‹ La France et ses coloniesChapitre 50 sur 120 · Corse (lie de) Bastia · texte numérisé non relu

Corse (lie de) Bastia

Les sept petits gouvernements étaient :

Ville, prévôté et vicomte de Paris, Le Havre de Grâce, Boulonnais, Principauté de Sedan,

(I) La désignation des gouvernements n*est pas précisément la même dans tous les documents de Tépoque; mais les différences sont peu considérables. Nons indiquons entre parenthèses les principales variantes.

(2). L' Angoumois fut d'abord compris dans le gouvernement de l'Orléanais.

Metz et Verdun, pays Messin et Verdun (dit aussi Trois-Évêchés, quoiqu'il n'y en eût que deux),

Tout et Toulois,

Saumur et Saumurois.

En réalité, les pouvoirs administratifs étaient presque tous concentrés entre les mains des trente-quatre intendants. Ceux-ci avaient ôté établis par Richelieu (1628 et 1635) puis supprimés momentanément et en partie; enfin rétablis après la Fronde. Ils portaient le titre d'intendants de justice, de police et de finance, et ils avaient des pouvoirs très étendus ; leur résidence était Yintendance et leur circonscription s'appelait généralité, nom qui provenait des trésoriers généraux des finances et qui était déjà usité à la fin du xvi® siècle. Dans les anciennes provinces de la couronne, les généralités étaient divisées en élections, nom dérivé des anciens élus institués par les États généraux de 1356 pour la perception des impôts ; chaque élection était administrée par un ou plusieurs subdélégués. Dans la plupart des autres provinces, l'intendant administrait les finances de concert avec les États, c'est à-dire avec l'assemblée des trois ordres (clergé, noblesse et tiers état) de la province : on les désignait sous le nom de généralités de pays d'états. Les autres intendances étaient celles des pays conquis, ou pays d'imposition.

Les vingt et une généralités de pays d'élection, qu'on désignait par le nom de leur chef-lieu, étaient celles de : Parts, Caen, Alençon, Rouen, Amiens, Soissons, Châlons, Orléans, Bourges, Moulins, Riom, Lyon, Trévoux, Limoges, Montauban, Auch, Bordeaux, la Rochelle, Poitiers, Tours, Pau (avec Bayonne depuis 1783) (voir fîg. 83). Elles étaient subdivisées en 171 élections et 16 circonscriptions qui ne portaient pas le nom d'élection.

Les quatorze généralités et intendances des pays d'états et des pays conquis étaient celles de : Bretagne, Flandre et Artois, Hainaut et Cambrésis, Metz et Trois-Évêchés, Lorraine et Ban^ois, Alsace, Bourgogne, Franche-Comté, Grenoble, Aix et Provence, Montpellier, Toulouse (les deux généralités de Toulouse et de Montpellier étaient confiées à un seul et même intendant, dit intendant du Languedoc), Perpignan et Roussillon, lie de Corse (voir fig. 83). Elles étaient divisées en 229 circonscriptions d'ordre inférieur, élections, subdélégations, diocèses, vigueries, etc. Metz, la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, le Roussillon, la Corse n'avaient pas d'étals. Les étals du Dauphiné ne furent pas convoqués de 1628 à 1778. Mais, par compensation, plusieurs pays des Pyrénées avaient con-

hk FRilNGE.

serve les leurs : Foix, Marsan, Nébouzan, Quatre- Vallées, Bigorre, Béaim, Soûle, Basse-Navatre, Lahourd.

Sous le rapport des traites, c'est-à-dire relativement à l'impôt des douanes, la France était divisée en trois groupes : 1" provinces des cinq grosses fermes, à savoir : Normandie avec Paxhe, Picardie avec Boulonnais, Champagne, Ile-de-France, Bourgogne avec Bresse et Bugey, Bourbonnais, Berri, Touraine, Poitou^ Anjou, Maine, Orléanais ; ces provinces formaient un groupe territorial qu'enveloppait une ceinture de douanes et qui était soumis au tarif général

Fig. 83. — Les généralités et les pays d'États en 1789.

des douanes ; 2** provinces réputées étrangh^es, comprenant tout le sud de la France (moins Marseille, Bayonne et Labourd) et, en outre, la Franche-Comté, la Bretagne, V Artois et la Flandre (moins Dunkerque) ; ces provinces étaient soumises h un régime particulier ; 3® provinces à Vinstar de l'étranger effectif, à savoir Marseille, Bayonne et Labourd, Gex^ Lorraine et Alsace, Dunkerque; ces dernières communiquaient librement avec l'étranger, mais étaient soumises aux mêmes droits que lui pour leur commerce avec le reste du territoire français.

Sous le rapport de l'administration des gabelles^ c'est-à-dire de l'impôt du sel, les grandes gabelles comprenaient à peu près le

même territoire que les cinq grosses fermes. Cependant le Cotendn et le pays d'Auge formaient le pays de quart bouillon dans lequel on ne payait le sel que 13 livres tournois le quintal (100 livres en poids), tandis qu il valait de 57 à 60 livres tournois dans les grandes gabelles ; il y avait toutefois dans le territoire des grandes gabelles quelques lieux privilégiés, comme le Havre, qui ne payaient que 3 livres le quintal. Les pays de petites gabelles, où la taxe variait de 57\10s. à 9\6 s., comprenaient toutes les provinces du sud-est de la France . La Lorraine et la Franche-Comté avaient des tarifs spéciaux comme pays de salines. Presque toutes les provinces du sud-ouest formaient le groupe des rédimés. Les provinces franches qui ne payaient qu*un droit relativement minime (de 8 livres à l',10 s.) étaient en général situées au bord de la mer, comme la Bretagne, une partie de YAunis, etc.

81. lift Fr»Bee pendast Im RéYolation et le premier Empire. — Le premier résultat de la Révolution de 1789 et des décrets de TAssemblée constituante fut la suppression du régime féodal (décrets du 4, 6, 7, 8, 11 août 1789) et, par suite, de tous les droits territoriaux ou personnels dont jouissaient la noblesse et le clergé, de tous les privilèges et des distinctions des provinces et des villes. Cette suppression atteignait les domaines qui étaient encore régis par des seigneurs, et dont le plus important était le Nivernais possédé par la famille de Mazarin ; ils furent dès lors soumis au même régime que le reste de la France. Il en fut de même des fiefs appartenant à des princes étrangers en Lorraine et en Alsace (v. page 317).

L'Assemblée qui donnait à la France une constitution nouvelle fondée sur les trois principes de l'unité, de la liberté et de l'égalité, ne pouvait laisser subsister la diversité des divisions administratives de l'ancien régime qui semblaient liées à l'existence des privilèges particuliers des provinces, des villes et des seigneuries supprimées par les décrets de la nuit du 4 août. Conformément à ces décrets, l'Assemblée discuta plusieurs systèmes, entre autres celui de Thourex, partageant la France en 80 divisions de 324 lieues carrées chacune (1), qui, sous une apparence d'égalité et de simplicité, cachait une grande inégaUté et de nombreuses difficultés; puis elle adopta, par le décret du 22 décembre 1789, le principe de la division en départements au nombre de 75 & 85, de la subdivision

(1) Comme on l'a fait, sans difficulté, pour les pays neufs pour ainsi dire territoire que se sont annexés les États-Unis d'Amérique, TAustralie, non en carrés égaux (on n*y a point songé), mais en suivant les arcs de méridien et de parallèle.

de ces départements en districts et de ces districts en cantons composés des villes, bourgs, des paroisses et communautés de Tancien régime qui furent organisées en municipalités (Décret du 12 novembre 1789) et qu*on désigne sous le nom de communes. Elle arrêta ensuite, par la loi du 26 février 1790, sanctionnée par le roi le 4 mars 1790, le nombre des départements à 83, et elle les groupa a peu près par provinces, sans s'astreindre toutefois à suivre partout les limites des anciennes circonscriptions.

Un économiste distingué, qui avait été Tami de Turgot, Dupont de Nemours, lut le rapport général sur cette question dans la séance du 15 février. Il s'exprimait ainsi : « Dans les démarcations qui vous ont été proposées, Messieurs, soit par les députés des différents départements, soit par vos commissaires, on a pris autant que possible pour bases les limites physiques, les rivières, les chemins, les crêtes de montagnes et leurs eaux pendantes. Quelquefois aussi on a tiré des lignes purement conventionnelles... »

La première constitution politique qu'ait eue la France et qui fut promulguée le 17 septembre 1791, consacra l'institution nouvelle: « Art I". Le royaume est un et indivisible ; son territoire est divisé en 83 départements, chaque département en districts, chaque district en cantons. »

Le baron Mounier, qui avait été député à l'Assemblée nationale constituante et qui, en 1833, était, à la Chambre des pairs, comme membre de rapporteur d'une loi nouvelle sur les conseils généraux, caractérisait en ces termes l'organisation administrative que la Révolution française a donnée au territoire français : « Alors, au milieu de la fermentation des passions, le sentiment désintéressé d'un noble patriotisme animait la nation. On reconnaissait sur tous les points du royaume, que s'il est des gouvernements où les privilèges sont d'utiles barrières, il ne doit point en exister sous un gouvernement libre; chacun doit y jouir de tous les droits compatibles avec l'intérêt général, et nul ne doit y jouir d'un droit qui lui serait contraire... On ne saurait contester que, si cette grande mesure a pu froisser des sentiments respectables, elle n'en a pas moins produit un bien immense. Les blessures qu'elle a faites sont cicatrisées; le bien qu'elle a produit est durable. Avant d'être Français, on était Breton, Provençal. Maintenant, on est Français et rien que Français. »

Le département (1) fut administré par un <c conseil de départe-

(I) Voici le texte de la loi du 26 février 1790. « La France sera divisée en 83 départements, savoir : Provence, 3 ; DauphÎDé, 3 ; Franche-Comté; 3 ;

L'HISTOIRE ET LA POLITIQUE. 34i

ment » composé de trente-six membres élus par les citoyens « actifs )> et se partageant en un « directoire » de 8 et un « conseil » de 28 membres; le district par un « directoire » de 4 membres et un « conseil » de 8 membres ; la commune^ par un conseil municipal et par un maire élu. Un procureur général syndic par département, un procureur syndic par district, nommé par les électeurs, était chargé de la suite à donner aux affaires. La justice fut rendue (loi du 24 août 1790) par le juge de paix dans le canton, par le tribunal civil et par des tribunaux de commerce dans le district, par la cour d'assises dans chaque département ; Tappel se faisait d'un tribunal à un autre dans un certain rayon. Il devait y avoir, d'après la constitution civile du clergé (12 juillet, 24 août 1790), un évéque par département et 10 provinces ecclésiastiques.

La constitution de Tan III ne laissa subsister que la division des départements en cantons et des cantons en communes. Elle confia le pouvoir administratif à une administration départementale composée de cinq membres élus et à une administration municipale dans chaque canton et dans chaque commune de 5,000 habitants et au-dessus. Chaque commune de moins de 5,000 âmes n'avait, sous le nom d'agent municipal, qu'un délégué à la municipalité cantonale. Le pou voir judiciaire fut exercé par des arbitres h, la volonté des parties, par des juges de paix élus pour deux ans dans chaque canton, par un tribunal civil élu pour cinq ans dans chaque département, par des tribunaux correctionnels au nombre de trois à six et par tribunal criminel par déparlement, enfin par des tribunaux de commerce.

En 1793, la création du département de Vaucluse (25 juin 1793), la séparation de Bhône-et- Loire (dép. du Rhône et dép . de la Loire) et celle de la Corse (dép. du Golo et dép. du Liamone réunis de nouveau en 1811), portèrent le nombre des départements, dans les anciennes limites de la France, à 87.

Alsace, 2; Lorraine, Trois-Évêchés et Barrois, 4; Champagne, principauté de Sedan, Carignan etMouzon, Philippeville, Marienbourg, Givet et Gharlemont, A ; les deux Flandres, Hainaut, Cambrésis, Artois, Boulonnais, Calaisis, Ardrësis, 2; Ile-de-France, Paris, Soissonnais, Beauvoisis, Âmiénois, Vexin français, 6; Normandie et Perche, S; Bretagne et parties des Marches communes, 5; Haut «t Bas-Maine, Anjou, Touraine et Saumurois, 4 ; Poitou et parties des Marches communes, 3 ; Orléanais, Blaisois et pays Chartrain, 3; Berri, 2; Nivernais, 1; Bourgogne, Aiixerroiset Sénonais, Bresse, Bugey et Valromey, Dombes et pays de Gex, 4 ; Lyonnais, Forez et Beaujolais, 1 ; Bourbonnais, 1 ; Marche, Dorât, Haut et Bas Limousin, 3; Angoumois, 1; Aunis et Saîntonge, 1; Périgord, 1; Bordelais, Bazadais, Agênois, Condomois, Armagnac, Chalosse, pays de Marsan et Landes, 4; Quercy, 1 ; Rouergue, 1 ; Basques et Béam, 1 ; Bigorre etQuatre- Vallées, 1 ; Gouserans et Foix, 1 ; Roussillon, 1 ; Languedoc, Comminges, Nebouzan et Rivière-Verdun, 7 ; Velay, Haute et Basse Auvergne, 3 ; Gorse, I . »•

Le Consulat remania celte organisation par la loi du 17 février 1800. Il créa les arrondissements, généralement plus grands que n'avaient été les districts (1) (550 districts en 1790, 362 arrondissements en 1888) (2). (Voir sur la figure 84 la comparaison des districts et des arrondissements du département de Seine-et-Oise) ; il les subdivisa, par la loi du 8 pluviôse an IX (28 janvier 1801). en cantons, à peu près plus grands de moitié que ceux de 1790(6,840 cantons en 1790, 2,871 en 1886). Les cantons furent comme précédemment, divisés en communes.

D'après la loi du 8 pluviôse an IX, qui réorganisa en principe

Ctampas ^ \

Fig. 8i. — Les districts et les arroadissemeals du département de Seine-et-Oise.

les justices de paix, il devait y avoir 3,600 cantons au plus, et 3,000 au moins, ayant une superficie de 3 15 à 325 kilomètres carrés, et renfermant chacun 10,000 habitants en moyenne et 15,000 au plus.

L'administration du département fut confiée à un préfet^ avec un conseil général nommé par le gouvernement et un conseil de préfecture; celle de l'arrondissement k un sous-préfet avec un conseil d'arrondissement nommé; celle de la commune à un maire nommé et à un conseil municipal nommés aussi.

Pendant TEmpire, les circonscriptions administratives ne subirent qu'un petit nombre de modifications sur Tancien territoire de la France. Cherbourg et Rambouillet (1811) formèrent deux arron-

(1) Voici comme exemple du rapport d*étendue des districts et des arrondissemcDts, la division du département de Selne-ct-Oise avec ses 9 districts dont les limites sont marquées par des points . . . Les limites des arrondissements

actuels sont indiquées par des points longs ou par les deux signes — . — .

quand elles sont les mômes que celles des anciens districts.

(2) Pour une étendue superficielle à peu près la même (en plus la Savoie et Tarrondissemeut de Nice, ainsi que le Comtat; moins l'ALsace-Lorr^ûne).

dissemenls nouveaux ; le département de Tarn-et-Garonne fut créé pardécretdu9août et sénatus-consulte du 2 nov. 1808, aux dépens des départements voisins, ce qui ût créer Tarrondissement nouveau de Moissac.

Avant le Consulat et l'Empire, le territoire avait été troublé par les dissensions intestines. Les Girondins avaient formé un corps d'armée qui fut battu à Vernon (i793); Toulon s'était donné aux Anglais, qui n'en furent expulsés qu'après que l'armée française, sur le conseil du jeune Bonaparte, eut pris le fort la Malgue et menacé ainsi la flotte anglaise dans la rade (1793); Lyon insurgé n'avait ouvert ses portes qu'après 63 jours de bombardement et avait perdu pendant quelque temps son nom pour prendre (1793) celui de « Gommune-Afl*ranchie ». En Vendée^ la lutte, commencée en mars 1793, n'avaient été complètement terminée qu'en 1800; les Aubiers, Thouars, Fontenay, Saumur, ChâtiUon, Chantonnay, TorfoUf Entrammes (1793), sont devenus des lieux tristement célèbres par les défaites des républicains; Luçon, Cholety leManSySavenay (1793), la p9*esquHle de Quiberon (1795), par celles des royalistes.

A l'extérieur, les guerres de la République et de l'Empire étendirent considérablement les limites de la France. La première conquête après la déclaration de guerre fut celle de la Savoie (24 sept. 1792) et du comté de Nice (28 sept. 1792, dép. des Alpes- Maritimes, créé le 4 fév. 1793, agrandi de Monaco le 14 fév. 1793) enlevés presque sans combat au roi de Sardaigne. La Savoie demanda à être incorporée à la France (21 novembre) : elle forma le département du Mont-Blanc (créé le 27 nov. 1792), le premier que la victoire ait ajouté aux 83 départements de la France (1). La Belgique conquise en 1792, perdue en 1793, reconquise en 1794, et les provinces rhénanes, abandonnées par la Prusse au traité de Bàle ^1795), étendirent jusqu'au Rhin le territoire français. Les annexions faites par la République (traités de Bàle 1795, de Paris 1796, de Tolentino 1797,

(1) Les Alpes-Maritimes (4 fév. 1793) et le Moat-Terrible (23 mars 1793) sont le second et le troisième.

Il y avait en 1790 83 départements.

Créations de départements dans rintérieur des frontières de noo^VaucIuse, démembrement de Loire-et-

Rhône, de la Corse et de Tarn-et-Garonne) 4 —

Créations de départements dans les territoires conquis au delà des frontières de 1790 46

Suppressions de départements (Mont-Terrible, supprimé en 1800; Tanaro, supprimé en 1805 ; Liamoue et Golo, réunis en 181 1) 3

de Campo-Formio 1797, de Lunéville 1801), dues à Dumouriez, à Pichegru, à Hoche, à Jourdan et surtout à Bonaparte, ne portèrent pas le territoire de la France au-delà des limites du Rliin et des Alpes : elles auraient pu être durables.

Celles de l'Empire mirent sous Tautorité française des pays qui n'avaient avec la France aucun lien naturel, ni par la configuration de leur sol ni par l'esprit de leur population ; cette exagération de conquêtes fatalement éphémères compromit les annexions antérieures.

Le nombre des départements s'éleva à 130 de 1811 à 1814 (1), et les frontières de l'Empire français s'étendirent de Lubeck, sur la mer Baltique, à Terracine, en Italie. Au nord-est furent formés 26 nouveaux départements (27 en comptant le Mont-Terrible) (2) : 9 sur le territoire de la Belgique conquise en 1794-95 (possession confirmée à Campo-Formio en 1797) : départements de la Lys, de Jemmapes, de Sambre-et-Meuse, des Forêts, de TOurthe, de la Meuse- Inférieure, delaDyle, de l'Escaut, des Deux-Nèthes; 4 dans le Palatinat et la province du Rhin, dont la possession fut assurée par le traité de Lunéville en 1801 (déclarés partie intégrante du territoire français par la loi du 18 ventôse, an IK) : départements du Mont-Tonnerre, de la Sarre, de Rhin-et-Moselle, de la Roër; 9 par l'annexion de la Hollande : départements des Bouches-du-Rhin et des Bouches-de-l'Ëscaut formés en mars 1810, départements des Bouches-de-la-Meuse, du Zuiderzée, de l'Yssel-supérieur, des Bouches-de-l'Yssel, de la Frise, de l'Ems occidental et de l'Emsoriental formés en juillet 1810; 4 par l'annexion en décembre 1810 d'une partie de la Westphalie et des bassins inférieurs du Weser et de l'Elbe : départements de l'Ems supérieur, des Bouches-du-Weser, des Bouches-de-l'Elbe, de la Lippe. 18 départements (19 en comptant leTanaro, supprimé en 1805) furent ajoutés au sud-est : la Savoie, le comté de Nice et Genève, conquêtes de 1792 et de 1798) confirmées en 1796 et 1798 (traité de Paris), formèrent les 3 déparlements du

(1) A la fin de 1810, il y avait 130 départements. La réunion des deux départements de la Corse (12 avril 1811) ramena ce nombre à 129; la création du département de la Lippe (27 avril 1811) le porta de nouveau à 130. Si Tou compte comme un département l'île d'Elbe à laquelle des décrets ont donné ce titre (voir déc. du 10 mai 1810) il y aurait 131 déparlements

(2) Le département du Mont-Terrible créé par décret du 22 marti 1793 fut formé du territoire de l'Évêché de Bàle, accru (décret du 10 octobre 1793) de la principauté de Hontbéliard enlevée au duc de Wurttemberg, plus tard de TËyguel et de Yal-Moutiers. Réuni au département du Haut-Rhin lors de la création des arrondissements : De.^cmont, Porrenlruy (où Moatbéliard était chef-lieu de canton).

Mont-Blanc, des Alpes-Maritimes et du Léman; le Piémont, réuni en 1802, forma les 5 départements de la Doire, de la Sésia, du Pô, de laSlura(duTanaro), de Marengo ; la Ligurie, annexée en 1805, les 3 départements de Montenolte, de Gênes et des Apennins; la Toscane, réunie en 1808, les 3 départements de la Méditerranée, de TArno et de rOmbrone ; les duchés de Parme et de Plaisance réunis aussi en 1808, 1 département, celui duTaro; le Valais, réuni en 1810, 1 département, celui du Simplon ; les États de TÉglise, réunis aussi en 1 810, 2 départements, ceux de Rome (ou du Tibre) et de Trasimène (I ).

Une annexion moins importante, mais qui est demeurée, est celle d'une partie de la vallée des Dappes (10 février 1811) cédée par la Suisse à la France, pour faciliter les communications.

Avec les autres pays que Tempereur Napoléon gouvernait directement, comme le royaume d'Italie et les provinces Illyriennes, et en y joignant les États gouvernés parles princes ses alliés et presque ses vassaux (l'Espagne, le royaume de Naples, la confédération du Rhin, le grand-duché de Varsovie), plus de la moitié des populations européennes se trouvaient sous Tobéissance d*un même maître.

Pendant la longue période des guerres qui durèrent de 1792 à 1815 et qui amenèrent ces conquêtes et ces annexions, la lutte a eu lieu d'abord sur les frontières de la France; puis elle s*en éloigna avec nos triomphes, mais elle y fut ramenée à la suite des revers de VEmpire, et jusqu'au cœur de noire pays.

1* Du côté de la Belgique, les troupes françaises tentèrent, d'abord sans succès, h Mons, à Tournai, l'invasion du pays. Pendant que Dumouriez essayait de réorganiser en Flandre des troupes mal armées et mal disciplinées, Tarmée prussienne, commandée par le duc de Brunswick, remontait la Moselle, passait entre l'armée de Flandre et l'armée du Rhin, prenait Longwy (22 août 1792), Verdun (2 septembre) et, maîtresse du passage de la Meuse, menaçait la vallée de la Seine. Dumouriez accourut et occupa les cinq principaux déûlés de l'Argonne, le Chêne-Populeux, la Croix-aux- Bois, Grand-Pré, la Chalade, les Islettes, qu'il considérait alors comme les « Thermopyles de la France » ; mais les deux défilés du

(1) Les 130 départements frauçais de 1812 formaient les ressorts de 30 cours d*appel, dont 27 situées sur le territoire resté français en 1815, et ayant leur siège dans les mêmes villes qu'aujourd'hui (excepté celle d'Ajaccio, qui a été transférée à Bastia). — Il y avait 37 académies dont 26 (la Corse n'avait pas d'académie) sur le territoire resté français en 1815; le siège était le même que celui de la Cour d'appel, excepté pour Cahors (au lieu d'Agen, siège do la Cour), pour Strasbourg (au lieu de Colmar), pour Clcrmont (au lieu de Riom). La Corse n'a été une académit? qu'en 1845 (chef-lieu Bastia).

nord ayant été surpris par les Prussiens, il se replia au sud vers Sainte-Ménekouldj sur le flanc de Tennemidontil repoussa victorieusement l'attaque à la butte de Valmtj (20 septembre 1792). Les Prussiens se replièrent lentement et repassèrent la frontière. Cependant l'armée autrichienne avait pénétré dans la Flandre française et bombardait Lille (20 septembre, 7 octobre 1792) ; Dumouriez poussa droit au nord, aûn de les tourner, força, par la victoire de Jemmapes (novembre 1792), le passage de la Haine, et obligea les Autrichiens à faire vers le Rhin une retraite précipitée qui lui livra toute la Belgique. Quelques mois après, cette province était perdue par la défaite de Neerwinden (mars 1793), et les hostilités reportées sur la frontière française elle-même. Valenciennes et Condé furent pris par les Autrichiens ; mais Houchard fut vainqueur à Hondschoote et à Merlin; Jourdan, à Wattignies (octobre 1793) ; Maubeuge fut délivrée. Monscron, Troisvilles, Courirai, Tourcoing, Pont^à-Chin, Hooglèdey Landrecies, furent ensuite le théâtre d'actions diverses(1794), jusqu'au jour où, attaquée à son extrême gauche et menacée dans sa retraite par le passage de la Sambre, la prise de Gharleroi et la victoire de Jourdan à Fleurus (26 juin 1794), l'armée autrichienne dut abandonner pour la seconde fois la Belgique, qui resta vingt ans à la France.

Mais en 1814, cette même frontière vit passer l'armée du Nord, (général Winzengerode) s'avançant vers Paris par la vallée de l'Oise et entrant dans Soissons; c'est contre cette armée que Napoléon se heurta à Berry-au-Bac, à Craonne (7 mars) et à Reims.

2^ Sur le Rhin, Gustine, profilant de l'arrêt des Impériaux au siège de Thionvilie (23 août, 16 octobre 1792), prit Spire, Worms et Mayence, et menaça Koblenz dont la prise eût pu couper la retraite aux Prussiens après leur défaite de Yalmy. Mais, après nos échecs en Belgique, Gustine perdit la tête, abandonna précipitamment toutes les places du Palatinat, et la garnison française de Mayence dut capituler (1793). Vainqueurs à Pirmasens (13 octobre 1793), les ennemis bloquèrent Landau et tournèrent même par Bitche les lignes de Wissembourg que notre armée dut abandonner, ainsi que la place de Baguenau, pour se replier plus loin derrière la Zorn. Hoche rétablit les affaires: un premier échec à Kaiserslautern (28 novembre) ne l'effraye pas ; il bat les ennemis h Frœschwiller et à Wœrth (23 décembre), déloge en plein hiver les Autrichiens postés à leur tour dans les lignes de Wissembourg et débloque Landau ; à la fin de 1794, les Français s'étaient avancés par Trêves jusqu'à Koblenz, par le Palatinat jusqu'à Mayence.

Cette partie de nos frontières ne revit la guerre qu'en 1814, lorsque les alliés, le 1*' janvier, passèrent le Rhin, de Mayence à Bâle. Bliicher arriva de Mayence sur Nancy. Schwarzenberg déboucha par le pont de Bàle, au mépris de la neutralité suisse, et s*étendit sur le Jura (siège de Besançon) et le plateau de Langrès, où il comptait faire sa jonction avec Blticher. Par les batailles de Saint-Diziei\ de Brienne, de la Bothière, de Bosnay (du 27 janvier au 2 février 1814), livrées dans la région boisée du bassin supérieur de la Seine, Napoléon essaya, mais sans succès, d'empêcher cette jonction. 11 est vrai que lorsque les deux généraux se furent séparés pour prendre, Blticher la route de la Marne, Schwarzenberg celle de la Seine, il battit sur les coteaux de la Brie champenoise, le premier, k Champaubert, à Vauckamps et près de Hontmirail (10 et 11 février), dans la vallée du petit Morin, le second h Nangis et à Montereau (18 février). Mais sa petite armée s'épuisait, par ses succès mêmes, et ses dernières tentatives sur les derrières des armées ennemies, bien que signalées encore par de courageux faits d'armes [Craonne, Laon, la Fére-Champenoise et Saint-Dizier), ne purent empêcher la marche des ennemis et la prise de Paris.

3"* Sur les Alpes, Montesquiou s'empara de la Savoie dès 1792 ; la même année, le comté de Nice était conquis et le camp de Saorgio qui défendait le co/ de 7endeétaitenlevéenl794. Toutefois, lorsqu'en 1796 Bonaparte prit le commandement de l'armée d'Italie, cette armée était depuis plusieurs années dans l'inaction et le relâchement, en face des Alpes maritimes dont l'armée austro-piémontaise occupait les passages.. Le jeune général fît filer ses 35,000 hommes le long de la mer, jusqu'à Savone, et les lança par les cols de Gadibone, de Saint-Jacques, c'est-à-dire à l'endroit où les Alpes sont le plus déprimées, contre le flanc de l'armée ennemie qu'il coupa et culbuta à Montenotte, à Millesimo, à Dego (avril 1796}. « Annibal a forcé les Alpes ; nous, nous les avons tournées, » ditil à ses soldats. Poursuivant le général piémontais qu'il avait isolé des Autrichiens,il l'enferma au pied des Alpes et le vainquit à Geva et à Mondovi ; puis, après l'avoir obligé à capituler, il marcha contre les Autrichiens pour continuer dans la Lombardie et la Vénélie la suite de ses brillantes victoires.

A l'époque de la seconde coalition, les Français occupèrent encore le Piémont, de même que la plus grande partie de l'Italie (1798) ; mais bientôt les armées austro-russes de Mêlas et de Souvarov, vainqueurs en Lombardie, barrèrent le passage à l'ar-

mée française qui était à Naples et empêchèrent sa jonction avec Tarmée du Piémont. Macdonald essaya en vain de forcer le passage de la Trébbia (1799). Joubert, qui lui succéda, fut tué à Novi. II fallut se jeter à travers les Apennins et se replier derrière le Var.

Bonaparte, devenu premier consul, prit la direction de celte campagne et conçut la pensée de pénétrer en Italie sur les derrières des ennemis, aûn de les envelopper et, s'il était vainqueur, de terminer d*un coup la guerre. Il passa, non sans de grandes difficultés, avec le corps principal de son armée par le col du Grand Saint-Bernard, praticable seulement aux mulets, et déboucha par le val d*Aoste où le fort de Bard faillit l'arrêter ; pendant ce temps, d'autres divisions descendaient par le Simplon, le Petit Saint-Bernard et la route du mont Cenis, De Milan, où il concentra ses forces, il se rabattit sur les Autrichiens, comme il Tavait prévu, les rencontra à Montebello et compléta leur défaite à Harengo (14 juin 1800).

Celte frontière ne revit les troupes autrichiennes qu'en 1814 : la ligne des Alpes, mal défendue par Augereau, fut alors forcée presque sans combat.

4* Du côté de TEspagne, c'est sur le territoire français qu'eurent lieu les premières hostilités, l'armée ennemie ayant forcé les Pyrénées orientales au Perthus et s'étant établie au camp du Boulon (1793) sur les bords du Tech. Ils n'abandonnèrent cette position qu'en 1794 lorsque Dugommier eut menacé leur ligne de retraite. Les Français, passant à leur tour la chaîne, battirent les Espagnols aux passages de la Mouga (1794) et de la Flavia (1795) et occupèrent l'imporiante place de Figueras. Dans les Pyrénées occidentales, Moncey prenait Fontarabie, Saint-Sébastien, et pénétrait dans la vallée de l'Èbre par la victoire de Viloria (1795). L'Espagne traita.

C'est par la roule de l'ouest qu'en 1808 Napoléon fit entrer ses troupes en Espagne, et que lui-même pénétra, à la lin de l'année, avec la grande armée. C'est de ce côté aussi qu'en 1813 Wellington, posté à Vitoria, à l'entrée des défilés, coupa la retraite k l'armée de Joseph qui dut se replier en hâte par la route de Pampelune et par leportdeYélate, tandis que Suchet rentrait, sans se laisser entamer, par le Perthus. La France fut envahie dès la fin de l'année 1813, et Soult, malgré quelques combats (Or/Aez, 1814), dut se replier sur Toulouse, où il livra tardivement (10 avril 1814) une bataille inutile.

La chute de l'Empire entraîna la perte des conquêtes faites depuis le commencement des guerres de la République. Le traité de Paris du 30 mai 1814 ramenait la France aux limites qu'elle avait

I/niSTOIRE ET LA P0L1T1<}UE. 34»

le 1" janvier 1792, en accordant cependant quelques rectifications du côté du Jura et en lui laissant les enclaves annexées, c'est-à-dire Mulhouse^ Montbéliardy Avignon et le comtat Venaissin, plus quelques cantons du nord reliant directement à son territoire les places de Philippeville et de Manenbourg, la position isolée de Landau^ et la plus grande partie des arrondissements de Chambéry et à' Annecy^ qui formèrent un nouveau, mais plus petit (sans Chablais, Maurienne et Tarentaise) département du Mont-Blanc (arr'*: Chambéry ^ Annecy, Rumilly). La France avait alors 87 départements.

Cet état de chose dura peu ; Napoléon revint de File d'Elbe et la guerre recommença. Prévenant lui-même Tennemi, il entra en Belgique et passa la Sambre dans Tespérance de couper l'armée prussienne de l'armée anglaise. Il batlit en effet la première à Ligny (16 juin 1815) ; mais le 18, il se heurta en avant de Waterloo contre les lignes anglaises qu'il ne put forcer, et son armée, débordée sur la droite par l'arrivée des Prussiens, fut mise en déroute. •

La France sortit amoindrie de ce désastre. Par le second traité de Paris (10 novembre 1815), elle rentra dans ses anciennes frontières, mais en perdant Philippeville et Manenbourg entre la Sambre et la Meuse; Chimay, Bouillon sur le Ghiers; Sai^elouii et toute la partie avoisinante du cours de la Sarre ; Landau et le cours inférieur de la Queich, autant de positions avancées qui gardaient sa frontière septentrionale ; elle perdait aussi la rive du lac de Genève; la partie de la Savoie (v. page 347) que lui avait laissée le traité de 1814. La principauté de Monaco, qui avait été annexée en 1793 au département des Alpes-Maritimes, cessa d'être souslasuzerainetéde la France eile pays de Gex, rattaché au dép. de l'Ain (1), dut rester en dehors de la ligne des douanes françaises.

82. Vm Framee de 1815 à 1891. — De 1815 à 1850, le territoire français ne subit aucune modiûcation et les circonscriptions administratives demeurèrent à peu près telles que les avait faites le Consulat. Hors d'Europe, l'Algérie et des colonies s'ajoutèrent aux possessions françaises.

Sous la Restauration, quelques changements furent faits dans la répartition des cantons, principalement par la loi du 21 juil. 1826 (2) et l'arrondissement de Valenciennes fut créé en 1823.

(1) Le pays de Gex avait fait partie du dép. du Léman depuis 1801. En 1815, 6 communes de ce pays furent allribuéea au canton de Genève et les 31 autres formèrent rarrondissement de Gex.

(2) Notamment pour les arrondissements de Fonlenay et Bourbon-Vendée, de Beliac et de Limoges, de Saumur et Angers, de Chinon et de Tours. Voir le tableau, p. 411.

Sous le règne de Louis-Philippe radministration fut profondément modifiée. Le système de Télection avait été appliqué à tous les conseils administratifs, de 1790 au Consulat; sous TËmpire et sous la Restauration, tous les membres avaient été à la nomination du gouvernement. L'élection prévalut de nouveau, mais avec des tempéraments, après 1830; Les maires durent être choisis par le gouvernement dans le sein du conseil municipal, désormais électif (loi du 21 mars 4831) ; les conseils généraux et les conseils d'arrondissement devinrent aussi électifs, à l'exception du bureau, savoir : des présidents, vice-présidents, secrétaires, qui resta à la nomination du gouvernement (loi du 22 juin 1833)

Sous la seconde République, en 1848, des conseils cantonaux durent être substitués aux conseils d'arrondissement (constitution de 1848), mais ces conseils ne fonctionnèrent pas. Les maires (loi du 3 juillet 1848) furent nommés par le conseil municipal et pris dans son sein.

Sous le second Empire, le gouvernement s'attribua de nouveau (Loi du 7 juillet 1852) le droit de nommer les maires et Je les choisir hors du conseil municipal ; il rétablit les conseils d'arrondissement en 8e réservant, comme pour les conseils généraux, la nomination du bureau.

Un chef-lieu dedépartement(iS'ai/i/-£'/ienne au lieu deMonthison, en 1855) et trois chels-lieux d'arrondissement {Mulhouse au lieu d'Altkirck, Cholet au lieu de Beaujjréau, Saint-Nazaire au lieu de Saverny), furent changés pendant la période du second empire.

En 1859, la France soutint le roi de Sardaîgne Victor-Emmanuel II dans sa lutte contre l'Autriche ; après les victoires de Magenta et de Solférino, suivies des préliminaires de Villafranca (11 juillet) et du traité de Zurich (10 novembre 1859), le roi de Sardaigne, qui allait (1861) devenir roi d'Italie, céda à l'empereur Napoléon III, par le traité de Turin (24 mars 1860), la Savoie tout entière, laquelle forma les départements de la Haute-Savoie et d^f la Savoie et une partie du comté de Nice jusqu'à la source de la Roya, à l'exception de la crête des Alpes, laquelle forma, avec l'arrondissement de Grasse pris au département du Var le département des Alpes- Maritimes, plus petit que celui du même nom, qui avait perdu en 1814. Depuis ce temps, le Var ne coule plus dans le département qui conserve à tort son nom.

En 1870, l'empereur Napoléon III engagea avec la Prusse une guerre désastreuse. A quatre armées ennemies ayant un effectif disponible de 600,000 hommes, la France avait à opposer

L'HISTOIRE ET Lk POLITIQUE. 351

250,000 hommes, répartis en deux armées : celle du Rhin ou de Metz et celle de Ghàlons. Cette dernière ne devait être que Tarmée de réserve et de soutien ; mais, par suite de Timmense développement de la ligne d'opérations, elle se trouva bientôt portée plus prés du Rhin que Tarmée du Rhin même. Attaquée la première par la troisième armée allemande partie de Spire, elle subit sur la frontière Téchec de Wissembourg (4 août), qui coûta la vie au général Douai, puis elle perdit la bataille de Reichskoffen (6 août), que le maréchal de Mac Mahon avait engagée avec des forces inégales sur les collines de Wœrth, de Frœschwiller ei de Reichskoffen, contreforts avancés des Vosges. Il fallut se replier derrière cette chaîne de montagnes dont Tarmée abandonna trop précipitamment les passages, laissant aux mains de Vennemi l'Alsace et même la Lorraine, pour gagner Chdlom (17 août). Dans cette retraite, l'armée fut poursuivie par la troisième armée prussienne, qui, le 14, occupait déjà la ligne de la Moselle, après avoir détaché un corps important pour investir Strasbourg (prise de Strasbourg, 28 septembre). Toulf api*ès un bombardement, capitula le 23 septembre.

Le jour de la bataille de Reichshoffen, la première et la deuxième armée prussienne venant, l'une de Koblenz par la Moselle, l'autre de Mayence (Mainz) à travers le Palatinat, et concentrées à Sarrebruck, passaient la Sarre et faisaient éprouver, sur les hauteurs de Spickeren, une défaite à l'armée française du Rhin qu'elles suivirent dans sa retraite sous les murs de Metz. Le combat de Bomy (14 août), livré h l'est de la ville, fit perdre la rive droite de la Moselle ; ceux de Jiezonville, de Gravelotte (16 août), qui furent des victoires, ceux d*AmanvillerSy de Saint- Privai (18 août) livrés sur la ligne des hauteurs qui bordent h l'ouest la vallée de la Moselle, coupèrent les communications avec Verdun et eurent pour résultat l'investissement de notre armée (19 août dans Metz et dans la plaine de la Moselle qui s'étend au pied de la ville et du mont Saint-Quentin. Après diverses tentatives de dégagement (bataille de Noiseville^ combats de Louvallier, de Vassy, de Ckieulles, de PeUre et de Ijidouchamps), le maréchal qui commandait et que plus tard un conseil de guerre dégrada et condamna à mort pour cause de trahison, livra à l'ennemi, par la capitulation du 27 octobre, 120,000 hommes composant la meilleure armée que la France ait eue dans cette guerre et la seule qui lui restât alors.

L'autre armée française qui, après Reichshoffen, s'était repliée en déroute sur le camp de Châlom, s'y était reformée à la hâte à

Taide de recrues nouvelles, mais peu aguerries. Les hésitations sur le plan de campagne à adopter firent perdre plusieurs jours, et lorsque le maréchal de Mac Mahon se fut décidé à tenter de faire route dans la direction de Metz, il fut serré de près par la troisième armée prusienne qui s'était avancée jusqu'en Champagne, et qui fit une conversion vers le nord pour le suivre et pour opérer sajonclion sur la Meuse avec la quatrième armée (réserve) ; cette quatrième armée venait d'entrer en ligne. L'armée française, abordée par l'ennemi au moment où elle allait passer la Meuse, fut rejetée vers le nord-ouest le long du fleuve et finit, après des engagements partiels à Busancy, à Nouard, à Beaumont, à Mouton (29, 30, 31 août), par se replier vers Sedan et se trouver acculée entre la Meuse, le Ghiers et la frontière belge, à la suite d'un mouvement tournant des Allemands par Viigne-au-Bois, qui coupait la retraite sur Mézières. Vaincue dans une grande bataille qui commença le matin du 1" septembre, à i9az«7fe5, l'armée dont Mac Mahon blessé avait dû abandonner le commandement capitula dans Sedan avec l'empereur, qui se constitua prisonnier (2 septembre). La France perdait 140,000 hommes. Laon se rendit le 19 septembre.

Le chemin de Paris était ouvert. Les deux armées victorieuses se dirigèrent l'une par Laon et la vallée de l'Oise pour investir cette ville au nord, l'autre par Reims et la vallée de la Marne pour l'investir au sud. Les plateaux qui entourent et dominent la ville devinrent le théâtre de nombreux combats : Créteil (17 septembre), ChâliUon(\% Villejuif{2$), Chevilly elVHay {30), Bagneux, Châtillon (30 octobre); batailles de la Malmaison (21 octobre), de Champigny (29 novembre et 2 décembre), de Buzenval (19 janvier 187i) ; deux combats eurent lieu dans la plaine du nord, au Bourget et à la Ville-Évrard (28 et 30 octobre, 21 décembre).

Paris demeura bloqué et séparé du reste de la France pendant plus de quatre mois. Pendant ce temps, de nouvelles armées françaises s'organisaient sur divers points du territoire en vue de délivrer la capitale. L'armée de la Loire, par la victoire d'Ouzouer-fe- Marché (7 novembre), força les Prussiens à évacuer Orléans, où ils étaient entrés dès le 11 octobre et gagna une seconde bataille à Coulmiers (9 novembre) ; mais, après la capitulation de Metz, la principale armée prussienne, qui bloquait cette place, se porta sur Orléans par Troyes et par les plaines du Gâtinais (Ladon, 25 novembre ; Beaune- la-Rolande, 28 ; Chilleurs, 3 décembre) et, à la suite de plusieurs combats dans les plaines de la Beauce (Orgères, Patay, Loigny, 2 décembre ; Chevilhj, 3 ; Cercottes, 4), cette armée

reprit possession d'Orléans. L'armée de la Loire se trouva coupée en deux tronçons.

Le corps de Touest ou armée cle la Basse-Loire (armée de Chanzy) trouvait déjà Tennemi dans les pays où il avait, le 17 septembre, bombardé Ckâteaudun et occupé Chartres. Il livra, à Beaugency et à Gravant (8 décembre), à Origny (10), à Fréteval, à Vendôme et à Montoire (15-27), des combats à la suite desquels, malgré des succès divers, cette armée dut abandonner la ligne du Loir pour se replier sur le Mans, où elle comptait se renforcer des réserves du camp de Conlie et des détachements de Touest ; mais six jours de brillants combats autour du Mans^ et prmcipalemenl sur le plateau d'Auvours^ se terminèrent par une déroute subite (janvier 1871).

L'autre corps de l'armée de la Loire, après un échec à IVevoy (7 décembre), se fondit avec l'armée de l'est. Celle-ci (armée de Bourbaki), formée de divers détachements, qui furent tardivement placés sous un commandement unique, avait à lutter depuis la prise de Strasbourg contre deux corps d'armée ennemis.

L'un de ces corps, remontant la vallée de l'IU, était allé investir BeUort (3 novembre) qui dut à son héroïque résistance, prolongée jusqu'à la fin de la guerre, l'avantage de rester français; l'autre, traversant les Vosges par la vallée de la Bruche (combats de Champenayt de Raon-P Étape, d'ÉtivaUNompatelize, de la Bourgonce, 6 octobre) s'était répandu sur le plateau de Langres, dans le bassin de la haute Seine (victoire de Chdtillon, 19 novembre, combats de Dijon, 30 octobre), dans la vallée de la Saône jusqu'à Nuits (batailles dû 20 octobre et du 18 décembre) et même jusqu'à Autun (1" décembre) ; il se replia vers l'Alsace quand l'armée française de l'est marcha pour débloquer Belfort et opérer une diversion sur les derrières de l'envahissement.

Après deux victoires, à Viltersexel (9 janvier 1871), et entre Arcey et Héricourt (14 janvier) les Français échouèrent dans une lutte de trois jours contre les lignes de la Lisaine (15-17 janvier) ; attaqués par une seconde armée venue de Langres, ils opérèrent dans le Jura une retraite désastreuse (combats de Sombacourt et de Chaffois, 29 janvier, de Vaux, 31 janvier, d'Oye, 1'' février) et se jetèrent en Suisse.

L*une des armées allemandes (1'*) qui bloquait Metz 8*était, après la capitulation, avancée vers le nord et vers la Normandie en se déployant sur la ligne de l'Oise. La victoire d'Amiens lui donna lès villes de la Somme el lui permit de marcher sur Rouen

3o4 LA FRANCE.

(combats à Étrépagny, Pacy, Bourthéf^oulde). Le gros de celte armée eut à compter avec notre armée du nord (général Faidherbe) qui soutint Teffort de l'ennemi, à Pont-Noyelles (23 décembre), sur r/^a//Me(26 décembre), à Sapiywtes (2 janvier), à Bapaume (3) ; mais qui, tentant une troisième attaque à Vermand (iS), échoua à 5ai/ï/- Quentin (19), et fut forcée de se retirer dans les places du nord.

Cette longue et douloureuse suite de désastres eut pour dernier terme la capitulation de Paris (28 janvier 1871), suivie de la signature, à Versailles^ des préliminaires de la paix (26 février). Par le traité définitif signé le 10 mai 1871, à Francfort sur-le-Main^ la France cédaà TEmpire allemand la partie septentrionale de la Lorraine et r Alsace, moins Belfort et son territoire, la ligne de partage des eaux du Rhin et de la Saône ; la ligne devint à peu près la frontière de ce côté. La France perdait en tout environ 14,500 kilomètres carrés (11 chefs-lieux d'arrondissement, 6 en Alsace et 5 en Lorraine) et 1,600,000 habitants. Elle a payé en outre une indemnité de 5 milliards, et une partie de son territoire est resté occupée par les Allemands jusqu'à l'acquittement de cette somme.

83. 14'admliiUiration depuis 1891. — Malgré les armements considérables que l'état actuel de l'Europe rend nécessaires et qui perpétuent pendant la paix quelques-uns des inconvénients de la guerre et malgré les menaces qui ont à plusieurs reprises ému la politique, la France n'a pas eu, depuis le traité de Francfort, d'ennemi à combattre sur le continent européen. Sa frontière n'a pas changé. Il a été donné au Territoire de Belfort, seul reste du département du Haut-Rhin, une administration spéciale (loi du 11 septembre 1871) et le département de Meurthe-et-Moselle a été formé avec les parties qui lui restaient de la Meurthe et de la Moselle. De nouvelles circonscriptions militaires ont été créées par la division du territoire en 18 corps d'armée (Algérie non comprise) ; plusieurs autres circonscriptions administratives ont été remaniées ; l'administration départementale a été modifiée (loi du 10 août 1871) parl'insitution d'une commission départementale que le conseil général nomme dans son sein et qui est chargée de suivre dans Tintervalle des sessions l'exécution des afi*aires que ce conseil lui confie. Le mode de nomination des maires a varié suivant les fluctuations de la politique; la loi du 14 avril 1871, se proposant de concilier le principe de liberté et celui d'autorité, décida que les maires seraient nommés par le gouvernement dans les villes de plus de 20,000 habitants et dans les chefs-lieux de département et d'arrondissement, qu'ils seraient élus par le conseil municipal dans les autres com-

munes, et que partout ils seraient pris dans le sein du conseil municipal (1); la loi provisoire du 20 janvier 1874 rétablit les choses telles que les avait réglées le régime de 1852; celle du 12 août 1876 arrêta qu*ils seraient nommés par le gouvernement dans les chefslieux de département, d*arrondissement et de canton, et élus dans les autres communes ; celle du 21 avril 1881 a donné à Lyon une mairie unique au lieu de 6 arrondissements ayant chacun leur mairie et forment le groupe lyonnais; celle du 28 mars 1882 a établi Téleclion pour toutes les communes, sans autre exception que Paris, qui est soumis à un régime particulier, et celle du 5 avril 1884 a déterminé les attributions du conseil municipal, du maire et des adjoints.

84. Iéb résumé des chani^emeiits territoriaux. — Il est Utile de présenter sous forme récapitulative les changements survenus dans le nombre, le nom et les limites des départements et des arrondissements français. Nous ne mentionnons que les change-» ments survenus sur l'ancien territoire français tel qu'il était en 1790 à l'époque de la division en 83 départements et sur les territoires qui, ayant été annexés depuis cette époque font encore au* jourd'hui partie de la France {Avignon et Comtat Venaissin, Savoie^ partie du comté de Nice), La France est divisée en 86 départements, plus le territoire de Belfort; sur ces 86 départements, quatre appartiennent en totalité (Savoie, Haute-Savoie) ou en partie ( Vau^ cluse, Alpes Maritimes) k des territoires annexés depuis 1790; 82 font partie de l'ancien territoire dont nous avons perdu trois dépcurtements en totalité {Bas-Rhin) ou en partie (Haut-Rhin, Moselle) et des parties de deux autres départemements (Meurthe^ Vosges), et sur lequel deux départements nouveaux ont été créés (dép. de la Loire et dép. du Rhône par démembrement de Rhôneet'Loire, dép. de Tam-et-Garonné).

1^ Sous la première République, le département de Vaucluse, qui a été créé le 25 juin 1793 et formé en partie (2) du comtat Venaissin et de la principauté d'Avignon, réunis à la France par la loi du 14 septembre 1791 , annexés d'abord aux départements de la Drôme et des Bouches-du-Rhône, et cédés définitivement par le pape au traité de Tolentino en 1797 ; le département du Rhône et

(1) Déjà, à la fia de l'Empire, une loi du 22 juillet 1870, que te temps û'a pas permis d'appliquer, avait décidé que les maires seraient pris par le gouver' nemeDt dans le seia du Conseil municipal.

(2) Ce département a été formé des districts de Vaucluse, Orange, Apt, prii> aux Bouches-du-Rhône ; de VOuvh%e pris à la DrAmr».

le département de la Loire, formés par le démembrement du département de Rhône-et-Loire en 1793 ; la Corse divisée en deux départements, le Golo et le Liamoney en 1793 ; la principauté de Monlbéliard annexée en 1793 au département du Mont-Terrible j puis au Haut'Rhin; la ville libre de Mulhouse, annexée en 1798 au département du Haut-Rhin.

2® Sous le Consulat et le premier Empire, la substitution du nom de département de la Seine au nom de département de Paris; la substitution de Saint-Lô h Coutances (1801) comme chef-lieu de la Manche (1), de Lille à Douai (1802) comme chef-lieu du Nord, de La Rochelle et Napoléons-Vendée (2) à Saintes et à Fontenay-le- Cornue (juin 1810) comme chefs-lieux de la Charente-Inférieure et de la Vendée; la réunion en un seul (1811) des départements du Golo et du Liamone, avec suppression de Tarrondissement de Vico; la création du département de Tarn-et-Garonne (décret du 9 août 1808) aux dépens des départements voisins (arrondissement de Montauban, etc., environ 100,000 habitants pris au département du Lot; arrondissement de Castelsarrasin, etc., environ 91,000 habitants pris au département de la Haute-Garonne; environ 46,000 habitants èi Lot-et-Garonne, 8,000 au Gers, 2,900 au Tat*n pour former Un nouvel arrondissement, celui de Moissac)\ la création (1811) de V arrondissement de Rambouillet aux dépens des arrondissements de Versailles et d'Etampes, de Y arrondissement de Cherbourg aux dépens de celui de Valognes; la substitution de Montbéliard à Saint-Hippolyte (1814), d* Arles à Tarascon (1816), de Dunkerque à Bergûes (1803), de Redon à Bains, de Bressuire à Thouars (1804) et de Schlestadt à Barr (1806), comme sous-préfectures (3).

(1) Nous n^avoDS pas indiqué les changements de chefs-lieux qui ont eu lieu de 1798 au Consulat. Voici d'ailleurs les départements qui avaient, eu 1790, un chef-lieu autre que celui qu'ils ont aujourd'hui :

Tarascon (Ariège); Aix (Bouches- du- Rhône); Saint-Flour (Cantal); Saintes (Charente-Inférieure) ; Bo^/ta (Corse) ; Coutances (Manche) ; Douai (Nord} ; Castres (Tarn) ; Toulon (Var) ; Fontenay-le-Peuple (Vendée).

Saintes^ Saint-Ftour, Coutances sont restés le siège de la cour d'assises, comme d'ailleurs Aix, Bastia et Douai chefs-lieux de cours d'appel.

On trouve aussi dans l'almanach de l'an IV que des assemblées départementales se tenaient à Oioron, à Bngnoles,

(2) Napoléon-Vendée (La Boche-sur- Yon) n'était pas même chef-lieu d'arrondissement ; la sous- préfecture était à Montaigu,

(3) Dans les actes par lesquels l'administration a été remaniée au commencement du Consulat, il y a eu quelques incertitudes ou 11 s'est glissé quelques erreurs : ainsi, dans l'arrêté du 11 ventôse an VIII (2 mars 1800), qui nomme des préfets, Aix est désignée comme chef-lieu du département des Bouchesdu-Rh6ne et dans l'arrêté du 17 ventôse de la même année (8 mars 1800), qui donne le tableau des chefs-lieux de dép. et d'arr., c'est Marseille.

S"" Sous la Restauration, la perte, au second traité de Paris (20 novembre 1815), de la partie du pays de Gex (1) qui est riveraine du lac de Genève, celle de Landau^ des territoires de Sarrelouis, Bouillon^ Ckimay, de Pkilippeville et de Marienbourg; la création, en 1823, de Y arrondissement de Valenciennes aux dépens de celui de Douai.

4® Sous le second Empire, la substitution de Saint-Étienne à Monlbrison comme chef-lieu du département de la Loire (1855) ; de Cholet à Beaupréau (1857), de Mulhouse à Altkirck (1857); de Saint'Nazaire à Savenay (1868) comme chefs-lieux d'arrondissement ; la perte (guerre 1870-71 contre l'Allemagne et traité de Francfort du 10 mai 1871) de presque toute t Alsace^ èi savoir, tout le département du Bas-Rhin et le département du Haut-Rhin moins le territoire de Belfort, de partie des cantons de Schirmeck et de Saales appartenant au département des Vosges, de la Lorraine septentrionale (comprenant une partie du département de la Meurthe et la plus grande partie du département de la Moselle) ; les por-> tions de ces deux départements qui restent aujourd'hui à la France constituent le département de Meurthe-et-Moselle, créé le 11 septembre 1871. La perte totale a été d'environ de 14,500 kilomètres carrés et de plus de 1 million et demi d'habitants (2). Le second

(1) En 1801, Gex faisait partie du département du Léman, comme cheMieu de canton de l'arrondissement de Genève. Il a été rattaché, avec un territoire moins étendu, au département de TÂin en 1815 et est devenu chef-lieu d'arrondissement.

(3) Voici le détail des pertes résultant du traité de Francfort (Voir Die Bevôlkerung der Erde, 1872, p. 21-23.

Habitante au receDMinent lai. car. de 18«6.

Département du Bas-Run tout entier 4,550 588,970

Département du Haut-Rhin :

Arrondissement de Colmar tout entier 1,697 217,693

— de Mulhouse, tout entier 1 ,156 1 79,347

— de Bel fort (cantons de Ceniay, Saint-Amarin, Thann^ Dannemarie, Fontaine,

Maseevaux) C53 76,274

Département des Vosges :

Arrondissement de Saint-Dié\\\ communes sur 12 du canton de Schirmeck; 7 communes sur 13 du

canton de Saales) 211 21,017

Département de la Mburthb :

Arrondissement de Sarrebourg (cantons de Fénétrange, de Phalsbourg, de Sarrebourg ^ 18 communes sur 26 du canton de Corquin, 17 communes sur 18 du canton de Réchicourt 1 ,009 64,210

Arrondissement de Château-Salins (cantons d'Albestroff, de Delme, de Vieuze, 35 communes

Empire, d'autre part, a agrandi le territoire français d'une partie du comté de Nice, qui est devenu, avec l'arrondissement de Grasse pris au département du Var, le département des Alpes-Maritimes, et de la Savoie, qui a formé les département de la Savoie et de la Haute-Savoie: en tout 13,272 kilomètres carrés et environ 600,000 habitants (i).

Les noms de lieu que l'histoire militaire de la France a rendus célèbres ne sont pas semés au hasard sur le sol. Quand on regarde la carte, on voit que, dansVensemble, ils sont répartis par groupes correspondant aux différentes situations de la politique française. Si Ton ne tient pas compte des guerres civiles, telles que les guerres de religion au xvi® siècle, la Fronde, la guerre de Vendée, on constate que, depuis le xvi" siècle, c'est-à-dire depuis l'époque où l'unité territoriale et administrative de la France a triomphé du morcellement féodal, c'est, dans le voisinage des frontières que les batailles sont livrées : en très petit nombre sur

sur 38 du canton de Château-Salins, 15 communes sur 24 du canton de Vie) 077 65,964

Département de la Moselle :

Arrondissement de 5arre//uemt>ie« toul entier. . . 1,VJ9 131,876

— de TA2onoî7/e tout entier.,./. .. 1,071 90,591

— de Metz (cantons de Bouley, de Faulquemont, de Metz [3 cantons], de Pange, de Vemy, de Vigy, et 17 communes sur 29 du

canton de Gorze) 1 ,506 160,701

Arrondissement de Briey (cantons de Conflans,

de Longvyon, 10 communes sur 34 du canton

à*Audun-le-Roman, 7 communes sur 24 du

canton de Briey, 2 communes sur 27 du canton

de Longxoy 163 10,585

14,492 1,597,228 Le total des communes cédées à l'Empire aUemand est de t,690. La superficie n'est qu'approximative. M. Desbuissons {Bull, de la Soc. de géog., janv. 1872) Tévaluait à 14,475 kil. c. VAlmanach de Gotha de 1872 l'évaluait à 14,508 kiL c. Cette superficie de 14,508 est celle que les documents officiels assignent à l'Alsace-Lorraine. — La population avait dû dépasser en 1870 le chiffre de 1,600,000 âmes.

(1) Le département des Alpes-Maritimes, formé par décret du 4 fév. 1793, comprenait tout le comté de Nice, puis (14 février 1793], l& principauté de Monaco; il avait donc un territoire différent de celui du département actuel. Il en est de même des départements de la Savoie et de la Haute-Sayoie, qui ne correspondent qu'en partie aux anciens départements du Mont-Blanc et du Léman; il y a d'ailleurs eu trois départements du Mont-Blanc : celui de 1792 renfermant toute la Savoie; celui de 1801 démembré pour la formation du Léman; celui de 1814 à 1815, le plus petit des trois. On doit aussi compter deux départements du Var, celui de 1790 et celui de 1860 après perte de l'arrondissement de Grasse ; deux départements du Doubs, celui de 1790 et celui de 1814 après réunion de l'ancienne principauté de Montbéliard qui avait fait d'abord partie du Mont-Terrible puis (1800) du Haut-Rhin.

les frontières de mer et sur la frontière des Pyrénées, qui n*est accessible aux armées qu'à ses deux extrémités ; en petit nombre sur les frontières des Alpes et du Jura, difBciles à franchir ; en grand nombre au contraire sur les frontières du nord et du nordest que la nature n'a pas défendues et qui ont été les plus ouvertes autrefois aux invasions barbares, aujourd'hui aux opérations des armées. Deux fois dans notre siècle, en 1814 et en 1870, les champs de bataille ont été portés jusqu'à Paris et, en 1870-71, le nord de la France jusqu'à la Loire en a été couvert. Dans le détail, quand on examine de près la topographie, on constate que la configuration du sol, comme le passage d'une rivière, la jonction de plusieurs routes, une éminence de terrain, un débouché des montagnes, a presque toujours déterminé la rencontre des armées. C'est pourquoi certaines localités ont été à diverses époques le théâtre de combats.

Dans son développement territorial, la France, après avoir acquis son unité dans la seconde partie du xv° siècle par l'expulsion des Anglais à la fin de la guerre de Cent Ans et par la défaite définitive de la féodalité sous Louis XI, s'est efi'orcée de s'étendre par la conquête sur la surface entière de l'ancienne Gaule. Depuis la paix de Cateau-Ccumbrésis jusqu'à celle de Lunéville, elle a fait pendant deux siècles et demi, des progrès considérables et, si chaque traité ne l'a pas fait avancer, aucun du moins ne l'a fait reculer d'une manière sensible en deçà des limites qu'elle considérait comme ses frontières naturelles. Le traité de Lunéville a été l'apogée de sa grandeur. Le tort qu'elle a eu et dont la responsabilité incombe au premier Empire est d'avoir voulu aller au delà. Elle a été rudement ramenée en deçà une première fois par les guerres de 1814-1815 et une seconde fois par celle de 1870-1871 qui, en même temps qu'elle a amoindri son territoire et sa puissance, a compromis sa sécurité.

Tableau récapitulatif des principaux accroissements du domaine royal de 987 à 1789, et des modiûcations territoriales depuis 1789.

PROVIlfCBS (1).

DATB BT CAU0I Bl l.*AllxniOH.

Ile-de-France propre.

Orléanais propre

(Gàtinais

PHILIPPE I" Vexin français

(Vicomte de Bourges

Yennandois, Amiénois* et Valois* Artois' Normandie PHILIPPE-AUGUSTE,

^Touraine

Maine*, Anjou*, Poitou* Comté d'Auvergne*

Bas-Poitou, Aunis et Saintouge'

/LOUIS VUl.

Bas -Languedoc.

Gévaudan, Vivarais, Velay, Albi-

geois

LOUIS IX JComté de Màcon

[Renonciation a la suzerameté du comté de Barcelone, du Roussillon et de la Cerdagne]. . .

Domaine particulier des rois.

1068. Achat.

1083. Id, 1100. W.

1185. Héritage. 1191. Id, 1204. Confiscation sur Jean sans Terre .

1209-1213. Conquête.

1224. Conquête sur les Anglais.

1226. Conquête delà guerre des Albigeois.

1288. Achat.

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