AU SUD-EST
6^ La région de Test comprend 7 départements. Celui du Jura, comme le reste de la Franche-Comté, a ses forêts, ses pâturages, ses bœufs, et, sur les coteaux regardant la plaine de la Saône, il produit d'assez bons vins. La Bourgogne méridionale (dép. de Saône-et-Loire et de l'Ain) renferme : dans la partie montagneuse, les pâturages du Charollais et leurs bœufs renommés; sur les coteaux qui descendent vers la Saône, les vignobles du Maçonnais; dans la plaine, les prairies, le froment, le maïs et le sarrasin, avec le gros bétail et les volailles de la Bresse; les prairies du Bugey et du pays de Gex, région montagneuse; plus au sud, les étangs poissonneux, malsains, mais en partie desséchés aujourd'hui des Bombes et enfin les pâturages du Jura, Le Lyonnais (2 dép.) offre l'opposition des âpres montagnes du Forez et du Lyonnais, avec leurs pâturages, leurs châtaigniers, et de la plaine, un peu marécageuse mais bien cultivée du Forez; entre les deux chaînes et sur le versant qui domine la Saône et le Rhône, règne une longue suite de vignobles. La Savoie (2 dép.) est une province toute hérissée de hautes montagnes dont les flancs portent des forêts de sapins, des pâturages alpestres dits « alpes » ou « montagnes à gruyère », des châtaigniers et, plus bas, des noyers; dans les vallées, où l'hiver est rude et l'été chaud, la petite culture domine; le paysan cultive la vigne et le froment, et élève du bétail, des chèvres et des abeilles. Le froment, le maïs, le sarrasin, le colza, le chanvre, les prairies naturelles, la vigne, les boeufs, les porcs et la volaille caractérisent principalement la partie riche de cette région, c'est-â-dire la plaine de la Saône et de la Bresse. La valeur de la terre a peu augmenté en général dans l'est depuis cinquante ans.
T*" La région du sud-est comprend 6 départements. Le Dauphiné (3 dép.) appartient aussi en grande partie à la région alpestre, avec des montagnes, ici couvertes de neiges et de rocs, comme dans le massif de Pehoux^ \k parées de vastes forêts et de pâturages, comme dans le massif de la Grande- Chartreuse, ailleurs désolées et nues, comme dans le Dévoluy; mais il a quelques vallées très fertiles, comme le Graisivaudan où viennent le sarrasin, le chanvre, le mûrier et la vigne, et la vallée du Rhône, riche en môriers et en vignes ; à Test du fleuve, sont les plaines bien cultivées du Viennois et du Valentinois. Le Vivarais (1 dép.), paré également de vignes et de mûriers plantés en terrasses étagées sur les flancs de la montagne, est froid et triste sur les hauts plateaux, ainsi que le Velay (i dép.), qui a aussi le caractère alpestre et dont les montagnes sont même plus âpres que celles du Dauphiné et plus ravagées par les torrents ; ses montagnes se dénudent de plus en plus et se dépeuplent ; néanmoins, sous un climat plus méridional, Tamandier et Tolivier fleurissent dans les vallées de cette région. Indépendamment du mûrier et de la vigne, qui caractérisent surtout la vallée du Rhône^ et des châtaignes qui appartiennent aux dép. de Touest, des pâturages alpestres et du chanvre qu'on recueille dans ceux de Test, la pomme de terre, les abeilles et surtout les chèvres caractérisent Tagriculture de la ré- . gion ; elle est celle où les terres labourables occupent relativement la moindre surface.
8*^ La région du sud comprend 8 départements. La partie française du comté de Nice (1 dép.) et la Basse-Provence (2 dép.) sont tout sillonnés de montagnes, dont les unes sont nues et dont les autres portent en haut des forêts d'épicéas et de de mélèzes et, plus bas, des forêts de chênes-lièges ou de pins d*Alep brûlés du soleil en été. Sur les rivages que baigne une mer azurée et dans les chaudes vallées qui jouissent du climat de lltalie méridionale, sont des bois d*ollviers, d*amandier8, de mûriers, d'orangers, de citronniers odorants et parfois de palmiers-dattiers qui se dressent au-dessus des moissons, des légumes et des fleurs (jasmins, rosiers, violettes). Près des bouches du Rhône, sont la Crau, plaine de cailloux roulés, sèche et nue Tété, couverte, Thiver, d'une herbe fine que broutent les nombreux troupeaux de moutons descendus des pâturages alpestres, et la Camargue, terre de limon sans cailloux, où paissent d'immenses troupeaux de bœufs et de chevaux à demi sauvages. La Camargue, à cause de son peu d'altitude, est exposée d'une part aux débordements des deux bras du Rhône, d'autre part aux
envahissements de la mer quand le vent souffle du sud; elle est par suite marécageuse et insalubre; des endiguements, des dessèchements et des canaux d*irrigation ont permis sur certains points la culture, même celle de la vigne et amélioré Tétat de la contrée. Les Comtals (1 dép.), dont d*habiles irrigations ont depuis longtemps fait un jardin comparable à la Lombardie, ont vu leur richesse très compromise par le phylloxéra et par la disparition de la culture de la garance (i) ; mais ils ont trouvé une sorte de compensation dans la truffe. Le Bas- Languedoc (3 dép.), qui borde la Méditerranée, présente quatre zones très différentes de culture : dans les Cévennes, des pâturages souvent maigres, comme les Garrigues; des mûriers et des vignes sur les pentes ; dans la plaine, d'immenses champs de vignes entremêlés de cultures de céréales, de mûriers et d'oliviers; sur la côte, des lagunes dont les roseaux fournissent de Tengrais à la plaine et où Ton a planté des vignes. Le Roussillon (1 dép.) est renommé pour ses oliviers et ses vins riches en alcool. Ce sont les cultures du Midi qui caractérisent cette région : partout la vigne, le mûriei^ et Yolivier; h l'est, Voranger et le citronnier ; peu de céréales, très peu de prairies, partant peu de bétail, mais des chèvres, des ânes et des mulets,
9® La Corse (1 dép.) forme une région particulière, très montagneuse, et qui, à part ses forêts, ses vignes, ses ânes et ses mulets, produit peu.