LE COMMERCE EXTÉRIEUR
SoMMAiRB. ~ 348. La balance des échanges (422). — 349. L'inaportation des produits naturels et des matières premières (431). — 350. L'importation des produits manufacturés (435). — 351. L'exportation (436).— 35?. La balance des importations et des exportations (446). — 353. Les pays d*iraportaUon et d'exportation (448). — 354. Le transit (466). — 355. Les douanes, les entrepôts, les ports (467).
348. lift balaace des éehaii|r«** — I^ans l'état actuel de la civilisation, qui a développé les rapports internationaux et les besoins, un grand pays ne se suffit pas à lui-même. Ses habitants con-
somment certains objets, matières premières, denrées, produits manufacturés, qu il leur faut demander aux pays étrangers.
Les marchands se chargent de les faire venir; mais il faut qu'ils les payent à l'étranger qui les leur vend et qu'ils donnent, s'ils n'ont pas d'autre moyen de s'acquitter, la valeur en numéraire, comme un passant le fait quand il achète une marchandise dans une boutique. Il est rare cependant que le payement se fasse de cette manière. Gomme les étrangers en font autant de leur côté, il se trouve dans tous les pays, en conséquence du commerce international, des débiteurs et des créanciers. Les créanciers tirent des lettres de change sur leurs débiteurs. Une des fonctions des banquiers est de se rendre acquéreurs, par l'escompte ou autrement, de ces lettres de change et de les revendre aux débiteurs qui ont à payer des créanciers à l'étranger. La compensation s'établit ainsi en grande partie, non entre deux nations directement, mais entre toutes les nations commerçantes, par un échange d'effets de commerce. C'est donc surtout en valeurs de marchandises que les échanges se soldent; les métaux précieux Ogurent nominalement comme étalons de ces valeurs et réellement comme appoint ; mais ce sont principalement des produits de leur agriculture, de leurs mines et de leur industrie que les nations échangent entre elles. Par conséquent, pour qu'une nation ait un grand commerce ezté-^ rieur, il faut, sauf de rares exceptions comme celle des Hollandais au xvii** siècle, qu'elle produise elle-même beaucoup de richesse.
On appelle importation la somme des objets qu'un pays tire de l'étranger; exportation, la somme des objets qu'il fait sortir de ses frontières pour les livrer à l'étranger.
Quelquefois un pays agit comme simple intermédiaire en prêtant ses voies de communication pour le transport des produits d'un pays étranger dans un autre pays étranger : c'est ce qu'on nomme transit; la France par exemple, par rapport à la Suisse, pour les denrées coloniales.
Certaines matières peuvent, à titre d'admission temporaire, entrer en France sans payer de droit, parce qu'elles sont destinées à être réexportées après avoir reçu une certaine main-d'œuvre; elles ne peuvent être admises que si l'importateur fournit des garanties de cette réexportation.
Les marchandises qui, h quelque titre que ce soit, entrent en France ou en sortent, constituent le commerce général de la France; mais une partie des marchandises importées ne font que transiter ou entrent à titre d'admission temporaire, ou demeurent
dans les entrepôts réeb (I), considérés comme des lieux neutres où elles sont censées n'avoir pas encore pénétré sur le territoire national et où elles sont, jusqu'à leur sortie, exemptes des droits de douane. Celles qui sortent de l'entrepôt pour retourner à l'étranger ne figurent qu'au commerce général; celles qui en sortent en acquittant les droits d'entrée et celles qui sont importées directement en France sans avoir à payer de droit d'entrée ou en payant ce droit constituent Yimportation du commerce spécial; les marchandises qui sortent de France sans provenir des entrepôts ou sans être en transit, constituent Yexportation du commerce spécial. L'ensemble du commerce général est donc supérieur à celui du commerce spécial (2).
En réalité, l'équilibre du commerce extérieur ne s'établit pas régulièrement chaque année, dans un pays, par le seul échange des marchandises, ni même par les métaux précieux dont on connaît d'ailleurs imparfaitement les quantités importées ou exportées; les achats et ventes de valeurs mobilières et le payement des arrérages de rentes ou d'autres valeurs étrangères contribuent aussi à cette balance. Il y a des périodes où l'importation, et d'autres où l'exportation est en excès (voir les deux courbes inférieures de la fig. 213). En général, les peuples riches qui ont beaucoup de capitaux placés à l'étranger peuvent importer plus qu'ils n'exportent sans que la balance leur soit défavorable.
En apparence, les statistiques ne présentent que très rarement l'équilibre (3) et cela pour diverses raisons : soit parce qu'il n'existe pas en réalité, soit parce que, les marchandises exportées n'étant pas au moment de la sortie grevées des frais de transport et des droits de douane comme les marchandises importées le sont à leur entrée, la valeur de l'exportation enregistrée par la douane est presque toujours inférieure à la valeur réelle; soit parce que les statistiques manquent de la précision désirable, beaucoup de déclarations étant inexactes et beaucoup de valeurs passant la frontière avec les voyageurs sans être déclarées.
(1) Voir plus loin, § 353.
(2) Mais le principe peut se trouver en défaut pour certaines marchandises soumises à un droit de douane. Ainsi, on peut importer une année beaucoup de café qui reste dans les entrepôts; Tannée suivante, importer peu de café (commerce général faible) et en tirer beaucoup des entrepôts pour la consommation (commerce spécial considérable],
(:j) Voir page 450.
LE GOMMERCB.
Commerce de la France par périodes décennales. (D'après le Tableau décennal du commerce extérieur^ 1877-1886.)