‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 47 sur 171 · PRODUCTION II · texte numérisé non relu

PRODUCTION II

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Le plomb (15,000 tonnes de minerai préparé extrait des mines de France et 3,977 tonnes de métal fabriqué avec ii,000 tonnes de minerai des mines françaises et le minerai importé, et valant 1201,000 francs en 1886) est le métal que la France produit en plus grande quantité. On l'extrait de la galène ou sulfure de plomb, en calcinant dans des fours ce minerai, préalablement broyé et lavé. Le minerai qui ne vaut pas la peine de ces préparations est vendu, tel quel, sous le nom d'alquifoux (500 tonnes),

pour servir à composer Témail des poteries communes. Le plomb tiré du minerai est ordinairement allié à une petite proportion (5 pour 1,000 environ) d'argent qu'on sépare. La production de Targent a été de 46,789 kilog. valant 7 millions l/â de fr. en 1886. Après la séparation, le plomb peut être obtenu soit pur, soit combiné de diverses manières, de sorte que les produits d'une exploitation plombifère se composent d'alquifoux, d'argent, de plomb, de litharge (protoxyde de plomb) et de minium (bioxyde de plomb).

La mine jadis la plus riche de France, celle de Pouilaouen et

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Fig. 154. — Carte de la production des métaux daas les mines et dans les usines.

d'Huelgoat (Finistère), est aujourd'hui épuisée. Le premier rang appartenait en 1886, aux mines de Pontpéan (lUe-et- Vilaine), de Pontgibaud (Puy-de-Dôme) et environs qui fournissent plus de la moitié de la valeur totale du plomb et de l'argent extraits en France; en seconde ligne, viennent Vialas (Lozère), VArgentière (Hautes-Alpes), Malines et Malons (Gard), Villefranche et Asprières (Aveyron), Bormellés (Var), Seinteix et Moncouslans (Ariège), Pierre fitte (Hautes-Pyrénées). La Loire et la Corse en fournissaient aussi.

Le cuivre (1,167 tonnes de minerai de cuivre, 3,519 tonnes de

L'INDUSTRIE. i9l

métal, en 1886, fabriqué principalement avec du minerai importé et valant 3 millions et i/2 de francs), dont on trouve sur divers points le minerai [Alpes, Cùrse, etc.), était exploité dans la mine de fer de5 Fosses (Savoie) et dans celle de Banca (Basses-Pyrénées).

La calamine et la blende (11,000 tonnes de minerai, préparé ou à peu près, en 1886) proviennent des départements du Far, de XAriège, d*Ille-et' Vilaine, etc.

Le zinc (environ 11,103 tonnes de minerai extrait en France) est exploité à Robiac (Gard), et se trouve aussi à Pontpéan et dans les Pyrénées.

hà manganèse (7,700 tonnes de minerai en 1886), connu sous le nom de manganèse de Bourgogne, provient principalement des mines de Grand-Filon et de Romanche (Saôneet-Loire), de Chaillac (Indre), de la Ferronnière ei Villerambert (Aude); on a en tiré aussi des Hautes-Pyrénées et de VAriège.

Vaniimoine sulfuré (247 tonnes de minerai fondu et 171 tonnes de régule et sulfure en 1886), est exploité dans la Haute-Loire, la Corse; il en existe aussi dans le Cantal, VAveyron et le Puy-de- Dôme, L'Isère (mine de Ckalanches) fournit un peu de nickel.

Vétain, qu'on n'exploite presque pas, se rencontre sur quelques points du Limousin ( Vaulry et Puy-les- Vignes) et de la Bretagne (Piriac et la Villeder), En lavant les sables du Rhin, on en retirait autrefois à grand'peine un peu de poudre d'or, qui ne procurait qu'un très mince salaire aux ouvriers.

On exploite avec succès des pyrites de fer ou de cuivre (185,000 tonnes en 1886) qui servent à fabriquer l'acide sulfurique, à Chessy, Soucieux et Saint-Bel (Rhône) ; sur les deux rives de la Brévenne et sur une ligne de gisements qui s'étendent dans YArdèche et le Gard, de Toumon à Pallières par Soyons et Saint-Julien de Valgalgues, et dont les produits sont traités dans les usines de Salindres, de Miramas et d'Avignon, On en extrait aussi de la mine de Pontpéan.

La valeur totale de ces diverses extractions minières (non compris le fer) était d'environ 6,700,000 francs en 1886, dont près de la moitié pour le plomb.

L'importation (ou plus exactement l'excédent des importations sur les exportations) a fourni, en outre, 37,000 tonnes de minerai de manganèse, 24,600 de minerai de zinc, 14,000 de minerai de cuivre, etc. Quant aux métaux précieux, ils forment une catégorie toute spéciale (voir livre VIII).

L'importation des autres métaux, cuivre, plomb, étain, zinc, avait

19a LA FRANCE.

une valeur d'environ 75 millions de francs en 1886. Une partie de ces métaux arrive soit en minerai, soit en lingots bruts qui sont fondus, épurés, forgés, laminés ou étirés, selon les besoins de la consommation, dans de grandes usines (au nombre de 15 en 1886, ayant employé 1,100 ouvriers et 57,000 tonnes de minerais divers), que nous pourrions classer parmi les industries préparatoires, mais que nous mentionnons ici parce qu'elles fournissent en réalité à la France une matière première qui lui manque. À ces métaux il faut ajouter 2 tonnes 1/2 d'aluminium extrait de la bauxite.

Telles sont les usines de Biache-Saint'Vaast (Pas-de-Calais) pour le cuivre, le plomb, le zinc; du Havre pour le cuivre, le zinc, le plomb; de Tourlaville^ près de Cherbourg; de Deville^ près de Rouen, de Laigle (Orne), de Romilly (Eure) et de Givet (Ardennes) pour le cuivre ; de Montataire (Oise) pour le zinc et le cuivre ; de Saint-Denis^ de Paris^ d'Essonnes (Seine-et-Oise), de Pontgibaudei de Couëron (Loire-Inf.) pour le plomb ; d'Imphy (Nièvre) pour le cuivre ; de Vienne (Isère), pour les trois métaux ; de Viviers (Ardèche) pour le zinc; de Salindres (Gard) pour Taluminium, de Marseille, où sont fondus les minerais, et surtout les minerais de plomb provenant des États riverains de la Méditerranée ; de Toulouse pour les cuivres du Chili et du Pérou. Les dép. qui produisent ces métaux sont situés, les uns dans Tintérieur prés des mines, Puy-de-Dôme, Ardennes; les autres près des ports d'importation, Bouches-du-Rhâne, Eure, Seine-Infeneure, Pas-de-Calais; il faut y ajouler la Seine, centre de la plupart des grandes industries (fig. n* 154).

La production des usines métallurgiques, surtout de celles qui traitent le cuivre et le plomb, s'est trouvée beaucoup réduite de 1875 à 1886. Elle avait, en 1886, une valeur totale de 18 millions 1/2 de francs. La production du plomb s était élevée en quelques années à près de 40,000 tonnes en 1859; la baisse des prix, quia été la conséquence de Timportalion facilitée par un tarif libéral. Ta fait descendre au-dessous de 15,000 tonnes en 1865. Elle s*est relevée, et, malgré la crise pénible de 1870-71, elle avait atteint, en 1875, 28,000 tonnes, valant 16 millions et demi de francs; la baisse des prix et la crise commerciale l'ont fait tomber, en 1886, è 3,977 tonnes, valant 1,201,000 francs. La production du cuivre, atteinte de la même manière, est tombée de 24,085 tonnes en 1875 (valant près de 56 millions de francs) au-dessous de 3,519 tonnes en 1886 (valant 3 millions et demi). La production du zinc est la

seule dont le progrès ait été à peu près continu, quoiqu'elle ait un peu décliné depuis 1882; elle était de 8^245 tonnes en 1872 et de 16,132 en 1884 ; mais elle a subi aussi la baisse des prix, car la

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valeur de la production était de 5,628,000 francs en 1872, et de 3,881,000 en 1886 (fig. 1S5). La production de X argent, dont la

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valeur a baissé aussi (i), est très variable d*une année à Tautre (34,454 kil. en 1875, 66,940 kil. en 1882, année la plus productive de la période, et 46,789 en 1886).

La France consomme en général beaucoup plus de métaux qu'elle n'en produit. L'importation a fourni, en 1886, 92 p. 100 du plomb, 66 p. 100 du zinc, 24 p. 100 du cuivre consommés, sans compter le minerai importé ou employé dans les usines de France.

273. Ij» hovillc et le fer. — Dans Ténumération des richesses extractives de la France, nous avons réservé les combustibles minéraux et le fer, qui sont trop importants pour ne pas être étudiés èi part. Depuis que les machines à vapeur ont pris possession des manufactures, l'empire de la bouille et du fer s'est étendu. La houille crée le mouvement y le fer fournit les outils, et ils peuvent être considérés, Tune comme Tàme, l'autre comme les muscles de l'industrie moderne. Leur importance s'est accrue à mesure que cette industrie grandissait et se perfectionnait. On peut prendre la quantité de houille et de fer consommée chaque année dans un pays comme une mesure approximative de son industrie.

En 1789, la France produisait à peine 250,000 tonnes de houille et en consommait 450,000 ; elle produisait 50,000 tonnes de fonte. En 1815, elle en produisait environ 900,000 tonnes et 110,000 tonnes de fonte ; elle consommait plus de 1 million de tonnes de houille et environ 110,000 tonnes de fonte.

En 1869, la France produisait 13 millions et demi de tonnes de houille, 1,380,000 tonnes de fonte et consommait plus de 21 millions de tonnes de houille et près de 1 million et demi de tonnes de fonte, le tout ayant une valeur d'environ 400 millions de francs.

Quoique la perte de l' Alsace-Lorraine ait porté une grave atteinte à cette richesse, la production est montée en 1883 jusqu'à 21,334,000 tonnes de houille et 2,069,000 tonnes de fonte, et la consommation à 32,439,000 tonnes de houille et à 2,350,000 tonnes de fonte. Sous ImQuence prolongée d'une crise agricole et commerciale, et par suite du ralentissement de la construction des chemins de fer, elle a perdu en quantité les années suivantes et, en 1887, la production de la fonte est tombée à 1,567,000 tonnes (elle a été approximativement de 1,688,000 tonnes en 1888), chiffre qui représente à peu près la consommation française, parce que l'importation et l'exportation du fer se balancent. Celle de la houille et de l'anthracite, après être

(1) La Commission permanente des valeurs de douane évaluait le kilogramme de plomb à 0fr,49 en 1872 et à (K',31 en 1866, le kilogramme de cuivre à a",35 et à 1«M2, le kilogramme de zinc à Of',ô8 et à (K',88.

desceBdue à t9,510,000 (en 1885), s'est relevée à 20,809,000 en 1887 et même approximativement à 22 millions et demi en 1888 et à 22,951,000 en comprenant le lignite dans le total. En 1886, la

consommation de la houille a été de 29,619,000 tonnes, dont iO importées (fig. 156 et 157).

Le nombre des mines de combustibles minéraux concédées était

de 639 en 1886, occupant 568,600 hectares; mais 297 seulement étaient exploitées.

Si la consommation de la houille a été de 29^619,000 tonnes

en 1886, c'est que Timportation (de Belgique, d'Angleterre et d'Allemagne) a donc fourni près de 10 millions de tonnes, dont plus de la moitié pour les seuls départements de Meurthe^l-Mo$elû, de la

Seine^ du Nord^ de la Seine-Inférieure, des Ardennes et de Y Aisne. Cependant la production de l'acier a moins fléchi que celle du fer et fait beaucoup plus de progrès ; car elle a presque triplé de 1872 à 1886. Les aciers Bessemer et Siemens-Martin se sont, dans un grand nombre de cas, substitués au fer; parleur grande solidité, ils contribuent à diminuer le renouvellement et, par conséquent, la consommation des produits fabriqués. — Le prix moyen de la houille sur le carreau des mines en France a baissé de 16 fr. 61 la tonne en 1873 à 11 fr. 19 en 1886 et de 31 fr. 83 à 19 fr. 79 sur les lieux de consommation.

La consommation de la houille et celle du fer (fonte, fer et acier) ont presque toujours été en France supérieures à la production; le complément a été fourni par Timporlation.

En moins de 75 ans (1815-1888), comme nous venons de le voir, la consommation de la fonte a augmenté dans le rapport dei à 16, et celle de la houille dans le rapport dei h 29. C'est surtout depuis 1840 , c'est-à-dire depuis la création des chemins de fer et l'application des moteurs mécaniques à la grande industrie, que le progrés a été très sensible, comme le montre la figure n** 156, qui indique èi la fois la production et la consommation annuelle de la houille en France depuis 1815. La ûgure n* 167 (voir p. 226) qui, représente le nombre de chevaux-vapeur des machines, machines fixes, locomotives et bateaux à vapeur, depuis la même époque, donne une idée assez exacte du progrés accompli dans la grande industrie manufacturière et dans Vindustrie des transports.

Les départements qui produisent le plus de houille sont aussi au nombre de ceux qui en consomment le plus, parce que beaucoup d'industries s'établissent près des houillères. Cependant la consommation est bien plus étendue et, par suite, plus également répartie que la production. En 1886, cinq départements [Pas-de^ Calais, Nord, l^ire, Gard, Saône-et- Loire) produisaient plus de 1 mUlion de tonnes, tandis que la consommation ne dépassait ce chiffre que dans trois départements (Nord, Seine, Loire), dont deux seulement étaient producteurs de houille.

Production de la bouille et du fer depuis 1802.

(D'après la Statistique de l'indtatrie minérale et la Situation industrieVe et CùmmerciaU de la France,)

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