‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 85 sur 171 · lie moaTemeat des échaa^es. — Le commerce intérieur · texte numérisé non relu

lie moaTemeat des échaa^es. — Le commerce intérieur

s'exerce sur tous les produits de Tagriculture et de Tindustrie françaises qui ne sont pas directement consommés par les producteurs mêmes, et sur tous les produits importés de l'étranger. Gomme la plupart des marchandises passent dans plusieurs mains avant d'être définitivement absorbées par la consommation, il est possible que ce commerce roule chaque année sur une somme supérieure à 100 milliards; le mouvement des opérations de la seule Banque de France s'élevait en 4886 à 12 milliards. Évaluer ce commerce est impossible ; mais on peut juger de sou progrès, lequel est dû à l'accroissement de la production et h la facilité des communications, en comparant, à diverses époques, soit le transport des marchandises sur les chemins de fer et les voies navigables, soit le service des postes (voir § 336), et se faire une idée approximative de sa répartition par département en examinant le tableau des pages 415 et 417, qui fait connaître le montant des opérations de la Banque de France et de ses succursales.

347. lies marchés et les foires. — On distingue le commerce en détail^ qui a pour but de satisfaire immédiatement aux besoins journaliers de la population, et qui se fait d'ordinaire entre marchand et consommateur, et le commeixe en gros^ qui forme les grands approvisionnements, et qui a lieu entre négociants.

Le premier est pratiqué dans tous les centres de population, et avec d'autant plus d'activité que la population est plus nombreuse ; et l'on peut presque mesurer l'importance du commerce de détail d'une localité par le nombre de ses habitants. Paris, Lyon et Marseille tiennent h cet égard les premiers rangs.

Le second est exercé surtout dans les principaux centres de population, qui sont aussi des centres de consommation, dans les centres de production agricole ou industrielle et sur les grandes places qui sont les points de départ ou de croisement des routes les plus fréquentées. La construction des chemins de fer qui, sur beaucoup de points, a changé la direction des transports, a affaibli, à ce point de vue, l'importance de certaines villes et accru l'impor-

tance de plusieurs autres : ainsi, par exemple, Orléans a perdu el le Mans a gagné ; Périgueux a vu doubler sa population.

Au moyen ôge, le grand commerce, beaucoup moins considérable qu'aujourd'hui, se faisait principalement à certaines époques fixes, sur des points déterminés par la direction même des routes : telles étaient les foires de Champagne, entre la vallée de la Saône et celle de la Seine ; les foires de Lyon et de Beaucaire (Gard), sur le Rhône, entre la France, Tltalie et les autres pays méditerranéens; celle du Lendit, près de Paris. La fréquence et la sûreté des communications ont modifié peu à peu ces habitudes, et les villes ont de nombreux magasins qui en font pour ainsi dire des foires permanentes. La foire de Beavcaire était la seule qui eût conservé jusqu au xix* siècle une importance notable.

L'agriculture est restée, par les conditions mêmes de sa production, plus fidèle à ces usages. Dans toutes les villes, petites ou grandes, elle a ses marchés, qui sont permanents dans les cités populeuses et qui, dans les autres, se tiennent une ou plusieurs fois par semaine, quelquefois par mois; on compte environ 7,000 marchés en France. Le plus considérable est le marché des bestiaux de Paris, établi k la Villette. On peut citer après lui les marchés de Vitry-le-François, de Gray, d'E(ampes,de Afoissac, de Saint- Florentin (Yonne), de Valognes, d'Avranches, de la Réole, de Marans (Charente- Inférieure), de Lectoure, etc. L'agriculture a aussi des foires qui se tiennent une ou plusieurs fois par an, et qui d'ordinaire sont affectées à la vente d'un produit particulier : parmi les plus considérables on cile encore celle de Guibray (faubourg de Falaise), et celle de Caen, où l'on fait un grand commerce de chevaux.

5® Mcllon.

Page 1