SUP. TOTALE
du
terr. agr.
expr. par 100.
NOHBHB par
MiLLiaas.
RONITIOI pour 100
RPLOITA-
TIOSS.
De là 5 hectares
lOàîO —
plus de 40 hectares
Totaux
lOÛ.O
(1) Les 2 p. 100 qui manquent c de i hectare.
onstituent la part de la
très petite p
ropriété, cell
e de moins
Le tableau précédent montre que les très petits cultivateurs de moins da 1 hectare occupent 2 p. 100 du territoire agricole ; les petits cultivateurs (1 à 10 hect.), 23 p. 100; les cultivateurs moyens {10 à 40 hect.), 30 p. 100 et les grands 45 p. 100. Ces proporlions différent d'ailleurs sensiblement de celles qui résultent de la répar tition des cotes en 1884 (voir le tableau p. 9), mais ils ne sont pas 'Cn contradiction avec elles ; car il peut y avoir moins de grands ■cultivateurs que de grands propriétaires, puisqu'un fermier qui fait
(1) Il y a eu des enquêtes décennales agricoles faites par le ministère de ragricultore en 1840, en 1852, en 1862 et en 1882, et une statistique sommaire en 1873. Celle 4le 1862 et beaucoup plus encore celle de 1882 sont des œuvres considérables.
de la grande culture loue souvent des terres h plusieurs propriétaires; c'est ce qui semble résulter de Tenquète de 1882, laquelle évalue le nombre des propriétaires ruraux à 4,835,000 (1) et celui des exploitations rurales & 3,504,000 seulement.
Les départements où, en 1882, les petites exploitations occupaient relativement la plus grande surface étaient la Seine (20 p. 100 des terres cultivées), le Bhône et le TeiTÎtoire de Belfort (5 p. 100), le Nord^ le Puy-de-Dôme^ la Haute-Garonne^ le Gard, régions de culture maraîchère ou de vignobles. Pour les exploitations de 1 à 10 hectares, aux premiers rangs étaient encore Belforl (44 p. 100), la Seine, puis la Manche, Ille-et- Vilaine, les Ckarentes, le Rhône, etc. Des causes diverses produisent ce morcellement dont la répartition par département diffère sensiblement de celle qu'avait relevée Tenquéte de i862. Les petites exploitations paraissent rares, en 1882, dans les départements montagneux dont plusieurs se trouvaient en tête de la liste de 1862 : différence qui ne provient certainement pas d*un changement dans la nature des choses, mais d*une autre manière de dresser la statistique.
Les dép. qui, en 1882, avaient le plus d'exploitations au-dessus de 40 hectares étaient: le Cher {13 p. 100 des terres cultivées), lesPyrenéeS'Orientales,\es Hautes-Alpes, la Corse, la Nièvre, Y Indre, Loir-et- Cher, les Landes, les Alpes-Maritimes, Seine'et'Ma}me [%3 p. 100).
Les grandes exploitations de 100 hectares au moins se trouvent principalement dans les départements qui avoîsinent Paris : Seine, Seine-et-Marne, Eurent-Loir, Oise, Aisne, Marne, Seine-et-Oise , Marne, ainsi que dans le Loiret, Loir-et-Cher, ÏIndre, le Cher, V Allier, et dans quelques départements montagneux, Lozère, Gironde, Landes, Aveyron, Var, Hautes-Alpes, etc. Les grandes exploitations se rencontrent donc dans des conditions agronomiques presque opposées : les plaines fertiles et les maigres pâturages alpestres.
Les terres sont surtout exploitées par leurs propriétaires, ainsi que le font voir les proportions suivantes de Tenquète de 1882 :
Pour Pour
100 exploita- 100 hectares
lions. cultivés (2).
Exploitation par les propriétaires 79,8 69,8
— les fermiers 13,8 27,2
— les métayers 6,4 13,0
(1) Ces propriétaires sont pour la plupart compris dans le total de 8,975,000 propriétaires de maisons, la plupart des propriétés rurales comprenant une maison d'habitaUon.
(2) Sur environ 83 millions d'hect. de culture (terres labourables, prés, vignes).
Le nombre des propriétaiFes-cultivateurs a augmenté depuis 1862 de 274,000 y et celui des fermiers et métayers a diminué de 130,000. La culture simultanée par fermiers et métayers ne prédomine que dans trois départements : SaHke, Seine-Inférieure , Mayenne. Le fermage occupe une large place en Bretagne et dans tout le nord-ouest de la France. 11 est en général très rare au sud de la Loire. Le métayage est en usage surtout dans Touest, Mayenne^ Vendée, Gironde^ Dordogne^ Landes^ etc., ainsi que dans XAUiei' et dans Saône^el-Loire.
197. Ijes ABieMdcnABtSy les krrîgmti^u; l'oatlll«i^ et les cHgrais. — Les plantes tirent leurs aliments de Tair qui leur fournit le carbone et Tazote, de Teau et de la terre qui fournit les sels minéraux (1). La culture doit se préoccuper, relativement aux terres, de deux choses : ramener, par des amendements, au point convenable, la proportion des éléments dans le sol ; lui restituer, par des engrais^ les principes fertilisants que les récoltes lui ont enlevés. Amendements et engrais agissent souvent de la même manière.
Les deux principaux amendements sont la marne, qui convient aux terrains argileux ou sablonneux, selon qu'elle est elle-même calcaire ou argileuse, et la chaux qui a pour principal effet de hàler la décomposition des matières organiques et d'aider à la formation chimique des matières azotées et de la potasse. Le sable, le plâtre, la ten*e calcinée sont employés aussi comme amendements.
On peut amender un sol, soit en y amenant l'élément qui manque, comme on l'a fait en apportant de la marne sur certaines terres de Sologne, soit en défonçant profondément le terrain pour prendre au sous-sol l'élément qui manque au sol végétal, comme on l'a fait dans les landes sablonneuses du Bourbonnais; on y arrive aussi en donnant de l'écoulement aux eaux, comme dans les landes de Gascogne.
Il y a une espèce d'amendement ou d'engrais, quelquefois factice, quelquefois naturel, qu'on appelle colmatage; une eau vaseuse
(1) Od a calculé (voir Physiologie et culture du blé, par M. Risler) que 40 hectolitres de froment (productio^ très forte), récoltés sur un hectare, renfermaient, dans le grain et la paille, environ
4600 kUogr.
. de carbone.
d*azote.
d'adde phosphoriqae.
de chaux.
de magnésie.
de potawe, etc.
Amenée sur un terrain stérile y dépose, au bout d'un certain temps, une couche de limon sufBsante pour créer un bon sol végétal. Il s'est produit des transformations de ce genre dans la vallée de la Romanche^ dans celle de la Dives^ dans la vallée de ÏOuvhze {patuds des Comtats où (v. p. 32) poussait la garance) et de la Durance, dans les Iles du Bas-Rhône près d'Avignon. U s'en est produit par suite des endiguements qui ont rendu à la culture des terrains autrefois submergés de la Basse-Seine, près de Gaudebec. U s'en produit d'analogues sur les bords de la mer, dans les terres conquises sur les eaux, comme dans les prés salés du Calvados et de la Manche, dans le fertile marais de Dol qu'une suite d'efforts, de 1024 jusqu'à nos jours, a arraché aux flots et conservé à la culture, dans la baie du mont Saint-Michel ^ dans la baie de Bourgneufy dans la baie de la Vire^ etc.
Les canaux dirrigation fournissent de Teau pour arroser les terres, surtout les prairies, dont elle augmente considérablement le rendement et les vignobles infestés par le phylloxéra qu'elle détruit par asphyxie. Des canaux de ce genre existent depuis longtemps dans le Yaucluse par des dérivations de la Sorgues et par les canaux de Craponne et des Alpines. En 1852 a été commencé le grand canal de Carpenlras dont les travaux ont été interrompus depuis 1879 et qui n'arrose guère jusqu'ici que 1500 hectares. Les irrigations des Landes datent de 1865 ; celles des Hautes-Alpes, de 1867 ; celles de la Haute-Vienne, aménagées à l'aide des nombreuses sources d'un sol granitique et des réservoirs dits « pêcheries », de 1870 ; les canaux du Forez, de Gap, du Verdon^de Pierrelatte et de la Boume, ceux de la Stagne^ de la Vesubie, et du Foulon (Alpes- Maritimes)et celui deManosque sont construits en totalité ouen partie. De nombreux canaux, s'embranch ant sur le canal du Midi, arrosent les vignobles de YAude et de VHérault. Un double canal du Rhône, celui de la rive gauche, s'étendant de Gondrieu à Bedarrides, et celui de la rive droite, complété par le canal de la Céze et portant ses eaux jusqu'à Béziers, est en projet. De 1862 à 1882, la superficie des prairies irriguées a augmenté de 552,000 hectares.
L'agriculture a fait, depuis un demi-siècle, de grands progrès relativement à l'outillage et aux engrais. L'un et l'autre font partie du capital d'exploitation.
Voutillage agricole s'est en grande partie transformé et se transforme encore ; les outils en fer ont remplacé dans beaucoup de cas les vieux outils en bois ; les charrues se sont diversifiées et, par suite d'ingénieux perfectionnements, donnent un travail plus régu-
L'AGRICULTURE. i5
lier, pins rapide et permettent des labours plus profonds; les herses et les rouleaux se sont améliorés aussi ; les machines se sont introduites jusque chez le petit cultivateur et augmentent chaque année en nombre : semoirs, r&teaux à cheval, moissonneuses ou faucheuses, faneuses, batteuses et vanneuses, hache-pailles,etc. ; les machines à vapeur, locomobiles, se sont multipliées et fournissent la force nécessaire pour imprimer le mouvement à ces machines.
Cette culture à la mécanique, qui n'a guère commencé en France qu'après l'Exposition universelle de 1855, est la conséquence, d*une part, des progrès de la science et de la richesse; d'autre part, de la cherté croissante de la main-d'œuvre qui a poussé les cultivateurs à remplacer les bras par des machines (1).
L'enquête agricole de 1882 marque sous ce rapport un progrés très sensible sur 1862, ainsi que le montre le tableau suivant :
Machines à Tapeur, fixes ou locomobiles.. 3.849 9.388
Charmes 3.206.424 3.267.187
Herses à cheval 25.846 195.410
Machines à battre 100.733 211.045
Semoirs mécaniques 10.853 29.391
Faucheuses mécaniques 9.442 19.147
Moissonneuses mécaniques 8.907 16.025
Faneuses et râteaux à cheval 5.649 27 . 364
C'est dans le nord, l'est et l'ouest qu'on trouve le plus de machines.
Les engrais sont :
1^ Les engrais de ferme, qui se produisent et se consomment le plus souvent sur place : engrais en veri, consistant en plantes qu'à l'époque de leur floraison on enfouit en terre par un labour; fumier, provenant de la litière des animaux à l'écurie et à l'étable ou du
(1) Avec la faucille un homme moissonne par Jour un champ de blé de 15 à 20 ares; avec la sape, 30 à 35; avec la faux à râteau, 50 & 60. Une moissonoeuse, avec deux chevaux et deux hommes, moissonne de 3 à 4 hectares par jour. Le travail de la moissonneuse revient, tout compris, à 10 francs par hectare et par jour. Les moissonneurs, vers 1851, prenaient, dans me-de-France, 10 & 11 francs par hectare ; en 1885, 22 à 25 francs ; de \k Tintérèt qu'ont maintenant les cultivateurs & employer des machines. — Le dépiquage (battage), & l'aide de bœufs ou de chevaux tournant et piétinant les épis sur Taire, était encore usité, il 7 a une quinzaine d'années, dans le sud de la France ; on estime qu'il revenait à 2 francs Thectol. et qu'il occasionnait un grand déchet; le battage au fléau, usité dans le Nord, parce qu'il peut se faire en grange, pendant l'hiver, à l'abri de la pluie, coûte 1 fr. 50 à 2 francs et est un travail lent qui ne donne, par homme et par Jour, que 2 hectol. Les bonnes machines, avec une force de 7 chevaux, en rendent plus de 100, au prix de 30 à 50 centimes l'hectol. ; là où domine la petite culture, des entrepreneurs se chargent du battage mécanique à raison de 40 à 60 centimes.
séjour des animaux sur le terrain. Ce fumier est le plus complet et ordinairement le meilleur des engrais, quand il est bien préparé.
2"" Les engrais commerciaux^ que les cultivateurs achètent à 1 industrie ou au commerce : poudretle et engrais flamand, cendres de bois et d'écobuage, noir animal ^ boues des villes, tourteaux; tangue des bords de TOcéan, qui, dans la Basse^Normandie seule, donne par an environ 3 millions de mètres cubes et qui n'est pas moins exploitée en Bretagne; varechs; faluns de la Touraine; guano, ou fiente de certains oiseaux, sous un climat sec qu'on*tire surtout d'Amérique; corne, chiffons et, en général, tous débris ou déjections, résidus de fabriques, quels qu'ils soient, provenant de végétaux ou d'animaux (1). II faut ajouter à cette liste les engrais chimiques, composés de sels divers et recherchés surtout pour leur azote, qu'on emploie surtout daus la région du nord : le nitrate de soude que l'on importe, le sulfate cTammonicujue provenant des usines à gaz, les sels dépotasse importés de Stassfurth (Prusse), les phosphates et superphosphates et les dérivés de l'ammoniaque qui jouent aujourd'hui un rôle important en agriculture.
198. liVmplol du territoire afrHcole. — Le territoire agricole est employé à des cultures diverses; cet emploi varie avec la qualité des terrains, les perfectionnements de la culture et suivant la demande des produits. Le ministère des finances (direction générale des contributions directes) et le ministère de l'agriculture ont plusieurs fois procédé à des évaluations de la superficie des cultures (nous avons déjà fait usage de ces documents en traitant de la division de la propriété et de l'exploitation). Les résultats obtenus par les deux administrations ne concordent pas complètement, non seulement parce que les époques sont difi'érentes, mais aussi parce que les procédés d'informations le sont; dans l'ensemble, les écarts sont néanmoins peu considérables et la diversité même des méthodes qui aboutissent k des totaux peu différents est une garantie d'exactitude.
Le premier résultat est celui du cadastre. Cette opération, déjèi
(1) Les importations de guano et autres engrais ont considérablement augmenté de 1853, où elles n'étaient que de 4,600,000 francs (« commerce spécial», voirie livre VIII), jusqu'en 1876 où elles se sont élevées & 40,700,000. La diminution du guano dans les lieux d'extraction et la crise agricole en France ont réduit celte importation jusqu'à 9,700,000 francs en 1883. Hais la consomma* tiou des phosphates a augmenté dans le même temps (voir plus loin). L'enquête de 1873 évalue à 100 millions détonnes (un milliard de quint.) le poids du fumier de ferme employé en France. Ce n'est là qu'une évaluation extrêmement vague.
prescrite par le décret du 25 novembre 1790 et indiquée comme facultative dans celui du 28 août 1791, fut commencée d'une manière sommaire, par « masses de culture » dans un certain nombre de communes en vertu des arrêtés consulaires des 30 juin 1802 et 20 octobre 1803; puis, à la suite de la loi du 15 septembre 1807, entreprise par parcelles pour tout le territoire français. A la fin du premier Empire, il n'y avait encore que 9,000 communes (du territoire actuel de la France) cadastrées. Interrompu plusieurs fois et contesté au sujet de l'exactitude de ses évaluations du revenu, le travail (qui a coûté 150 millions de francs) n'a été achevé qu'en 1850 pour le continent, en 1858 pour la Ciorse et en 1876 pour le territoire annexé des Alpes-Maritimes (1). La loi de finances de 1850 autorisa les communes dont le cadastre datait de plus de trente ans à le reviser à leurs frais. En 1851-1853, une nouvelle évaluation de la contenance imposable fut faite, en vue d'une réforme de l'impôt foncier qui est restée à l'état de projet. De 1879 à 1881, une troisième évaluation a été faite par l'administration des contributions directes en exécution de la loi du 9 août 1879(2). Le tableau ci-joint contient les résultats par dép. du cadastre et de l'évaluation de 1879-1881 et les totaux pour la France entière de l'évaluation de 1807-1858 (3).
En comparant ces deux évaluations, on voit que, dans Tensemble, la superficie des terres labourables et des bois a augmenté, surtout aux dépens des landes et pâtures. Le tableau suivant et la figure (n"" 111) qui l'accompagne font connaître la répartition générale des cultures aux deux époques.
Les enquêtes décennales du ministère de l'agriculture ont eu lieu en 1840, 1852, 1862, 1873 et 1882. Celle de 1873 a été très sommaire. Les résultats généraux en sont consignés dans le tableau (p. 21), et les résultats par département de la contenance imposable par nature de culture dans le tableau (p. 18-20).
(1) Pour la SaToie et la Haute-Savoie radministration se sert encore de l'ancien cadastre sarde jusqu'à ce que le nouveau cadastre soit achevé.
(2) Voir la note de la page % du premier volume.
(3) Il est bon de faire remarquer que la superficie du territoire imposable qui fait Tobjet du tableau suivant n'est pas la même que la superficie totale. Ainâ le département de la Savoie a une superficie totale d*environ 576,000 hectares, tandis que le total des nombres portés au tableau pour ce département est a peine de 466,000 hectares.
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