LA RÉPUBLIQUE D'ANDORRE ET LA PRINCIPAUTÉ DE MONACO
SouuAinB. ■— 877. La vallée d'Andorre (628). — 3T8. La principauté de Monaco (630).
377. i^a faliée d'Andorre. — Entre la France et l'Espagne, sur le versant méridional des Pyrénées Orientales, est la vallée d'An-
dorre, appartenant au bassin de la Sègre. Elle est constituée en république. Sa population ne dépasse vraisemblablement pas 6,000 âmes (1).
C'est une petite contrée presque toute formée de terrains primaires ou éruptifsj hérissée de montagnes, couverte ou enveloppée déneige pendant l'hiver, ayant un climat parfois très chaud Tété. Elle est limitée k Test et au sud-est par la Gerdagne (française et espagnole). Au nord, elle est séparée du département de TAriège par la crête des Pyrénées, dont les cols ou « ports » les moins élevés (port de Signer et port de Fontargente) ont 2,594 et 2,582 métrés d'altitude et sont à peu près inaccessibles en hiver ; au nord-est, une roule muletière conduit sur la frontière près de la source de TAriège, et, de là, en France. Au sud, le rio del gran Valira, dont les deux branches, septentrionale et orientale, coulent torrenlueusement au fond des deux principaux vallons, est longé, dans sa partie inférieure, par une route muletière débouchant en Espagne, avec laquelle TAndorre communique facilement en toute saison.
L'Andorre mesure 27 kil. du nord au sud et 29 de Test à Touesl. Elle a une superficie d'environ 450 kil. car.
L'Andorre était une dépendance du comté d'Urgel qui relevait du roi d'Aragon. Les comtes cédèrent aux évéques de la Seû d'Urgel une grande partie de leurs droits seigneuriaux. Lorsque les droits des comtes d'Urgel eurent passé, par mariage, aux comtes de Foix, ceux-ci eurent avec les évêques des démêlés qui se terminèrent en i278 par une sentence arbitrale portant : que la seigneurie et la haute justice de l'Andorre seraient indivises entre révoque et le comte ; que l'un et l'autre prélèveraient alternativement, d'année en année, un tribut et nommeraient un des deux « viguiers w. Par l'avènement de Henri IV, les droits du comte de Foix passèrent au roi de France.
En 1793, les agents français refusèrent le tribut, comme entaché de féodalité ; mais les Andorrans, désireux de conserver le protectorat français, obtinrent, par décret du 27 mars 1806, la nomination du viguier et le rélablissement du tribut, qui fut fixé à 960 francs. Le tribut payé à l'évêque de la Seu d'Urgel est de 460 francs.
Les droits de la France, qui étaient exercés par le préfet de l'Ariège, le sont aujourd'hui, à cause de la route muletière qui
(1) Quelques autours doDuent jusqu'à 16,000 habitants; Tomas J muoj {Relaçao sobre la Vall de Andorra (1838) donnait 3,800; M. filadé estimait, en 187S, que la population s'élevait à 5,800 âmes.
conduit dans les Pyrénées-Orientales, par le préfet de ce département.
L'Andorre est divisée en six paroisses. Chaque paroisse est administrée par un premier et un second conseil élus annuellement par les chefs de famille. Les conseils et deux délégués de chaque paroisse forment le conseil général ou « conseil des vingt-quatre », qui délibère sur toutes les affaires administratives et nomme un syndic procureur généi^al et un second syndic, chargé de faire exécuter ses décisions. Les deux viguiers, nommés par le gouvernement français et par Tévéque, commandent la milice, rendent la justice, nomment deux baillis et exercent en général les fonctions du pouvoir exécutif. Mnjuge d' appela nommé à vie alternativement par la France et par Tévéque, juge en appel les arrêts des baillis.
L'Andorre a peu de terres arables. Cependant on cultive les cériaks et le tabac. Elle possède des pommiers, des châtaigniers, des noyers^ quelques forêts et de vastes pâturages, communaux ou non, qui nourrissent des chevaux, des bœufs et surtout des moutons. On élève aussi des porcs, des chèvres et des mulets.
L'Andorre possède quelques forges catalanes qui fournissent un peu de fer. On fabrique des draps et autres lainages grossiers.
Le commerce se fait en partie avec la France, en plus grande partie avec TEspagne.
378. Ija prlmeipauté de Monaco. — Sur la c6te de la Méditerranée, un promontoire rocheux, taillé presque partout à pic et revêtu de plantes des pays chauds, aloès, etc., d'un aspect très pittoresque, s'avance dans la mer, la pointe vers l'est. C'est sur ce rocher qu'est bâtie la petite ville de Monaco. A l'extrémité du côté de la terre ferme, s'élève le palais du prince. Au pied de la ville, dans la direction du nord-est, sont le « port d'Hercule », origine de la ville fondée par les Grecs, le faubourg de la Condamine avec ses coquettes villas, et Monte Carlo, où se trouve la maison de jeu.
Le territoire de la principauté n'a que 4 kil. de côte et ne s'avance nulle part jusqu'à un kil. dans l'intérieur des terres.
Hais la beauté du site, la splendeur de la végétation méditerranéenne, l'attrait du jeu y attirent une foule d'étrangers.
La principauté appartient à la famille génoise des Grimaldi. En 1641, Honoré II de Grimaldi, qui s'était placé sous le protectorat de la France, reçut des terres en Dauphiné et en Provence (duché de Valentinois, etc.), en compensation de celles qui lui avaient été confisquées en Espagne. Le prince recevait une rente du roi et Monaco avait une garnison française. La principauté, réunie, le
14 février 1793, au département des Alpes-Maritimes, dont Monaco fut même quelque temps un chef-lieu d'arrondissement, fut rendue en 1814 aux Grimaldi et placée sous le protectorat du roi de Sardaigne. £n 1860, elle a été, par suite de l'annexion de Nice à la France, détachée de ce protectorat et, le 2 février 1861, le prince de Monaco a cédé, contre indemnité, à la France les villes de Roquebrune et de Menton^ qui ont été rattachées au nouveau département des Alpes-Maritimes.
a* Seetion.