AUGMENTATION
ou filMIIlDTION.
de l834-i843|de 1856-1865
àl856-1865.| 41876-1885.
(en millions d'hectol.)
(3) VALEUR A l'hectarb DO pRODDiT EN GRAINS (d'après Ic mômc document).
Moyenne des pôriodcs.
Froment 197 fr. 272 fr. 302 fr.
Seiple 116 194 207
Orge 116 224 237
Méteil 158 289 809
Avoine 101 191 218
Mais 113 214 274
Sarrasin 94 183 197
Moyenne générale 145 fr. 236 fr. 261 fr.
U production des céréales (sans la paille) qui avait une valeur de 4,072 mil-
Ces nombres ne sont d'ailleurs qu'approximatifs et varient, surtout ceux de la valeur, d'une année à l'autre (i) (Lafigure 112 représente le rapport de ces trois évaluations pour la récolle de 1885).
Dans les 28 dép. suivants (classés par ordre décroissant d'importance) le nombre d'hectares cultivés en céréales représente plus du tiers de la superficie totale du territoire : lUe- et- Vilaine (50 p. 100), Eure-et-Loir, Somme, Pas-de-Calais, Côies-du-Nord, Mayenne, Seine-et-Marne, Haute-Garonne, Manche, Oise, Aisne, Tarn-et- Garonne, Aube, Marne, Seine-et-Oise, Deux-Sévres, Nord, Seine- Inférieure, Eure, Loir-et-C hei\ Loire, Charente, Nièvre, Sarthe, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vendée (2).
La plus importante de toutes les céréales est le blé, graminéequi, sur une tige mince, ou paille, haute de 1 à 1^,10, porte un épi composé de nombreux grains dont les enveloppes constituent la balle. La paille a en général un poids double ou triple de celui du grain. Le grain, réduit en /arme, forme, à l'état de pain, le fond principal de la nourriture des Français. Le blé comprend deux genres : froment et épeautre. Le méteil est un mélange de froment et de seigle
203. lie froment. — Le froment est la reine des céréales. Il se divise lui-même en un grand nombre de variétés. Les unes, les blés tendres, conviennent surtout aux climats tempérés et comprennent les blés sans barbes qui viennent dans les plaines fertiles, les blés barbus qui, plus rustiques, poussent bien dans les pays montagneux et exposés à de grands vents, les blés blancs qui donnent la farine la plus estimée et exigent des terres riches, ainsi que le blé blanc de Flandre qui mdrit tard et convient aux étés tempérés de la France occidentale, le blé bleu ou blé de Noé qui mûrit vile et s'accommode des étés secs de la France centrale, le blé rouge d'Ecosse et le shireff qui bravent les hivers rigoureux du nord, la richelle blanche de Naples, la rousselle rouge de Provence et le blé d'Odessa sans barbes qui sont appropriés au climat méditerranéen, les poulards qui doivent être réservés aux terres froides et très argileuses. Les autres, les blés durs, sont cultivés dans le sud et conviennent à certains terrains du centre et du midi
lions de francs en 1882 n'a valu, en 1886, que 3,230 millions, à cause du rendement qui a été moindre cl du prix de vente qui a baissé.
(1) La récolte de 1882 a été très bonne : elle a donné 17,9 bectol. à l'hectare pour le froment. Le rendement moyen, depuis une quinzaine d^années, est d'environ 16 bectol. à l'hectare comme moyenne générale des céréales (froment, avoine, seigle, etc.).
(2) Les noms en lettres grasses sont ceux des départements qui ont, par 100 habitants, plus de 50 hectares cultivés en céréales.
sur un sol granitique. Les blés durs sont plus recherchés pour la fabrication des pâtes que pour le pain.
Considérés diaprés Tépoque de la culture, les froments se distinguent en blés cT automne, qui se sèment généralement en octobre ou en novembre, et en blés de printemps ou trémois, qui se sèment en mars et qui, faute d'humidité suffisante, ne peuvent pas être cultivés dans le midi; on les distingue quelquefois aussi en blés barbus et en blés sans barbes (i). Dans une grande exploitation on cultive à la fois d'ordinaire plusieurs variétés, afin de n'être pas exposé à une insuffisance de récolte sur tout le domaine.
Laculture dufroment, qui fournit l'aliment végétal le plus substantiel, a fait de grands progrès depuis quatre-vingt sans, quoiqu'il y ait eu depuis quelques années ralentissement et même diminution dans certaines régions (2). 4 millions i/2 d'hectares étaient ensemencés en 1815 et rendaient 40 millions d'hectol., soit 9hectol. par hectare : aujourd'hui environ 7 millions d'hectares ensemencés rendent, année moyenne, plus de 100 millions d'hectol. pesant plus de 80 millions de quintaux (moyenne de 1875 1884). En 1885, la récolte a été de liO millions d'hectol. ; en 1886, de 107 millions pesant 82 millions de quintaux. (Voir p. 56 et 57, le tableau du rendement par dép.). Indépendamment du progrès général dû h l'amélioration de la culture, le rendement moyen de la France varie d'une année à l'autre suivant les accidents météorologiques; dans la période 1874-1886, le minimum a été de 11.4 hectol. en 1879, le maximum de 19.3 en 1874; la moyenne depuis une quinzaine d'années est de 15.1 hectol.
Le rendement d'une année varie beaucoup plus encore suivant les régions et suivant le mode d'exploitation; ainsi, il y a dans le Massif central des cantons qui ne donnent que 8 à 10 hectol. à l'hectare, et il y en a dans le Nord qui en donnent 35 et
(I) M. H. Vilmorin a dressé un tableau de 48 Tariétés en prenant les blés barbas et les blés sans barbes comme base de sa classification.
(1) La superficie cultivée en froment était moindre en 1883 (7,191,000 bect.) qu'en 1863 (7,473,000 bect], même en défalquant la superficie relative à l'Alsace-Lorraine (183,000 bect.), mais la récolte a été supérieure (109 millions dhectol. en 1863 et 139 en 1883, très bonne année). Il y a eu, quant aux surfaces emblavées, augmentation dans 31 dép. {Vendée, Loire-Inféneure, Deux- Sèvres, lUe-et-V Haine, Côtes-du-Nord, AUier, Hérault, Indre, etc.), et diminution dans 87 dép. {Aude, Marne, Gers, Calvados, Loi, Lozère, Doubs, Drame, Meuse, etc.). La culture en froment de terres consacrées à des récoltes inférieures ou non cultivées et de vignobles détruits par le phylloxéra sont les principales causes de l'augmentation; l'extension des berbages, des bois ou de» vignobles sont celles de la diminution. — En Belgique, en Angleterre et en Allemagne il y a eu, comme en France, diminution depuis une vingtaine d'années dans les surfaces cultivées en froment.
LA rBARGS. II. 4
même 40. Un fort capital» de bonnes machines, remploi d'engrais convenables et de semences choisies, des soins particuliers telsqueles
semailles en ligne, sont des conditions nécessaires pour atteindre ce dernier résultat. Il s'en faut de beaucoup que la majorité des cultivateurs français soit en état de s*élever encore à ce niveau.
On peut suivre sur le tableau de la page 44 et sur la figure 113 le mouvement des récoltes de froment et d'avoine depuis 1815. A travers les variations considérables qui se produisent d'une année à laulre et qui sont dues principalement aux influences atmosphériques on dislingue aisément un progrès général, qui est dû aux efforts plus intelligents et aux capitaux plus abondants des agriculteurs. Pendant que la quantité augmentait, le prix, par une conséquence même de cette abondance et des moyens économiques de production, restait en moyenne h peu près stationnaire, comme le montre la figure; en tout cas, depuis qu'en 1860 1' « échelle mobile », système de tarif douanier qui faisait obstacle à Timportalion, a été supprimée (v. livre YIII, Commerce), il n'y a plus eu d'une année à l'autre d'aussi brusques variations de prix ni surtout ces hausses subites qu'occasionnaient les disettes et qui étaient très dommageables aux classes pauvres.
Les terrains perméables, profonds, un peu argileux, suffisamment riches, les teiTes (Talluvion, et surtout, pour les blés tendres, les terres contenant une certaine proportion de calcaire sont les plus convenables à cette céréale; aussi se plalt-elle principalement dans les riches fermes du nord, dans les terrains tertiaires du bassin parisien, diT bassin de la Bresse, du bassin aquitanique et sous le climat de la Basse-Loire,
Les contrées les mieux partagées sont les régions du nord et du nord-ouest (fig. 114), qui cultivent surtout des blés tendres sans barbes,et où sont le dép. du Nord, rendant en moyenne 25 hectolitres à. l'hectare, ceux de la Somme, du Pas-de-Calais, de V Aisne, de rOtsc,de la Marne, de Seine-et-Marne (Brie), à^Seine-et-Oise, d! Eureet-Loir et du Loiret (partie de la Beauce), de YEure, de la Seine- Inférieure (pays de Caux) et du Calvados. Puis viennent la région de la Basse-Loire, avec les dép. de la Mayenne, de Maine-et-Loire, d^l Ile-et-Vilaine, de la, Loire- Inférieure, de la Charente-Inférieure, delà Vendée et de la Vienne; d'autre part, les dép. de V Yonne, de la Côte-d'Or et de Saône-et-Loire, enfin ceux de Lot-et-Garonne et de Vlsère (Graisivaudan). Dans chacun de ces départments, on récolte de 1 million 1/2 à 3 millions 1/2 d'hectol.
La région la moins bien partagée est celle dont le sol (granit, montagnes, etc.) ou le climat sont ingrats, c'est-à-dire le Massif central, avec les départements de la Haute-Loire, de la Lozère, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse; les Alpes et les Pyrénées avec ceux des Alpes-Maritimes, des Hautes- Pyrénées et des Pyrénées- Orientales. Dans chacun d'eux, on récolte moins de 500,000 hec toi.,
el, en général, moins de 100,000 par arrond. (V. p. 66 et 57) le labl. du rendement par dép.)-
Aux deux extrémités de l'échelle se trouvent le dép. du Abrrf qui, par kilomètre carré de son territoire total, a produit, en 1883, environ 610 hectolitres de froment, et telui du Cantal, qui n'en a produit que 15.
204. ii*épeautre. — L'épeautre est une variété de blé dont le caractère distinctif est que la balle, adhérente au grain, ne s'en sépare pas au battage et doit être enlevée par une opérationjparti-
Fig. il 4. — Carte statistique de la récolte du froment par arrondissement (1).
culière; c'est pourquoi on l'appelle « blé vêtu ». Il est moins commode pour la mouture et il est cultivé, en petite quantité, dans le nord et le nord-est de la France, parce qu'il craint moins que le froment ordinaire le froid, surtout les gelées de printemps, et qu'il réussit dans des terrres maigres, sans calcaire.
205. lie lelipie et le méteil. — Le Seigle est la céréale des terres légères, sablonneuses ou calcaires, et des contrées froides et pauvres:
(1) Quoique cette carte se rapporte à la récolte de 1862, nous la donnons parce qu'elle permet de juger de la répartitioD par arrondissement, que nous ne possédons pas pour les époques postérieures. Les cartes de statistique agricole, dressées par arrondissement, Tont été à l'aide des documents restés manuscrits qui ont servi à Tenquète de 1862 et qui nous ont été communiqués par le ministère. Les rapports généraux ont peu changé depuis ce temps.
c'est pourquoi lacultureduseigle,quiavaitaugmenlé jusqu'en 1848, a reculé depuis ce temps devant celle du froment, h mesure que Ja richesse augmentait et que les marnages modifiaient les terrains
sablonneux, la chaux et les phosphates les terrains granitiques (fig. 115). Cependant le seigle est utilisé pour la nourriture des animaux, pour la distillation, etc. Aussi les dép. qui en produisent le plus sont-ils en général les moins riches : ceux du Massif central
au sol granitique, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Vienne, Creuse, Corrèzeei Cantal {\a Planèze); ceux de Ir Bretagne, comme le Morbihan (sol granitique), ceux de la Champagne-Pouilleuse {Marne et Aube) (Voir p. 56 et 67, le tabl. du rendement par dép.).
Le seigle occupe environ 1,700,000 hectares (moyenne de 1880- 1886) et rend en moyenne 23 millions d'hectol. (moyenne des dix dernières années), soit plus de 14 hectol. à l'hectare.
Souvent on sème un mélange de froment et de seigle que Ton nomme métetl. Celte culture occupe environ 360,000 hectares et rend environ 6 millions d*hectol. Elle est pratiquée dans la Somme, la Sarthe, le Loiret, YOise, Loir-et-Cher, les Côtes-dû^ Nord, etc. ; mais elle diminue devant le progrès du froment. C'est dans la région la plus fertile en froment, depuis l'Artois jusqu'aux bords de la Loire, qu'on fait le plus de méteil. On en fait beaucoup aussi dans \sl Basse-Bretagne, dans le Poitou, dans la ^re^s^, ainsi que dans les Hautes- Pyrénées (Voir p. 56 et 57).
206. Ei'orire. — L'orge, qui comprend diverses espèces, est une graminée plus courte en paille et plus petite en épi que le blé. L'orge vient dans les mêmes terres que le froment; elle se plsdt sur un sol de consistance moyenne, argîlo-siliceux par exemple. Elle se sème d'ordinaire au printemps et mûrit vile, ce qui lui permet de réussir sous une latitude très septentrionale. Elle donne en général une récolte abondante, mais elle a des qualités alimentaires bien inférieures à celles du blé; aussi l'emploie-t-on en grande partie pour la fabrication de la bière. On la cultive aussi comme fourrage en vert (voir p. 56 et 57).
L'orge occupe près de 1 million d'hectares, rendant environ 18 millions d'hectol. soit 18 hectol. h l'hectare; cette culture n'est pas en progrès (Qg. 115). Elle est pratiquée surtout dans la Bretagne, le Maine, la Normandie (Manche, etc.), le Poitou, la Beauce, la Champagne, la Flandre, YArtois, la Côte-ttOr. Elle est peu cultivée au sud du 46" degré.
207. li'aToiite. — L'avoine, céréale rustique, qui servait autrefois à nourrir les hommes dans notre pays et qui les nourrit encore dans certaines contrées septentrionales de l'Europe, n'est plus guère consommée en France aujourd'hui que par les chevaux, le bétail et la volaille; c'est cependant de l'avoine qu'on tire le gruau. Elle vient, même sans fumier, dans un sol médiocre. L'avoine d'hiver craint l'excès d'humidité comme la grande sécheresse ; l'avoine de printemps, la plus cultivée, craint beaucoup un terrain et un climat secs, surtout au temps où se forme l'épi; des pluies mo-
dérées lui sont favorables. Elle se plaît sous un climat froid. C'est pourquoi on peut partager la France en deux grandes régions à cet égard: celle du sud, où elle est bien peu cultivée; celle du nord, où elle l'est beaucoup, particulièrement dans leg contrées
Fig. 116. — Carte statistique de la récolte de ravoine par arrondissement.
qui, de la Flandre à la Beauce^ donnent aussi le plus de froment : dép. du Pas-de-Calais, de la Somme, du Nord, de TAisne, de rOise, de Seine-et-Marne (Brie), de Seine et-Oise, d'Eure-et- Loir (partie de la Beauce), et dans le nord-est^ Ardennes, Meuse, ainsi que Marne et Aube {Champagne).
Les dix départements qui, en 1886, ont produit le plus
en froment et en avoine.
(Nombres exprimés en milliers d'hectolitres.)
Départements : Froment.
Nord 3424
Pas-de-Calais 3023
Aisne 2628
Maine-et-Loire 2592
Eare-et- Loir 2404
Saône-et-Loirc 2390
Vendée 2344
Charente-Inférieure. 2340
Loire-Inférieure 2325
Seine etrMarne 2304
Déparements : Avoine.
Eure-et-Loir 4004
Pas-de-Calais 3744
Seine-et-Marne 3608
Aisne 8269
Oise 3249
Somme 2985
Seine-et-Oise 2924
Marne 2814
Nord 2723
Seine - Inférieure 2278
Production, par département, des céréales et de la pomme
de terre.
(Moyenne de 187&-1884 pour le froment, le mêteil, le seigle, Torge, Tavoine; récolte de 1886 pour le maïs, le sarrasin, la pomme de t«rre).
E?( HILLIBRS D*HBCT0LrTRBS.
DipARTEMUSTS.
Ain
Aisne
Allier
Alpes (Basses-)
Alpes (Hautes-)
Alpes- Maritimes. . . .
Ardèche
Ardennes
Ariège
Aube
Aude
Aveyron
Bouches-du-Ilhône .
Calvados
Cantal
Charente
Chareo te- Inférieure
Cher
Corrèze. . . .^
Corse *.
Côte-d'Or
Côtes-du-Nord
Creuse '.
Dordogne
Doubs
Drôme
Eure
Eure-et-Loir
Finistère
Gard
Garonne (Haute-)..
Gers
Gironde
Hérault
1 Ile-et-Vilaine
Indre
Indre-et-Loire
Isère
Jura
Laudes
Loir-et-Cher
Loire
Loire (Haute-)
Loire-Inférieure
Loiret
Lot
Lot-et-Garonne. ...
Lozère
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Pas-de-Calais
Puy-de-Dôme
Pyrénées (Basses-).
Pyrénées (Hautes-).
Pyrénées-Orientales Rhin(Haut-)[Be1fortj Rhône
Saône (Haute-)
Saône-et- Loire
Sarlhe
Savoie
Savoie (Haute-). ...
Seine
Seine-Inférieure
Seine-et-Marne,
Seine-et-Oise
Sèvres (Deux)
Somme
Tarn
Tam-et-Garonne...
Var
Vaucluse
Vendée
Vienne
Vienne (Haute-)....
Vosges .
Yonne
Totaux
Récolte de 1886....
L'avoine, surtout Tavoine d'hiver qu'on sème dans Touest, peut donner plus de 40 hectol. à Thectare. Mais la moyenne n'est guère que de 20 èi 25, et la production totale est de 80 millions d'hectol. (moyenne de 1876-4885) sur une surface de 3 millions et demi d'hectares, soit 23 hectol. à l'hectare (1). (Voir, p. 56 et 57 et
(I) SiravolDe rend à Theclare plna d'hectol. que le froment (23 au lieu de 15), elle pèse moins (47 kil. par hectol. au lieu de 70) et donne par conséquent moins de 1,100 kil. par hectare, tandis que le froment en donne 1,200.
les figures 413 et 116.) Celte culture, comme celle du froment, a fait de grands progrès depuis le commencement du siècle.
208. I^e naïs. — Le mais diffère beaucoup, comme aspect, des céréales précédentes. Sa forte tige est surmontée, à Tépoque de la fructification, d'une hampe portant le bouquet des fleurs mâles, et garnie de larges feuilles épanouies ; aux aisselles de ces feuilles apparaissent les épis, dont les grains très nombreux et très serrés sont symétriquement disposés sur un axe charnu. G*est'une
Fig. 117. — Carte de la récolte da maïs par arroadissement.
céréale de printemps, qui exige, comme toutes les plantes sarclées, beaucoup de main-d*œuvre et dont la récolte n'a lieu qu'en octobre. Le maïs a besoin, pour mûrir, d'une plus grande quantité de chaleur que le froment (20° en moyenne pendant la période de végétation), et le développement de la plante, à partir du moment où la plante est sortie de terre, doit se faire dans un espace de 130 à 135 jours; delà, la limite septentrionale de sa zone qui, sans monter sur les granits de la Vendée, pénètre cependant dans le doux climat de la Basse-Loire, contourne au sud le Massif central, enveloppe toute IdL vallée du Rhône y entre les Cévennes, les Alpes et le Jura, et s avance, avec les longs automnes chauds du climat vosgien, jusque dans la plaine d* Alsace. Mais, comme le maïs aime aussi beaucoup rhumi-
dite, il fuit presque autant la sèche Provence que les brumeuses régions de la Manche ; il se plaît d*ailleurs dans les mêmes terres que le froment. Il est cultivé dans la région du sud-ouest, ou vallée de la Garonne, Basses-Pyrénées, Haute-Garonne, Landes^ Hautes- Pyrénées j etc. ; il s'avance même à Test jusqu'en Bourgogne et en Franche-Comté (V. le tabl. p. 56 et 57). Il sert à la nourriture des hommes, qui en font, dans quelques contrées, des pains sans levain
Fig. 118. — Carte de la récolte da sarrasia par départemtat.
nommés miques ou millas, de la bouillie, connue sous le nom de ff gaude », de la polenta, à la nourriture des volailles et du bétail, auxquels ses feuilles fournissent un abondant fourrage. Il est employé aussi comme plante industrielle pour la distillation et à la production de l'amidon. La culture s*est développée depuis que Ton a trouvé le moyen de conserver ce fourrage à l'état frais dans des silos.
Les surfaces ensemencées en maïs et en millet (ce dernier, qui a produit 662,000 hectol. en 1886, est très peu cultivé) ne dépassent guère 630,000 hectares; elles produisent près de 10 millions d'hectol., soit 17 hectol. à l'hectare. (Voir, p. 56 et 57, le tabl. du rendement par dép. et les figures 115 et 117.)
209. lie Mirratlii. — Le sarrasin, que l'on nomme aussi « blé
noir», se présente avec un aspect particulier : tige herbacée et rameuse, portant des feuilles triangulaires, de Taisselle desquelles partent des faisceaux de petites fleurs roses et blanches, puis des fruits noirs. 11 exige très peu de main-d'œuvre et est généralement cultivé dans les terrains les plus pauvres; il témoigne, en général, d'une agriculture peu avancée* Il redoute les grands froids, la sécheresse, les brusques variations de température, et se plaît dans les sols légers, terres siliceuses ou granitiques, et sous les climats humides; c'est pourquoi il réussit surtout en Bretagne, dans la Basse-Normandie , dans la Marche et le Limousin, la partie
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POMHC DE TERRE