‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 112 sur 171 · TOULOUSE · texte numérisé non relu

TOULOUSE

Fig. 255. — Plan de TouIoum au SOO 000*.

nord-ouest et où aboutit la route naturelle conduisant, par le seuil de Naurouze, du Haut-Languedoc sur les bords de la Méditerranée; c'est à Toulouse que se termine le canal du Midi et que commence le canal latéral à la Garonne. Toulouse était déjà une cité considérable au temps de la Gaule indépendante; il fut, à Tépoque des barbares, la résidence des rois visigoths, et, pendant le moyen âge, la plus grande cité du Midi par le commerce et par la culture des lettres. Il était connu sous le nom d' « Athènes du Midi » et ses « Jeux floraux » sont restés célèbres. Depuis 1271, il a fait partie des

possessions des rois de France, et en 1361 a été réuni au domaine. Son parlement, créé en 1302, installé définitivement en 1443, était le premier après celui de Paris et contribuait, avec son école de droit, à en faire le centre des « pays de droit écrit ». Il possède de nombreux monuments, de belles promenades (grande place du Gapitole). Toulouse est situé au milieu d'un pays fertile surtout en céréales. Son commerce est presque borné à des relations intérieures; cependant il expédie certaines marchandises en Espagne. Son industrie consiste surtout dans la minoterie, la carrosserie, la fabrication des faux et des ressorts, le laminage du cuivre. C'est encore aujourd'hui un grand centre universitaire, possédant, outre de nombreuses sociétés savantes, un groupe d'établissements d'enseignement supérieur libre.

Chefs-lieux d'arrondissement : Samt-Gaudens (pop. tôt. 6,602 h. ; pop. urb. 4,620), dominant la Garonne ; Muret (pop. tôt. 4,145 h. ; pop. urb. 2,675), sur la Garonne, célèbre par le souvenir de la défaite (1213) du roi d'Aragon venu au secours du comte Raymond VI de Toulouse contre « les hommes du Nord » conduits par Simon de Montfort; Ville franche (pop. tôt. 2,570 h.; pop. urb. 2,200), près du canal du Midi, connue sous le nom de Villefranche-de- Lauraguais.

Autres localités : Bagnères-de-Luchon (3,730 h.), une des stations thermales les plus fréquentées des Pyrénées; Rteux (1,850 h.), ancien évêché ; Revel (pop. tôt. 5,350 h.), près du bassin de Saint- Ferréol qui alimente le canal du Midi; Pibrac (1,000 h.), grand pèlerinage en l'honneur de sainte Germaine, bergère du village, canonisée en 1867; Saint-Bertrand de Comminges (655 h.), sur un rocher, ancien évèché dit « de Comminges », cathédrale remarquable.

La Guyenne et la Gascogne dont les noms viennent d'Aquitaine et de Vascons, comprennent la plus grande partie des bassins de la Garonne et de VAdour. Elles sont situées au nord-ouest du Haut-Languedoc. Le sol est formé : presque entièrement de terrains tertiaires dans les plaines de la Garonne et de l'Adour; de bandes successives de terrains crétacés, jurassiques et primaires dans le Massif central et dans les Pyrénées. La région appartient au climat girondin.

Dans lantiquitéi la Guyenne et la Gascogne faisaient partie de

ÏAquiiaine, La population gasconne qui rbabilail primitivement fut refoulée peu à peu par les invasions celtiques. Sous la domination romaine, Bordeaux fut une ville très florissante. A Tépoque des invasions, les Yisigoths s'établirent dans le pays. Clovis le conquit à la suite de la bataille de Voulon (507), mais ses succèsse^jrs ne s'y établirent jamais solidement; ils créèrent même un royaume d'Aquitaine pour une branche de leur famille, ce qui n'empêcha pas les Aquitains de recouvrer leur indépendance première pendant la lutte qui eut pour résultat la chute de la race mérovingienne.

Pépin le Bref et Charlemagne, par une longue guerre contre Waïfre et Hunald, soumirent de nouveau l'Aquitaine (759-771). Ce pays redevint à peu près indépendant, dès le commencement de la féodalité. 11 se forma un très grand nombre de principautés, duchés, comtés indépendants; cependant les comtes de Poitiers parvinrent à dominer, à l'ouest et au nord, ces seigneurs, comme les comtes de Toulouse dominèrent, à l'est et au midi, ceux du Languedoc. Le mariage (1437) d'Éléonore de Guyenne avec Louis YII donna pour quelque temps ces provinces à la couronne de France; mais son divorce et son second mariage avec Henri Plantagenet (1152) les porta à la maison d'Anjou, qui devint bientôt (1154) maison régnante d'Angleterre. Louis VITl s'empara (1224) d'une partie de la Guyenne et du Périgord, que son fils saint Louis restitua (1257) par le traité d'Abbeville au roi d'Angleterre, sous condition d'hommage-lige, jusqu'à la limite de la Charente. Philippe -le-Bel conBsqua ces provinces (1294) qui restèrent au domaine jusqu'en 1303. Le traité de Brétigny (1360) les enleva pour un siècle k la suzeraineté de la couronne de France. Charles Y en reconquit cependant la plus grande partie; mais Charles VI la perdit de nouveau.

Ce n'est qu'après la bataille de Castillon (1453), que Bordeaux ei la Guyenne anglaise furent rattachés définitivement au domaine royal. Quant à la Gascogne, les seigneurs d'Armagnac et ceux d'Albrel en avaient placé peu à peu la plus grande partie sous leur autorité. Louis XI confisqua une partie des domaines à! Armagnac et Charles YIII n'en rendit aux comtes d'Armagnac que le domaine utile. Henri IV, par son avènement, réunit au domaine, en 1589, les riches possessions des deux maisons. Le duché d'A/bret fut cependant rétabli sous Louis XIV (1651), et ne fut supprimé, avec d'autres duchés-pairies, qu'en 1789.

En 1814, la France a été envahie du côté de Bayonne par l'armée de Wellington. En 1871, la délégation du gouvernement de

la Défense nationale, obligée de quitter Tours, se fixa k Bordeaux, et y réunit l'Assemblée nationale élue en février.

La Guyenne, comme la Gascogne, a des aspects très divers :

Au sud se trouve la région pyrénéenne avec de profondes et étroites vallées ; des pâturages qui nourrissent, entre autres animaux, des chevaux estimés; des mines de fer; des carrières de marbre et des eaux minérales très renommées.

Au centre, la belle et large vallée de la Garonne produit toutes les céréales, le mats surtout. La vigne y est cultivée avec succès, quoiqu'elle ait à lutter contre le phylloxéra; elle donne, surtout dans le Bordelais et le Médoc^ des vins fameux, et, dans V Armagnac^ des eaux-de-vie renommées.

Le paysage des Landes est monotone, avec ses grandes forêts de pins, ses espaces incultes, ses étangs et ses marécages.

Dans le nord se trouve le Périgord^ fertile et riche par ses cultures, ses prairies, ses truffes et ses vignobles qu'on dispute aussi au phylloxéra.

A l'est, s'élèvent le Quercy et le Bouergue qui font partie du Massif central, avec leurs terrains granitiques ou calcaires, leurs vignobles sur le flanc des coteaux, leurs pâturages, leurs boeufs, leurs moutons, leurs châtaigneraies et, sur les Causses, de vastes landes. C'est dans la région des Causses qu'on fabrique le fromage de Boquefort (Aveyron).

Dans la partie sud-ouest du Massif central, on trouve quelques houillères, Aubin, Decazeville, etc., et des hauts fourneaux; les fers du Bouergue et ceux de Périgord sont connus dans le commerce. L'industrie, d'ailleurs, est peu développée.

La Guyenne et la Gascogne ont formé neuf départements.

Le département de la Gironde est baigné par la mer et arrosé par la Garonne, la Dordogne, la Gironde et l'Isle.

Chef-lieu : Bordeaux (pop. tôt. 240,600 h. ; pop. urb. 235,100), qui occupe sur la rive gauche de la Garonne, à 96 kilomètres de la mer, une position plus avantageuse que Rouen sur la Seine et Nantes sur la Loire ; les navires du plus fort tonnage peuvent, avec la marée, venir jusqu'à ses quais. La ville a de remarquables promenades, surtout les quinconces et les allées de Tourny ; des monuments, tels que la cathédrale, l'église Saint-Michel et son clocher, la tour Pey-Berland, la tour Saint-Éloy avec la grosse cloche de la « Jurade »i le grand théâtre, l'ancien archevêché, au-

jourd'hui hôtel de ville qui renferme le musée, le palais des facultés, la Bourse, les restes du palais Galiien, etc. Le port de Bordeaux comprend : Tancien port formé par le fleuve large de 500 mètres environ, limité sur la rive gauche par un quai courbé en arc de cercle d'un développement de 9 kilomètres environ et comprenant 970 mètres de quais verticaux dont l'étendue va prochainement doubler au moins ; un bassin k flot, inauguré en 1879, de 10 hectares de superficie, avec de vastes magasins-docks, faisant suite (à Taval ou au nord) aux quais. Sur la rive droite sont la a rade

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de Lormont » et la gare d'Orléans ou de la Bastide ; sur la rive gauche, la gare Saint-Jean ou du Midi.

Les peaux de La Plata, les bois du nord, les sucres, cafés, cacaos, poivres, gommes, indigos, arachides, grains, houilles anglaises, etc., sont, pour l'importation, les principales marchandises; pour l'exportation, les vins, eaux-de-vie, liqueurs, conserves alimentaires.

Chefs-lieux d'arrondissement :5a2a5 (pop. tôt. 5,030 h. ; pop. urb. 2,900), fabriques d'étoffes, ancien évéché; JSktye (pop. tôt. 4,340 h. ; pop. urb. 3,370), port sur la Gironde, ville défendue par une citadelle, par le fort Médoc et le Pâté, qui, a joué à plusieurs reprises un rôle dans l'histoire militaire de la France ; Lesparre (pop. tôt. 4,010 h. ; pop. urb. 2,330), fabriques de draps et de liqueurs, restes du château et de l'ancienne enceinte; Libourne (pop. tôt. 16,740 h. ; pop. urb. 15,500), port maritime de la Dordogne; La Réole (pop. tôt. 4,340 h. ; pop. urb. 3,700), sur la Garonne, commerce d'eairsde-vie et de vins, restes d'antiquités romaines et de la triple enceinte féodale de la ville.

Autres localités : Couiras (pop. toi. 5,100 h.; pop. urb. 3,100)^

sur risle, victoire de Henri IV, alors roi de Navarre en 1587; Ca*tillon (pop. toi. 3,000 h. ; pop. urb. 2,700), sur la Dordogne; victoire des Français pendant la guerre de Cent ans, en 1453, mino* teries; GuUres (pop. tôt. 1,490 h.; pop. urb. 1,240), sur Tlsle, vignobles, fabriques et distilleries; Saint-Émilion (3,160 h.), sur la Dordogne, un des bons crus bordelais ; Sauternes (950 h.), vin blanc très renommé ; Saint-Symphorien (2^030 h.), usine à fer et forêts de pins, comme dans toutes les Landes; Arcachon (8,100 h.), sur le bassin de ce nom^ port de pèche, parc à huîtres et station balnéaire très fréquentée ; la Sauve^ ancienne abbaye de Bénédictins, fondée vers 1080, aujourd'hui école normale d'instituteurs; Pauillac (pop. tôt. 4,620 h. ; pop. urb. 2,210), sur la rive gauche de la Gironde où s'arrêtent les grands navires à escales qui n*ont pas intérêt à remonter jusqu'à Bordeaux, et, à 2 kil., le lazaret de Trompe-Loup.

Le département de la Dordogne (ancien Périgord), situé à l'est lie celui de la Gironde, est arrosé par la Dordogne, l'Isle, la Vézèrc et la Dronne.

Chef-lieu : Périgueux (pop. tôt. 29,600 h. ; pop. urb. 28,300), sur l'Isle, qui, sous le nom de Vésone, était plus importante du temps des Romains que de nos jours ; possède la Tour de Vésone et des débris d'Arènes, commerce de truffes.

Chefs-lieux d'arrondissement: Bergerac (pop. tôt. 14,400 h.; pop. urb. 11,900), sur la Dordogne, renommé pour ses vins et liqueurs; Nontron (pop. tôt. 4,150 h. ; pop. urb. 2,800), sur le Ban- «licat, connu par ses pâtés de gibier; Ribérac (pop. tôt. 4,050 h.; pop. urb. 2,160), près de la Dronne, possède quelques fabriques et des ruines intéressantes; Sarlat (pop. tôt. 6,700 h.; pop. urb. 4,000), ville renommée pour ses truffes, ancien évèché.

Autres localités : Le Fleix (1,300 h.), sur la Dordogne, souvenir d'un traité signé pendant les guerres de religion ; 7'erras5on (4,000 h.), sur la Yézère, près d'un petit bassin houiller épuisé aujourd'hui; Cadouin (650 h.), ruines d'une abbaye du xu° siècle, pèlerinage fréquenté.

Le département de Lot-et-Garonne, situé à l'ouest de celui de la Dordogne, est arrosé par la Garonne, le Lot, le Gers, laBaïse, le Dropt.

Chef-lieu : Agen (pop. tôt. 22,100 h. ; pop. urb. 19,700), sur la Garonne et le canal latéral, ville très ancienne, grand commerce de pruneaux. /\X^' '^>sN

LA PRARCE. f "'v-'T^'' f^

Chefs-lieux d'arrondissement : Villeneuve-sur^Lot (pop. toi. 14,700 h. ; pop. urb. 9,800), qui doit son nom à sa reconstruction ver8 la fin du xiii*' siècle, à la suite de la guerre des Albigeois ; Marmande (pop. tôt. 9,900 h. ; pop. urb. 7,000), sur la Garonne, commerce de vins, fabriques d*eau-de-vie et de toiles; Nét^ac (pop. tôt. 7,800 h.; pop. urb. 5,200), sur la Baïse, ancienne capitale du duché d'Albret, château de Jeanne d*Albret, fabrique de grosse draperie et toilerie, terrines de perdreaux.

Autres localités : Mézin (pop. tôt. 2,800 h.; pop. urb. 1,900% au milieu des landes, fabriques d'ol^jets en pin et en chéne-liège; ronneins (pop. lot. 7,650 h.; pop. urb. 5,450}, sur la Garonne, manufacture de tabacs.

Le département du Lot, situé à Test du précédent, sur le Massif central, est arrosé par le Lot, la Dordogne, la Celle, la Cére.

Chef-lieu : Cahors (pop. lot. 15,610 h.; pop. urb. 14,200), ancienne capitale du Quercy, dans une presqu'île du Lot.

Chefs-lieux d'arrondissement : Figeac (pop. toi. 7,400 h. ; pop. urb. 5,800), dont Fabbaye a été célèbre; Gourdon (pop. lot. 6,030 h.; pop. urb. 3,000), truffes, fabriques d'étoffes.

Autres localités : Capdenac (1,200 h.), a passé pour être l'ancien Uxeliodunum, pris par César, qui était dans le voisinage, sur le puech (ou pic) (ïOusselon; Saint'Perdoux(^10 h.), mine de houille; Souillac (pop. tôt. 3,600 h. ; pop. urb. 2,700), près de la Dordogne; Rocamadour (i5i0 h.), sur le flanc d'un rocher presque à pic audessus de l'Alzon, église remarquable et pèlerinage célèbre.

Le département de rAvejrron (ancien Rouergue)^ situé à l'est du précédent, sur le Massif central est arrosé par l'Aveyron, le Lot et le Tarn.

Chef-lieu : Rodez (pop. tôt. 15,400 h.; pop. urb. 14,600). ville principale du Uouergue, bâti sur le penchant d'une haute colline au-dessus de l'Aveyron, possédant une remarquable cathédrale.

Chefs-lieux d'arrondissement : Millau (pop. lot. 16,100 h. ; pop. urb. 14,700), sur le Tarn, ville importante par l'industrie du cuir; Espalion (pop. tôt. 3,930 h.; pop. urb. 2,600), sur le Lot, vins et commerce de laines; Saint-Affnque (pop. lot. 7,180 h.; pop. urb. 5,100), sur la Sorgues, commerce de vins et de laines; Villefranche (pop. tôt. 9,840 h.; pop. urb. 8,100),

dit Villefranche de Rouergue, sur rAveyron, mines de cuivre et sources minérales.

Autres localités : Aubin (pop. tôt. 9,050 h.; pop. urb. 2,400), important par ses houillères et ses usines; Decazemlle (pop. tôt. 10,700 h.; pop. urb. 8,000), mines de houille et usines; Cransac (pop. tôt. 4,700 h.; pop. urb. 3,400), mines de houille et sources minérales; Saint-Geniez d'Olt (pop. tôt. 3,700 h. ; pop. urb. 3,100}, sur le Lot (Oltis en latin), fabriques de lainages et de cotonnades; Vabres (1,410), près de la Sorgues, filatures de laine et de coton, ancien évôché; Roquefort (i,300 h.), qui doit aux caves naturelles formées par les fissures de ses roches calcaires la grande réputation de son fromage.

Le département de Tarn-et-Garonne, situé à l'ouest du précédent, est arrosé par le Tarn, la Garonne et l'Aveyron.

Chef-lieu : Hontauban (pop. tôt. 29,900 h. ; pop. urb. 22,400), baigné par le Tarn, sur un petit plateau qui domine une plaine fertile; a été une des principales places du protestantisme aux xvi« et xvn« siècles; patrie du peintre Ingres.

Chefs-lieux d'arrondissement : A/owsac(pop. tôt. 9,200 h. ; pop. urb. 5,700), sur le Tarn, et sur le canal latéral à la Garonne, centre d'un grand commerce de farines; Caste Isairasin (pop. tôt. 7,590 h.; pop. urb, 3,900), sur le même canal; commerce de vins, grains et huile.

Autres localités : Négrepelisse (2,600 h.), dont les habitants calvinistes furent tous passés au ûl de l'épée en 1622, triste souvenir des guerres de religion.

Le département du Gers (ancien Armagnac)^ situé au sud-ouest du précédent, est arrosé par le Gers, la Baïse, la Save, l'Adour, la Douze et la Midou.

Chef-lieu : Auch (pop. tôt. 15,100 h. ; pop. urb. 12,800), sur un coteau au-dessus du Gers, archevêché transféré d'Eauze.

Chefs-lieux d'arrondissement: Condom {pop. tôt. 7,900 h.; pop. urb. 15,070), sur la Baïse, entrepôt des eaux-de-vie d'Armagnac, fabriques de lainages, ancien évêché ; Lectoure (pop. tôt. 5,280 h. ; pop. urb. 3,100), sur le Gers, fabriques de grosses draperies, ancien évèché; Lombez (1,700 h.), sur la Save, fabriques de liqueurs, ancien évéché; Mirande (pop. tôt. 3,900 h.; pop. urb. 3,300),

. 8ur la Baïse, fabriques d'instruments agricoles et de pâtisseries. Autres localités : Eauze (pop. tôt. 4,200 h. ; pop. urb. 2,100), sur la Gélise, petite ville, métropole de la Novempopulanie du temps des Romains et siège d*un archevêché jusqu'après le sac de la ville par les Sarrasins, en 732; Vic-Fézensac (pop. tôt. 3,930 h.: pop. urb. 3,050), vignobles, commerce d*eaux-de-vie et de produits chimiques; Castéi*a-Verduzan (1,030 h.), sources thermales fréquentées.

Le département des Landes, situé k l'ouest du précédent et baigné par l'Océan, est arrosé par l'Adour, la Midouze et ses deux alfliienls, la Leyre.

CheMieu : Hont-de-Harsan (pop. tôt. 11,800 h. ; pop. urb. 10,700), sur la Midouze au confluent de la Midou et de la Douze, source ferrugineuse, fabriques de résines et d'huile, fonderies.

Chefs-lieux d'arrondissement : Dax (pop. tôt. 10,900 h. ; pop. urb. 5,500), sur l'Adour, remarquable par ses eaux thermales, ancien évêché ; Saini-Sever (pop. tôt. 4,870 h. ; pop. urb. 2,500), sur l'Adour, chef-lieu de la Chalosse.

Autres localités : Aire (pop. tôt. 4,680 h.; pop. urb. 2,900), évéché, commerce de vin et scieries de marbre; Tartas (pop. tôt. 3,200 h.; pop. urb. 2,250), sur la Midouze, ancien chef-lieu du petit pays de Tussan ; Gabarret (pop. tôt, 1,240 h. ; pop. urb. 900), ancien chef-lieu du petit pays de Gabardin; Labrit (1,140 h.), mines de fer, hauts fourneaux; Labouheyre (2,430 h.), forges et chantiers de bois.

Le département des Hautes-Pyrénées, situé au sud de celui du Gers, département frontière, couvert en partie par les Pyrénées, est arrosé par l'Adour, le Gave de Pau, la Baïse et le Gers.

Chef-lieu : Tarbes (pop. tôt. 25,100 h. ; pop. urb. 24,900), sur TAdour, en face d'un beau panorama des Pyrénées, ancien cheflieu du Bigorre.

Chefs-lieux d'arrondissement : Argelès (pop. tôt. 1,900 h.; pop. urb. 1,764), prés du Gave de Pau, scieries ; Bagnères-de-Bigorre (pop. tôt. 9,250 h.; pop. urb. 7,420), sur l'Adour, nombreuses sources thermales connues dès l'époque romaine, scieries de marbre.

Autres localités : Vic-en-Bigorre (pop. tôt. 3,700 h.; pop. urb. 3,450), sur TAdour, fabriques de cuir et distilleries; Ossun (pop. lot. 2,300 h.; pop. urb. 2,200), restes d'un camp romain; Lourdes (pop. toi. 6,517 h.; pop. urb. 5,660), sur le Gave de Pau, pèleri-

nage très fréquenté, siège du tribunal, château déclassé en 1889; Sarrancolin (730 h.), sur la Neste, marbres renommés; Cauterets (1 ,950 h.), sur le gave de ce nom, station thermale ; Darèges (440 h.), hameau de la commune de Betpouey, sources thermales sulfureuses, les plus excitantes du groupe pyrénéen, hôpital militaire ; Gararnie (300 h.), sur le Gave de ce nom, voisin du beau cirque de Gavarnie.

Le comté de Foix, situé au sud du Toulousain» comprend les deux tiers environ du bassin de TAriège et appartient entièrement à la région pyrénéenne.

. Du temps des Romains, le comté fut habité par la tribu celUque des Consoranni, dont le nom s'est conservé dans celui du petit pays de Conserans (ou Gouserans), dépendance de la Gascogne. Détaché de la Novempopulanie, le comté de Foix devint au xi* siècle le domaine d'une branche de la famille des comtes de Garcassonne, puis au XIV* celui d'une branche des Grailly, captais de Buch. En 1450, un de ces seigneurs, Gaston IV, épousa une ûlle du roi Gharles YII. Inféodés dès lors à la politique de la France, les comtes de Foix se battirent vaillamment pour ses rois sur les champs de bataille d'Italie. Catherine de Foix, qui était en même temps reine de Navarre et vicomtesse de Béarn, épousa Jeand'Albret; Henri IV, leur petit-fils, dernier rejeton des maisons d'Albret et de Foix, rattacha ces divers pays au domaine royal, à son avènement en 1589. Le comté de Foix possède des vignobles et des pâturages; on y trouve du fer excellent et des eaux minérales.

Il forme aujourd'hui, avec le Conserans, le département de TAriège qui est en partie couvert par les Pyrénées et arrosé par TAriège, le Salât, THers, l'Avise.

Chef-lieu : Foix (pop. tôt. 7,400 h.; pop. urb. 5,900), sur l'Ariège, petite ville encaissée entre les montagnes et dominée par le château des anciens comtes, aujourd'hui prison départementale.

Chefs-lieux d'arrondissement: Pamiers {pop. tôt. 14,900 h.; pop. urb. 9,300), sur l'Ariège, évéché ; Saint-Girom (pop. tôt. 5,460 h. ; pop. urb. 4,330), sur le Salât, scieries de marbre.

Autres localités : Mirepoix[pop, tôt. 3,930 h. ; pop. urb. 3,000), sur THers, ancien évôché; Tarascon (1,740 h.), sur l'Ariège, mar-

bres, mines et hauts fourneaux; Saint-Lizier (1,480 h.), au-dessus du Salât, mines de cuivre, carrières de marbres et nombreuses antiquités romaines, siège de Tancien évéché de Conserans ; Ax (1,813 h.) et Aulus (893 h.), stations tliermales.

Le Béarn (avec la Basse-Navarre , le Labourd^ la Soûle) est situé au sud du département des Landes et occupe Texlrémilé sud-ouest du territoire français. C'est une province frontière, pyrénéenne et maritime à la fois. Elle est arrosée par TAdour et ses tributaires dont plusieurs portent le nom de «gave ». On y trouve, du sud au nord, successivement presque toutes les formations géologiques, depuis le granit jusqu'au terrain quaternaire. C'est une des région«î les mieux arrosées du climat girondin.

Le Béarn tire son nom de la vilie gallo-romaine de Beneharnum^ qui faisait partie de la Novempopulanie. Depuis la bataille de Voulon (507) il appartenait aux Francs, qui, en 759, incorporèrent à leur grande monarchie toute la Navarre et par conséquent la Haute-Navarre, située au delà des Pyrénées et aujourd'hui espagnole. Mais, en 860, les Navarrais commencèrent à fonder un royaume puissant des deux côtés des Pyrénées, avec Pampelune pour capitale. Le Béarn était, depuis 819, devenu, sous le titre de vicomte, un apanage de la famille des ducs de Gascogne, qui dominèrent alors toute la région au nord des Pyrénées jusqu'à l'Ariège. Après la destruction de Beneharnum, les villes de Morlaas et de Lescar devinrent les chefs-lieux du Béarn, dont les seigneurs finirent par étendre leurs domaines jusqu'aux Pyrénées. En 1290, Marguerite, héritière du Béarn, porta sa succession dans la maison des comtes de Foix. Le dernier roi espagnol de Navarre, Sanche IV, adopta, en 1225, le comte Thibaut IV de Champagne. Philippe le Bel et ses trois fils possédèrent ce royaume pendant une quarantaine d'années. La fille de Louis X, Jeanne II, le porta dans la maison des comtes d'Evreux d'où il passa ensuite (1410) à celle d'Aragon. Puis, des héritières ayant porté la succession depuis 1480, à plusieurs maisons de France, notamment à celle d'Albrel après celle de Foix, Ferdinand le Catholique fît valoir des droits à rhéritage et conquit en 1512 toute la partie située sur le revers méridional des Pyrénées (Haute-Navarre). Henri IV n'apporta ainsi à la couronne de France, en 1589, avec le Béarn et ses dépendances, que la Basse-Navarre (chef-lieu, Saint-Jean-Pied-de-Port) ;

toutefois les rois de France ajoutèrent à leur titre celui de roi de Navarre qu'ils conservèrent jusqu'en 1830.

Le Béarn (avec la Basse-Navarre, etc.), produit du maïs; il possède d'importants vignobles^ parmi lesquels celui de Jurançon^ connu par l'histoire de Henri IV, et renferme de beaux pâturages qui nourrissent des chevaux et un nombreux bétail; le Pays basque est particulièrement remarquable à ce dernier titre. Bayonne fait le commerce de jambons et était naguère encore renommé pour son chocolat. La pêche est abondante.

Le pays possède des salines, des usines de fer, La principale industrie est celle des toilesy des cotonnades et de la bonneterie. Les Basques émigrent en grand nombre dans T Amérique du sud.

Le Béarn, avec ses dépendances, forme le département des Basses-Pjrrénées, qui est baigné par la mer, en partie couvert par les Pyrénées et arrosé par : TAdour; les gaves de Pau, d'Oloron et de Mauléon, la Nive> la Bidassoa.

Chef-lieu : Pau (pop. tôt. 30,600 h. ; pop. urb. 28,900 h.), ancienne capitale du Béarn, sous un climat doux, dans une belle situation b l'extrémité sud des « Landes du Pont-Long », au-dessus du gave de Pau et en face du plus beau panorama des Pyrénées, conserve dans son château le souvenir de Henri IV. Beaucoup d'étrangers passent encore une partie de l'année à Pau, bien que Nice lui fasse une concurrence redoutable .

Chef-lieux d'arrondissement : Bayonne (pop. tôt. 27,300 h. ; pop. urb. 25,i00), sur la rive gauche l'Adour, au confluent de la Nive, ancien chef-lieu duLabourd, port de mer et place de guerre, avec Saint- Esprit, fort sur l'autre rive, détaché du département des Landes en 1857; Mauléon (2,250 h.), sur le gave de ce nom ou Saison, ancien chef-lieu de la Soûle, sources minérales ; Oloron (pop. tôt. 8,930 h. ; pop. urb. 7,500) sur le gave de ce nom, qui s'y forme de ceux d'Aspe et d'Ossau, ancien évèché; Ortkez (pop. tôt. 6,750 h. ; pop. urb. 4,750), sur le gave de Pau, ancienne université calviniste, ancienne résidence des comtes de Foix, carrières de marbres.

Autres localités : Saint-Jean-Pied-de-Port (1,550 h . ), sur la Nive, ancien chef-lieu de la Basse -Navarre, commandant la route du Val Carlos qui conduit en Espagne, ancienne citadelle agrandie par Vauban ; Saint-Jean-de-Luz (pop. tôt. 4,000 h. ; pop. urb. 3,000), joli petit port de mer à l'embouchure de la Nivelle, où eut lieu la cérémonie du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Espagne;

Eaux- Bonnes (800 à 870 h.), station balnéaire très fréquentée, ainsi que les Eaux-Chaudes; Biarritz (pop. tôt. 8,450 h.; pop. urb. 7,280), bains de mer très fréquentés; Saint-Palais (2,000 h.), sur la Bidouze, petite ville commerçante, siège du tribunal ; Sauveterre (4,050 h.), sur le gave d'Oloron, ruines d'un château de Jeanne d'Albret; Navarrenx (1,430 h.), sur le même gave, ville commerçante; Lescar (1,800 h.), dans la lande, tombeaux des souverains du Béarn, ancien évôché ; Bétharram^ hameau de la commune de Lestelle, sur le gave de Pau, pèlerinage célèbre.

L'Angoumois, situé au nord- ouest du Périgord, comprend la plus grande partie du bassin de la Charente. Le sol est principalement formé de terrains jurassiques, et la région appartient au climat girondin.

Cette province faisait partie de V Aquitaine dans Tantiquité. Les Yisigoths l'occupèrent; Clovis les en déposséda après la bataille de Youlon (507); mais les Francs ne colonisèrent pas le pays. Charles le Chauve plaça FAngoumois sous la suzeraineté du comte de Poitiers. Avec le reste de l'Aquitaine, il passa, par le second mariage d'Éléonore, dans la maison des Plantagenets (1152); Louis YIII le conquit, mais saint Louis rendit à l'Angleterre tout le pays situé au sud de la Charente (1257). L'Angoumois fut réuni à la couronne en 1303 par suite d'un échange. Le traité de Brétigny (1360) le livra aux Anglais. Charles V le reconquit (1373). Il devint en 1392 l'apanage de la famille d'Orléans et fut réuni à la couronne par suite de l'avènement de François (''. Le pays fut profondément troublé par les guerres de religion et plusieurs fois donné en apanage, tout en restant sous l'autorité royale.

L'Angoumois produit surtout du froment etdu maïs; il était riche par ses vignobles et ses eaux-de-vie avant les ravages du phylloxéra.

La papeterie est une des principales industries de cette région.

L'Angoumois a formé le département de la Charente, qui est situé au nord-ouest de celui de la Dordogne et arrosé par la Charente, la Vienne (bassin de la Loire), la Tardoire, la Touvre.

Chef-lieu : Angoulême (pop. tôt. 34,700 h. ; pop. urb. 32,000), bÂti en grande partie (vieille ville) sur un plateau escarpé, à un coude de la Charente et au point où la navigation commence, qui

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES PROVIiNGES, ETC. 601

conserve encore des restes de ses anciens remparts , possède une belle cathédrale, dans la ville haute; dans la ville basse, sur la Charente, sont de grandes fabriques de papier; école de marine sous la Restauration.

Chefs-lienx d'arrondissement : Ruffec (pop. tôt. 3,550 h. ; pop. urb. 3,280); Confolens (pop. tôt. 3,080 h. ; pop. urb. 2,600), sur la Vienne; Cognac (pop. tôt. 15,200 h.; pop. urb. 14,500), sur la Charente, centre d*un grand commerce d*eaux-de-vie ; Barbezieux (pop. tôt. 4,090 h. ; pop. urb. 2,910).

Autres localités : La Rochefoucauld [ifi%Q h.), sur la Tardoire; Jamac (pop. tôt. 4,500 h. ; pop. urb. 4,300), sur la Charente, théâtre d'une des batailles des guerres de religion (1569); Ruelle (2,800 h.), sur la Touvre, fonderie nationale de canons pour la marine, papeteries.

L'Aunis, capitale La Rochelle, et la Saintonge chef-lieu Saintes, étaient deux petites provinces, situées entre TÂngoumois et la mer. La Saintonge était le pays des Santones dans l'antiquité. Cette région maritime est formée en partie de petites collines jurassiques ou ci^étacées et en partie de terrains quaternaires où se trouvent le marais et le littoral avec ses marais salants. Elles appartiennent au climat girondin.

Ces deux provinces ont eu à peu près les mêmes destinées que l'Ângoumois. Elles n'ont été reconquises par les rois de France qu'en 1453. Les deux provinces ont été un des foyers les plus actifs du protestantisme jusqu'à la prise de La Rochelle par Richelieu (1628).

L'Aunis et la Saintonge possèdent : dans la partie formée de terrains quaternaires, de vastes prairies où paissent des chevaux, des mulets et des bœufs; dans la région des collines, et principalement dans la Champagne, les vignes, dont le vin, converti en eau-de-vie de Cognac, était, avant les ravages du phylloxéra, la principale richesse du pays.

Le sel, le poisson, les huîtres, les moules sont au nombre des richesses principales de la contrée : Rochefort est un de nos cin(( ports militaires et La Rochelle un port de commerce important.

L'Aunis et. la Saintonge 'Ont, avec une partie de l'Angoumois, formé le département de la Charente-Inférieure situé à l'ouest

de celui de la Charente, baigné par la mer et arrosé par la Charente, la Seudre et la Boutonne, limité au nord-est par la Sèvre- Xiorlaise. Les îles de Ré et HOléron font partie de ce département.

Chef-lieu : La Rochelle (pop. tôt. 23,830 h.; pop. urb. 2i,600;, port de commerce, qui a été plus important autrefois qu'il n'est aujourd'hui, ville fortifiée ; le nouveau port qu'on creuse à La Palice facilitera le commerce maritime.

Chefs-lieux d'arrondissement : Saint-Jean-d' Angély (pop. tôt. 7,250 h. ; pop. urb. 6,500), sur la Boutonne; Rochefort (pop. tôt. 31,760 h. ; pop. urb. 30,280), port militaire et grand chantier de construction, sur la Charente, à 15 kil. de Tembouchure; Saintes (pop. tôt. 17.300 h.; pop. urb. 14,600), sur la Charente, souvenir d*une victoire de saint Louis sur les Anglais (1242), siège de la cour d'assises, ancien évéché; Marennes (4,760 h.), port de mer, renommé pour ses huîtres; Jonzac (pop. tôt. 3,240 h.; pop. urb. 2,340), sur la Seugne.

Autres localités : Afarans [pop. tôt. 4,930 h.; pop. urb. 3,770); Royan (pop. tôt. 6,700 h. ; pop. urb. 5,630), port de mer très fréquenté ; Le Château (3,100 h.) ; Tonnay- Charente (pop. tôt. 4,290 h. ; pop. urb. 2,400), port d'exportation de vins et eaux-devie ; La Tremblade (pop. tôt. 3,210 h. ; pop. urb. 2,960), petit port et bains de mer, menacé par le progrès des dunes; Vile d*Aix (520 h.), abritant une rade qui sert d'avant-port à Rochefort.

Deux départements du Poitou sont situés en partie dans le bassin de la Garonne et en partie dans celui de la Loire.

Le département des Deux- Sèvres appartient pour près de la moitié au bassin de la Garonne ; il est situé au nord de celui de la Charente-Inférieure et arrosé par la Sèvre Niortaise, la Sèvre Nantaise, le Thouet, la Vendée qui y prend sa source, la Boutonne et TArgenton.

Chef-lieu: Niort (pop. tôt. 23,013 h.; pop. urb. 22,086), sur la Sèvre Niortaise, fabriques d'angélique et de bonneterie.

Chef?-lieux d'arrondissement : Bressuire (pop. tôt. 4,170 h. ; pop. urb. 3,960), sur TArgenton; Parthenay (pop. tôt. 6,646 h. ; pop. urb. 5,840), sur le Thouet; Melle (pop. tôt. 2,835 h. ; pop. urb. 2,510), sur la Boutonne.

Autres localités : Thouars (pop. tôt. 4,990 h. ; pop. urb. 4,010), remarquable par son vieux château, chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1804; les Aubiers (2,720 h.), théâtre d'un des combats de la guerre de Vendée; Saint-Laurs (1,206 h.), mines de houille et fabriques de chaux; Chizé (695 h.), souvenir d'une victoire remportée par buguesclin sur les Anglais (1372) ; Saint-Maixent (pop. tôt. 5,565 h. ; pop. urb. 5,560), sur la Sèvre-Niortaise, école militaire d'infanterie.

Le département de la Vendée, situé à l'ouest de celui des Deux- Sèvres, est baigné par l'Océan et arrosé par la Vendée, l'Yon, les deux Sèvres, l'Aulise, la Boulogne, la Vie.

Chef-lieu: La Roche-sur- Yon (pop. tôt. 11,770 h.; pop. urb. 40,996), sur l'Yon, fondé en 1804, nommé, suivant les régimes politiques, le MaraiSy le Bocage^ Napoléon- Vendée ^i Bourbon-Vendée^ chef-lieu depuis 18i0, auparavant chef-lieu de canton de l'arrondissement de Montaigu.

Chefs-lieux d'arrondissement : Les Sables d'Olonne (pop. tôt. 11,070 h. ; pop. urb. 10,114), port de mer et station balnéaire importante; Fontenay-le-Comte (pop. tôt. 10,160 h.; pop. urb. 9,280), sur la Vendée, occupant la place d'un oppidum galloromain, théâtre d'un des combats de la guerre de Vendée, chef-lieu du département jusqu'en 1810.

Autres localités: Challans (pop. tôt. 5,170 h.; pop. urb. 2,020); Saint'Fulgent (2,15a h.); Chantonnai/ (4,000 h.), souvenir des combats de la guerre de Vendée, mine de houille; Luçon (pop. tôt. 6,500 h.; pop. urb. 6,280), évêché; Montaigu (1,760 h.), remplacé, comme chef-lieu d'arrondissement, par Napoléon- Vendée en 1810; Maillezais (1,350 h.), sur la Maine, évêché transféré en 1661 à La Rochelle.

Le département de la Corrèze, dont le territoire appartenait au Bas- Limousin^ est situé â l'est de celui de la Dordogne; il est couvert dans sa partie septentrionale par les monts du Limousin et arrosé par la Corrèze, la Vézère, la Dordogne, la Vienne qui y prend sa source.

Chef-lieu : Tulle (pop. tôt. 16,300 h. ; pop. urb. 10,630), sur la Corrèze, dans une gorge étroite, sorte de ravin, avec des rues

escarpées, des maisons étagées les unes au-dessus des autres, importante manufacture nationale d*armes.

Chefs-lieux d'arrondissement: £/5ie/(pop. tot.5,250h.; pop.urb. 3,800), sur la Diège, restes de constructions romaines, carrières de granit; Brive (pop. tôt. 15,700 h.; pop. urb. 11,670 h), jolie TÎlIe sur la Corrèze et en plaine.

Autres localités : Treignac (3,000 h.), sur la Yézère ; Argentat (pop. tôt. 3,260 h.; pop. urb. 2,100), bassin houiller; Turenne (1,680 h.), mines de fer et restes d'un château qui fut, depuis le ix^ siècle jusqu en 1738, le siège d'une vicomte Indépendante et qui appartint au maréchal de Turenne ; Beaulieu (pop. tôt. 2,450 h. ; pop. urb. 2,000), sur la Dordogne, mine de plomb; Bort (pop. tôt. 3,670 h. ; pop. urb. 2,820), où se trouvent, sur le bord de la Dordogne, les célèbres roches balsaltiques connues sous le nom (ïorgues de Bort; NoailUt (730 h.), château féodal; Amac-Pampa(/our (1,540 h.), château qui fut donné à la maîtresse de LouisXV, aujourd'hui haras.

Le département du Cantal, qui fait partie de ïAuvergne (Haute- Auvergne), presque tout entier compris dans le bassin de la Garonne, situé à Test de celui de la Corrèze, en partie couvert par les monts d'Auvergne, est limité par la Dordogne et arrosé par la Trueyre, la Gère, la Celé.

Chef-lieu : Aurillac (pop. tôt. 14,620 h.; pop. urb. 13,700). sur la Jordanne, dans une riante vallée, eaux minérales, fabriques de chaudronnerie.

Chefs-lieux d'arrondissement : Saint-Flour (pop. tôt. 5,500 h. ; pop. urb. 5,000), sur la rivière des Landes, évéché, ancien cheflieu de la Haute- Auvergne, appelé la « ville noire », au-dessus el entre de grands rocs noirs ; MauHac (pop. tôt. 3,570 h. ; pop. toi. 2,500), mines de houille et de plomb argentifère; Alurat (pop. tôt. 3,140 h. ; pop. urb. 3,000), sur l'Alagnon, afHuent de l'Allier, dont l'arrondissement appartient en partie au bassin de la Loire, curieuses roches basaltiques de Bonnevie.

Autres localités: Chaudesaigues (1,830 h.), au pied des monts d'Aubrac, localité curieuse par l'abondance de ses eaux thermales dont on se sert même pour chaufTer les maisons ; Ckampagnac (1,600 h.), non loin de la Dordogne, dans un encaissement, mine de houille; Salers (1,020 h.), qui a donné son nom k une race bovine très estimée.

376. lie bassiB «• la lioire. — Le bassin de la Loire comprend en tout ou en partie quatorze provinces : le Velay (partie du Languedoc), le Lyonnais (en partie), l'Auvergne (Basse-Auvergne), la Marche, le Limousin (Bas-Limousin), le Bourbonnais, le Nivernais (en grande partie), le Berri, le Poitou (en partie), TOrléanais (en grande partie), la Touraine, le Maine, TAnjou, la Bretagne (en partie).

Le Velay (partie du Haut-Languedoc) dont le nom vient de celui des Vellavii^ a formé le département de la Haute-Loire.

Le département de la Haute-Loire , situé à Test de celui du Cantal, dans le Massif central, est arrosé par la Loire, TAllier, le Lignon, la Borne.

Chef-lieu : Le Puy (pop. tôt. 19,030 h.; pop. urb. i8,910), ancien chef-lieu du Velay, près du confluent de la Borne et de la ' Loire, dominé par le roc Corneille que surmonte une statue de la Vierge et par l'aiguille de Saint-Michel, importantes fabriques de dentelle.

Chefs-lieux d'arrondissement : Brioude {pop. tôt. 5,100 h.; pop. urb. 4,920.), sur l'Allier, ville antique, église du xii* siècle, mines de fer; Yssingeaux (pop. tôt. 8,030 h.; pop. urb. 3,430), mines de plomb, fabriques de dentelle.

Autres localités : La Chaise-Dieu (1,780 h.), remarquable par son église gothique construite par Clément VI; Craponne (pop. lot. 3,690 h.; pop. urb. 2,260), fabriques de dentelle; Langeac (pop. tôt. 4,310 h.; pop. urb. 3,340), sur l'Allier, bassin houiller; Saint' Paulieriy restes gallo-romains d'Evessio, ancienne capitale des Vellavii; Polignac, non loin du Puy, ruines du château de la famille de ce nom.

Le département de la Loire (partie du Lyonnais^ avec le Forez), situé au nord de celui de la Haute-Loire, dans le Massif central, est en partie couvert par les monts du Forez et arrosé par la Loire, le Lignon, leFurens, le Gier, le Sornin, touché par le Rhône.

Chef-lieu : Saint-Ëtienne (pop. tôt. 117,870 h.; pop. urb. 107,960), sur le Furens, doit à la qualité des eaux de cette rivière

ses aciérie» et sa manufacture nationale d'armes et au bassin houiller de la Loire ses nombreuses usines à feu; par ses fabriques de rubans et de soieries Saint-Étienne est 1 émule de Lyon.

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\ S^ETJÈNpiÊ

Fig. 257. — Plan de Saint-btioime au 200,000«.

Chefs-lieux d'arrondissement: Montbnson (pop. toL 7,370 h.; pop. urb. 7,140), sur le Vézerey, affluent du Lignon, chef-lieu du département jusqu'en 1855, sources minérales, siège de la cour d'assises; Roanne (pop. toL 30,400 h.; pop. urb. 30,060), sur la Loire, tète de ligne du canal latéral, bassin houiller.

Autres localités : Charlieu (pop. tôt. 5,350 h.; pop. urb. 4,960), sur le Sornin, ruines remarquables du moyen âge; Feurs (pop. tôt. 3,450 h. ; pop. urb. 2,280), non loin de la Loire, autrefois Forum Segusianorum, localité qui a donné son nom au Forez et qui a conservé de nombreuses antiquités romaines ; Saint' Galmiev (pop. tôt. 3,410 h. ; pop. urb. 2,080), eaux minérales connues des Romains sous le nom d* « Aquae Segestae »; Saint-Chamond (pop. tôt. 14,380 h.; pop. urb. 14,080); Bive-de-Gier (pop. tôt. 14,300; pop. urb. 13,730) et Firminy (pop. tôt. 13,990 h. ; pop. urb. 12,410), villes de forges et d'usines, situées sur le bassin houiller de la Loire ; Saint-Bonnel-le-Château (pop. tôt. 2,380 h. ; pop. urb. 2,090), église gothique; Le Chambon (8,532 h.); Terre-Noire (6,489 h.).

L'Auvergne, située à l'ouest du Lyonnais, comprend toute la région des monts d'Auvergne, la Limagne et le Combrailles. Elle se divisait en Haute-Auvergne, dans le bassin de la Garonne, et en Basse-Auvergne, dans celui de la Loire. Elle est en grande partie recouverte de terrains volcaniques sur un fond granitique; le sol de la Limagne est tertiaire et quaternaire. Le climat est celui du Massif central.

L'Auvergne, habitée par les Arvemes (d'où son nom), est une

des provinces qui ont le plus longtemps résisté à César (siège de Gergovie 62 aw J.-C). Elle a été, ainsi que les autres provinces du Massif central, plus à Tabri des invasions germaniques que les pays de plaine. Cependant elle fut cruellement ravagée par Thierry, fils de Clovis, dans le lot duquel elle se trouvait. Au moyen âge, l'Auvergne a été une dépendance de VAquitaine. Louis VII intervint dans TAuvergne, qui, par le mariage d'Éléonore, avait passé sous la suzeraineté des Plantagenets, et le pays se trouva partagé en daupkiné d'Auvergne h. Test, et comté d'Auvergne à Touest. En 1209-13, Philippe-Auguste réunit au domaine, par conquête, le comté qui passa par apanage à diverses maisons féodales. Le duché-pairie d'Auvergne formé en 1360 d'une troisième partie de la province, dite « Terre d'Auvergne », échut en 1416 à la maison de Bourbon et fut définitivement réuni au domaine royal par confiscation en \ 527 ; le comté fut réuni en 1615 ; le duché de Mercœur en 1712; le comté d'Auvergne et le duché de Montpensier n'ont été définitivement supprimés qu'en 1789.

La Limagne est très fertile et riche en céréales, en chanvre, en detteravci: et en vignes. Le plateau, sous un climat plus froid et avec un sol maigre, produit plus de seigle et de sarrasin que de froment; mais les pâturages de la montagne nourrissent un grand nombre de bœufs et des moutons. On fabrique beaucoup de fromages. On y rencontre peu de forêts, mais beaucoup de châtaigniers.

L'Auvergne, renfermant beaucoup de sources minérales, possède des stations balnéaires fréquentées {Mont-Dore, etc.) ; elle possède de la houille et du plomb [Pontgibaud), L'industrie y est médiocrement active; Thiers est cependant un des principaux centres de la coutellerie.

Elle a formé deux départements : le Cantal (bassin de la Garonne), déjà décrit, et le Puy-de-Dôme,

Le département du Puy-de-Dôme, situé à l'ouest de celui de la Loire, occupé en partie par les monts Dôme, est arrosé par l'Allier, la Dore son affluent, la Dordogne, la Sioule.

Chef-lieu : Clermont-Ferrand (pop. tôt. 46,720 h. ; pop. urb. 31,740), ancienne capitale de l'Auvergne, entre la fertile plaine de la Limagne et la chaîne des Dôme, ville formée de deux parties, Clermont et Montferrand; possède des églises curieuses et la remarquable fontaine incrustante de Sainte-Alyre.

Chefs-lieux d'arrondissement : Ambert (pop. tôt. 8,210 h. ; pop.

urb. 4,290), sur la Dore, manufactures de papier ; Issoire (pop. lot. 6,260 h. ; pop. urb. 6,050), sur l'Allier, possède l'église remarquable de Saint-Austremoine, de style auvergnat ; /Uom (pop. tôt. 10,310 h.; pop. urb. 9,604), siège d'une cour d'appel; rhiers (pop. lot. 16,750 h. ; pop. urb. 12,000), dans une étroite vallée, coutellerie et fabriques de papier.

Autres localités : Saint-Èloy (3,430 h.), sur la Bouble, bassin houiller ; Volvic (pop. tôt. 3,690 h. ; pop. urb. 3,320), carrières de laves et ciment; Pontgibaud (1,160 h.), près de la Sioule, mines de plomb; Billom (pop. tôt. 4,570 h.; pop. urb. 4,100 h.), ruines de châteaux, école militaire préparatoire; Bratsac (2,330 h.), sur TAUier, bassin houiller; La Bourboule (i ,610 h.) et Royal (1,560 h.), stations balnéaires; Vodable (417 h.), ruines d'un château des dauphins d'Auvergne.

La Marche, dont le nom signiQe frontière, était une petite province située au nord-ouest de l'Auvergne, sur la frontière septentrionale de l'Aquitaine;^ elle occupe, en effet, la partie septentrionale du Massif central. Elle est composée presqu'entiè rement de terrains primaii^es.

Elle formait déjà un comté au milieu du x* siècle. Ce comté, uni pendant un certain temps à l'Angoumois, entra dans le domaine royal sous Philippe le Bel (1303), puis fut donné plusieurs fois en apanage, et définitivement réuni h, la couronne par la conBscation

C'est une région tout agricole, où la petite culture domine, et qui a fait de grands progrès depuis un demi-siècle, grâce au débouché que les chemins de fer lui ont fourni et aux capitaux que les maçons travaillant à Paris y ont apportés.

La Marche a formé le déparlement de la Creuse et une partie de la Haute- Vienne.

Le département de la Creuse, situé à l'ouest de celui du Puy-de- Dôme, est compris en partie dans le Massif central et arrosé par la Creuse, la Gartempe et par le Cher.

CheMieu : Gnéret (pop. lot. 7,065 h.; pop. urb. 6,110), conserve des restes gallo-romains et un hôtel du moyen âge.

Chefs-lieux d'arrondissement : Aubusson (pop. tôt. 6,720 h. ; pop. urb. 6,320), sur la Creuse, célèbre par sa manufacture natio-

nale de tapis; Bourganeuf{pop. tôt. 3,900 h.; pop. urb. 2,940), sur un plateau, mines de houille, fabriques de porcelaine; Boussac (1,327 h.}, sur la petite Creuse, mines d'étain et ancien château. Autres localités : Chambon (2,536 h.), sur la Tardes, localité industrielle, siège du tribunal ; Évaux (1,200 h.), sources minérales; Ahun (2,475 h.), près de la Creuse, bassin houiller; Felletin (pop. tôt. 3,360 h.; pop. urb. 3,040), près de la Creuse, source minérale, industrie des tapis.

Le Limousin doit, comme Limoges, son nom aux Lemovices, qui rhabitaient dans l'antiquité. Il est situé au sud de la Marche et à Touest de l'Auvergne ; composé presque entièrement de terrains primaires, il forme Textrémité occidentale du Massif central, et en a le climat.

Le Limousin fit partie de V Aquitaine sous les Romains et du royaume des Visigoths au commencement du moyen âge. Conquis par Clovis (507), puis par Pépin (766), gouverné par des comtes ou des vicomtes dès la seconde moitié du ix" siècle, placé, par suite du mariage (1152) d'Éléonore, sous la suzeraineté des Plantagenets, rois d'Angleterre (1154), il fut cédé en 1365 par Jeanne de Penthièvre au roi Charles V. Mais les troupes royales durent faire le siège de Limoges pour pénétrer dans la ville et le roi rendit bientôt à Jeanne sa vicomte, qui ne fut réunie à la couronne que par Tavènement de Henri lY, héritier de la famille d'Albret qui la possédait depuis 1431. Des fiefs importants subsistèrent : la vicomte de Turenne, dans le Bas-Limousin, ne fit retour à la couronne qu'en 1738 par achat.

Le Limousin produit des céréales, plus de seigle et de sarrasin que de froment. Les châtaigneraies et les pâturages y occupent une très grande place. Aussi y nourrit-on beaucoup de bétail; les bœufs et les chevaux (haras de Pompadour) de « race limousine » sont renommés.

La province possède des mines de kaolin {Saint- Yrieix)y qui ont donné naissance à l'industrie de la porcelaine, 1res florissante à Limoges et dans quelques autres localités.

Le Limousin a formé deux départements : celui de la Corrèze^ déjà décrit, qui est presque tout entier dans le bassin de la Garonne, et celui de la Haute-Vienne, qui est presque tout entier dans le bassin de la Loire.

Le département de la Haate-Vienne, situé h Touest de celui de la Creuse, est traversé par les monts du Limousin et arrosé par la Vienne, la Charente, la Creuse et la Tardoire.

CiieMieu : Limoges (pop. lot, 68,480 h. ; pop. urb. 63,710), bâti sur une légère éminence, au pied de laquelle coule la Vienne, ancienne capitale du Limousin, importantes fabriques de porcelaine, musée céramique et école nationale des arts décoratifs.

Chefs-lieux d'arrondissement : Bellac (pop. tôt. 4,800 h. ; pop. urb. 4,0i0), ville d'industrie, construction de machines agricoles; Rochechouart (4,380 h.), château gothique bien conservé ; Saint- Yirieix (pop. tôt. 7,630 h. ; pop. urb. 3,560), mines de kaolin, fabriques de porcelaine.

Autres localités : La Bocke^t Abeille (1,460 h.), carrières de serpentine ; Chalus (2,680 h.), sur la Tardoire, château célèbre par la mort de Richard Cœur de Lion ; Eymoutiers (pop. tôt. 4,300 h. ; pop. urb. 2,120), près de la Vienne, ancienne église; Saint-Junien (pop. tôt. 8,486 h. ; pop. urb. 5,320), fabriques de porcelaine.

Le Bourbonnais, situé au nord de TAuvergne, s*étend de la Loire à Test jusque par delà le Cher à l'ouest. Il est composé : à l'ouest de l'Allier, de l'extrémité des terrains primaires du Massif centrai ; à Test de l'Allier, de terrains tertiaires. Il appartient au climat séquanien.

Le pays, habité par plusieurs peuplades gauloises, Bituriges cubi, Arvemes, ÉduenSy a appartenu en partie à la Lyonnaise et en partie à Y Aquitaine. Il a fait partie jusqu'à la bataille de Voulon (507) du royaume des Visigoths. Le château de Bourbon, livré aux flammes par Pépin le Bref, prit au x* siècle le nom de Bourbon- TArchambault. Au xm* siècle, le sixième fils de saint Louis, Robert de Clermont, épousa l'héritière de la seigneurie de Bourbon et devint ainsi la tige de l'illustre maison de Bourbon. Ce fief fut confisqué â la mort du connétable Henri (1527).

En 1684, le duché-pairie de Bourbon fut donné, par suite d'un échange, au prince de Condé et n'a fait entièrement retour au domaine royal qu'en 1789.

Le Bourbonnais, surtout dans sa partie orientale, > est une plaine fertile où sont cultivées les céréales et où la jachère, d'un usage général autrefois, a diminué depuis cint[uante ans plus que dans

la plupart des autres provinces. La province possède beaucoup de gros bétail et de moutons.

. Elle est riche en houille et en fer et possède un grand nombre d'usines métallurgiques, de verreries et autres usines à feu. Le Bourbonnais a formé un département.

Le département de TAIlier, situé au nord de celui du Puy-de- Dôme, est arrosé par TAUier et le Cher, borné à Test par la Loire.

Chef-lieu : Moulins (pop. tôt. 21,720 h.; pop. urb. 21,210), sur l'Allier, ancienne capitale du Bourbonnais, protégée contre les inondations de la rivière par une forte chaussée, formant boulevard.

Chefs-lieux d'arrondissement : Gannat (pop. tôt. 5,300 h. ; pop. urb. 5,300), château des anciens ducs de Bourbon; La Palisse (2,950 h.), sur la Besbre, ancien château et tombeau de la famille de ce nom : Montluçon (pop. tôt. 27,820 h. ; pop. urb. 26,250), sur le Cher, ville prospère par ses forges et ses usines, tète de ligne d'une des branches du canal du Berri.

Autres localités : Bnurbon-t Archambault (pop. tôt. 4,450 h.; pop. urb. 3,604), célèbre par ses eaux et par les ruines du château des ducs de Bourbon; Buxière ou Bnxière-la-Grue (pop. 3,080 h.); Sert (1,090 h.) et Doyet (pop. tôt. 3,320 h. ; pop. urb. 2,040), mines de houille ; Néris-les-Bains (2,800 h.)i eaux thermales, ruines romaines; Commen^r^ (pop. tôt. 12,515 h.; pop. urb. 9,230), bassin houiller et usines importantes ; Vichy (pop. tôt. 10,340 h. ; pop. urb. 10,i80), sur TAUier, la plus fréquentée des stations thermales de France; Cusset (pop. tôt. 6,760 h.; pop. urb. 5,350), succursale des établissements thermaux de Vichy, siège du tribunal.

Le Nivernais, situé au nord du Bourbonnais et presque entièrement sur la rive droite de la Loire, appartient au bassin de la Seine, par sa partie septentrionale. Il se compose de terrains primaires à Test dans le Morvan, et de terrains jurassiques à l'ouest. 11 appartient au climat séquanien.

Le Nivernais a eu des comtes dès la fin du ix* siècle. Devenu duché-pairie en 1539, acheté par Mazarin en 1659, il resta jusqu'en 1789 dans la famille de ce dernier, celle des ducs de Nivernais.

Le Nivernais est une région dans laquelle dominent les pâturages et où l'on élève beaucoup de bœufs (bœufs du Morvan qu'on

6i2 LA FRANCE.

engraisse dans le CharoUais, etc.). Les forêts couvrent de grandes surfaces et fournissent du bois et du charbon à Paris.

Les usines métallurgiques et les faïenceries y ont une certaine importance.

Le Nivernais a formé un département.

Le département de la Nièvre, situé à Test de celui du Cher, bordé à Touest par TAllier et la Loire, est arrosé par la Loire, la Nièvre et TYonne. Il est traversé par les collines du Nivernais et par les monts du Morvan.

Chef-lieu : Nevers (pop. tôt. 25,000 h. ; pop. urb. 23,610), sur une éminence au-dessus du confluent de la Nièvre et de la Loire, ancienne capitale du Nivernais, fabrique de porcelaines et de faïences, ancien château ducal.

Chefs-lieux d'arrondissement : Chdteaur-Chinon [pop. tôt. 2,670h.; pop. urb. 2,670), dans le Morvan, non loin les sources de FYonne, hôpital reconstruit par le marquis d'Aligre ; Clamecy (pop. tôt. 5,300 h. ; pop. urb. 4,670), sur FYonne, grand commerce de vins, avec un ancien évèché, sans juridiction, ni spirituelle ni temporelle, dit « de Bethléem », dans un faubourg; Cosne (pop. tôt. 7,790 h.; pop. urb. 6,680), sur la Loire, principal centre de Tindustrie des fers dans le Nivernais.

Autres localités : Decize (pop. tôt. 5,100 h. ; pop. urb. 4,680), bassin houiller; La Charité (pop. tôt. 5,450 h. ; pop. urb. 5,100), sur la Loire, hs^uts fourneaux, fabriques de limes, belle église abbatiale; Guérigny (pop. tôt. 3,160 h.; pop. urb. 2,620), au con- Quent de deux Nièvre, célèbres forges de La Chaussade; Four^ chambault (pop. tôt. 6,150 h. ; pop. urb. 5,950) eilmphg (2,690 h.), tous deux sur la Loire, établissements métallurgiques, le dernier appartenant à la marine de l'État; Saint-Pierre- le-Moûtiei* (pop. tôt. 3,110 h.; pop. urb. 2,180), chef- lieu d'un des grands bailliages établis par saint Louis; Moulins-Engilbert (3,540 h.), qui a disputé, à la fin du premier empire, à Chàteau-Chinon, la sous-préfecture et le tribunal de Tarrondissement.

Le Barri, situé à Touest du Nivernais et du Bourbonnais, est formé principalement de terrains jurassiques et, dans sa partie septentrionale, de terrains tertaires. Il appartient au climat séquanien.

Cette contrée, habitée par des Celtes {Biiuriges cubi^ d'où son nom), fut parcourue par César (prise d'Avaricum, Bourges, 59 av. J.-C). Sous les Romains, comme sous les rois francs, elle fit partie de Y Aquitaine. Philippe P' acquit, à l'occasion de la première croisade (1100), la vicomte de Bourges. Le Berri, devenu duché, fut donné en apanage à plusieurs reprises, en 1360, en 1417, en 1453, en 1468, en 1574; plusieurs princes ont porté ensuite le titre de duc de Berri, mais sans que la province fût soustraite à l'administration royale.

Le Berri est un pays de plaines plus ou moins fertiles, qui produit des céréales et qui nourrit du bétail, surtout des moutons. Le sol renferme beaucoup de minerai de fer; l'industrie est d'ailleurs médiocrement active.

Le Berri a formé deux départements.

Le département du Cher, situé à l'est de celui de l'Indre, bordé À l'orient par l'Allier et la Loire, est arrosé par le Cher, les Sauldre, l'Yèvre et l'Auron.

Chef-lieu : Bourges (pop. tôt. 42,830 h. ; pop. urb. 37,340), sur un monticule au confluent de l'Auron et de l'Yèvre, possède une fonderie de canons (la seule aujourd'hui pour l'artillerie de terre), une très belle cathédrale, la maison de Jacques Cœur, et fait un grand commerce de laines.

Chefs-lieux d'arrondissement : Saint-Amand (pop. tôt. 8,470 h. ; pop. urb. 7,720), sur le Cher, ville commerçante, près de laquelle était le célèbre château fort de Montrond ; Sancerre (pop. tôt. 3,790 h. ; pop. urb. 2,880), ville située sur une colline dominant la Loire, gouvernée au moyen âge par des seigneurs belliqueux, conservant des restes de ses anciennes fortifications.

Autres localités : Avor (515 h.), près de l'Yèvre, vestiges d'un camp romain, sur l'emplacement duquel on a, depuis 1873^ établi un camp retranché dit « camp d'Avor »; Henrichemont (3,710 h.), sur la Petite Sauldre, était, avec la terre de Bois-Belle, une possession de Sully et de ses descendants, qui y ont exercé tous les droits régaliens jusqu'à Louis XVI et y ont même eu un parlement; Vierzon (10,510 h.), au confluent de l'Yèvre et du Cher, et Vierzon- Village (pop. tôt. 6,690 h. ; pop. urb. 1,400), centres importants de commerce et d'industrie.

Le département de llndre, situé au nord de celui de la Creuse, limité au nord par le Cher, est arrosé par Tlndre et la Creuse.

GheMieu : Chftteaurouz (pop. tôt. 22,860 h. ; pop. urb. 21,790), sur llndre, manufacture nationale de tabac, fabrique de draps.

Chefs-lieux d'arrondissement; Issoudun{pop, tôt. 15,230 h. ; pop. urb. 12,700), fabrique de drap; Le Blanc (pop. tôt. 7,140 h.; pop. urb. 5,720), sur la Creuse, commerce de chevaux, ruines de trois châteaux du moyen âge; La Châtre (pop. tôt. 5,210 h. ; pop. urb. 4,540), sur Tlndre, ville très ancienne, construite sur l'emplacement d'un camp romain.

Autres localités : Argentan (pop. tôt. 6,390 h. ; pop. urb. 5,730), sur la Creuse, V Argentomagus des Gallo-Romains, ruines d'un important château fort; Chàtillon (pop. tôt. 3,500 h. ; pop. urb. 2,200), sur l'Indre, usines métallurgiques, souvenir d'une défaite des Hongrois qui avaient pénétré jusque dans le Berri en 935.

Le Poitou doit son nom aux Pictavi, peuplade gauloise qui l'habitait dans l'antiquité. Il est situé au nord de l'Aunis et de la Saintonge, à l'ouest de la Marche et du Berri et s'étend jusqu'à l'Océan. A Test dominent les tert'ains crétacés et tertiaires ;kYouesU les terrains primaires dans le Bocage vendéen, les terrains ter^ tiaires et quaternaires dans le Marais, La contrée participe des climats armoricain, séquanien et girondin, à la limite desquels elle se trouve.

Le Poitou faisait partie de V Aquitaine sous les Romains et appartint aux Visigoths que Charles-Martel chassa par la victoire remportée à Voulon (507). Près de Poitiers aussi Charles- Martel battit les Sarrasins (732). Au moyen âge, les ducs d'Aquitaine prenaient le titre de comtes de Poitiers et résidaient ordinairement dans cette ville. Avec le reste de l'Aquitaine, le Poitou échut aux rois d'Angleterre en 1154. Philippe-Auguste le conquit en grande partie (1204). Saint Louis le donna à son frère Alphonse, dit « de Poitiers » ; ce dernier étant mort sans enfant, le domaine fit retour à la couronne (1271). Après la bataille de Poitiers (1356), le traité de Brétigny (1360) abandonna le Poitou h l'Angleterre. Charles V le reconquit (bat. de Chizé, 1372).

Le Poitou produit en certaine quantité les céréales dans la plaine ; les pâturages dominent dans le Bocage et le Marais. Les chevaux

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DBS PROYLNGES, ETC. 6i5

poitevins et les mulets, les bœufs de race parthenaise, les moutons sont nombreux.

L'industrie manufacturière est peu active quoique le département de la Vendée possède les mines de houille de Vouoani et Chantonnay.

Le Poitou a formé trois départements et quelques cantons de la Haute-Vienne, de la Charente-Inférieure et d'Indre-et-Loire. Un seul de'ces départements est situé presque totalement dans le bassin de la Loire.

Le département de la Vienne, situé à l'ouest de ceux de Tlndre et de la Haute-Vienne, est arrosé par la Vienne, le Giain, la Garlempe, et, À son extrémité méridionale, par la Charente.

Chef-lieu : Poitiers (pop. tôt. 36,880 h. ; pop. urb. 34,630), sur une hauteur, au-dessus du Glain et de la Vonne qui y conflue au pied de la ville; capitale de l'Aquitaine aux x* et xi* siècles, rappelant encore par ses monuments (curieuse église de Sainte-Radegonde, palais de justice, etc.) cette époque de sa grande prospérité, ancienne chambre mi-partie ressortissant au parlement de Paris : dans ses environs se sont livrées pendant le moyen âge de grandes batailles.

Chefs-lieux d'arrondissement : Châtellerault (pop. tôt. 17,400 h. ; pop. urb. 14,500), au confluent du Clain et de la Vienne, manufacture nationale d*armes, fabriques renommées de coutellerie; Civray (pop. tôt. 2,550 h. ; pop. urb. 2,470), sur la Charente, dolmen et grottes celtiques, églises remarquables ; Loudun (pop. tôt. 4,530 h. ; pop. urb. 4,040), vins blancs, belles églises ; Montmorillon (pop. tôt. 5,460 h. ; pop. urb. 4,150), sur la Gartempe, mines de fer.

Autres localités : Lésigny (820 h.), sur la Creuse, pierres meulières; Moncontour (850 h.), sur la Dive,localité célèbre par deux> batailles, en 1371 et en 1569; Moussais (champ situé non loin du confluent du Clain et de la Vienne, où a probablement eu lieu la défaite des Sarrasins par Charles- Martel en 732; La Cardinerie, appelée aussi Maupertuis, près de Vivonne et sur le territoire de Nouaillé, où le roi Jean fut vaincu par le prince Noir (1356); Vou- Ion (270 h.), au confluent de la Dive et du Clain, où Clovis défit les Visigoths (507); Chizé (766 h.), victoire de Charles V en 1372.

L'Orléanais, situé au nord du Berri et traversé par la Loire, est arrosé par le Loir, l'Eure, le Loing ; la Sologne et la plus grande

partie du Blésois sont au sud du fleuve ; le Venddmois, la Beauce et la plus grande partie de VMéanais proprement dit et du Gâli^ nais sont au nord. G*est une région de plaines formées de terrains tertiaires et coupées par la bande de tetTain quaternaire du c< val de Loire ». Elle appartient au climat séquanien.

L'Orléanais était en grande partie habitée par les Camutes^ célèbres à Tépoque de César. Orléans fut deux fois la capitale d'un royaume qui s'étendait au nord jusqu'à l'Orge. L'Orléanais fit partie du domaine primitif des Capétiens, bien que plusieurs fiefs en aient été pendant quelque temps détachés : comtés d'Étampes et de Vendôme réunis en 1723, comtés de Dunois et de Chartres supprimés en 1789. Orléans ^ dernier boulevard de la royauté, assiégé par les Anglais, fut délivré (1429) par Jeanne d*Arc, qui gagna ensuite la bataille de Patay. Le duché luî-méme fut plusieurs fois donné en apanage à des princes de la famille royale, mais réuni définitivement à l'avènement de Louis XII (1498). Pendant l'invasion de 1870- 1871, malgré la victoire remportée à Coulmiers, la ville d! Orléans a été occupée par l'armée prussienne.

La Beauce est une des régions agricoles de la France les plus importantes par la culture : des céréales, froment, avoine et seigle; des plantes industrielles et des prairies artificielles. Dans l'Orléanais et le Gàtinais, moins fertiles, se trouve la grande /br^/ d^ Orléans, Au sud de la Loire, le Blésois et la Sologne ont des prairies naturelles, beaucoup de marécages et de landes, un sol maigre qui a été cependant amélioré depuis un demi-siècle. Les coteaux du « val de Loire » sont en partie couverts de vignobles. Les chevaux et les bœufs sont élevés en grand nombre au nord de la Loire, ainsi que les moutons mérinos; au sud dominent les moutons solognots. Le miel de Montargis est renommé.

L'industrie est médiocrement développée dans celte province; cependant Orléans et Blois ont des manufactures ; Gien et Briare possèdent des fabriques de porcelaine.

L'Orléanais a formé trois départements dont un (Eure-et-Loir), déjà décrit, est situé en majeure partie dans le bassin de la Loire.

Le département du Loiret, situé au nord de celui du Cher, est arrosé par la Loire, le Loiret, le Loing et FEssonne.

Chef-lieu : Orléans (pop. tôt. 60,000 h. ; pop. urb. 57,500), qui était nommé d'abord Genabum et qui doit son nom actuel à l'empereur Aurélien, est situé sur la rive droite de la Loire, au coude

que fait le fleuve à sa partie la plus septentrionale. Orléans, qui doit à cette situation son importance commerciale, a été depuis l'antiquité jusqu'aux temps modernes le grand entrepôt du commerce de la Loire avec le bassin de la Seine et Paris. Les chemins de fer, en changeant les courants commerciaux, ont diminué son importance. Orléans a de nombreux souvenirs historiques : César prit Genabum; l'armée d'Attila s'arrêta sous les murs d'Orléans (451); Jeanne. d'Arc fit battre en retraite les Anglais qui l'assiégeaient (1429); les Prussiens s'en rendirent deux fois maîtres (1870-71).

Chefs-lieux d'arrondissement : Gien (pop. tôt. 8,200 h. ; pop. urb. 6,800), sur la rive droite de la Loire, manufacture de faïences artistiques; Montargis (10,980 h.), sur le Loing, voisin d'une grande forêt, une des anciennes forteresses des rois de France ; Pithimers {^0^, tôt. 5,500 h.; pop. urb. 5,300), sur PŒuf, branche de l'Essonne, construction d'instruments agricoles.

Autres localités : Beaugency (pop. tôt. 4,500 h. ; pop. urb. -4,000), sur la Loire, ville ancienne, grand commerce agricole; Patay (1,440 h.) et Bouvray-Sainte-Croix (240 hab.), où Jeanne d*Arc vainquit les Anglais (1429), et où furent livrés des combats indécis entre les Allemands et les Français (1870-71) ; Coulmiers (400 h.), souvenir d'un succès remporté par l'armée française (9nov. 1870); Fertnires (1,800 h.), antique abbaje, dont Téglise subsiste encore.

Le département de Loir-et-Cher, à l'ouest de celui du Loiret, est traversé par la Loire et arrosé par le Loir, le Cosson, le Beuvron et les deux Sauldres.

Chef-lieu : Blois (pop. tôt. 22,150 h.; pop. urb. 19,560), sur la rive droite de la Loire et sur le penchant d'un coteau; la ville est dominée par un beau château, qui date de François 1^' et de Gaston d'Orléans.

Chefs-lieux d'arrondissement : Bomorantin (pop. tôt. 7,540 h. ; pop. urb. 6,700), sur la Sauldre, en Sologne, restes d'un château de la Renaissance; Vendôme {^o^. tôt. 9,300 h. ; pop. urb. 7,850), sur le Loir, grand commerce agricole, pittoresques ruines du château des ducs d'Orléans et de Vendôme.

Autres localités : Prélevai (ifi^ild h.), sur le Loir, bataille (1194) perdue par Philippe-Auguste contre les Anglais; Chambof*d{^0 h.), château de la Renaissance bâti par François P'.

La Touraine est située au sud-ouest de TOrléanais sur les deux rives de la Loire. C'est une plaine de terrain tertiaire coupée par le terrain quaternaire du « val de Loire ». Elle appartient au climat armoricain,

La Touraine, habitée par les Turones^ faisait partie d'une des Lyonnaises sous les Romains. Elle dépendait, au xn* siècle, des domaines des comtes d'Anjou et fut conquise sur les rois d'Angleterre par Philippe-Auguste (1204). Apanagée plusieurs fois, de 1328 k 1584, elle est restée ensuite attachée au domaine royal depuis la mort de François d'Anjou, duc d'Alençon (1584), auquel ce duché avait été donné en apanage en 1576. Les rois, aux xv*et xvi* siècles, ont fréquemment séjourné [Plems-lès-Tours, Loches^ Amboise, Blois, etc.) dans cette province dont le climat est doux et qu'on avait surnommée le « Jardin de la France ». Plusieurs fois les États généraux se sont réunis à Tours; c'est dans cette ville qu'en 1870, pendant le siège de Paris, s'établit d'abord la délégation du gouvernement delà « Défense nationale ».

La Touraine est fertile, excepté au sud dans la Brenne, qui est marécageuse. Le froment, les pommes de terre y sont cultivées et le bétail y est nombreux. Des vignobles couvrent les coteaux de la Loire.

La construction des machines agricoles, la papeterie et l'imprimerie {Tours) sont les principales industries de la contrée, qui a surtout le caractère agricole.

La Touraine a formé un département.

Le département d'Indre-et-Loire, situé à l'ouest de celui du Loir-et-Cher, est arrosé par le Cher, l'Indre, la Vienne et la Creuse.

Chef-lieu : Tours (pop. tôt. et urb. 59,600 h.), sur la rive gauche de la Loire qui y communique par un canal avec le Cher, ville de plaisance et d'industrie, fabriques de soieries, grande imprimerie, belle cathédrale; à 1 kil. de la ville sont les ruines du château de Plessis-lès-Tours^ fameux par le séjour de Louis XL

Chefs-lieux d'arrondissement : Chinon (pop. tôt. 6,200 h. ; pop. urb. 4,400), sur la Vienne, avec un château fort, souvent habité par les rois de France ; Loches (pop. tôt. 6,150 h. ; pop. urb. 3,700), sur l'Indre, ancien château de Charles VII.

Autres localités : Amboise (4,600 h.), sur la Loire, célèbre par son château; Azay-le-Bidean (2,130 h.), sur Tlndre, beau château de la Renaissance ; Chenonceaux (410 h.)» sur le Cher, château de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis ; La Haye-Descartes (pop. tôt. et urb. 1,780), sur la Creuse; Montrésor (2,250 h.), sur la Loire, château historique; Château-Renault (pop. tôt. 4,200 h.; pop. urb. 3,770), plusieurs châteaux et donjons de diverses époques; Richelieu (pop. tôt. 2,480 h. ; pop. urb. 2,370), ville et château construits par le fameux cardinal ; Luynes (2,010 h.), sur la Loire, château historique, restes d'un aqueduc gallo-romain ; Mettray (1,465 h.), colonie agricole et pénitentiaire ; le Ripault sur rindre, poudrerie nationale; Chanteloup^ où il ne reste, du château habité par le duc de Choiseul, que la « pagode ».

Le Haine, situé à Touest de l'Orléanais, occupe, au sud des collines de Normandie, presque tout le bassin supérieur de la Sarthe et de la Mayenne. 11 est formé : de bandes de terrains tertiairesy a*étacés ei jurassiques à l'est; à l'ouest, de terrains pri-maires appartenant au grand massif de la Bretagne. Il est sous le climat armoricain.

Le Maine, habité dans l'antiquité par les Cénomans dont il a tiré son nom, a eu des comtes dès le milieu du ix** siècle. En 1063, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, s'empara du comté, qui plus tard (1154) devint, par l'avènement des Plantagenets, un fief des rois d'Angleterre. Philippe-Auguste brisa la puissance de ce grand vassal : il conquit le Maine avec l'Anjou et la Normandie (1204), et le traité d'Abbeville (1257) confirma cette conquête. Le Maine fut donné en apanage k Charles, frère de saint Louis (1256), puis à Louis 1*', fils de Jean le Bon, et ne fut définitivement réuni au domaine royal, par suite de l'héritage de Charles III, comte de Provence et fils du « roi René », qu'en 1481.

Le Maine produit des céréales, du chanvre. Il possède une grande étendue de prairies, surtout de prairies artificielles ^ et nourrit beaucoup de chevaux et de bœufs (chevaux percherons, bœufs manceaux). On élève beaucoup de volailles. Les pommiers sont en grand nombre et le eidre^ boisson ordinaire du pays, est un des produits importants de l'agriculture.

On exploite, dans les environs de Sablé, de Yanthracite et on fabrique beaucoup de chaux employée comme engrais. Le Mans

est un centre important de la fabrication et du commerce des toiles et cordages.

Le Maine a formé deux départements et quelques cantons de rOme, d'Eure-et-Loir et de TEure.

Le département de la Sarthe, situé au nord de celui d'Indre-et- Loire, renferme le massif granitique des Goêvrons et est arrosé par la Sarthe, le Loir, THuisne et la Yègre.

Chef-lieu : le Mans (pop. tôt. 57,600 h. ; pop. urb. 53,460), au confluent de la Sarthe et de THuisne qui coulent au bas de la ville, au milieu d'une contrée riche en chanvre et possédant de nombreuses fabriques de toiles ; importante manufacture de tabacs ; remarquable par ses églises et surtout par sa cathédrale, une des plus belles de l'Ouest.

Chefs-lieux d'arrondissement : La Flèche (pop. tôt. 9,850 h. ; pop. urb. 7,900), sur le Loir, prytanée militaire qui a succédé à un célèbre collège de jésuites; Mamers (pop. tôt. 6,480 h.; pop. urb. 5,300), fabriques de toiles et de cotonnades; Saint-Cakûs (pop. tôt. 3,680 h.; pop. urb. 3,120), fabriques de serges, belle église.

Autres localités : Sablé (pop. tôt. 6,200 h. ; pop. urb. 5,580), au confluent de TErve et de la Sarthe ; carrières de marbre et mines d'anthracite; Solesmes (850 h.), connu par son abbaye de Bénédictins; Ponlvalain (1,790 h.), victoire remportée en 1370 par Duguesclin sur les Anglais; Montmirail {110 h.), verrerie importante, château du xv» siècle; Fresnay-le- Vicomte (2,960 h.), débris de l'enceinte murale et du château qui domine à pic la Sarthe.

Le département de la Mayenne, situé à l'ouest de celui de la Sarthe, est arrosé par la Mayenne, l'Erve, l'Ernée.

Chef-lieu : Laval (pop. lot. 30,600 h. ; pop. urb. 28,700), sur la Mayenne, ville importante par l'industrie des toiles.

Chefs-lieux d'arrondissement : Château-Gontier (7,330 h.), sur la Mayenne, eau ferrugineuse froide; Mayenne {po^. tôt. 11,100 h.; pop. urb. 9,940), sur la Mayenne, industrie des toiles, château du xin® siècle.

Autres localités : Ernée (pop. tôt. 5,180 h. ; pop. urb. 3,650), sur l'Ernée, antiquités romaines; Jublains (1,630 h.), sur l'Aron et la Jouanne, restes remarquables de la capitale des DiabUntes^

cité et évéché du temps des Gallo-Romains ; Évron (pop. tôt. 4,380 h. ; pop. urb. 3,1^0), fabriques de toiles, curieuse église ; Saint'Piefre-la-Cour (1,180 b.), mine de houille.

XIlï

L'Anjou, situé au sud-ouest du Maine, dans le bassin inférieur de la Sarthe et de la Mayenne, traversé par la Loire, est formé : pour une petite partie, de tetTains crétacés ei jurassiques y à Test; en majeure partie, de terrains primaires appartenant au massif de la Bretagne. Il est sous le climat ai^moricain.

L*Anjou était habité par les Andecavi et a fait partie d'une des Lyonnaises sous les Romains. Des pirates saxons s'y établirent au \* siècle et furent chassés par le roi Childéric. Vers le milieu du IX* siècle, la Marche (plus tard comté et duché) d'Anjou, laquelle s'étendait jusque sur Nantes et Rennes, fut créée par le roi de France pour opposer une résistance aux Normands et aux Bretons. Il y avait aussi un comte d'Anjou (résidant à Châteauneufsur^Sarthe) qui ne tarda pas à devenir maître de la Marche et de toute la province ; ses domaines s'étendaient jusqu'en Saintonge. Les Plantagenets, seigneurs d'Anjou, devinrent rois d'Angleterre en 1154. La province fut confisquée en 1204 par Philippe-Auguste. Apanagée (1246) et érigée en duché-pairie (1297), elle fil retour à la couronne par l'avènement de Philippe de Valois (1328). Apanagée une seconde fois (1356), elle rentra au domaine en 1480 et resta sous l'autorité royale, bien que donnée encore plusieurs fois en apanage dans la suite. L'Anjou a été troublé, pendant la Révolution, par les guerres de Vendée.

La province produit beaucoup de froment^ possède de vastes étendues Aià prairies artificielles et A% prairies naturelles. Les arbres fruitiers et particulièrement la vigne sont au nombre des principales richesses de l'Anjou dont les vins sont estimés. Elle nourrit beaucoup de bœufs^ de porcs.

La fabrication des toiles et cordages est la principale industrie de la région.

L'Anjou a formé un département.

Le département de Haine-et-Loire, situé à l'ouest de celui d'Indre-et-Loire, est arrosé par la Loire, la Maine, la Mayenne, la Sarthe, le Loir, TAuthion et le Layon.

CheMieu : Angers (pop. toi. 73,840 h. ; pop. urb. 71,060), vieux château fort et belle cathédrale; fabriques de toiles et de poteries, fonderies, commerce important; b&tie sur un plateau qui domine la Maine dans une région très fertile où confluent plusieurs rivières, avec la Maine pour débouché dans la Loire.

Chefs-lieux d'arrondissement : Baugé (pop. tôt. 3,570 h.; pop. urb. 3,560), sur le Gouesnon, sous-affluent de la Loire, ancien château du roi René, lainages et toiles; Cholet (pop. tôt. 16,850 h. ; pop. urb. 14,820), sur le Moine^ marché important de bestiaux, centre de fabriques de toiles et de batistes, souvenir d'une défaite des Vendéens en 1793; Saumur (pop. tôt. 14,190 h.; pop. urb. 13,770), sur la Loire et le Thouet, capitale d'un des sept petits gouvernements, autrefois université protestante, aujourd'hui école de cavalerie; Segré (pop. tôt. 3,410 h.; pop. urb. 2,720), au confluent de la Verzée et de TOudon, minerai de fer, construction de machines et d'instruments aratoires.

Autres localités : Trélazé (5,940 h.), grande exploitation de carrières d'ardoise ; Châlonnes-sur^Loire {pop. tôt. 4,810 h.; pop. urb. 3,160); Brissarthe (840 h.), sur la Sarthe, champ de bataille (866) .où succomba contrôles Normands l'ancêtre des CSapétiens Robert le Fort; les Ponts-de-Cé (3,600 h.), position autrefois importante au point de vue militaire, à cause des ponts consécutifs qui traversent les bras de la Loire, souvenir d'une bataille de 1620, château où résida Marie de Médicis ; Fontevrault, où fut une des grandes abbayes de France, aujourd'hui maison centrale ; Doué (pop. tôt. 3,260 h. ; pop. urb. 3,210), belles fontaines percées dans le roc, mines de houille ; Saint'Florent (2,157 h.), sur la Loire ; Beaupréau (pop. tôt. 3,860 h. ; pop. urb. 2,560), sur l'Èvre, chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1857, et ya//ats (3,620 h.), batailles gagnées (1793) par Galhelineau; Chemillé {pop, tôt. 4,510 h.; pop. urb. 3,200), sur le Layon, fabriques de flanelles, batailles (1793 et 1796) de la guerre de Vendée; Coron (1,790 h.), ruines d'un château; Montigné (557 h.), beau château; Vihiers (1,700 h.), ruines du château, batailles de la même guerre.

La Bretagne est une péninsule qui appartient par sa partie méridionale au bassin de la Loire et à ses bassins secondaires et par sa partie septentrionale aux bassins secondaires de la Manche. Le

soi est presque partout composé de granit et d'autres floches primaires. Le climat armoricain est très humide.

Cette région, avec les îles qui Tentourent, était habitée autrefois par les Celtes dont la langue est encore parlée dans la Basse-Bretagne ; elle s'appelait Armorique^ c'est-à-dire « sur mer » ; certains points delà côte conservent encore le nom d' « Armor ». Sous les Romains, elle fit partie d'une des Lyonnaises. Elle doit son nom actuel aux populations émigrées de Tile de Bretagne (Grande-Bretagne) qui vinrent s'y fixer à la suite des invasions germaniques. Elle resta, sous les deux prenûères races, à peu près isolée et indépendante. Noménoé, duc de Bretagne, battit même Charles le Chauve et, sur la frontière de ce duché, les rois de France créèrent vers le milieu du ix* siècle une marche (Marche, puis comté d'Anjou). Vers le milieu du xu*, la Bretagne échut, par mariage, à Geoffroy, fils d'Henri II Plantagenet, duc de Normandie et roi d'Angleterre. Philippe le Bel rompit les derniers liens qui rattachaient la Bretagne à la Normandie en érigeant la première, déjà duché depuis 1108, en duché-pairie (1297). Une longue guerre de succession entre les maisons de Blois et de Montfort aboutit, après la bataille d'Auray (1364) et le traité de Guérande (1365) au triomphe de la maison de Montfort, qui reconnut la suzeraineté du roi de France. La dernière duchesse de Bretagne, Anne, épousa (1491) Charles YIII^ puis Louis XII, et la Bretagne fut définitivement réunie au domaine royal (1532) par le mariage de sa fille Claude avec François d'Angoulôme, depuis François I", dont le fils établit (1551-53) un parlement à Rennes. La province est une de celles qui ont conservé jusqu'en 1789 leurs états particuliers; plusieurs fiefs, comme le comté de Penthièvre, ont môme joui jusqu'à cette époque d'une administration toute locale. Les côtes de Bretagne ont été le théâtre de nombreux faits d'armes; les Anglais ont tenté des descentes à Saint-Maloy à Saint-Cast (1758) durant la guerre de Sept ans; une bataille a été livrée à Vile d'Ouessant (1778); Hoche a écrasé les émigrés à Quiberon (juill. 1795).

La Bretagne est un pays accidenté, quoique nulle part les collines n'atteignent 400 mètres. L'humidité du climat et le grand nombre des ruisseaux coulant sur un terrain imperméable y entretiennent la fraîcheur. La fertilité d'ailleurs est médiocre dans l'intérieur de la péninsule. On y trouve de vastes landes dans l'intérieur. Cependant, sur le bord de la mer qui fournit des engrais (varechs, sables coquilliers, etc.), la culture est plus avantageuse; dans les bassins de la Loire et de la Vilaine il y a des parties très fertiles.

Le seigle et le sarrasin sont, avec le chanvre, deux produits caractéristiques de celte province ; on y fait beaucoup de cidre , boisson ordinaire du pays, et on y consomme beaucoup d'alcool. Les prairies et pâturages occupent une très grande place et on y élève beaucoup de bétail (chevatiXj bœufs^ et surtout de petites vaches laitières dites bretonnes).

Les côtes très découpées et poissonneuses favorisent la pèche et ont fait des Bretons un peuple de marins. Beaucoup de localités {Paramé, Saint-Malo, Dinard et toute la côte jusqu'à Erquy, Aoscoff, le Croisic, etc.) attirent les baigneurs en été.

La fabrication de la toile est une des principales industries du pays.

La population est dense en Bretagne, surtout dans le voisinage des côtes, et elle augmente par suite d'une forte natalité.

L'ancienne province de Bretagne a formé cinq départements.

Le département de la Loire-Inférieure, situé à l'ouest de celui de Maine-et-Loire, baigné par TOcécui, est arrosé au nord par l'Isac, le Chère et le Don, et au sud par la Loire et la Sèvre nantaise.

Chef-lieu : Nantes (pop. tôt. 127,480 h. ; pop. urb. 120,100), ancienne capitale de la Bretagne, occupant sur la Loire, à 65 kilomètres de l'embouchure, la même position que Rouen sur la Seine, la marée se faisant sentir jusqu'à la ville. Nantes existait du temps

Fig. 258. — Plan de Nantes au 200,000*.

des Gaulois ; bâti sur la rive droite ou septentrionale, il s'est étendu sur plusieurs des lies dont est semé le fleuve. L'Erdre, qui y débouche, est le point de départ du canal qui conduit jusqu'à la rade de Brest. Le quai de La Fosse, contre lequel sont amarrés les navires et que longe le chemin de fer, est le centre du mouvement commercial ; mais les fabriques occupent les parties septentrionale et méridionale de la ville. C'est au sud que débouche la Sèvre nantaise. Outre son commerce, Nantes exerce diverses industries, construit

BÉSUMÉ GÉNÉRAL DES PROVIiNGES, ETC. 625

des navires en bois et en fer, raffine le sucre, fabrique beaucoup de conserves alimentaires. Le chemin de fer relie Nantes à sâint- Nazaire, qui est comme Tavant-port de la grande ville. Sur la rive droite du fleuve se trouvent l'ancien château des ducs de Bretagne et la cathédrale où sont deux beaux tombeaux, lun du xv« et l'autre du xix* siècle; sur la rive gauche, un beau jardin botanique et la manufacture de tabacs'.

Chefs-lieux d'arrondissement : Saint-Nazaire (pop. tôt. 25,570 h. ; pop. urb. 21,300), à Tembouchure de la Loire, ville de création récente, point de départ des grands paquebots qui, à cause de leur tonnage et du peu de profondeur du chenal, ne pourraient remonter jusqu'à Nantes; Ancenis (pop. tôt. 5,440 h. ; pop. urb. 4,690), sur la rive droite de la Loire, houillères, forges, fabriques ; Chdteauàriant (pop. tôt. 6,186 h. ; pop. urb. 5,150), sur la Chère, ville industrielle, restes d'une vieille enceinte et ruines de châteaux; Paitnbœuf [pop, 2,400 h.), sur la rive gauche de la Loire, port qui était prospère avant la création de Saint-Nazaire.

Autres localités : Conquereuil (1,510 h.), sur le Don, ardoisières; Clisson (pop. tôt. 2,940 h.; pop. urb. 2,310), au confluent du Moine et de la Sèvre nantaise, château féodal des seigneurs de Clisson, détruit en 1793; Machecoul {2fiA0 h.), château de Gilles de Laval, auquel s'attache la légende de « Barbe bleue », bataille gagnée (1793) par le vendéen Charette; Pomic (1,920 h.), chef-lieu de l'ancien pays de Retz, sur les bords de l'Océan, bains de mer, construction de navires, monuments druidiques ; Le Croisic (pop. tôt. 2,460 h. ; pop. urb. 2,290), petit port et bains de mer; Le Pouliguen (1,150 h.), bains de mer; Guérande (pop. tôt. 7,060 h. ; pop. urb. 2,660), à 5 kil. de la mer, exploitation de marais salants, souvenir d'un traité signé en 1365 ; Savenay (pop. tôt. 3,320 h. ; pop. urb. 2,010), souvenir d*une bataille (1793) de la guerre de Vendée, sur la rive droite de la Loire, chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1868, école normale d'instituteurs; Indret, atelier de construction pour la marine de l'État, dans une lie de la Loire dépendant de la commune de Basse-Indre.

Le département d'IUe-et-Vilaine, situé à l'ouest de celui de la Mayenne, appartient pour un tiers au bassin de la Manche, et pour les autres deux tiers à celui de l'Océan ; il est arrosé par le Gouesnon, qui forme la limite du côté de la Normandie, la Rance, la Vilaine, la Meu et l'ille.

Chef-lieu : Rennes (pop. tôt. 66,140 h. ; pop. urb. 64,800), au confluent de riUe et de la Vilaine, ancienne capitale de la Bretagne, ancienne ville parlementaire, bâtie dans une plaine fertile entre les hauteurs de la Bretagne et celles du Maine, renfermant, entre autres monuments, une belle cathédrale et le palais de justice.

Chefs-lieux d arrondissement : Fougères (pop. tôt. 15,580 h. ; pop. urb. 15,430), bâti sur une hauteur qui domine le Couesnon, labriques de tissus ; Saint-Malo (pop. tôt. 10,500 h. ; pop. urb. 10,2iK)), port de mer k Tembouchure de la Rance, navigation active, ancien évéché ; Montfort (2,370 h.), sur la Meu, source ferrugineuse; Redon (pop. tôt. 6,430 h.; pop. urb. 4,980), port sur la Vilaine, commerce important ; Vitré (pop. tôt. 10,450 h. ; pop. urb. 8,960), sur la Vilaine, ville qui a conservé un certain aspect moyen âge avec ses fortifications, son château et ses églises, tissus de laine et de chanvre.

Autres localités : Dol (pop. tôt. 4,520 h. ; pop. urb. 3,620), dans une plaine marécageuse, non loin du granitique Mont-Dol^ archevêché, réuni k celui de Tours, plus tard évéché jusqu'au Concordat, cathédrale de Saint-Samson ; Saint-Servan (pop. tôt. 42,160 h.; pop. urb. 9,880), port k l'embouchure de la Rance, tout voisin de Saint-Halo; Saint- Aubin-du-Cormier (2,150 h.), bataille de 1488; Paramé (pop. tôt. 4,352 h. ; pop. urb. 3,550), bains de mer fréquentés ; Cancale (pop. tôt. 6,720 h. ; pop. urb. 3,610), port de mer, parcs aux huîtres; Pontpéan (100 h.), mines de plomb; Dinard (pop. tôt. 4,250 h. ; pop. urb. 3,080), port sur la rive gauche de la Rance, bains de mer très fréquentés ; Aleth, ancien évéché transféré k Saint-Malo en 1163, n'a plus que des ruines aujourd'hui.

Le département des Côtes-du-Nord, situé au nord de celui du Morbihan, appartient pour deux tiers au bassin de la Manche, et pour un tiers k celui de l'Océan ; traversé par les monts de Bretagne, il est arrosé par la Rance, l'Arguenon, le Gouet, le Trieux, le Guer, et par le cours supérieur de TOust et du Blavet.

Chef-lieu : Saint-Brieuo (pop. tôt. 19,240 h. ; pop. urb. 16,290), sur une éminence près de l'estuaire du Gouet où se trouve le Légué, qui lui sert de port.

Chefs-lieux d'arrondissement : Dinan (pop. tôt. 10,100 h.; pop. urb. 9,700), sur une hauteur au-dessus de la Rance, dans une situation très pittoresque, conserve encore ses remparts et quelques vieilles maisons ; Guingamp (8,740 h.), sur le Trieux, filatures de

lin, fabriques d'étoffes renommées jadis sous le nom de « guingamp » ; Lannion (pop. tôt. 6,200 h. ; pop. urb. 5,890), port sur Testuaire du Guer ; Loudéac (pop. tôt. 5,900 h. ; pop. urb. 2,740), fabriques de toiles, retranchements de l'époque gallo-romaine.

Autres localités : Saint-Casl (1,550 h.), sur une anse célèbre par une défaite des Anglais en 1758; Lamballe (pop. tôt. 4,430 h.; pop. urb. 4,420), église remarquable, fabriques de serges; Quintin (pop. tôt. 3,203 h.; pop. urb. 3,200), sur une des branches du Gouet, fabriques de toiles; Goarec (810 h.), sur le Blavet, minerai de fer; La Roche-Derrien (1,420 h.), sur le Jaudy, ardoisières, beau château de la Roche; Paimpol (2,210 h.), port sur la Manche; Tréguier (3,190 h.), sur la rivière du même nom, port de mer, ancien évéché, vieille cathédrale.

Le département du Morbihan, situé à Touest de celui d'Ille-et- Yilaine, baigné par TOcéan et tirant son nom du golfe du Morbihan, est arrosé par la Vilaine, TOust, le Blavet et le Scorff.

Chef-lieu : Vannes (pop. tôt. 20,030 h. ; pop. urb. 18,130), port sur le Morbihan, construction de navires.

Chefs-lieux d*arrondissemenl : Lorlent (pop. tôt. 40,050 h. ; pop. urb. 39,140), au confluent du Scorff et du Blavet, port militaire créé au xviii* siècle ; Ploèimel (pop. tôt. 5,880 h. ; pop. urb. 3,i20), vieux restes de l'enceinte navale, hôtel du duc de Mercœur; Pontivy (pop. tôt. 9,460 h. ; pop. urb. 7,310), nommé sous le premier et le second Empire Napoléonville^ sur le canal du Blavet, carrières de marbres, forges.

Autres localités : Guéméné (1,640 h.), sur le Scorff, ruines du château des Rohan-Guéméné ; Port-Louis (3,160 h.), à Tembouchure du Blavet, pêche de la sardine, citadelle; Away (pop. tôt. 6,390 h. ; pop. urb. 5,740), sur une petite baie, célèbre par le souvenir d'un (1364) des combats livrés pendant la guerre de succession de Bretagne et par le pèlerinage de Sainte-Anne d*Auray; Camac (2,830 h.) et Locmariquer (2,160 h.), restes remarquables d'anciens monuments mégalithiques; Josselin (pop. tôt. 2,630 h.; pop. urb. 2,410), sur rOust, église Notre-Dame, château de la famille de Rohan sur un roc escarpé; Quiberon (2,920 h.), sur la presqu'île du même nom, fabrique de soude, désastre des émigrés en 1795; La Mi' Voie, obélisque commémoratif du « combat des Trente » en 1352.

Le département du Finistère, à Touest de ceux du Morbihan et des Côte§-du-Nord, baigné par la mer de trois côtés et ainsi nommé parce qu*il est situé pour ainsi dire à « la fin de la terre», ost traversé par les montagnes d'Arrée et par les montagnes Noires, et arrosé par TÉlorn, TAven, TAulne, TOdet et TEUé,

Chef-lieu : Quimper (17,170 h.), sur l'Odet, petit port, remarquable par sa cathédrale gothique.

Chef-lieux d'arrondissement : Chdleaulin (pop. tôt. 3,650 h. ; pop. urb. 2,500), port sur TAulne, nombreuses ardoisières; Quim* perlé (pop. tôt. 7,150 h. ; pop. urb. 4,996), port sur la rivière de ce nom, papeteries, église de Sainte-Croix; Morlaix (pop. lot. 16,100 h.; pop. urb. 11,170), port de commerce important sur la rivière de ce nom; Brest (70,780 h.), port militaire, école navale, au nord d'une des plus belles rades de l'Europe que ferme le Goulet ; ce port a été creusé, au xvn* siècle, dans le lit approfondi de la Penfeld ; au pied des rochers de la rade, a été construit, dans la seconde moitié du xix' siècle, un port marchand qui, grâce à la position avancée de Brest dans l'Océan et aux chemins de fer, semble devoir acquérir plus d'importance qu'il n'en a.

Autres localités: Roscoff {A,3Q0 h.), sur la Manche, laboratoire national de pisciculture et bains de mer; Concarneau (pop. toi. 5,680 h. ; pop. urb, 5,490), port sur l'Océan, pèche de la sardine; Landemeau (pop. tôt, 8,930 h. ; pop. urb. 3,000), sur l'Élorn, industrie des toiles; Lesneven (pop. tôt. 3,030 h. ; pop. urb. 2,490), près de TAber-Vrac'h, église remarquable de Notre-Dame deFolgoët; Saint- Pol'de-Léon (pop. lot. 7,410 h. ; pop. urb. 3,9i0), capitale de l'ancien duché de Léon, port sur la Manche, ancien évéché, belle cathédrale; Carhaix (2,736 h.), sur une colline au bas de laquelle coule l'Hyères ; Crozon (8,580 h.), port, grottes curieuses ; Douarnenez (10,986 h.), f^ur la baie de ce nom, pèche et commerce de sardines; Ouessant (2,310 h .), commune qui occupe toute l'ile d'Ouessant habitée par des pécheurs, ruines druidiques, souvenir d'une bataille navale en 1778.

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