‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 30 sur 171 · de veaux de 0 à 6 mois et 1.2 élèves de 6 mois à un an · texte numérisé non relu

de veaux de 0 à 6 mois et 1.2 élèves de 6 mois à un an

Si, retranchantrAlsace-Lorraine, on compare les résultats des deux dernières enquêtes décennales (1862 et 1882), on voit qu'il y a dimi* nution pour les moutons, augmentation notable pour les porcs (quoique les deux enquêtes décennales de 1862 et 1882 fournissent des chiffres bien supérieurs à ceux des autres relevés), augmentation légère pour les bœufs et les chevaux, mais que celte augmentation proportionnellement est inférieure à celle de la population.

par kil. carré du territoire.

1000 habitants.

par kil. carré du territoire.

par 1000 habitants.

Nombre de chevaux..

— bœufs —

— moutoos.

— porcs

(i) Les résultats calculés dans ce tableau diffèrent quoique peu de ceux du tableau de la sUtistique décennale de 1882.

L'invasion allemande et la peste typhoïde qui en a été la conséquence avaient beaucoup réduit le bétail en France en 1872; depuis cette époque, Teffectif a augmenté, excepté pour les moutons, dont la suppression des jachères rend l'élevage plus difficile et que la petite culture a intérêt à remplacer par des vaches laitières.

La valeur totale des animaux de ferme est évaluée à 5 milliards 773 millions, dont 3 milliards pour les bœufs, 2 milliards un tiers pour les chevaux, plus d'un demi-milliard pour les porcs et les moutons.

241. i^ clieTal. — Le cheTal (2,908,000 en 1887) est de tous les animaux domestiques celui dont Tentretien est le plus dispendieux ; mais ii a une valeur très grande, soit par les services qu'il rend au cultivateur, soit par le prix auquel ii est vendu sur le marché ; il fournit de plus un très bon fumier.

L'élevage du cheval a fait de grands progrès depuis trente ans. Avant l'introduction d'étalons de pur sang et l'usage général du croisement, on n'élevait guère de chevaux que dans les régions de prairies naturelles, et les chevaux de chaque région avaient des caractères distinctifs très accusés. Il n'en est plus de même aujourd'hui, surtout pour le cheval de selle : cependant, pour les gros

I3i U FRANGE.

chevaux de trait, on reconn(Ut encore, quoique bien modifiées, diverses races (1) :

1^ La race flamande, très grosse race de trait, de taille haute (1",70), de formes épaisses, quelque peu molle; • 2® La race boulonnaise, race de trait, supérieure à la précédente, un peu moins grande (1"^,60 à i"',68), fortement charpentée, courte de jambes, et cependant propre au trot. Aussi 8*est-elle répandue, avec quelques variétés, non seulement dans Y Artois, mais dans la Picardie, où elle a pris, en se modifiant, le nom do race picarde, dans le Laonnais et dans le pays de Caux. AbbeviUe est une des principales foires pour les chevaux de Irait. Au delii de la Seine, dans le Calvados, on en rencontre une très belle espèce, un peu élancée, que Ton désigne sous le nom de chevaux caennais,

3^ La race normande ou plutôt les races normandes, qui ont élc profondément modifiées par les croisements. On distinguait autrefois, comme chevaux de trait, les Augerons, grands, forts et bien découplés, les bidets et les bons carrossiers du Cotentin et surtout ceux de la Hague ; comme chevaux de carrosse, les chevaux de la plaine de Caen, de la plaine à'Alençon et d'Écouché, du Dessin et du Merlerault. Le croisement avec des chevaux de course, et surtout avec des chevaux de pur sang anglais a donné naissance au cheval anglo-normand, (\\x' on élève aujourd'hui non seulement dans la vallée d'Auge, mais presque dans tous les herbages de la Basse- Normandie, Le Cauchois ou cheval du pays de Caux, dans ^eLHauie- Normandie, est un gros cheval de trait. Les foires de Caen, d'Afençon, de Mortagne et de Falaise, du Gavray, de Folligny , de Rouen, etc., sont importantes.

4** La race bretonne, comprenant plusieurs variétés : des races de selle, comme les bidets de Corlay, sobres et durs à la fatigue ; des races d'attelage, comme les chevaux du Conquet, fins et énergiques, qu'on élève surtout dans les Côtes-du-Nord ; des races de trait, comme la race de Fougères, celle de Léon, trapue et infatigable, et les bidets des landes. Les foires se tiennent à la Martyre, à Lesne-ven, à Landivisiau, etc.

5*^ La race percheronne, de moyenne grandeur, de forte enco-

(1) Dans les 22 dépôts d'étalons {Angers, Annecy, Auriliac, Besançon, Blois, Cluny, Compiègne, Hennebont, Lamballe, La Roche-sur-Yon, Liboume, Montiérender, Pau, Perpignan, Le Pin, Pompcuiour, Rodex, Rosières, Saintes, Saint-Lô, Tardes, Vilteneuve-sur-Lot) il y avait, eD 1880, 173 étalons pur sang anglais (22 à Saint-Lô), 137 arabes (3i «i Tarbes), 74 anglo-arabes (49 à Pau), 1,670 demi sang (192 au Pin), 150 chevaux de trait (74 à Lamballe).

lure, distinguée par sa robe ordinairement d*un gris pommelé, sa croupe large, ses muscles vigoureux et bien dessinés; c'est la race la mieux faite pour traîner avec vitesse de lourds fardeaux. Ses qualités la font rechercher particulièrement par les administralions des omnibus et des chemins de fer à Paris; les éleveurs de France et d'Amérique payent ses reproducteurs à un très haut prix. Aussi cette race est-elle fort répandue, non seulement dans le Perche^ mais dans le Maine et dans la Beauce {pays Chartrain compris). A Chartres et à Mondoubleau se tiennent de grandes foires de chevaux percherons.

Le cantoià d'Iiliers parait être le berceau de cette race ; elle doit surtout ses fortes qualités au mode d'élevage et à un croisement intelligent. Beaucoup de jeunes chevaux, après avoir passé dans les herbages de VOme ou de la Sarthe leurs deux premières années, sont achetés par des fermiers de Beauce^ qui les exercent en s*en servant pour les travaux agricoles, et les fortifient en les nourrissant fortement d'avoine jusqu'«^ quatre ou même cinq ans, âge auquel ils sont ordinairement vendus pour le service des" attelages.

6** La grosse race poitevine , paraissant plus propre que les autres à donner de beaux mulets. Des croisements avec le pur sang anglais Tont transformée en partie, et ont créé une variété de chevaux de selle qui paissent dans les marais de la Vendée et de la Charente-Inférieure y et de chevaux d'attelage qu'on élève à Saint- Gertais dans le Bocage^ et qu'on désigne sous le nom de « race vendéenne ». Niort est un grand marché de chevaux.

VAnjou^ sans avoir une race propre, fournit, grâce aux croisements, une assez bonne variété de chevaux d'attelage.

i"" Dans toute la partie centrale de la France, qui comprend le bassin moyen et supérieur de la Seine et de la Loire, depuis LimogeSj Orléans et Melun à l'ouest, jusqu'aux bords de la Saône, on élève un assez grand nombre de chevaux qui, provenant de divers croisements, n'ont pas de caractère marqué. Cependant le «AeiTo/ nivemais est grand et vigoureux ; le cheval berrichon^ rappelle le percheron et est estimé h, ce titre, surtout dans le Midi. Le morvandiot, cheval de cavalerie légère, se vend principalement à la foire de Montigny-sur^Caune.

Au nord-est, on trouve le cheval ardennais, sobre et rustique, mais médiocrement conformé; la Lorraine donne des chevaux trapus h la grosse cavalerie.

S^ La race comtoise^ race de trait sur les hauts plateaux, d'atte-

lage dans les vallées, n'occupe qu'un rang secondaire dans Testiine des connaisseurs; mais, dans la plus grande partie des pâturages de la Bresse^ des Dombes et des Alpes, ses caractères se sont modifiés par les croisements et ont donné naissance à un cheval de trait léger, dit cheval bressan.

Le Midi n'a pas de race de trait, sinon la petite race dauphinoise; il fait venir ses gros chevaux du nord; mais on y compte plusieurs races de chevaux de selle.

9* Dans le Centre, il y a deux races de selle qui ont le caractère général des races de montagne, taille médiocre, formes rustiques,

Fig. 138. — Carte de la race chevaline par arrondissements.

allure vive : la race limousine , autrefois très renommée, qui s'est modifiée en grande partie et a fait place au cheval demi-sang, et la race auvergnate, sobre et agile, répandue dans ï Auvergne et dans le Bouergue. La principale foire pour le cheval limousin est la Gaulière.

10** La race landaise, petite, robuste, sauvage même, habituée à vivre de peu et à fournir de longues courses dans les vastes et maigres pâturages des Landes. Les chevaux du Médoc sont une variété de cette race.

11** La race navarrine ou race pyrénéenne, ayant le type monta-

gnard, petite, étroite de formes, mais toute de feu. On y rattache le cheval landais. Le cheval basque en est une variété rustique, ainsi que le cheval tarbesan, en partie transformé par le sang anglais, et le cheval ariégeoiSy peu gracieux de formes, mais dur & la fatigue. Cette race fournit des chevaux pour la cavalerie légère. Les foires se tiennent à Morlaas^ à Nay^ à Bagnères, à Lourdes^ à Auch^ etc.

12® Dans la plaine de la Camargue^ on élève une petite race très rustique et demi-sauvage ; dans la Corse, une race plus petite encore. Ces deux races ont peu d'importance.

Toute la portion de la France, comprenant nos deux régions agricoles du sud et du sud-est et formant environ 4/5 de notre territoire, ne donne guère que 4/2Û des poulains qui naissent chaque année et ne possède que 1/15 des chevaux de la France. Au contraire, la partie qui comprend les deux régions du nordouest et du nord possède environ la moitié des chevaux de la France^ et la région nord-ouest, à elle seule, donne 1/3 des poulains qui naissent chaque année : les premiers rangs appartiennent à la Flandre (Nord), à Y Ile-de-France [Aisne), kY Artois [Pas-de-Calais], à la Picardie (Somme), à la Normandie (Hanche, Calvados, Orne, Seine-Inférieure), au Haine et à Y Anjou (Hayenne, Sarthe), à la Bretagne (Finistère, 107,000 chevaux, Cdtes-du-Nord, Illeet-Vilaine) (ûg. 138). La région du nord-est, avec YOrléanais, la Champagne^ la Basse-^Bourgogne et la Lorraine, vient au second rang. La Mayenne, la Charente et Seine-et-Oise sont les trois dép. qui ont le plus augmenté leur production chevaline depuis vingt ans. Les dép. qui sont, relativement au nombre des chevaux, audessus de la moyenne générale, sont ainsi groupés presque tous au nord d'une ligne allant de l'embouchure de la Loire à la source de la Moselle. Au sud de cette ligne, à part Tlsère qui élève pour Lyon des chevaux dans le Graisioaudan : le Viennois, la Charente- Inférieure et la Gironde qui approvisionnent Bordeaux, tous les dép. sont au-dessous de la moyenne ; dans le Midi on se sert peu des chevaux pour labourer.

Si Ton juge approximativement de Fimportance du commerce des chevaux parles achats de la remonte, la Normandie compterait pour moitié dans le total, et, dans la Normandie, le Calvados serait au premier rang; la Saintonge, Y Anjou et le Poitou compteraient pour un quart, le reste de la France pour le quatrième quart (voir le tableau des chevaux par dép., p. 130 et 131).

^42. iM àsM et iM mulets. — V âne (386,000 en 1887), émi-

nemment rustique et sobre, est la béte de somme du pauvre : aussi trouve-t*on beaucoup d'ânes dans les régions de petite culture. Indépendamment de Tespèce commune qu'on rencontre dans tous les dép., surtout dans ceux du Midi, il y a deux races à citer : celle de la Gascogne^ répandue dans la vallée de la Garonne, et celle du Poitou^ plus estimée, ayant ses plus beaux types dans l'arrondissement de itelle; toutes deux sont très employées pour la production des mulets. On trouve les ânes surtout dans la région pyrénéenne, Basses- et Hautes-Pyrénées, et dans tout le bassin de la Garonne, principalement dans le Périgord, (Dordogne) dans la Provence, dans les plaines du Centre (Indre, Indre-et-Loire, Cher) et en grand nombre aussi dans le Poitou [Vienne) et dans la

Les mulets (237,000 en 1887), mulets du Poitou et mulets de la ^Gascogne, ne sont nombreux que dans le Poitou {Deux-Sèvres), la Charente et le Périgord et dans tout le Midi, région pyrénéenne et région méditerranéenne (Drame, Gard, Hérault, Vaucluse, Beisses- Alpes, Bouches-du-Rhâne, Var, Basses-Pyrénées, Corse); ils remplacent en grande partie les chevaux, rares dans cette dernière région. Un grand nombre de mulets du Poitou et des Pyrénées sont exportés en Espagne.

243. £i*««p^ce b^vlae. — En France on compte de quatre h cinq fois plus d'individus de l'espèce boYine que de l'espèce chevaline (13,395,000 en 1887 dont 332,000 taureaux, 1,397,000 bœufs de travail, 492,000 bœufs à l'engrais, 6,402,000 vaches, 889,000 bouvillons, 1,536,000 génisses, 1,258,000 élèves de six mois à un an, 1,089,000 veaux au-dessous de six mois). C'est que l'espèce bovine, indépendamment du fumier qu'elle fournit comme le cheval, a deux fins: elle est un instrument de travail, comme béte de trait, et elle sert, par son lait et par sa viande, à la nourriture • de l'homme; avec le mouton et le porc, elle constitue le fond de l'alimentation animale, comme les céréales sont le fond de l'alimentation végétale. Selon que l'espèce est plus apte à l'une ou à l'autre de ces fins, on la désigne sous le nom de race de travail^ de race laitière ou de race de boucherie.

On trouve particulièrement les races laitières et de boucherie dans les régions du nord-ouest et du nord, où le marché de Paris sollicite cette production, où la culture, riche en prairies naturelles ou artificielles et en cultures industrielles, permet l'élevage et l'engraissement, où enfin les chevaux sont nombreux et employés presque exclusivement comme bétes de trait

On rencontre surtout les races de travail dans le nord-est, le centre et le sud où le cheval est rare comme l'avoine, où le sol montagneux et sec présente plus de pâturages que de prairies, où la terre, tantôt durcie par le soleil dans le Midi, tantôt pierreuse et inégale dans le Centre, s'accommode mieux du travail du bœuf. 244. Ijm r»cc(i bof 1mm. — Pour le bœuf comme pour le cheval, les progrès de l'agriculture et les croisements tendent h effacer la distinction des races et à développer les qualités propres à l'alimentation. L'accroissement de la consommation et du prix de la viande a encouragé les éleveurs. C'est surtout par le mélange avec la race Durham, race d'origine anglaise, caractérisée par la petitesse des jambes, la finesse des os, la rapidité de l'engraissement, que l'on a perfectionné dans l'ouest les animaux de boucherie. On distingue cependant encore plusieurs races appropriée» aux ressources et aux besoins de chaque contrée :

!•* La race flamande, au pelage rouge-brun, très bonne laitière, se conserve encore pure dans le département du Nord et plus ou moins mélangée dans V Artois, la Picardie, la Brie; dans ces dernières provinces, on la nourrit plutôt à l'étable qu'au pré. En 1886, le département du Nord avait 280,000 bêtes à cornes de races diverses.

2* Les races normandes, très bonnes laitières aussi, sont renommées pour leur viande ; l'une d'elles a des formes très amples. Les herbages humides du Bessin et du Cotentin, qui élèvent une variété particulière, paraissent être son berceau et fournissent le lait le plus crémeux ; aussi le beurre d'Isigny et du Bessin est-il très esUmé. Les pâturages du Vexin produisent le beurre dit de Gournay. La vallée d'Auge avait autrefois le privilège de fournir à Paris les « bœufs gras » du carnaval. On trouve cette race non seulement dans la Normandie, mais, avec quelques modifications, dans Y Orléanais, Y Ile-de-France et la Brie. La Hanche comptait en 1886 352,000 bêles de race bovine; le Calvados, VOme, la Seine-Inférieure plus de 200,000; en somme la Normandie occupe le second rang parmi les provinces de France par le nombre des animaux de race bovine.

3"* La race mancelle, qui naguère servait encore au labourage, est presque transformée aujourd'hui par le sang Durham; elle est, h. cause de l'ampleur de ses formes et de sa propension à l'engraissement, élevée pour la boucherie dans le Maine et YAn- 7M«i ainsi que la variété angevine, mauvaise laitière d'ailleurs. Kaine-et-Loire en avait 330,000 têtes ; la Mayenne, plus de 200,000.

LA FRANCB. H. 9

Animaux de ferme par département.

(Par milliers de tètes.)

(D'après le Bulletin du miDistère de ragriculture pour 1886.)

ÛÉPARTEMErSTS,

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