‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 46 sur 171 · marbres. — Une grande partie du sol français se · texte numérisé non relu

marbres. — Une grande partie du sol français se

compose de terrains calcaires ou carbonate de chaux, débris de coquillages antédiluviens déposés en assises gigantesques durant les diverses périodes secondaires et tertiaires de la formation géologique. Ces calcaires se présentent sous différents aspects.

Le marbre est un calcaire très compact, diversement coloré par les carbonates ou les oxydes métalliques, souvent veiné, souvent moucheté de coquillages qui conservent encore leur forme primitive, comme les marbres dits « lumachelles », quelquefois composé de morceaux agglomérés dans une pâte compacte. On le trouve d'ordinaire dans les montagnes et dans les terrains métamorphiques.

La France est riche en carrières de marbre. Nous citons quelques-unes des exploitations les plus connues :

i* Dans le nord- ouest Boulogne et Ferques (Pas-de-Calais), qui donnent des marbres d'un gris brunâtre ; Maubeuge, Jeumont (carrière de Uon, de Gussignies, de la Fetulove), Trélon (carrière de Surmond)y Fennères (Nord), qui fournissent des lumachelles grises: Givet^ où se trouve la principale carrière de marbre de T Ardenne ; k ManSj centre du commerce des produits d'une douzaine de carrières situées dans la Sarlhe et dans la Mayenne; Sablé (Sarthe), d'où Ton tire de beaux marbres noirs veinés de blanc (marbre dit de Saint-Anne), rouges et roses ; Regnéville (Manche).

2^ Dans le Centre, diverses carrières situées pour la plupart dans les départements du Lo/, de Loi-et-Garonnej de ïArdèche, de la Nièvre et de V Allier (carrière de la Ferrière, etc.), et enveloppant en quelque sorte le Massif central. On peut citer, entre autres, les carrières de Chomérac (Ardèche), les carrières de Ladouée (Gôte-d*Or) qui donnent un marbre blanc teinté de rose, et celles de Châtillon-sW'Loire (Loiret); TAveyron possède les carrières de Miu et d'Arvieu.

B"" Dans les Pyrénées, qui possèdent les carrières les plus nombreuses et les marbres les plus beaux de France, la vallée de Campan (Hautes-Pyrénées), d'où l'on tire, la variété dite marbre campan; Sarrancolin et ses environs; Saint-Béat (Haute-Garonne), la plus belle carrière de la contrée, donnant un beau marbre blanc, inférieur cependant au Carrare ; Bagnères-de-Bigorre, qui possède quelques carrières et où tous les marbres des Hautes- Pyrénées sont débités; un peu plus au nord-est, Casiéra-Ver^ duzan (Gers,), qui produit un des plus beaux marbres jaunes connus, et Cannes (Aude), dont les carrières donnent principale^ inent un beau marbre incarnat.

4* Dans les Alpes, dont les marbres» généralement noirs, se vendent principalement à 6rrenoAfe; les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, V Isère, les deux Savoie renferment de nombreuses carrières. Dans le département du Jura sont trois ou quatre gisements de marbre jaune à bon marché.

5® Dans les Vosges se trouvent plusieurs gisements de marbres de diverses couleurs, entre autres ceux de LaveHne, mais dont les plus belles carrières sont perdues pour la France. Nous conservons celles de Gérardmer et de Remiremont.

6* Dans la Corse, riche en marbres, Corte, ville aux environs de laquelle sont les principales exploitations de Tlle {Bévinco, elc.)-

Les lithographes écrivent ou dessinent sur la pierre lithographique qui est de la même nature que le marbre : c'est un calcaire très compact, à grain très fin, qu*on ne trouve que sur un petit nombre de points. On l'exploitait en 1886 au Vigariy à Saint-Péray (Ardèche), à Belley et à Marchamp (Ain). Elle se trouve aussi à Dijon, à Thizg (Yonne), à Châieauroux,

265. EiM pierres de tmille. — Le marbre sert à rornementation. On construit rarement en France le corps même d'un édifice avec le marbre; on fait plus souvent usage d'un calcaire grossier et très rarement susceptible de poli.

Ce calcaire constitue des couches immenses dans les terrains secondaires et tertiaires. Les pierres qu'on en tire, quoiqu*à peu près de la même composition chimique, ont une valeur très différente aux yeux de Tarchitecle, suivant la finesse du grain, la pureté du calcaire, sa porosité, etc. D'une manière générale, on divise les pierres de taille en pierre dure, qui ne peut être débitée qu'avec la scie, et en pierre tendre ; on la divise aussi en pierre sèche, exempte d'humidité, et en pierre gélive, qui, contenant de l'eau dans ses fissures ou dans ses pores, est exposée à se déliter et à éclater quand le froid, faisant congeler l'eau, en augmente le volume. En laissant, il est vrai, les pierres sécher pendant un an après leur extraction, on évite presque toujours ce dernier inconvénient.

Les fragments de pierre de taille débitée en morceaux de petite dimension prennent le nom de moellons et sont employés en plus grande quantité encore que la pierre de taille elle-même.

La pierre de taille abonde en France : il n'est pas de département où l'on n'en extraie. Elle n'a pas peu contribué à la création et à l'embellissement de nos grandes villes. La statistique y a compté environ 10,000 carrières. L'exploitation dépend moins encore de l'existence du calcaire même, qui est très commun, que des

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débouchés; dans les endroits où l'on n'a pas le voisinage d'une ville importante ou l'avantage de communications économiques, on ne peut guère tirer parti d'une marchandise si encombrante. C'est pourquoi l'extraction de la pierre de taille s'est beaucoup accrue depuis la création des chemins de fer. La plupart des grandes villes de France ont dans leur voisinage des carrières qui ont servi à la construction des maisons et des édifices (i). Nous ne pouvons indiquer ici que les groupes les plus importants, principalement ceux qui servent à l'approvisionnement de Paris.

La ville de Paris est elle-même bâtie sur un lit épais de calcaire appartenant à la formation tertiaire, qu'on exploite depuis un temps immémorial et qui, dans tous les siècles, a servi à construire ses maisons. La partie ancienne et abandonnée est aujourd'hui désignée sous le nom de « catacombes »; mais, dans les environs de Paris, il y avait un très grand nombre de carrières, qui ont perdu aujourd'hui presque toute leur importance, moins parce que les gisements sont épuisés que parce que les chemins de fer permettent d'amener les pierres de loin : ce sont, dans le dép. de la Seine, celles de Nanterrey de Colombes, de Vitry-sur-Seine^ de VcuîveSy de Càâiillon, de Bagneux^ d'Arcueil, à'Ivry, sur la rive gauche du fleuve; sur la rive droite, celles à! Al fort, de CarrièreS'Saint'Denls, village qui a appartenu jadis à l'abbaye de Saint-Denis; dans le dép. de Seine-et-Marne, celles de Château- Landon et de Souppes^ d'où l'on lire les plus belles pierres de taille, etc. ; dans le dép. de l'Oise, celles de Saint-Leu^ Chantilly, Senlù, Saint-Maximin, Verberie, Saint- Vaast-lêS'Mello; dans les départements de Seine-et-Oise etde l'Eure, celles de ConflansSainte- Honorine et de Vemon.

Le groupe moins important du Soissonnais renferme les carrières de Crouy, de Saint-Gobain, de la Ferté^Milon (Aisne), qui donnent de belles pierres dures; le groupe de l'Ardenne, les carrières de fîràef (Ardennes), etc.

La Normandie possède aussi diverses carrières : Saint-Vaast (Manche], Marigny\ (Calvados); Allemagne (Calvados), dont la pierre, tirée d'un terrain jurassique, est très fine, très renommée, et qu'on exporte jusqu'en Angleterre.

La pierre de Bourgogne, extraite aussi des calcaires jurassiques, est plus renommée encore. On l'exploite principalement à Grimault (Yonne) , aux environs de Tonnerre (à Paey, à Lézinnes)

(I) n y a cependant de nombreuses exceptions : ainsi Toulouse est bâtie prineSpalemeot en briques.

dont les carrières donnent une pierre dure (Lézinnes) et une pierre statuaire (Tonnerre) d*une qualité supérieure, à Cry, Anstrude^ Vlslesur-Sereiny Thizy et Asnièrtt (Yonne) ; à Chewoches (Nièvre), à CoidmierS'IeSec (Gôte-d'Or).

La Lorraine possède également de nombreuses carrières; les plus connues sont celles de Châtillon'^ous-leS'Cdlei et d'Euvilk (Meuse), qui peuvent donner des blocs énormes.

Le Jura et les Alpes ont aussi des pierres de taille estimées, à Saint' Y lie (Jura), dansTarrondissement.de Gex; à Éckmllon, et à Voreppe (Isère), kAllan (Drôme) ; à Fonlvieille et à Cassis (Bouchesdu-Ubône), d*où Marseille tire une partie de ses matériaux de construction.

Dans la région de la Saône et dans celle de la Loire, nous citerons surtout les carrières de Toumus (Saône-et- Loire), de Couzon (Rhône), où Lyon se fournit en partie; celles de Nevers^ celles de Mer (Loir-et-Cher).

A l'ouest sont les carrières du Poitou et d'Angoulême; celles du canton de Bourg (Gironde), qui approvisionnent Bordeaux. Dans la vallée du Rhône, la pierre de Beaucaire est renommée. La craiCf qui forme aussi en France des couches d'une grande épaisseur, particulièrement dans le bassin de la Seine, est d'une formation et d'une composition analogues à celles de le pierre de taille ; mais elle est beaucoup plus tendre, et en général d'un beau blanc. Aussi Temploie-t-on rarement dans la construction, fréquemment dans les arts, pour certaines industries chimiques, pour le dessin, la peinture. Préparée d'une certaine manière, elle est désignée sous le nom de « blanc d'Espagne ».

On Texploite près de Rouen; h Meudon et à Bougival (Seine-et- Oise), à Troyes, k Gien, etc., en Touraine (craie tufiTeau).

266. JLa •iiiee. — La silice ou quartz se trouve souvent mêlée et souvent même alternant avec le calcaire. Les couches de ce minéral, déposées tantôt en rognons ou cailloux, tantôt en sable fin que les eaux de la mer ont détaché des roches granitiques, fournissent aussi divers matériaux à la construction.

La meulière en est un des plus importants ; c'est un silex le plus souvent rougeâtre, celluleux, formé par la solidification de Tacldç silicique au fond des eaux, quelquefois mêlé de coquilles dont la pâte a servi à agglutiner le quartz, et formant uqe pierre très dure. On trouve la meulière dans les terrains tertiaires.

Sans coquilles, elle sert à fabriquer des meules h moudre. La Ferté-80U8-Jouarre (Seine-et-Marne) possède à cet égard une

réputation plus qu'européenne ; de ses gisements, qui s'étendent sur une superficie de 3,000 hectares jusqu'à Épernay et Monimirail (Marne), on tirait par année plus -de 150,000 carreaux et 3,500 meules qui étaient exportées jusqu'en Amérique; mais l'invention des meules artificielles et des rouleaux a beaucoup réduit i'eicploitation. On peut citer aussi Meulan (ou plutôt Jambmlle, près de Meulan), Neauphle-le-Château, Longjumeau, la plaine de Gometz (Seine-et-Oise) , d'où l'on tire des meules de grès et de cailloux; Saint-Fargeau (Yonne) ; dans le Centre, Lésigny (Vienne), rivale de la Ferté-sous-Jouarre, Bergerac^ qui approvisionne presque tous les moulins de la contrée, Cahors, Chalon-sur-Saône^ dont les meules sont très propres k la mouture du maïs.

Mêlée de coquillages, la meulière est employée pour certains genres de construction, tels que voûtes, caves, fortifications, etc. ; elle est exploitée, près de Paris, à Meudon, à Montmorency , à Montreuil^ à Fontenay-atix-Itoses, h Viry-Châiillon^ etc.

Le silex ou pier7*e à fusils autrefois recherché, n'est plus l'objet que d'un commerce médiocre ; la principale carrière exploitée est à Mettsnest près de Saint-Aignan (Loir-et-Cher).

Le grès, au contraire, a une importance égale à celle de la meulière. C'est un sable très fin, plus ou moins fortement agglutiné, blanc ou coloré par divers oxydes en vert ou en rouge; on l'emploie comme pierre à bâtir ou comme pavé. On en fait des meules à aiguiser et il est une des matières premières de la poterie.

On en trouve dans beaucoup d'endroits, surtout dans le dép. de Seine-et-Oise, aux environs d'Houdan, etc.; dans celui de Seineet-Marne, où il forme le sous-sol du Câlinais septentrional, et où la forêt de Fontainebleau en fournissait pour i million 1/2 de francs enl886. En second lieu, Anteilly (Saône-et-Loire) en fournissait pour i million ; 3Jay et Feuquerollessur-Ot'ne (Calvados) 900,000; Nantes et Chantenay (Loire-Inférieure) 600,000; Vile Longue et Rostellec (Finistère) 500,000; Varesnes et Brétigny (Oise) 250,000; Bois- Mahon (Drôme) et Épemon (Eure-et-Loir) autant; Sainte-Sabine (C6te-d'0r) 150,000, Bourbon-VArchambault (Allier) 100,000. Dans les Vosges (et particulièrement à Wasselonne, en Alsace), on exploite beaucoup de grès. Paris est en partie pavé avec les grès de la forêt <le Fontainebleau et de la chaîne des Vosges.

Les meilleurs grès à aiguiser se trouvent dans la Charente^ dans h liaute-Loire et près de Langres (à Saint-Germain); ce dernier ornent est voisin d'un des centres importants de la coutellerie française. •

LA FRA:(ce. IL — 12

Le sable qui est exploité dans tous les départements est employé soit au jardinage, soit à la maçonnerie et à la confection des mortiers, soit à la verrerie et à la poterie. Les environs de Paris, Chdtillon-sur-Seine, hry-sur-Seine, Saini-Maur, Nogent-sur-Seine en fournissent beaucoup pour le premier emploi; Creil, Fontenay-aux- Roses, Étampes, Nevers, etc., pour le dernier.

A Dieppe on exploite des galets. Dans tous les départements il y des exploitations de caiï/ouo? employés pour macadamiser les routes ou construire des bâtiments.

267. lie plâtre c« le clatemt. — Nous n'avons pas épuisé les emplois industriels de la chaux, qui, à l'état de carbonate ou de sulfate, fournit à Thomme les matériaux de construction les plus divers et les plus utiles.

Valbàtre vrai, que Ton trouve en assez grande quantité dans les grottes des Pyrénées et, en général, dans les grottes calcaires, est un carbonate de chaux d'un blanc jaunâtre et à demi transparent; on s'en sert pour sculpter des coupes, des statuettes, etc. Mais on emploie plus souvent pour le même usage, comme étant moins cher, Talbàtre gypseux, sulfate de chaux beaucoup moins transparent, mais d'une blancheur parfaite, que l'on exploite sur divers points, entre autres à Lagny (Seine-et-Marne).

Le plâtre est aussi un sulfate de chaux, mais un sulfate combiné avec une certaine proportion d'eau, qu'on peut lui enlever. C'est la substance que l'on emploie le plus ordinairement pour lier entre elles les pierres d'une construction et pour faire les revêtements intérieurs et extérieurs. Il doit cette préférence â la manière dont il se comporte avec l'eau. On le cuit pour chasser l'eau de combinaison et on le réduit en poudre; de sorte que délayée dans l'eau, cette poudre réabsorbe promptementla proportion perdue et forme une pâte qui ne tarde pas à devenir solide, comme l'était primitivement le sulfate naturel.

Les environs de Paris (y compris la partie annexée de l'ancienne banlieue, de Montmartre à Charonne), Argenteuil^ où l'exploitation date de 1746 (90,000 tonnes de plâtre en 1886), Sannois, Épinay. Viltetaneuse, Pierrefitte, Vaujours, Pantin, Noisy-le-Sec, Bagnolety Romainville, Montreuil, Gentilly, Vitry, Clamart, Chàtillon, Villejuif, Suresnes et plusieurs autres communes des départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne, comme Bois-le^-Comte, la Marche, Bussières, fournissent un des meilleurs plâtres connus. On en tire beaucoup aussi de Saône-et-LoireièLSaint-Léger-sur-Dheuney près de Chalon, et h Berzé-la-Ville, près de Mâcon.

Il est à remarquer que Paris possède sous ses pieds trois des matériaux les plus employés dans le bâtiment : la pierre de taille et la meulière, situées principalement sur la rive gauche du fleuve ; le plâtre, sur la rive droite.

En calcinant le carbonate de chaux dans de grands fours, on obtient la chaux pure, ou oxyde de calcium^ autre lien des constructions, plus solide que le plâtre, quand on Ta délayée dans Teau et mélangée avec du sable ou des cailloux pour en faire du mortier ou du béton. On distingue : la chaux grasse, provenant du calcaire pur, laquelle gonfle beaucoup dans Teau et lie très fortement; et la chaux maigre, provenant d un calcaire impur, qui gonfle peu et lie moins.

C'est une industrie pratiquée dans presque tous les départements. Elle Test en grand : dans les environs de Paris, les Moulineaux et Romainmlle (Seine); Argenleuil^ Bougival et Essonnes (Seine-et- Oise); SainUQuentin^Châleau-Landon (Seine-et-Marne); dans l'ouest, Laigle, Z>ou^ (Maine-et-Loire), Lormandière (llle-et- Vilaine), la Bève (Seine-Inférieure); dans le centre, Paviers (Indre-et-Loire), les Ormes et Cordelières (Vienne), Beffes et Massay (Cher), Vichy ; dans le sud-ouest, Albi; dans le sud-est, Contes-les-Pins (Alpes-Maritimes), V Homme-d Alarmes (Drôme), le Teil et Cruas (Ardèche), VirieU'le-Grand (Ain); dans Test, Pont-de-Pany et Champagne-de- Beaune (Gôte-d'Or); Seilley, Saint-Bernard, Longchamp, Bar-sur- Seine^ Saint-Bock, et la Gravière (Aube). L' Ardèche, Y Aube et les environs de Paris étaient, en 1886, les centres principaux de la production de la chaux.

Unie naturellement ou par suite d'un mélange artificiel à Fargile, la chaux devient hydraulique, c'est-â-dire qu'elle acquiert la propriété de se solidifier promptement dans Teau et d*y durcir par lusage, au lieu de se déliter: c'est ce qu'on nommectmen^, romain ou autre. Toute chaux n'est pas également bonne h cette fabrication.

Les ciments les plus renommés sont ceux de Boulogne, de Desares et de Samer (Pas-de-Cedais); des Moulineaux (Seine); d'Aryenteuil (Seine- et-Oise); de Senonches (Eure-et-Loir); de Laroche, Wassy, Courterolles, Champrond (Isère), Chouard et surtout Frangey (Yonne); Pouilly-en-montagne (Côte-d'Or); dans le midi, ceux de Grenoble; de Chomérac, et du Teil (Ardèche) ; de Nîmes, de :Vomac, de Valentine, Bogue fort et laBédoule (Bouches-du-Rhône). Le Pas-de-Calais, Y Yonne et les Bouches-du-Bhône produisaient chacun de 105,000 à 137,000 tonnes en 1886. Cette industrie employait alors environ 2,000 ouvriers.

268. i4*artlle. — L*argile, formée par la décomposUion du feldspath contenu dans les roches granitiques, occupe dans la constitution de la cro(^te terrestre une place à peu près aussi importante que le calcaire et la silice. Elle n*est pas moins utile k l'industrie qu*àragricullure. Répandue presque partout, elle donne en maint endroit Targile commune, ou tetre glaise, qui sert, d'une part, à la construction en fournissant les briques, tuiles et carreaux; d*autre part, aux ustensiles de ménage, en fournissant les poteries grossières.

V argile à foulon, qui est employée, comme le savon, à dégraisser les étoffes, se trouve dans le Calvados, etc. 11 y en a aussi en Alsace,

Vargile plastique, qui forme une pâle beaucoup plus tenace et plus blanche après la cuisson, sert à fabriquer les briques réfractaires et la faïence. Les principales exploitations sont à Forges (Seine-Inférieure), à />reuar, kMontereau (Seine-et-Marne), à BolUne (Vaucluse), à Beauvais, et sur divers points du Nord, de la Somme, de Seine-et-Oise, de V Yonne, de la Vienne, de VArdèche, de la Dotdogne, etc. Sarreguemines, perdue en 1871, en fournit beaucoup.

Dans les terrains granitiques de la Haute-Vienne se trouve une argile particulière, Targile blanche ou kaolin, qui seule est propre à la fabrication de la porcelaine et que Ton exploite h Saint-Trieix, ainsi que dans Y Allier (les Colettes, etc.), dans le Cher, dans la Manche {les Pieux), près de Bayonne, en Bretagne, dans la Dordogne, la Drame, etc.

2G9. JLes emyrats minéraux. — Le calcaire, le sable, Vargile, sous forme de marne argileuse, sont exploités dans beaucoup de carrières pour fournir des amendements à Tagriculture, par exemple les faluns de Touraine sur le plateau de Sainte-Maure {Manthelan, etc.).

Les phosphates de chaux (bruts ou préparés) représentaient en 1886, un poids de 140,000 tonnes et une valeur d'environ 8 millions de francs. Ces phosphates, purement minéraux, se trouvent dans des sables qui en contiennent jusqu'à 82 p. 100. Ils sont exploités surtout dans les dép. du Pas-de-Calais qui a fourni 16 p. 100 de la production {Orville, Landrethun, Héty, Pemes-en- A7*tois, Hardinghem, Nabringhem, etc.), de la Somme {Beauval, Halencourt, etc.), Aes Ardennes [Vaux-Montrenil, Grandpré, etc.), de la Meuse qui a fourni 37 p. 100 de la production en 1886 (i4tfbréville, Neuvilly, les Islettes, Froidos, Lahaycourt, etc.), des Vosges, de la Haute-Saône, de la Côte-d'Or (arrondissements de Semw et de Beaune), et de V Yonne {Saint-Martin), de la Drame, de TAr-

L'INDUSTRIE. 18i

ièche^ de Vauclu$e [Rustrely Gignac), du Gard (Tavel, Saint-Maximin, etc.), de VAveyron {VilUfranche), du Lot {Bach, Lamagol, Cajarc), du Cher, de ï Indre [Malicomay, Chairu, etc.). Les usines sidérurgiques, telles que celles de Meurthe-et-Moselle et le Creusot, fournissent aussi des phosphates (49,000 tonnes en 1886) qu'on extrait des scories de déphospboration de la fonte.

La bauxite (aluminate de fer) est exploitée à Baux près de Tarascon (Bouches-du-Rhône), dans le Var, au Luc, et dans YHérauft /ellesert, surtout à Alais et à Salindres, à fabriquer Valumine. Les mines d^alunite n'ont pas été exploitées en 1886.

270. Ijc sel. — Aux industries extractives se rattache Texploiialion du sel, que l'on tire soit des mines, sous le nom de « sel gemme », soit des bords de la mer, sous le nom de « sel marin ». L'origine est toujours la même, le sel gemme étant un dépôt laissé par la mer aux époques géologiques anciennes.

On trouve le sel gemme presque toujours dans les terrains tria- 8lques, soit en fouillant la mine, soit en l'inondant et en tirant, à l'aide de pompes, l'eau chargée de sel que l'on fait ensuite en partie évaporer en la versant sur des las de fagots, dits « bâtiments de graduation ». L'eau, après plusieurs opérations de ce genre, devient beaucoup plus riche en sel, et l'on achève le traitement en faisant évaporer par le feu le reste du liquide.

Le sel gemme de France (58 mines concédées et 29 mines exploitées en 1886) vient principalement de la Lorraine, qui occupe à cet égard le premier rang en France, salines de Varangéville et de Saint-Nicolas, près de Nancy, etc. (environ 234,000 tonnes, dont 134,000 raffiné et 101,000 brut en 1886 pour le dép. de Meurtheet-Moselle). Nous avons perdu, en 1871, celles de Vie et de Dieuze en Lorraine, Des sources salées, telles que celles de la Franche- Comté {Salins, où l'exploitation est aujourd'hui abandonnée, Lonsle-Saunier, etc.), celles des Basses-Pyrénées {Salies, etc.), des Landes et de la Haute-Garonne en fournissaient aussi.

Le sel marin provient soit des marais salants de l'Océan, qui s'étendent de l'embouchure de la Loire h celle de la Gironde, dans les dép. de Ib, Loire-Inférieure, de la Vendée et de la Charenteinférieure, soit des salins de la Méditerranée, qui s'étendent sur toute la c6te du Bas-Languedoc et sur la partie occidentale de la Provence, surtout dans le département des Bouches-du-Rhône (4,062 exploitations de marais salants en 1886 ; voir fig. n"* 152). On l'obtient en faisant pénétrer l'eau de mer dans de vastes bassins ayant peu de profondeur, disposés à la suite les uns des

autres ; et on y introduit successivement Teau à mesure qu'elle 8*est concentrée, ou qu'elle est devenue plus riche en sel. Le soleil et le vent, exerçant leur action sur une grande surface, font évaporer en partie Teau. Chaque jour on enlève le sel crîstallisé, dit « sel gris », que Ton fond ensuite et que Ton fait cristalliser de nouveau dans des bassines, quand on veut obtenir du sel blanc. Depuis que les chemins de fer en diminuant en quelque sorte les distances ont amoindri l'avantage dû à la proiiimité des grands marchés (Paris et le Nord), les marais de l'Océan, placés sous un

Fig. 152. — Carte de U prodaction do seL

ciel souvent brumeux, éprouvent de grandes difQcultés à lutter contre les salines de l'Est, exploitées industriellement, et contre les salins de la Méditerranée, favorisés par le soleil du Midi et exploités suivant le procédé de M. Balard.

Depuis trente ans {Cig. 153) la production du sel, malgré la perte, en 1871, d'une partie de la Lorraine, a augmenté d'une manière h peu près régulière dans les salines (de 75,0(X) tonnes en 1853 à 424,000- en 1886 (1); elle est restée, malgré les variations

(i) Ces chiffres sont ceux qui émanent du ministère des finances. La Sialistique de l'industrie minérale^ publiée par le ministère des travaux pubUcs, donne seulement 31 1,000 tonnes pour le sel gemme et 35? ,000 pour le sel marin : total 663,000.

L'INDUSTRIB.

annaelles, à peu près stalionnaire dans les salins de la Méditerranée (260,000 et 311,000, etc.); elle a diminué dans les marais salants de rouest (220,000 et 74,000). En somme, la producUon totale (809,000 tonnes) a presque doublé depuisl872, époqueoù elle était de

OO

449,000 tonnes, sans être cependant remontée au niveau qu*elle avait avant 1870 (527,000 en 1864 et 871,000 en 1868). On estimait atteinte, en 1886, à 12 millions de francs la production du sel, près de

Ig4 LA FRANCE.

moitié pour le sel gemme et plus de moitié pour le sel marin (1).

De la cendre de& herbes marines on tire le carbonate de soude^ qui est très employé dans les arts industriels. Des sables imprégnés de sel marin et de débris animaux on extrait la tangue^ qui est un bon engrais (v. p. 16).

271. EiM «ans nttaéralM et thermales. — AuX industries extractives on peut rattacher les eaux minérales et thermales, qui sont aussi des richesses fournies par le sol, dont Thomme use comme des sources salées, et pour la recherche desquelles il exécute quelquefois des travaux analogues à ceux des mines. Les eaux minérales et thermales sont des médicaments qu'on prend sous forme de boisson ou de bain, h domicile ou sur place. De là, l'importance qu'ont, en été, certaines villes d'eaux où la médecine et la mode amènent de nombreux baigneurs.

Les sources minérales doivent leurs propriétés à la nature des terrains ferrugineux, sulfureux ou autres qu'elles traversent et dont elles dissolvent les sels ; aussi se trouvent-elles presque toujours dans les terrains primitifs ou volcaniques , et, par suite, dans les pays de montagnes.

On peut les classer en quatre groupes, correspondant à des massifs géologiques distincts :

1*^ Le groupe des Vosges, où dominent les eaux dites salines, c'est-à-dire contenant différents sels, tels que sulfates et carbonates de soude et de chaux, et les eaux alcalines, renfermant d'ordinaire une notable proportion de silice. On y trouve, sur le revers lorrain, Gontrexéville (Vosges) (surtout la source du Pavillon), eau alcaline froide quelque peu ferrugineuse, recommandée dans les cas de gravelle, de gastralgie, de catarrhe de la vessie, etc. ; Plombières (id.), connue déjà des Romains, dont le site pittoresque a contribué à faire la fortune, presque autant que les eaux chaudes et alcalines, employées contre les maladies de l'intestin, des nerfs, du foie et de la rate et contre les hémorrhoïdes ; Vitlel (id.), eau alcaline ferrugineuse froide ; Bussang (id.), eau froide ferrugineuse et gazeuse, qui facilite la digestion et est employée contre l'anémie ; Luxeuil et Mat*tigny 'les- Bains (id.), source alcaline et ferrugineuse, située dans le voisinage de Plombières et ayant les mêmes propriétés que celles de Contrexéville ; Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), dont les eaux chaudes, fortement chargées de chlorure de sodium, sont adminis-

(1) Ce prix ne comprend pas Timpôt qui, de 1837 à t849, a été de 60 à 70 millions de francs par an et qui depuis la rédaction de l'impôt en 1848 a varié de 26 à 40 millions.

L'INDUSIBIE. 185

trées en douches et en bains comme un remède contre les douleurs rhumatismales, la goutte, les maladies des os ; Sermaize (Marne), source alcaline froide comme Gontrexéville* L'Alsace, que nous avons perdue en 1871, possède les eaux de Soultimait^ de Niedei'ironn^ etc.

2* Le groupe, du Jura et des Alpes, dont les eaux minérales, employées principalement contre les maladies de la peau, les maladies des voies respiratoires et les rhumatismes, contiennent pour la plupart des chlorures et des sulfures. On trouve dans le Jura Guillon (Doubs), eau sulfureuse froide, employée contre les maux d'estomac; Salins (Jura), eau chlorurée sodique employée en douches et en bains contre le rachitisme et les scrofules.

Dans les Alpes, on trouve, dans le dép. de la Haute-Savoie^ Amphiofi'les-BainSy eau alcaline et ferrugineuse froide, Évian, (source Cachai, source Bonne-Vie, etc.), eau alcaline froide, employée comme Feau de Gontrexé ville, la Caille, eau sulfureuse tiède, employée contre les affections des muqueuses, Saint-Ger^ raû, eau saline sulfureuse chaude, employée contre les maladies inflammatoires, les affections de Festomac, de Tintestin et de la vessie. Dans le dép. de la Savoie, Aiz-les-Bains, dont les eaux chaudes et sulfureuses, connues depuis l'époque romaine, attirent chaque année dans un site délicieux de nombreux rhumatisants; Marlioz, eau sulfureuse froide employée en boisson et en inhalation dans les affections des voies respiratoires ; C halles, seule source connue d'eau sulfureuse et bromo-iodurée froide et qui donne lieu à une exportation importante; /a ^attcAe, qui fournit une bonne eau de table ferrugineuse et non gazeuse; Brides, source saline sulfatée chaude, employée contre l'obésité, le catarrhe des voies urinaires, etc.; Salins-Moutiers, source saline chlorurée chaude, employée contre les affections scrofuleuses. Dans le dép. de Y Isère sont : Allevard, dont l'eau sulfureuse et froide, employée contre les maladies des voies respiratoires, dégage une forte odeur d'acide sulfhydrique et dont le paysage attire autant que celui d'Aix-les- Bains; Uriage^ non moins célèbre par les beaux sites de la chaîne de Belledonne que par ses eaux sulfurées et salines, employées surtout contre les maladies de la peau ; la Motle, eau saline chlorurée chaude, employée contre l'atonie des viscères. Dans la Drame, sont: Condillac, eau de table gazeuse, légèrement alcaline, facilitant la digestion ; Montbrun-les-Bains, eau sulfureuse froide, employée contre les dartres, les rhumatismes, etc. ; Bondonneau, eau iodobromée froide, employée contre les maladies de la peau et les

scrofules; Montélimar^ eau saline chlorurée. Dans le dép. des Bouches-dU'RMne se trouve Aix, dont les eaux chaudes étaient connues des Romains; dans le Yaucluse, Montmirail^ eau saline sulfatée froide, du genre des eaux de Sedlitz et d'Epsom. En Corse, Orezza, Pietrapola^ etc. ont des sources d'eau ferrugineuse, froide et mousseuse ; celles de Puxzichello sont chaudes.

3^ Le groupe du Centre, dont les sources, en général ferrugineuses et carbonatées, sourdent tout autour du massif volcanique de TAuvergne ; dans la Creuse, Évaux, eau alcaline ; dans la Nièvre, Fougues, eau alcaline calcique froide, très renommée au xvï« et au xvn« siècle et très employée pour les affections de Testomac et du foie; Saint-Honoré, eau sulfureuse tiède, connue des Romains et employée aujourd'hui contre les affections des voies respiratoires; dans V Allier, Néris, eau saline chlorurée chaude, qui a les mêmes propriétés que les eaux de Bade et de Tœplilz; Bourbon-tArchambault, eau chlorurée chaude renommée au XVII* siècle, employée contre les rhumatismes et les maladies des os et les scrofules; Saint-Pardoux, eau de table qui active la digestion. Vichy, situé au bord de TAllier, est le plus important des établissements balnéaires de France ; il renferme neuf sources appartenant à l'État et jouissant de qualités diverses, et trois sources appartenant h des particuliers ; les eaux de Vichy sont chaudes, gazeuses, chargées en général de carbonate et de sulfate de soude, de chaux et de magnésie et sont recommandées contre les affections de l'estomac, du foie et des intestins, et contre les rhumatismes; on les prend sous forme de boisson et de bains; on en exporte des millions de bouteilles et on en extrait des sels. Dans Saône-et-Loire, se trouve Bourbon-Lancy, eau saline chlorurée chaude, qui rappelle celle de Wiesbaden et qui est employée contre les affections rhumatismales; dans la Loirey SairU'Alban et Sail-sous-Couzan, Saint-Galmier, Benaison, eaux de table légèrement gazeuses, et renommées depuis les temps antiques ; dans le Rhône, Charbonnières, eau ferrugineuse froide, employée dans les cas d'anémie. Dans le Puy-de-Dôme se trouvent Boyat, qui est agréablement situé dans un étroit vallon près de Clermont-Ferrand et dont l'eau, alcaline et chaude, a des propriétés analogues à celle d'Ems et est employée surtout contre l'asthme; leMont'Dore, dont l'eau, alcaline, arsenicale, ferrugineuse, est employée contre la phtisie et les autres maladies des voies respiratoires et qui se trouve dans un étroit vallon , fermé au sud par le puy de Sancy et bordé par les deux crêtes du Mont-Dore; la Bout-

bottkj eau alcaline arsenicale, chaude, tonique et dépurative, propre au traitement des affections cutanées; Saint^Nectaire, eau alcaline chaude, employée contre la chlorose ; Chàtelguyon^ eau alcaline, chlorurée, chaude (source Gublet) employée dans le cas de ày%pepsie ;Aottzat, eau ferrugineuse tiède, employée contre Tanémie; Chdteauneuf et Chdteldon, JReulaigue, eaux de table gazeuzes, alca- Cnes et f^'.rrugineuses. Dans le Cantal, Ckaudes^Aigues, dont Teau alcaline est assez chaude (81®) pour cuire les aliments et chauffer les maisons pendant l'hiver; Vic-sur-Cère, eau alcaline, froide et gazeuse. Dans VArdèchej Vak^ eau alcaline froide que fournissent de nombreuses sources et qui contient une proportion considérable de carbonate de soude; Marcols, source ferrugineuse froide, contenant de Facide carbonique et employée dans les cas d*anémie et de diabète; Saint-Mélanyj eau sulfureuse froide employée pour les maladies de peau; Celles^ eau alcaline froide; lYeyrac, eau alcaline chaude. Dans Y Hérault, Balaruc, eau saline, fortement chlorurée et chaude, employée dans les cas de rhumatisme et de paralysie; LamahUy source ferrugineuse, alcaline chaude, employée dans les cas d appauvrissement du sang; Avesne, source alcaline chaude; Rieu-Majou^ eau bicarbonatée calcique froide. Dans VAude il y a Alet, source alcaline tiède. Dans YAveyron sont Cransac, eau purgative contenant des sulfates de manganèse, de fer et de magnésie ; Anàibre, dont les eaux rappellent celles de Vichy; Silvanès, eau digestive, ferrugineuse et chaude ; dans le Tarn, Lacaune, eau arsenicale tiède; dans la Lozère, la Chaldette, eau alcaline chaude, et Bagnob, eau sulfureuse chaude.

-i^ Le groupe des Pyrénées, dont les eaux ont le caractère particulier d'être, pour la plupart, sulfureuses et dont beaucoup conviennent, par conséquent, aux personnes affectées de maladies de la peau» des bronches, de la poitrine ou de rhumatismes. En allant de Test h l'ouest, on peut citer, entre autres lieux fréquentés, ^^w&le&Pi/rénées-Orientales, la Preste, le Vernet ; AméHe-les-Bains, eau thermale sulfureuse où l'on envoie beaucoup de poitrinaires et où a été construit par l'État un établissement pour le traitement des militaires ; Moligt, eau sulfureuse ; le Boulou , eau alcaline froide; Vinça, eau sulfureuse tiède, dans un beau site. Dans l'Ariège, Aulus, eau alcaline tiède, Ax, dont les eaux thermales sulfureuses, très abondantes, sont employées comme médicament et servent en outre, à cause de leur température (75*),. à tous les usages domestiques; Ussat, eau alcaline chaude. Dans la HaïUe* Garonne, Bagnères-de-Luchon, qui, située au centre de la plus

belle vallée des Pyrénées, à proximité du port de Yénasque, de la Maladetta et d'autres sites intéressants, possédant d'ailleurs diverses sources, les unes thermales sulfureuses, d'autres froides salines, attire une foule d'étrangers par la variété de ses moyens thérapeutiques et le charme de ses promenades ; Encaussty source alcaline tiède. Dans les Bautes- Pyrénées , Barèges, eau thermale très sulfureuse , ayant une action énergique, une des plus appréciées pour guérir les blessures et les rhumatismes, localité possédant un établissement militaire , et BariutinBarèges^ eau sulfureuse chaude ; Bagnh^ei'de-Bigorre^ possédant une cinquantaine de sources d'eau alcaline ferro-arsenicale chaude, qui par leur diversité conviennent à plusieurs maladies et sont toutes plus ou moins laxatives et reconstituantes; Labassère, source sulfureuse froide, employée contre le catarrhe des bronches, les maladies de peau; Saint-Sauveur^ eau recommandée pour les maladies des voies urinaires ; CatUerets^ localité voisine du « pont d'Espagne » et du lac de Gaube, possédant douze sources d'eau thermale sulfureuse ou saline, dont la diversité réunit à peu près toutes les propriétés des eaux sulfureuses; Capvem, eau alcaline calcaire presque froide, propre à stimuler l'appétit; Siradan, eau sulfatée et ferrugineuse froide. Dans les Basses-Pyrénées se tr(»uvent Saint-Boès^ eau sulfureuse froide, les Eaux-Bonnes elles Eaux-Chaudes^ situées au fond de la vallée d'Ossau, au pied du mont Gourzy et dans le voisinage du Pic du Midi, eaux sulfureuses chaudes ou froides, employées en boisson ou en bains, les premières dans les maladies des voies respiratoires. A ce groupe se rattachent les boues alcalines et les eaux thermales, très abondantes, de Dax.

En dehors de ces quatre groupes, on peut signaler encore plusieurs sources jouissant d'une certaine renommée : l'eau azotée de Passy (Seine) ; l'eau sulfureuse froide d'Enghten (Seine-et-Oise), et de Pierre fonds (Oise) ; l'eau ferrugineuse froide de Provins^ dans le bassin parisien ; Forges-ks-Eaux (Seine-Inférieure), sur le plateau de Caux, eau ferrugineuse froide ; ChâieavrGonthier^ id. ; Bagnoles (Orne) ; près des granits du Gotentin, eau sulfureuse tiède, employée contre l'hystérie; Petit-Saint-Jean (Somme), eau ferrugineuse froide; 5am/-Ama«d (Nord), renommé pour ses boues sulfureuses tièdes; Roche fort, dont l'eau sulfatée jaillit d'un puits artésien creusé, en 1866, dans les couches du terrain de transition.

La mer est un immense réservoir d'eau minérale et les bains de mer (voir § 51 et suivants), situés sur presque toutes les plages {Artois, Normandie^ Bretagne, Landes, Béam, Languedoc, Pro-

vence) peuvent être rangés dans une catégorie voisine de celle des villes d*eaux.

272. litM métaux. — La France, riche en carrières et en eaux minérales, est pauvre en métaux autres que le fer; elle est obligée de faire venir de l'étranger la plus grande partie de ceux qu'elle emploie. La présence du minerai a été signalée cependant sur un grand nombre de points; des concessions nombreuses (327) ont même été faites ; il y en avait, en 1886, 307 pour le minerai de fer et 275 pour les autres minerais métallifères occupant une superficie totale de 487,000 hectares. Mais 105 seulement, dont 44 pour les métaux autres que le fer, étaient en activité ; ce nombre diminue sensiblement depuis quelques années. C'est en général dans les terrains anciens que sont les filons métalliques.

Prodaclion des mines et usines métallargiques {fer excepté)

de 1816 à 1886.

Par tonnes.

(D'après la Statistique de Vindustrie minérale et la Situalion économique et commerciale de la France.)

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