fort construit sur les plans de Yauban contre les camisards, nombreux châteaux, école militaire préparatoire; Bessèges [poi^. tôt. 10,650 h.; pop. urb. 9,170), mines de houille et de fer, hauts fourneaux, verrerie; Barjac (1,850 h.), bassin houiller, filatures de soie, sources minérales; Grand-Gailargues (1,550 h.), près du Vidourle, culture de la morille pour la fabrication de la teinture de tournesol; Valleraugtie (2,800 h.), situé dans la partie la plus belle du massif de TAigoual; La Grande Combe (pop. tôt. 11,350 h.; pop. urb. 6,100), mines de houille, usines, verreries ; Pont-Saint-Esprit (pop. lot. 4,960 h. ; pop. urb. 4,050), pont célèbre sur le Rhône, bâti au xn" siècle par les Frères pontifes; Bagnols (pop. tôt. 4,460 h. ; pop. urb. 3,460), vins estimés, filatures de soie, cascades de la Gèze; Roquemaure (2,670 h.), sur le Rhône, soieries, fabriques d'eaux-de-vie et d'huiles, ruines romaines; Sommières (3,840 h.), sur le Vidourle, fabriques d'essences et liqueurs, de lainages et molielon, peaux, restes galloromains, château de la Renaissance; Beaucaire{pop. tôt. 9,820 h.; pop. urb. 8,700), sur le Rhône, célèbre par ses foires qui attiraient autrefois les marchands de tout le littoral de la Méditerranée; Algues-Mortes (pop. tôt. 3,900 h. ; pop. urb. 3,700), conservant intactes ses murailles du moyen âge, ville reliée par la Robine (ou canal de jonction) à la mer, dont elle était élojgnée au temps de Saint-Louis à peu près comme aujourd'hui, voisine de vignobles créés dans le sable des dunes ; Saint-Gilles (pop. tôt. 5,500 h. ; pop. urb. 4,480), sur le canal de Beaucaire, église remarquable*

Le département de l'Hérault, en partie couvert par les Cévennes méridionales, est arrosé par l'Hérault, l'Orb, le Vidourle, l'Agout, le Lez.

CheMieu: Montpellier (pop. tôt. 56,760 h. ; pop. urb. 53,500), bâti sur une légère éminence d'où Ton découvre la Méditerranée, près du Lez canalisé, siège autrefois de la chambre mi-partie du parlement de Toulouse, ville universitaire et grande place de commerce, conserve encore sa double réputation, quoique son importance ait diminué ; possède une ancienne citadelle.

Chefs-lieux d'arrondissement : Béziers, (pop. tôt. 41,780 h.; pop. urb. 40,200), sur une colline au pied de laquelle passent TOrb et le canal du Midi, ville importante par le commerce des vins et par ses fabriques de drap, ancien évêché ; Lodève (pop. tôt. 9,500 h. ; pop. urb. 9,200), nombreuses fabriques de drap, ancien évéché; Saint'Pons (pop. tôt. 3,360 h. ; pop. urb. 3,010), ancien évéché, sur le Jaur dont la source rappelle en petit celle de Vaucluse, belles grottes, mines de fer et fabriques de draps, ancien évéché

Autres localités: Cette (pop. tôt. 37,100 h.; pop. urb. 36,700), entre l'étang de Thau et la mer, au débouché du canal du Midi, le second port de commerce de la France sur la Méditerranée ; grandes fabriques de vins et commerce important, ancienne citadelle sur une éminence; Lunel (pop. tôt. 6,670 h.; pop. urb. 6,450), renommé pour son vin blanc, ses fabriques de liqueurs et ses soieries; Frontignan (pop. tôt. 3,300 h. ; pop. urb. 3,100), vins et eaux-devie de muscat renommés, sources minérales et salins; Pézenas (pop. tôt. 6,900 h. ; pop. urb. 6,500), dont le marché a longtemps servi de régulateur du prix des vins et esprits; Bédarieux (pop. tôt. 7,300 h. ; pop. urb. 6,700), verreries, fonderies de cuivre et draperies; Ckrmoni-V Hérault (pop. tôt. 5,200 h. ; pop. urb. 4,806), manufacture de draps pour l'armée; Roujan (1,700 h.), petit bassin houiller, sources ferrugineuses, antiquités romaines; La Caunette (540 h.), dépôt de lignite; Agde(ipop. tôt. 8,400 h. ; pop. urb. 7,500), ville fondée par des Grecs (Agatha), bâtie de laves, d'où le nom de « ville noire »^ au pied de l'ancien volcan de Saint-Loup, chantiers de construction, salins, commerce de vins, ancien évêché, dans le voisinage l'île basaltique de Brescon^ surmontée d'un fort; BalaruC'les- Bains (775 h.), sur l'étang de Thau, et LamalouleS'Bains (753 h.), eaux minérales chaudes; Maguelone (1,316 h.), ancien évéché de la période romaine.

Le département de l'Aude, situé au sud-ouest de celui de l'Hérault, est en partie couvert par les Cévennes et les Corbières et est arrosée par l'Aude, TAgly, la (ou le) Fresquel.

Chef-lieu : Carcassonne (pop. lot. 29,300 h.; pop. urb. 25,950), sur l'Aude et sur un bras du canal du Midi, conserve dans la ville haute la « Cité », les fortifications et l'aspect du moyen âge, chef-lieu d'une sénéchaussée établie par Louis VIII; la ville basse, toute moderne, séparée par l'Aude, a des fabriques de draps.

Chefs-lieux d'arrondissement : Narbonne (pop. tôt. 29,700 h. ; pop. urb. 26,400), antique métropole romaine, ancien archevêché dont le titulaire était président-né des États du Languedoc, belle cathédrale, fait encore aujourd'hui un commerce important le développement de la culture de la vigne dans l'Aude aaugmenté l'activité; Caztelnaudary (pop. tôt. 10,100 h.; pop. urb. 8,600), sur le canal du Midi, construction de bateaux; Ztmoux (pop. tôt. 6.800 h. ; pop. urb. 6,480), sur l'Aude, souvenir d'une bataille de 1632, fabrique de draps, connu par sa <^ blanquette ».

Autres localités : Cannes (pop. tôt. 2,600 h. ; pop. urb. 2,380), carrières de marbre ; Durban (930 h.), mines de houille, de fer, de plomb et d'antimoine; Sigean (pop. tôt. 3,800 h. ; pop. urb. 3,400), près de la mer et de l'étang de ce nom, vins et eau- de-vie, salins; Fuchau (1,663 h.), mines de houille; Quxllan (pop. tôt. 2,460 h.; pop. urb. 2,300), carrières de marbre, bois de construction, forges et scieries ; Alet (980 h.?), sur l'Aude, dans une gorge boisée et bien fertile, eaux minérales, ancien évêché.

Le Roussillon est une petite province située au sud du Languedoc ; il tire son nom de l'ancienne station romaine Ruscino, C'est une province maritime et pyrénéenne. Les Pyrénées, qui , avec le massif isolé du Canigou, couvrent une partie du sol, se composent principalement de ieiTains primaires et de transition; dans la plaine le terrain crétacé domine ; le fond des vallées et la zone maritime se composent de terrains quaternaires. Le climat est méditeiTanéen et un des plus chauds de la France.

Le Roussillon a eu longtemps la même fortune que la Septimanie. Gouverné depuis le ix* siècle par des comtes, d'abord bénéficiaires, puis héréditaires, le Roussillon devint en 1172, une dépendance du royaume d'Aragon, tout en restant jusqu'en 1258 sou*? la suzeraineté de la France. Louis XI posséda pendant quelque temps cette province comme gage pour prêts d'argent; mais Charles VIII la rendit (1493) à l'Aragon avant de partir pour son expédition d'Italie. Eq 1542, François I*' essaya inutilement d'en

faire la conquête; Louis XIII Taccomplit (1640). Le traité des Pyrénées (1659) confirma cette possession, ainsi que celle de la Cerdagne française^ vallée supérieure de la Sègre qui appartient au bassin de l'Èbre, et un conseil souverain fut installé à Perpignan en 1660. De 1793 à 1795, le Roussillon fut le théâtre principal de la lutte entre l'Espagne et la France (Camp du Boulouy etc.).

Le Roussiilon produit en abondance YoHviert Yamandier^ la vigne. Dans la montagne les pâturages dominent ; on y trouve aussi de» forêts, d'excellents minerais de fer et des sources minérales.

Le Roussillon, avec la Cerdagne, forme un département.

Le département des Pyrénées-Orientales, en partie couvert par les Pyrénées, est arrosé par la Têt et le Tech.

Chef-lieu : Perpignan (pop. tôt. 34,200 h. ; pop. urb. 26,840), sur la rive droile de la Têt, place de guerre de premier ordre, ancienne capitale du Roussillon.

Chefs-lieux d'arrondissement : Céret (pop. tôt. 3,800 h. ; pop. urb. 3,050), près du Tech, ruines romaines ; Prades^ (pop* *<>t* 3,8100 h.; pop. urb. 3,600 h.), sur la Tét, bonneterie et eaux thermales.

Autres localités ; Banyub-sur-Mer (pop. tôt. 4,050 h. ; pop. urb. 1 ,950), renommé pour ses vins et conservant encore des tours qui datent des Maures ; Rivesaltes (pop. tôt. 6,230 h. ; pop. urb. 6,040), vin muscat dont on fait un grand commerce; Le Boulon (1,750 h.), fabriques d'articles de liège, eaux thermales ferrugineuses, vestiges des redoutes de camp du Boulou; Collioure (pop. tôt. 3,700 h. ; pop. urb. 3,600), petit port de mer, bon vin; Port-Vendres (pop. tôt. 3,000 h. ; pop. urb. : 2,800), port marchand et escale des paquebots de Marseille à Oran, chantiers de construction, vignobles ; Ville franche (650 h.), sur la Tét, ancienne citadelle construite sur les plans de Vauban ; Mont-Louis (1,880 h.), près de la source de la Tét, citadelle bâtie en 1684; Amélie-les-Bains (1,500 h.), sources thermales; hôpital militaire; Fine (pop. tôt. 3,240 h.; pop. urb. 2,870), sur une colline, ancienne cité romaine (Illiberis), évéché transféré à Perpignan en 1602.

La Corse est une île très montagneuse, couverte de forêts. Elle est en très grande partie formée de terrains primaires et de 7'oches éruptives; la côte orientale, basse et marécageuse, est de

formation quaternaire. Les nombreuses rivières de la Corse ne sont guère que des torrents. La côte orientale est peu découpée, et n'a de ports qu'à ses deux extrémités, septentrionale et méridionale ; la côte occidentale, toute découpée de baies profondes a beaucoup de ports. Le climat est méditerranéen.

Après avoir appartenu aux Étrusques, aux Carthaginois qui la colonisèrent en partie, aux Romains, aux empereurs d'Orient, puis à Charlemagne et aux Sarrasins, la Corse passa de la domination des Pisans (xi* siècle) à celle des Génois (xiv* siècle). Conquise en partie par Henri II de France qui attira à son service quelques vaillants nobles, elle fut rendue aux Génois en 1559 au traité de Cateau-Cambrésis. Sous la conduite du baron Théodore de Neuhof (1737-1743), les Corses se débarrassèrent momentanément des Génois. Ceux-ci la cédèrent à la France, moyennant finance, en 1768 par le traité de Compiègne qui y établit un conseil souverain en 1770. De 1794 h 1796, les Anglais, appelés par Paoli, dominèrent en Corse. L')le a formé : de 1790 à 1793 un seul dépa^ tement; de 1793 à 1811, deux départements, du Goto et du Liamone.

La Corse possède de vastes forêts^ des chênes-lièges et beaucoup de pâturages^ des orangers et citronniers; peu de cultures de céréales. On y élève un grand nombre de chèvres.

Les mines de \fer et des carrières de marbre son nombreuses. L'industrie est très peu développée.

L'Ile forme le département de la Corse, qui est arrosé par le Goio et le Liamone.

Chef-lieu : Ajaccio (pop. toi. 17,570 h. ; pop. urb. : 16,800), pori sur la côte occidentale, dans une belle situation, lieu de naissance de Napoléon !•'; évêché, le seul aujourd'hui de la Corse qui en avait cinq en 1789; siège de la cour d'appel jusqu'en 1816.

Chefs-lieux d'arrondissement : Bastia (pop. tôt. 20,760 h. ; pop. urb. â0,â50), port sur la côte nord-est, ancienne capitale de l'Ile et jusqu'en 1790 siège du conseil souverain, aujourd'hui siège de la cour d'appel et de la cour d'assises ; Calvi (1,950 h.), dont le port sur la côte nord-ouest est magnifiquement situé; Corté (5,000 h.)> sur le Tavignano, situé au centre de la Corse, renommé par son vin ; Sartène (pop. tôt. 5,600 h. ; pop. urb. 3,970), où se trouve le rocher dit « l'Homme de Cagna ».

.\utres localités : Porto-Vecchio (2,840 h.), vieille ville, avec un

très bon port sur le golfe qui porte son nom ; Bonifacio (pop. tôt. 3,350 h. ; pop. urb. 3,100), sur le canal dit bouches de Bonifacio, vis à vis la Sardaigne, bon port, pêche de corail; Cotenzana (2,870 h.), ruches d'abeilles; Sam^F/orcni (800 h.), au fond d'un vaste golfe ; Manana et Aletia^ sur la côte est, anciennes colonies romaines, anciens évêchés, aujourd'hui simples chefs-lieux de communes; Vico (1,860 h.), qui fut chef-lieu d'arrondissement du département du Liamone.

375. lift réylom dn baMim de la Oaromne. — Le bassin de la Garonne comprend, en tout ou en partie, neuf provinces : Guienne, Gascogne, comté de Foix, Béarn, Angoumois, Saintonge et Aunis; parties du Limousin, de l'Auvergne et du Poitou. Le Béarn occupe le bassin secondaire du sud (Adour); l'Aunis et la Saintonge, l'Angoumois, le Poitou occupent des bassins secondaires du nord. Le bassin de la Garonne comprend, en outre, trois départements dont le territoire appartenait au Languedoc.

Les trois déparlements dépendant du Languedoc sont :

Le département de la Losère (qui se trouve en grande partie dans le Languedoc), est situé à l'ouest de celui de l'Ardèche, sur le Massif central. Il doit son nom au mont Lozère; il est couvert en grande partie par les Gévennes et il est arrosé par le Tarn, le Lot et l'Allier.

Chef-lieu : Mande (pop. tôt. 8,100 h. ; pop. urb. 6,740), encaissé dans la vallée du Lot, entre deux Causses.

Chefs-lieux d'arrondissement : Marvejols (pop. tôt. 5,100h. ; pop. urb. 4,800), sur la Colagne, fabrique de lainage ; F/orac (2,160 h.), • sur le Tarn.

Autres localités : Javoh (1,140 h.), siège d'un évéché [Gabalum) qui, après la destruction de la ville par les barbares au v° siècle^ fut réuni & celui de Mende; Châteauneuf-de-Bandon (768 h.), sur le versant des Cévennes dont les eaux se rendent à l'Allier, conservant les ruines du château sous les murs duquel mourut Duguesclin; Vialas^ mines de zinc et d*élain.

Le département du Tarn, situé entièrement sur le Massif central, au nord du département de l'Aude, est arrosé par le Tarn, l'Aveyron et TAgout.

Chef-lieu : Albi (pop. tôt. 15,220 h. ; pop. urb. 14,650), sur le Tarn, cathédrale remarquable et d'un style original, archevêché créé en 1678 aux dépens de celui de Bourges.

Chefs-lieux d'arrondissement : Gaillac (pop. toi. 8,340 h.; pop. urb. 6,350), sur le Tarn, fabriques de toiles; Castres (pop. tôt. 24,420 h. ; pop. urb. 22,100); sur TAgout, grandes fabriques de draps, ancien évôché ; Lavaur (pop. tôt. 6,976 h. ; pop. urb. 4,630), sur TAgout, fabriques de soie, ancien évéché.

Autres localités : Cannaux (pop. tôt., 8,060 h.; pop. urb. 6,950), chef-lieu de canton depuis 1889, bassin houiller; Matamet (pop. tôt. 14,670 h.; pop. urb. 10,940), fabriques de draps; Sorèze (1603 h.) une des douze écoles royales militaires jusqu'en 1789, célèbre collège d'oratoriens.

Le département de la Haute -Garonne, situé au sud-est de celui du Tarn, est un département frontière, couvert par les Pyrénées dans sa partie méridionale et arrosé par la Garonne, TAriôge, THers mort, la Pique.

Chef-lieu : Toulouse (pop. tôt. 147,620 h. ; pop. urb. 133,770), ancienne capitale du Languedoc, est bâti au coude de la Garonne (voir fig. 255) à l'endroit où le fleuve commence h couler vers le

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