AU SUD-OUEST
lO"" La région du sud-ouest comprend 8 départements. Le comté de Foix (1 dép.) a les caractères pyrénéens : de hautes crêtes de montagnes parallèles, rocheuses ou boisées, encadrant d'étroites vallées et leurs vertes prairies; au nord, une plaine propice au maïs. Une partie du Languedoc (dép. de la Haute-Garonne), qui a aussi ses pàturagesr pyrénéens et sa belle plaine tertiaire du Toulousain, esrt un des greniers du Midi. La majeure partie de la Guyenne et Gascogne [dé]^. des Hautes-Pyrénées, du Gers, de Tarn-et-Garonne, de Lot-et-Garonne et des Landes) fait partie de cette région ; la partie méridionale, appartenant aux Pyrénées, est occupée par des montagnes et des pâturages ; elle comprend VAt^nagnac, avec sa fertile campagne d'Auch et ses lignes de coteaux monotones disposés en éventail et tout couverts de vignobles productifs, et la vallée de la Garonne, qui rivalise avec le Toulousain par ses riches moissons,
(1) Par suite de la découverte (vers 1850) d'un procédé de fabrication industrielle de raIi2ariDe.
pendant que les coteaux qui la bordent ou qui bordent les vallées de ses affluents donnent des vins plus abondants que fins. L'extrémité occidentale de la Gascogne, au delà des vignobles de la ChalossCf ne présente plus jusqu'à la mer que la plaine unie des Landes, avec son sous-sol imperméable, son sol marécageux et ses immenses plantations de pins maritimes; le territoire des Landes a, depuis un demi-siècle, plus que doublé de valeur par les plantations de pins. Le Béam (1 dép.)> montagneux au sud, possède les belles prairies du pays basque, des vallées et des plaines fertiles en maïs. Le mails est précisément, avec la vigne, la culture la plus caractéristique de cette région ; c'est aussi, dans la plaine de la Garonne, une région caractérisée par le froment^ les légumes, le /m, le tabac et la volaille, par les forêts et les abeilles dans les Landes, par les mulets, les ânes et les moutons dans la montagne.
11° La région du centre-ouest comprend 8 départements. La partie septentrionale de la Guyenne (dép. de la Gironde et de la Dordogne) renferme le Médoc et le Bordelais, avec leurs vignobles renommés dans le monde entier et les vignobles moins célèbres, mais très productifs du Libout^iais et du Périgord, avec les plantureuses vallées de la Dordogne et de ses affluents. VAngoumois et la Saintonge (2 dép.) présentent un terrain tout ondulé de coteaux monotones, peu fertile dans VAngoumois, coupé de vertes vallées, comme celle de la Gbarente , naguère couvert, dans la Saintonge, de vignes alternant avec le maïs et les céréales, mais en grande partie détruites aujourd'hui par le phylloxéra. Le Bas- Limousin (1 dép.) ofl^re ses pâturages, ses grands bœufs et ses rhàtaigniers sur un sol granitique ; depuis 1860, on y a, par un bon aménagement des eaux, irrigué plus de 160,000 hectares de prairies. Le Poitou (3 dép.), riche en prairies et en gros bétail dans le Marais vendéen et même dans le Bocage, présente de grandes étendues de terres de labour entrecoupées de landes, beaucoup plus étendues autrefois qu'aujourd'hui, dans l'est; c'est une des contrées où l'élevage a fait le plus de progrès depuis cinquante ans. Le méteil, Yorge, les mulets dans le Poitou, la vigne et le mais dans toute la partie méridionale, la pomme de ter7*e, le chanvre, le lin, les légumes^ les prairies naturelles, la volaille, les porcs dans le Poitou et surtout dans la Vendée caractérisent cette région.
12"» La région du centre-sud comprend 5 départements. Le Haut-Limousin (1 dép.) est une région de hauts plateaux granitiques et de pâturages, généralement pauvre, nourrissant ses habitants de châtaignes et de lait. La Haute-Auvergne (1 dép.) est un
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terrain granitique et volcanique dont les pâturages cl les bœufs font la principale richesse. Cette région renferme une partie de la Guyenne et du Languedoc (dép. du Lot, de l'Aveyron et du Tarn), la partie la^moins riche, parce qu'elle n'est fertile que dans le fond de ses étroites vallées et qu'elle se compose en grande partie de plateaux, dits caussesj secs, arides et propres seulement à l'élevage du mouton. Le seigle^ le sarrasin^ les prairies naturelles et les pâturages secs, avec les abeilles, les porcs, les ânes et les moutons caractérisent cette région. Tune- des moins favorisées de la nature.
iZ"" La région du centre comprend 9 départements. La Basse- Auvergtie (1 dép.) possède surtout des pâturages et des bœufs sur ses plateaux et ses montagnes, mais produit en abondance le froment, le chanvre et les fruits dans la belle plaine de la Limagne. La Marche (1 dép,) est composée en grande partie aussi de montagnes et de plateaux médiocrement productifs. Le Bourbonnais (i dép.) est une plaine assez favorable â la culture, dont la valeur a plus que doublé en cinquante ans par la réduction de la jachère et par le développement de l'élevage. Le Nivernais (1 dép.) est montagneux et boisé, sauf dans le val de Loire, Le Berri (2 dép.} est une vaste plaine où les cultures prospèrent, et qui est renommée pour ses troupeaux de moutons : dans la Champagne et le Bois- Chaud. Ces cultures alternent avec les brandes ou landes et les marécages, ainsi que dans la Sologne, toute humide et privée de calcaire ; et dans la Brenne, parsemée d'étangs. Une partie de Y Orléanais (dép. du Loiret et de Loir-et-Cher) stérile dans la Sologne, est fertile en céréales dans la Beauce et le Vendômois, plus fertile encore et plus riante dans le val de Loire, avec ses prairies, ses longues rangées de peupliers et ses coteaux garnis de vignes. La Touraine (1 dép.) était justement surnommée, dès le xvi° siècle, à cause de la fertilité de son sol et de la douceur de son climat, le « jardin de la France ». Le méteil, le seigle, Vavoine, l'orbe, très cultivés, les prairies artificielles, nombreuses presque partout, les forêts dans le nord-est, les moutons, la volaille, les ânes caractérisent cette région. La région du centre est de beaucoup, dans l'ensemble, celle qui a le plus gagné de 1862 à 1882 pour la culture des céréales.
âOO. I^es p»ys. — Des divisions beaucoup plus anciennes que les départements et souvent même que les provinces, sont les pays, dont le nom et la superficie coïncident parfois avec les « pagi minores » de l'époque gallo-romaine. Beaucoup de pays n'ont pas de limites déterminées et n'ont jamais été des circonscriptions ad-
ministratives ; mais la plupart ont une constitution géologique ou tout au moins un aspect particulier et un certain caractère agricole qui les distingue. C'est pourquoi leurs noms sont demeurés, à travers les temps, dans le langage des populations; il est utile de les connaître.
Voici la nomenclature des principaux pays et de leurs subdivisions, classés, autant que possible, (les limites des pays ne concordaient pas toujours avec celles des gouvernements) par gouvernements militaires, tels qu ils étaient en 1789 :
i* AU NORD ET AU NORD-OUEST :
I. Flandre. — Flandre maritime ou flamingante» avec les TetTesfranches ou Plat-pays, et les Moeres; Flandre wallonne, avec le Mélantois { Weppes, ffarœtil, Ferrain) et la Pevèle.
Hainant. — CambrésiSy Ostrevanl, Fagne {Carembaull).
II. Artois. — Artois flamingant {Térouannais) ; Artois wallon (Gohelle, avec YEscrebieu, Temois).
III. Picardie. — Basse-Picardie avec les Pays reconquis (Calaisis, Ardrésis, etc.), le Boulonnais (Haut- et Bas-) et le Pontkieu {Vimeu et Marquenterre) ; Haute-Picardie, avec VAmiénois, le Santerre (Haut- et Bas-), le Veinnandois, XArrouaise, la Thiérache {Picardie méridionale y dépendant du gouvernement de l'Ile-de-Prance) (voir V) .
IV. Normandie. — Haute-Normandie, avec le pays de Caux, (Grand- et Petit-), le Territoire du Havre, l'ancien Thelle, le pays de Bray, le Boumois, le Vexin normand, le pays d'Ouche (pays de Campagne, Campagne de Saint-André, Campagne de Neuboury, Ile-de-Grâce), le Lieuvin, le pays d'Auge (Haut- et Bas- , et la vallée d'Auge); Basse-Normandie, avec la Campagne de Caen, le Bessin, le Bocage normand [val de Vire), ïHiesmois, ïHoulme {Passais), les Marches communes {Campagne d'Alençon), VAvranchin {Mortainais), le Cotentin {Hague, val de Saire, Beaumont, Beautois^ Plein et Pénesmes).
V. Ile-de-France. — Ue-de-France propre {Parisis, Goëlle), Vexin français; Mantois {Desoeuvre, Chevrie); Pincerais; Hurepoix {Châtrais et Josas); Gàtinais français {Sereine); Brie française {Meltmais); Valois, Soissonnais, Beauvaisis, Noyonnais, Laonnais; ces trois derniers pays composant la Picardie méridionale (1); Drouais et parties du Thimerais (voir Vil).
(1) La Picardie méridionale avait été rattachée vers 1740 au gouvernement de rUe-de-Kraoce.
VI. Bretagne. — Haute- Bretagne ou Bretagne Gallot, comprenant le Rennais, le I^ougerais {Vendelais, Désert, Cogiès), le pays Nantais (la Mée avec la Grande- B^nère, Clissonnais^ Retz, Marchés communes), le pays d'Aleth (Poholet, Dinanais, Porhoël), le Penihièvre {Goello); Basse-Bretagne, ou Bretagne bretonnanle, comprenant le Trégorais, le Léonais (paysd^Ack), le Cornouailles(Porzay, Poher ou Haut-Cornouailles) ; le Vannetais {Armor, Brouerech, presquHle de Ruis).
VII. Maine. — Haut-Maine {Saosnois, Fertois, vaux du Lob\ Belin); Bas-Maine {Chamie, Cftampagne, Gravelais, Gastines, Désert manceau).
Perche. — Grand-Perche [Corbonnais, Bellémois); Petit-Perche ou Perchet; Perche-Gouet dont une partie a dépendu à certaines époques de l'Orléanais (v. XX VIII); Drouais et Thimerais (ces deux pays rattachés en partie h l'Ile-de-France).
VIII. Anjou. — Haut-Anjou {Craonnais, Bouhe, vallée d* Anjou); Bas-Anjou (Mauges, Saumurois).