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349. li'importatlon des prodalts natarels et des matières premières. — Pays manufacturier, la France importe surtout des matières premières destinées à alimenter ses manufactures, que son sol ne les produise pas ou qu'il les produise en trop faible quantité. La somme, au commerce spécial, élail, en 1888, de 2 milliards pour les matières nécessaires à l'industrie et de près de 1 milliard et demi pour les objets naturels d'alimentation.
1"* Les fibres textiles, à savoir :
La soie, qu'elle importe en cocons, en soies écrues ou teintes, en bourre, pour une valeur de 318 èiâll millions (1* 40 millions, période 1827-36; 2« 297 millions, période 1877 86; 3« 318 en 1882 et 211 millions en 1885) (1); elle vient de la Chine, du Japon, du Bengale (directement ou par l'intermédiaire de l'Angleterre), du Levant (surtout de Brousse) et de l'Italie (Piémont), etc.
Le coton, qu'elle importe pour une valeur de 211 à 161 millions (1« 59 ; 2M96; 3« 211 en 1882, 161 en 1886) : elle le tire des États- Unis, dont la production, interrompue quelques années parla guerre de sécession, a repris son ancienne activité ; de l'Inde, qui lui envoie,
(1) La valeur de l'importation et de l'exportation varie pour chaque article d*une année à l'autre. En vue de donner une idée de l'importance relative des diverses branches de notre trafic, nous indiquons pour les articles principaux la moyenne décennale de Timportation et celle de l'exportation du commerce spécial : 1° pour la période de 1827-1836, la première de la statistique du commerce extérieur; 2^ pour la dernière période 1877-1886; 3» par ordre chronologique, le chiffre le plus élevé et le chiffre le plus faible de la période quinquennale 188*2-1K87. Ainsi rimporlaiion de soie et bourre de soie a été : l» de 40 millions en moyenne par an dans la période 1827-1836; 2* de 297 millions en moyenne par an dans la période 1877-18}<6 ; 3* de 318 millions en 1882. de 306 en 1833, de 268 en 1884, de 2il en 1885, de 292 en 1886, de 274 en 1887. Pour les articles moius importants nous indiquons seulement la valeur en 1887.
directement ou par voie d'Angleterre, des cotons courte soie; de rÉgypte, où le coton est de bonne qualité et où la culture s'est beaucoup développée ; de la Turquie, quelque peu de Tltalie, de TAmérique du sud et des colonies françaises.
La laine, qu elle importe pour une valeur de 387 à 276 millions (i« 16; 2^ 324; 3» 276 en 1885, 387 en 1886) : elle provient de l'Australie et de la colonie du Cap (Afrique), par l'intermédiaire de l'Angleterre ; de la Plata, de la Turquie et du Levant, qui envoient à Marseille des laines communes ; de l'Allemagne, qui fournit à la draperie des laines très unes; de l'Espagne, renommée pour ses mérinos ; de la Russie méridionale, etc.
Le lin (1« 0.4, 2» 68, 3« 69 en 1882, 53 en 1886), le chanvre ({^ 36; 2° 16; 3* 16 en 1882 et 13 en 1886) et le jute (1« 0; 2« 13,8; 3^ 19 en 1883; 11 en 1886) : le lin vient de Belgique, de Russie, d'Angleterre et d'Allemagne ; le chanvre, d'Italie et de Russie ; le jute, de l'Inde par l'intermédiaire de TAngleterre.
2o Les peaux et pelleteries brutes, qui viennent, pour une valeur (1« 16, 2^» 171, 3« 171 en 1882, 192 en 1883) d'environ 180 millions, de la Plata (Buénos-Aires et Montevideo), du Brésil, de l'Australie (directement ou par voie d'Angleterre), de la Russie et quelque peu de l'Allemagne.
Les poils (8 millions), venant de la Russie, de la Turquie, de l'Allemagne, etc.
S"* Les damées coloniales, h savoir :
Le sucre, qu'elle importe pour une valeur très variable (l** 45, 2» 103, 3« 137 en 1882, 52 en 1886); il vient moitié des colonies (Réunion, Guadeloupe, Martinique, etc.), et moitié des Grandes Antilles, du Brésil, de Java par Anvers, de Maurice (Afrique) et des pays d'Europe qui produisent du sucre de betterave, etc.
Le café (1* 10, 2« 94, 3^ 80 en 1885, 103 en 1886), venant du Brésil, d'Haïti et des autres grandes Antilles, de l'Inde, et indirectement de Java, du Venezuela, de l'Inde anglaise (1);
Le tabac en feuilles (l'» 6, 2« 29, 3» 39 en 1883, 22 en 1887) vient des États-Unis, des Grandes Antilles, de l'Algérie, de la Turquie;
Le cacao (1° 0.7, 2° 22, 3« 20 en 1882, 26 en 1883) (20 à 26 millions), qui est la matière première du chocolat; il vient du Brésil, des Antilles, du Pérou, du Venezuela;
Le théj dont elle consomme pour une valeur d'environ 2 millions, venant de Chine directement ou par voie d'Angleterre ;
(1) La consommation du café qui était de 287 grammes par habitant en France en 1831, s'est élevée à 550 en 1851 et à 1 752 en 1888.
La vanille (environ 1 million i/i), venant de la Réunion et du Mexique, directement ou par voie d'Angleterre.
Les épices (environ 5 millions) : poivre ou piment (environ 1 million), de la Malaisie (Sumatra, Bornéo, Java) et de Tlnde; cannelle, classée en cannelle de Chine, la plus répandue, et cannelle de Ceylan, la plus estimée ; clous de girofle^ de la Réunion, des Indes anglaises, etc.; muscades^ des Moluques par voie des Pays- Bas, etc.
On peut joindre à cette catégorie : la gomme (environ i3 millions), du Sénégal, de TÉgypte, de la Turquie, etc. ; le quinquina (environ 2 millions), venant, directement ou par voie d'Angleterre, du Mexique, du Pérou, des États-Unis.
Ces denrées nous arrivent pour la plupart des régions tropicales.
A^ Les métaux et substances minérales, à savoir :
Le cuwre {i^ 11, 2« 38, 3*» 49 en 1883, 26 en 1886), de l'Angleterre, du Pérou, du Chili, des États-Unis, de l'Espagne, de la Russie, etc. ;
Le plofhb (P 7, 2« 19, 3« 21 en 1882, 14 en 1884), de l'Espagne, de l'Italie, de l'Algérie, de l'Angleterre;
Le zinc (1« 1,6, 2« 14, 3« 14 en 1883, 12 en 1886), des Pays-Bas, delà Belgique, de la Prusse;
Vét'iin (1« 2.5, 2'» 12, 3Mi en i88o, 16 en i887). des Pays-Bas, (étain de Banca), de l'Angleterre et des Indes anglaises, du Pérou ;
La fonte, le fer et Yacier (1« 4.8, 2° 25, 3» 42 en 1882 et 9 en 1887), de l'Angleterre, de la Prusse, de la Belgique et de la Suède;
Les cendres et regrals d'orfèvre (1*» 4.8, 2^ 1.5, 3* 1.7 en 1887), contenant de la limaille de métaux précieux qu'ex trayent les laveurs de cendres; la France les achète à la Belgique, à l'Italie, à la Suisse, à l'Allemagne, aux États-Unis ;
Les minerais divers (1« 0.6, 2° 36, 3* 40 en 1882, 29 en 1887);
Le nitrate de soude et de potasse (1' 1, 2<> 22, 3' 28 en 1883, 19 en 1886) ;
Le soufre (1« 1.5, 2« 9, 3« 9 en 1884, 7 en 1887), de Sicile.
A cette catégorie se rattachent :
La houille et le coke (1« 10, 2' 158, 3» 189 en 4882, 124 en 1886), que la France tire de la Belgique, de l'Angleterre et de la Prusse;
Le bitume, avec les huiles et essences de pétrole et de schiste (1» 0, 2» 22, 3° 27 millions en 1887), venant du Levant par l'Angleterre, des États-Unis, de la Suisse, de la Russie de l'Allemagne, etc.
LA PRANCR. II. 28
S*" Les bois communs (1» 23, 2"^ 208, 3"" 228 en 1882, 143 en 1886), que la France importe pour une valeur de 228 à 143 millions ; elle tire ses sapins, ses m&ts, ses feuiliards du Nord (Norvège, Suède, Russie), de l'Allemagne et de la Suisse ; ses merrains de chêne, de l'Autriche, des États-Unis, de la Belgique ;
Les bois de teinture (environ 24 millions), de l'Amérique centrale, du Brésil, du Sénégal ; Vindigo (28 à 18 millions), venant d'abord, comme son nom l'indique, de l'Inde, puis de Java, des Antilles, du Guatemala, etc. ;
Les bois exotiques {{^ 3, 2« 23, 3<' 28 en 1882, 21 en 1886) du Mexique, des Antilles, du Brésil, etc.
6* Les autres matières premières de findiatrie, à savoir :
Matières végétales :
Les graines oléagineuses et ft^uits oléagineux (1"^ 10, 2^ 153, 3^" 182 en 1885 et 134 en 1887) qu'elle tire : les graines de lin, de la Russie, de l'Italie, de l'Inde ; les arachides, du Sénégal ; le sésame, de l'Inde, de l'Egypte, du Levant ;
Les graisses, suif et saindoux (1« 2, 2*» 48, 3° 55 en 1883 et 24 en 1884), de la Russie, de l'Angleterre, de l'Italie et de la Plata
Vàuite d'olive (1° 30, 2« 34, 3» 41 en 1883 et 25 en 1886), de l'Italie et des autres pays riverains de la Méditerranée ;
Le caoutchouc et la gutta-percha (13 millions), qui viennent du Brésil, de Java, etc.
Les huiles de baleine et de morue (env. 2 millions) qui viennent de l'Amérique, etc. ;
La potasse (environ 1 million), des États-Unis et du Canada (potasse d'Amérique), de Tltalie (potasse de Toscane), d'Allemagne ;
Les plumes de parure (environ 15 millions), de l'Angleterre, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Egypte, de l'Algérie, de la Plata;
Le safran (2 millions en 1883, 7 en 1887). ,
?• Les produits employés par Vagriculture, à savoir : |
^ Les bestiaux (i« 9, 2° 170, 3« 187 en 1883 et 77 en 1887), de l'Allemagne, de la Belgique, de la Suisse et de ritalie ;
Les engrais (!• 0.7, 2^» 20, 3«» 9 en 1883 et 29 en 1884), principalement le guano, du Pérou, du Chili et de la Plata; le noir animal, de la Russie, de l'Allemagne et de la Belgique;
Les graines à ensemencer [{''{,% 2« 8.6, 3*» 15 en 1882, 5 en 1886), de l'Angleterre, de l'Allemagne, des États-Unis, etc. ;
Les œufs de vers à soie (1« 0, 2« 1.3, 3« environ 1 million en 1887), de la Chine et du Japon.
8*» Les autres substances alimentaires :
Les poissons de mer {V 2, 2* 38, S^» 36 en 1882 et 56 en 1886), d'Angleterre, des Pays-Bas, etc. ;
Les fromages elle beufre[i'' 4.4,2* 41, 3» 46enl883et37enl887), de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse, de Tltalie, de TAngleterre ;
Les fruits de table (i* 5, 2^> 83, 3» 68 en 1882 et 137 en 1885) , frais ou secs, qui viennent, surtout les derniers (figues, dattes, pistaches, raisins secs, etc.), du Levant, de TEspagne, de Tltalie, de rAutriche, de TAlgérie;
Le riz (!• 4, 2^> 24, 3^ 40 en 1883 et 19 en 1836), de Tltalie, de rinde et des États-Unis, directement ou par voie d*Angleterre;
Les chevaux (1<» 4, 2*» 25, 3* 29 en 1882 et 14 en 1887), de TAllemàgne (Mecklembourg, etc.)ï de T Angleterre, de la Belgique, des Pays-Bas et de la Suisse ;
La viande (1« 0.2, 2* 46, 3« 24 en i884 et 44 en 1886), froide, salée ou fumée, qui vient de Tltalie, de l'Angleterre, de l'Allemagne, des États-Unis, de la Plata;
Les légumes conservés ou secs et leurs farines (1* O.i, 2*» 27, 3« 31 en 1882 et 17 en 1884), de la Belgique, de l'Italie, de l'Espagne, etc. ;
Les eauX'de-vie et esprits de toute sorte (1* 0.3, 2° 21, 3*> 28 en 1882 et 17 en 1886), de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Suisse et de l'Angleterre ;
Les vins (1^ 0.3, 2'» 283, S'» 315 en 1882 et 518 en 1886), de l'Espagne, de l'Italie et du Portugal;
Le houblon (1« 0.7, 2» 9, 3^» 15 en 1882 et 4 en 1885), de l'Espagne, de la Belgique, des États-Unis, etc.
Les céréales forment un article tout spécial, dont l'importation, très variable (1* 23, 2» 467, 3* 502 millions en 1882 et 232 en 1885), . suivant l'état de la récolte, est beaucoup plus considérable aujourd'hui qu'autrefois (livre VI, Agriculture, §203 et fig. n° 215). La France les tire ordinairement de la Russie méridionale et de l'Algérie par Marseille, des États-Unis et de l'Inde par le Havre.
350. ti4mpor(atlon des produits manufaeturés. — L'importation des produits fabriqués n'a guère été, en 1887, que le septième de l'importation totale : elle a été de près de 600 millions, et a porté principalement sur :
Les tissus, à savoir :
Les tissus de laine (1* 0,5, 2« 77, 3*» 92 en 1883 et 6i en 1887), de TAngleterre, de l'Allemagne, de la Belgique, etc. ;
Les tissus de chanvre et de lin (1« 16, 2* 9, 3* 8 en 1882 et
5 en 1887) de la Belgique, de TAnglelerre (et de Tlrlande), de ritalie;
Les tissus de coton (1« 0, 2*» 68, 3« 73 en 1882 et 50 en 1887), de TAngleterre, delà Belgique, de la Suisse ;
Les tissvs de soie (1« 3, 2» 41, 3^» 40 en 1882 et 53 en 1887), de la Suisse, de l'Allemagne, de TAngleterre et de Tltalie ;
Les tissus de poil {env. 1 million), de l'Angleterre, de la Belgique;
Les nattes et tresses ({• 2, 2* 13, 3* 15 en 1882 et 8 en i88o), de l'Angleterre, de l'Espagne, de la Belgique et de la Russie;
Les fiU: fils de laine (23 en 1885 et 12 en 1887), de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Allemagne; fils de coton (41 en 1883 et 31 en 1887), de l'Angleterre et de la Belgique ; fils de lin ou de chanvre (12 en 1882 et 6 en 1885), de la Belgique, etc. ;
Les chapeaux de paille, d'écorce ou de sparte (1** 3, 2* 19, 3"* 21 en 1882 et il en 1886), de l'Italie, du Pérou, du Brésil;
Les machines et mécaniques (1« 1, 2« 55, 3° 93 en i883 et 39 en 1886), de l'Angleterre, de la Belgique, de l'Allemagne;
Les peaux préparées (1« 0,2, 2« 32, 3* 42 en 1883 et 26 en 1887), de l'Angleterre, de l'Autriche, de l'Allemagne ;
Le papier, carton, livres et gravures (1* 1, 2° 28, 3*» 36 en 1882 et 31 en 1886), de TAllemagne, de l'Angleterre ;
Les ouvrages en peau ou en cuir (1* 0, 2* 6, 3® 7 en 1884 et 10 en 1887) ;
Les outils et ouvragrs en m(taux (1* 2, 2« 22, 3^» 35 en 1882 et 22 en 1885), de la Belgique, de l'Angleterre, de l'Allemagne;
L'orfèvrerie et la bijouterie (10 millions en 1882 et 7 en 1886) et Vhorlouerie (1« 0,8, 2» 4, 3* 5.7 en 1883 et 5 en 1886), de la Suisse, de l'Allemagne, de l'Angleterre.
351. lj*cxporta<lon. — Par une conséquence naturelle de son état industriel, la France exporte principalement des objets manufacturés ; mais la différence entre les produits manufacturés et les produits naturels (matières nécessaires à l'industrie et objets de consommation) est bien moins grande qu'à l'importation, puisque, sur un total de 3,246 millions en i887, les premiers figurent pour 1,738 millions et les seconds pour environ 1,508 millions (v. p. 430).
On voit souvent figurer en même temps à l'importation et à l'exportation des marchandises de même genre échangées entre les mêmes pays, qu*il s'agisse d'espèces distinctes dans le même genre ou des mêmes espèces ; c'est que chaque négociant, quand le commerce est libre, achète et vend là où il trouve à acheter au meilkur compte et à vendre avec le plus de bénéfice.
Commerce général par pays de provenance et de destination. (En mllIioDs de francs. — Ituportution et exportation réunies.)