‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 18 sur 171 · LES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

LES VÉGÉTAUX

Sommaire. — 201. Lea assolements (4t). — 202. Les céréales (42). — 203. Le froment (48). — 204. L'épeautre (62). — 205. Le seigle et le méteil (52). —

(1) Au début de cette étude, nous croyons utile do rappeler ce quenousavons dit dans la préface à propos des données de la statistique. La statistique est nécessaire pour connaître la mesure et l'importance des choses et pour les comparer, et très instructive quand on sait l'employer judicieusement. Mais les nombres qu'elle fournit ne sont souvent, malgré leur rigueur apparente, que des quantités approximatives. Cette imperfection dépend moins des administrations qui recueillent ces chiffres et des statisticiens qui les commentent, que de la nature môme des choses. Pour l'agriculture particulièrement, l'étendue et le rendement des cultures et la quantité du bétail varient d'une année à l'autre et ne sont connus que par les évaluations des f«)nctionnaires publics ou par les déclarations des personnes intéressées. Ces nombres ne concordent pas toujours bien lorsqu'ils ont été relevés par des administrations différentes : d*où l'on peut induire que ni les uns ni les autres n'exprimaient avec une précision absolue la réalité. Ils fournissent néanmoins, quand ils sont préparés par des mains exercées, la matière des plus solides travaux sur l'économie rurale : témoin l'enquête décennale de 1882. C'est pour ne pas donner au lecteur l'illivsion d'une précision qui ne saurait exister, que nous remplaçons souvent les derniers chiffres par des zéros. Dans la plupart des cas, le lecteur ne devra même fixer son atlenUon que sur le chiffre des millions.

L'AGRICULTURE. 4i

Î06. L'orge (54). — 507. L'avoine (54). — Î08. Le maïs (58). — Î09. Le sarrasin (59). — '210. Le prix et la consommation du blé (60). — 211. La pomme de terre (63). — 212. Les légumes (03). — 213. La betterave (67). — 214. Les plantes textiles (68). — 215. Les graines oléagineuses (74). — 216. Les plantes tinctoriales (76). — 217. Le tabac (77). — 218. Les prairies artificielles et les récoltes fourragères (77). — 219. Les prairies naturelles (82). — 220. Lespàtis(85). — 221. Les cultures arborescentes (86). — 222. La production et la consommation des vins (86). — 223. Les vins de Bourgogne (91). — 224. Les vins de Champagne (95). — 225. Les vins du sud-ouest (96). — 226. Les vins du Midi (98). — 227. Les vins du Rhône (99). — 228. Les vins du centre (99). — 229. Le raisin de table (100). — 230. Le cidre (100). — 231. La bière (102). — 232. L'alcool (102). — 233. La consommation des boissons (106). — 234. Les fruits (107). — 235. Les arbres industriels divers (109). — 236. Les essences forestières (111). — 237. Les bois et forêts (112). — 238. Le reboisement (117). — 239. Les produits des forôls (118).

201. lies MBolemeniii. — La culture des terres labourables est un art; elle a pour objet de faire rendre à chaque terrain le plus fort revenu possible eu égard au travail et au capital engagés. On n'atteindrait pas le but si Ton semait toujours la même graine; car on épuiserait promptement la terre, et on serait de plus obligé de la laisser souvent en friche, Tensemencement ne coïncidant pas avec la récolte. Il est donc indispensable de marier des cultures diverses; cette combinaison s*appelle assolement,

L*assolement suppose une culture continue. Il se fait avec ou sans achère. La jachère est Tétat d*une terre qui reste en repos pendant une année au moins.

Avec jachère, il est dit biennal^ lorsqu*on fait succéder régulièrement une année de jachère à une année de céréales : ce qui, malgré les progrès accomplis dans Tutilisation du sol, a lieu encore, surtout dans le midi et Touest de la France, quoique d'ordinaire on n'y laisse se reposer la terre que pour faire une récolte de froment et des semailles de printemps. Il est dit triennal, lorsqu'à Tannée de jachère on fait succéder une année de froment d'automne, puis une année de céréale de printemps, surtout d'avoine ou de fourrage : ce qui a leu encore souvent dans la Z?m, laBeauce et dans une grande partie de la région des céréales. Il y a aussi des assolements à jachère intermittente, comme dans la culture semipastorale.

Dans ce système, que pratiquaient presque exclusivement les anciens, on ne cultive que très rarement des fourrages; les animaux pâturent sur la jachère, dans les prés naturels, dans les bois ou dans les landes. Le développement de la culture du trèfle

et de la luzerne a beaucoup réduit (v. p. 20 et suiv.) en France rétendue des terres soumises h ce régime.

Sans jachère, Tassolement se prête h des combinaisons plus diverses, mais toujours associées à la production de fourrages; il comporte une rotation de trois à dix ans et plus. On peut citer comme exemple Tassolement dit « de Norfolk », qui consiste en : i" année, racines (navets, betteraves, etc.) ou pommes de terre, avec fumure; 2* année, céréale de printemps; 3* année, trèfle; V année, céréale d^hiver.

On n a pu supprimer la jachère qu*en rendant h la terre par des engrais les éléments de fertilité que la végétation consomme et en combinant savamment un assolement propre h nourrir le bétail nécessaire pour fournir la fumure. M. Risler a cité comme exemple d*accroissement de produit par Tamélioration de la culture une ferme de la commune de Puiseaux (Seine-et-Oise) cultivée par la famille Thomassin qui, déjà très productive au commencement du siècle, rendait 18 à 24 hectol. à l'hectare de 1784 à iSlO, et qui en a rendu 20 à 34 de 1810 à. 1836, 25 à 41 de 1836 à 1864 et enfin 32 h 51 de 1864 è 1877. L'emploi des engrais chimiques a même permis d'obtenir une production considérable sans alternat : il y a des terres, ainsi fertilisées artiûciellement, sur lesquelles on a pu faire pendant plusieurs années une suite ininterrompue de récoltes de froment et même de betteraves.

Il y a plusieurs manières d'envisager la culture : culture allei^e, dans laquelle on fait alterner les céréales et les plantes sarclées ou fourragères pour nettoyer le sol et fournir des aliments à un nombreux bétail; culture industrielle, dans laquelle l'alternat permet d'introduire des plantes utiles à l'industrie (betteraves, etc.); culture intensive, ainsi dite parce qu'à force de travail et de capital elle obtient une production plus intense, c'est-à-dire plusabondante sur une surface donnée. Cette dernière est propre aux pays riches : elle est surtout pratiquée dans V Ile-de-France, dans la Picardie, dans la Flandre. La culture avec jachère est au contraire une culture extensive.

De toutes les cultures, la plus intensive est la culture maraîchère qui, à force d'eau et de fumier, transforme la terre en un jardin potager produisant sans interruption les divers légumes de l'année. Elle n'est possible que dans le voisinage des grandes villes et dans quelques lieux privilégiés par le climat.

202. liM céréales. — Les Céréales sont le principal produit des terres de labour. On comprend sous ce nom diverses graminées :

le bléy Vorge, Vavoine, le mats, le millet; il faut ajouter le sarrasin, qui n'est pas une graminée, et le riz, qu'on a cultivé, mais qu'on ne cultive plus en France. Elles occupent plus de 15 millions d'hectares (soit 28 1/2 p. 100 de la superficie du territoire de la France) et rendent 260 millions d'hectolitres de grains, année moyenne (296 en 1882, année de très bonne récolte, d'après l'enquête décennale qui a accusé des rendements plus considérables que la statistique agricole annuelle) (voir, pages 18 à 21, le territoire agricole par dép., et pages 25 et 26, le rendement en céréales par dép.)- Nous donnons ici, année par année, pour les céréales et pour les pommes de terre, le nombre d'hectares ensemencés, le produit moyen par hectare et la production totale.

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En prenant comme type Tannée 1882, date de la dernière enquête décennale, on voit que :

1** Sous le rapport de la superficie, sur un total de 15,096,000 hectares consacrés aux céréales en 1882, 7,191,000 hectares (47 p. 100

de la superficie consacrée aux céréales) appartiennent au froment et à répeautre, 3,610,000 (23 p. iOO) à Tavoine, 975,000 (6,5 p. 100) à l'orge, 645,000 (4,3 p. iOO)au sarrasin, 548,000 (3,8 p. 100) au maïs et au millet, 345,000(2,3 p. 100) au méteil;

2® Sous le rapport des quantités récoltées, sur un total de 296 millions d'hectolitres, i30 millions d'hectolitres appartiennent au froment (y compris Tépeautre très peu cultivé), 91 à Tavoine, 29 au seigle, 19 à Torge, 11 au sarrasin, 10 au maïs, 6 au méteil (1) ;

3* Sous le rapport de la valeur, sur un total évalué à 5,375 millions lie francs, le froment figure (grains et paille) pour 3,156 millions de francs (59 p. 100 du total) ; lavoine pour 978 millions (18 p. 100), le seigle pour 541 millions (10 p. 100), Torge pour 266 millions (5 p. 100), le maïs pour 173 millions (3,2 p. 100), le méteil pour 130 millions (2,4 p. 100), le sarrasin pour 128 millions (2,4 p. 100) (2).

(t) Le tableau suivant, extrait de la Statistique agricole de la France (enquête décennale de 1889)^ donne, comme tenue de comparaison avec les résultats de 18S2, la moyenne pour trois périodes de dix ans correspondant à l'époque des trois principales enquêtes du ministère de l'agriculture (1840, 1862, 1882). Les nombres recueillis annuellement par les préfets diffèrent quelque peu de ceux de l'enqnète décennale (voir p. 45).

CÉR&ALB8.

Froment

Seigle

Orge

Méteil

Avoine ,

Maïs et millet.

Sarrasin ....

Totaux....,

PRODOCTION MOYKNNB ANNUBLLB.

(en hectolitres).

Période 1834-1843.

(Mi

C9.516.61 30.884.952 18.396.529 IL 924. 945 52.175.875 7 538.344 8.&13.74I

Période

(NléHrtmnlt).

Période

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