RACES
Totaux (1886).
132 Ll FRANCE.
4"* La race bretonne, de taille petite, au pelage noir et blanc, race douce et sobre, donne peu de viande, mais beaucoup de lait relativement à la quantité et à la qualité d aliments qu'elle consomme. Aussi la Bretagne est-elle renommée pour son beurre, qu'elle expédie après Tavoir salé. En général, les meilleurs beurres viennent de la région de T ouest {Notinandie ei Bretagne). Le beurre frais de la PrévaUxye est particulièrement estimé. Originaire du Morbihan, la race bretonne se trouve dans toute la Bretagne, plus ou moins mélangée ; hors la Bretagne, elle est nombreuse dans le Bordelais, par nécessité, sur un grand nombre de sols pauvres, et par raison d'agrément dans un certain nombre de parcs. La >ace de Durham et celle d*Ayr Tont déjà en partie modiûée. En 1886, le Finistère comptait 400,000 bêles de races diverses ; les Côtesdn-Nord, Ille-et- Vilaine, la Loire-Inférieure et le Morbihan, plus de 300,000 ; la province de Bretagne occupe ainsi le premier rang. 6** Le nord-est de la France n*a pas de race bien caractérisée ; rélevage d'ailleurs n'y est pas, comme dans l'ouest, une grande industrie ; mais chaque paysan pour ainsi dire possède sa vache. La plupart de ces animaux proviennent soit du type hollandais, soit de métis de petite taille qu'on élève dans les Vosges, Dans ces pays cependant, on distingue les variétés meusienne et ardennaise; le gros bétail y est quelquefois employé aux charrois.
6° La race comtoise, dans laquelle on distingue les variétés : tourache répandue surtout dans la montagne, femeline dans la vallée supérieure de la Saône, et bressane dans la Bresse, est rustique, sobre et trapue dans la montagne, plus fine et plus propre à l'engraissement dans la vallée de la Saône, très mélangée aujourd'hui par l'introduction des races suisses de Schwytz et de Fribourg. Dans la Franche-Comté, le lait est en grande partie converti en fromage ; le centre de cette fabrication est à SeplmonceL Cette race s'étend sur toute la région des Alpes jusqu'en Provence.
7* La race charollaise, la meilleure de nos races à deux fins, grande, propre au trait et à la boucherie, s'engraissent vite, est originaire duBrionnais et du Charollais; elle a été améliorée dans le Nivernais par le croisement avec les Durham, et s'est répandue sur une grande partie du centre de la France, où elle s'est mêlée à l'ancienne race rustique du Morvan et à la grande race du Bow^ bonnais. En 1886, Saône-et-Loire comptait 358,000 têtes de race bovine ; l'Ain et V Allier 250,000 environ.
8** Dans le Massif central et les Cévennes vivent : la race de
L'AGRIGULTUKE. 13)
Salers on race auvergnate, originaire du Cantal, vigoureuse, rustique, dure au travail, qui s'engraisse bien dans les prairies de vallée et dans les terrains dits « montagnes de graisse )» fertilisées par des détritus volcaniques; la race (TAubraCy meilleure laitière que la précédente et plus facile à engraisser, qui, avec quelques modifications (sous-race d'Angles), pénètre jusqu'aux bords de la Garonne et s'étend jusque dans leVivarais (sous-race du Mézenc); la race limousine^ qui est grande, forte et qui s'étend, avec la sousrace de la Marche^ en comprenant plusieurs variétés, depuis les pâturages montueux de la Haute* Vienne jusque sur les bords de la Garonne et de la Charente. Le Cantal avait plus de 200,000 bêtes à corne en 1886 ; le Puy-de-Dôme, plus de 300,000.
9® A l'ouest, la race parthenaise, forte race de travail et bonne race d'engraissement, originaire du plateau de Gàtine, s'étend sur YAuniSj le Poitou et sur la Basse-Loire. Elle comprend plusieurs variétés, sous-race nantaise, sous-race saintongeoise ou maraichine. Les boeufs de Cholet sont particulièrement connus dans le commerce. Celte contrée a fait des progrès considérables depuis trente ans, et la demande croissante de la boucherie tend de plus en plus à pousser les éleveurs k la production de la viande. En 1886, la Vendée avait 327,000 bêtes à cornes, les Deux- Sèvres 250,000.
10" Au midi de la Garonne, la race garonnaiscy qui est grande, domine dans toute la vallée de la Garonne et comprend diverses variétés, sous-race bazadaise, sous-race agénoise ; la race gasconne, qui est plus rustique, vit surtout dans les parties montagneuses et compte de nombreuses variétés : race béarnaise, race basquaise (bœufs de la Chalosse et bœufs des Landes), race tarbaise, race de Saini-Girons, race de Lourdes, très bonne laitière, par exception, dans un pays où les vaches donnent, en général, très peu de lait, race ariégeoise. Toutes ces races sont employées au labour et aux charrois. (Voir le tableau par départements, p. 130 et 131.)
245. i> coiiiiiiere« des bcenfs. — En général, les jeunes sujets, bouvillons et génisses, sont élevés en grand nombre dans les pâturages des montagnes, Cantal, Cévennes^ Limousin, Gàtine, Bre* fagne, Jura, Vosges; dans les herbages de l'ouest, Vendée, Mayenne, Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, etc. Les uns sont engraissés dans le pays même ; les autres, en plus grand nombre, sont achetés, suivant la race, soit pour le travail dans le midi, soit pour l'engraissement immédiat dans les herbages et dans les fermes
LA FRANCB.
de l*ouest, de la Bourgogne et des plaines. Le choix des animaux destinés à Tengraissement est subordonné h des conditions spéciales de climat et de sol : ainsi les bœufs du Nivernais et du Gharollais, élevés dans des prairies calcaires, perdent bientôt une partie de leurs qualités dans les pâturages granitiques du Morvan. Depuis que les chemins de fer ont facilité les débouchés, beaucoup d'éleveurs engraissent eux-mêmes leurs animaux pour la boucherie, surtout pour celle de Paris qui est le grand centre de consommation de. la viande. Le bétail vient au marché de la Villette de presque toutes les parties de la France ; néanmoins les dép. situés
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Fig. 139. — Carte de la race bovine par arrondissements
au nord de la Loire ont eu longtemps un avantage marqué que leur disputent avec succès aujourd'hui ceux de la Vendée et de la Bourgogne, Sur les 233,000 bœufs (sans compter les vaches et les taureaux) arrivés, en 1885, au marché de la Villette, les dép. qui en ont fourni plus de 10,000 sont, par ordre décroissant d'importance: Maine-et-Loire (44,000), Calvados, Vendée, Orne, Nièvre, Saône-et-Loire et Charente.
Dans toute la région du sud-est, le gros bétail est rare, parce que le climat y est très sec; par suite, on a dans celte région peu de lait, peu de beurre et on fait la cuisine à l'huile d'olive. Le bétail est nombreux dans la région pyrénéenne et dans quelques
parties de la vallée de la Garonnej parce que le climat, plus humide, y confient mieux aux pâturages. Il Test assez aussi dans tout le Massif central^ parce qu*il est couvert en grande partie de pÀturages et de prairies qu'arrosent des pluies abondantes (6g. 139). Il Test, pour les mêmes raisons, dans toute la partie de Test et du nord-est, qui comprend la Bresse, le Jura^ les Faucilles^ les Vosges et VArdenne. Dans les cantons où Timperméabilité du sous-sol a favorisé la création de prairies, comme le Morvan (dép- de la Côte-d'Or, de la Nièvre^ de \ Yonne), on trouve un bétail nombreux au milieu de cantons moins bien dotés. La grande région du nord-ouest, qui s'étend du sud du Poitou jusqu'à la Flandre, étant celle qui, grâce à son climat humide, possède le plus de prairies, est aussi, comme nous venons de le voir, celle qui nourrit le plus de bœufs, et surtout de bœufs de forte taille. Au premier rang est la Bretagne, dont les animaux sont généralement petits, qui possède beaucoup et qui a surtout plus de vaches que les autres régions de la France, puis l'Anjou, la Vendée, le Haine, la Normandie {Cotentin, Bessin, pays d'Auge, pays de Bray, particulièrement favorisés de la nature), une partie de la Picardie, X Artois et la Flandre.
Les dép. de X Allier, de la Creuse, de la Vendée, de la Haute- Vienne, sont ceux qui ont le plus accru leur production bovine de 1862 à 1882.
246. Eies raees of in«s ci la laine. — Le monton a subi aussi, par le progrès de l'élevage, de grandes transformations qui sont dues surtout au mérinos d'Espagne, type du mouton à laine fine, et, plus récemment, au dishley d'Angleterre, type du mouton de boucherie. On reconnaît cependant diverses races ovines.
1® La race des mérinos et des métis-mérinos est la plus célèbre. Le mérinos fut importé en France sous le règne de Louis XVI, qui forma le troupeau de Rambouillet, souche des mérinos à laine moyennement fine et des métis-mérinos du bassin de la Seine et de la Loire. Pendant la Révolution fut formé le troupeau de Naz, élevé dans la ferme de Naz (dép. de l'Ain), mouton à laine superfine, souche de la plupart des mérinos de l'est. D'autres mérinos furent, à la même époque, introduits en vertu du traité de Bâle (1795); le troupeau de Mauchamps (Aisne), à la laine fine et soyeuse, fut Tonné sous la Restauration. Quatre bergeries de l'État, Montcavrel (Pas-de-Calais), Rambouillet (Seine-et-Oise), Al fort (Seine), Getrolles (G6te-d'0r) ont propagé le type mérinos. Mélangé avec 1 a race indigène ou avec la race dishley, il a donné lui-même nais-
sance èi plusieurs Yariétés de métis. Les principales sont le mouton de la Beauee^ celui du Gâtinais^ celui de la Brie^ celui du Soinan" iuds, celui de la Champagne, celui de la Bourgogne, le mouton arlésien, qu on trouve surtout dans la plaine de la Crau, celui du Jtott$$illon et celui de TAriège ou des Pyrénées. Ce sont les races à laine fine.
ft* La plupart des anciennes races indigènes ont une laine commune, mais sont plus rustiques que le mérinos. La race fia-mmMde, avec ses variétés, mouton flamand, mouton artésien, et même moutons picard et cauchois, fournit un sujet de boucherie haut de taille, amélioré à Taide des béliers dishley et occupant le pays jusqu*à la Seine et à TAisne en concurrence avec la race mérinos. La race des Causses, la race de la Limagne, la race poke^ oine comprenant les moutons de la plaine et ceux de la Gàtine, la race marchoise et les moutons de Caux rappellent le mouton flamand; mais leur laine est moins grossière. Dans le sud, la race barber'me et la race de Puyticard ont aussi la taille haute et la laine commune. La race solognote, qui tire son nom dela^Vo^n^, et qui se distingue par sa couleur rousse, est petite et semble être en conformité avec les maigres pâturages sur lesquels elle vit; petites aussi sont la race de bruyères, h, la toison noire qui occupe les landes de Bretagne, la race landaise qui 8*étend jusque dans les Pyrénées, la race ardennaise, la race berrichonne qui pait dans les plaines calcaires du BenH et dans la Brenne, la race du SégcUa* Quelques races françaises sont estimées pour Tabondance de leur lait : la race du Larzac, la race du Lauraguais, la race béarnaise et la race ariégeoise; elles vivent dans le midi, c'est-à-dire dans la région où, en général, les vaches sont le moins nombreuses et où elles donnent le moins de lait.
3^ Entre les races à laine fine et les races à laine commune, se placent les races à laine de moyenne finesse, qu'on élève à la fois en vue de la viande et de la toison. C'est par des soins particuliers qu'on est parvenu à leur donner cette double qualité et on élève aujourd'hui beaucoup de moutons en vue de ce double produit. Les deux principales sont des races anglaises : les southdown et les dishley. La troisième, la race de la Charmoise, est une race formée en France parle mélange des dishley et des new-kent avec les solognots.
Depuis une quarantaine d'années, le nombre des moutons a beaucoup diminué; on produit moins de laine et plus de viande. La France n'est pas le seul grand État où se manifeste ce change-
ment qui a pour causes principales la suppression des jachères et rimporlatîoa des moutons étrangers.
Le ministère de Tagriculture évaluait, en 1885, la production de la laine à 47 millions et demi de kilog. et la valeur vénale à 78 millions, à raison de 1 fr. 64 le kilog. et en 1886 à 53 millions de kil. et à 83 millions i/2 de francs. Les dép. où le prix moyen est le plus élevé (plus de 3 fr.) et qui sont par conséquent ceux qui produisent la plus belle laine sont : Sa6ne-et-Loire (4 fr. 50 en 1885) le Jura, la Charente, les Côtes-du'Nord, la Dordogne, le Dùubs, Belforij le Rhône, les Deux-Sèvres. La valeur totale dépassait deux millions dans les dép. suivants : Allier (3,320,000 fr.), Aisne, Kame, Côte-d*Or, Eure-et-Loir, Manche, Oise, Seine-et-Marne, Somme, Vienne.
247. Mjêl dUtrlbnUoB ^éofprapkUne des montons. — Les moutons (22,880,000 en 1887, dont 338,000 béliers, 4,367,000 moutons, 9,103,000 brebis, 3,811,000 agneaux d'un à deux ans, 5,261,000 agneaux de moins d'un an) redoutent en général les brouillards et les pâturages humides; aussi, malgré la réputation des moutons de pré salé, nourris sur les dunes de la Manche, ces animaux sont-ils peu nombreux dans la région de Touest, excepté dans la Vendée^ où les pâturages de la Gâtine nourrissent des moutons estimés pour la qualité de la viande. La race dishley est répandue en Normandie; les petits moutons de bruyères, dont la chair est estimée, paissent sur les landes de la Bretagne.
La région de la France la plus riche en moutons est la région du nord (fig. 140), qui, dans ses plaines calcaires et sèches et dans ses grandes fermes, entretient de nombreux troupeaux. C'est dans celte région que sont les bergeries de Mauchamps et de Rambouilht. Va Picardie, avec la race picarde, variété de la race flamande, le pays de Caux, le Vexin, la Deauce, le Gâlinais, la Brie fournissent à la consommation parisienne plus de moutons qu'aucune autre contrée; le Soissonnais {Aisne, 644,000 moutons en 1886) (1), la grande plaine de Champagne et les Ardennes élèvent et engrais sent des moutons qui, pour la plupart, appartiennent à la race mérinos ou métis-mérinos ; beaucoup aussi proviennent, comme dans rouest, de croisements avec la race dishley. 11 y a également beaucoup de moutons dans certaines parties de la Boargogne.
Après la région du nord, c'est celle du centre qui possède le plus de moutons ; ils paissent dans les landes et dans les jachères
(1) Les départements mentionnés entre parenthèses sont ceux qui avalent, en 1»5, plus de 500,000 bêtes de race ovine.
1res étendues de celle région. Dans les plaines du centre, Orléanais, Berri(CAey% Indre), PoitoUf Bourbonnais, vivenilarace solognote, la race berrichonne et la race bourbonnaise, auxquelles se sont mêlés les southdowns, les mérinos et la race française de la Charmoise. Dans les pàtis de la montagne, la Marche (Creuse, 723,000 moutons), le Périgord, le Limousin {Corrèze, 647,000 moutons, Haute' Vienne 645,000 moutons), Y Auvergne ont aussi beaucoup de troupeaux. On en trouve plus encore dans la portion méridionale du
Fig. 140. — Carte de la race orine par arrondissements.
Massif central, où sont les terres calcaires dites Causses. Là vivent la race des Causses et la race laitière du Larzac [Aveyron, 639,000 moutons), qui donne en abondance le lait dont on fait le fromage de Roquefort. Sur les terres granitiques qui produisent le seigle, vit la race du Ségala.
Le sud est beaucoup plus riche en moutons qu'en bœufs, parce que le mouton ne craint pas la sécheresse. La vallée de la Garonne {Lot, 605,000 moutons) et celle de VAude possèdent la race laitière du Lauraguais; au sud-ouest, les races béarnaise et landaise peuplent le bassin de FAdour et \es Landes; au sud-est, la race barberine occupe la plaine du Bas-Languedoc, et, au delà du Rhône, les moutons arlésiens passent Thiver dans la plaine de la Crau et Télé
dans les pâturages des Alpes (voir le tabl. par dép., p. 130 et 131).
En général, les agneaux naissent en majorité sur les terres pauvres et montagneuses ; ils sont vendus et engraissés dans des herbages plus riches ou dans de grandes fermes, puis consommés, partie sur place, partie dans les villes. Ils donnent lieu, ainsi que le gros bétail, à de très nombreuses transactions sur les marchés et dans les foires.
Paris est de beaucoup le centre le plus important pour la consom-
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Fig. 141. — Carte de la race caprine par départements.
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malion de toute espèce de viande. En faisant abstraction de cette ^iIle, on peut dire, d'une manière générale, qu'au nord de la Loire et du Rhône on consomme plus de bœuf, et qu'au sud on consomme plus de mouton.
248. lia ekèifre. — La chèvre (1,420,000 chèvres en 1886), dite '^ vache du pauvre », est surtout un animal de montagne qu'on élève moins pour sa chair, peu estimée, que pour son lait, sa peau et son poil. On ne compte pas tout à fait un million et demi de chèvres en France. On les trouve surtout dans les parties montagneuses (fig. 141), dans la région du sud-est; elles sont très nombreuses dans tous les dép. qui environnent Lyon^ particulièrement dans le Vivarais (Ardèche, i 00,000 chèvres en 1886), dans le bassin du
RhAne [Drôme^ Isère) ; elles faisaient autrefois la réputation du fromage du monl d'Or. On rencontre aussi des chèvres en Corse (132,000 chèvres), dans le Roussillon, dans une partie des plaines du centre, particulièrement dans le Berri, dans les Deux-Sèvres. Leur existence est liée à la petite culture. Autour de Paris, qui consomme beaucoup de lait, on élève beaucoup de chèvres (voir le tabl. par dép., p. 130 et 131).
249. lie porc. — Le poFC est un animal tout domestique, qu*on nourrit en partie avec les déchets des matières végétales et ani-
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