‹ La France et ses coloniesChapitre 77 sur 120 · il · texte numérisé non relu

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Albertville a été créé rert 1840 par la réunion do Conflans et de l'Hôpital. , .,

|>) L'arroodiitaement de RambùmlUt a 4té créé en 1811 aux dépens de ceux de Ver*aiUe9 et d^-Stampes. Ainsi l'arrondissement de Versailles qui avait, en 1806, 166,249 habitants, n'en avait plus que 123,466 er 1821; celui d'Étompes 62,861 en 1806, et 38,249 en 1821. En conséquence, pour Versailles commei por Btampos, nous ne aonuons ni la densité en 1801, ni le rapport pour 1801->1886. ^

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ÀTIGHOir.

Apt.

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La RocHB-fim-Yoïf (*)2.369 Fontenay-l-Gomte {^)î.i 05 Ln SiMm i'OlMsi.. . i.U9

Vendé6(8) I 6.703

(1) Im département du Tarn-et-Garonno n'a été créé qu'en 1808, aux dépens des départoments du Lot {arrondissement de Montanban, canton de Caylus, etc., environ 100,000 à 120.000 hab.), do la ilaute-Garonne (arrondissement de Castelsarrasin, ctc , plus de 90,000 habitants;, de Lot-et-Garonne (environ 46,000 haliitànts), du Gers (environ 8,000 habitants), et de l'Aveyron (canton du Saint-Antoniit, 3,000 à 10.000 hah.).

(>) Gratse appartient depuis 1800 au département des Alpes-Maritimes.

(*) y compris l'arrondissement de Grasse, qui ne fait plus partie du département depuis 1860. La superficie de cet arrondissement ne figui-e pas dans le total de la superficie at luelle du département du Var, mais elle a été comptée pour le calcul de lu densité en 1801 et en 1846.

(*) Bn 1801, les cantons de Mareuil et de Chontonnay faisaient partie de l'arr. de Fonteoaj; ils ont élé donnés i celui de Bourbon- Vendée (La Roche- sur- Yon) en 1824. Eu couNéquence, nous ne donnoos pour chacun de ces deux arr. que comme approiimatifs les densités en 1801 et les rapports de 180i à 1880. (B) L'accroissement considérable qu'indique la statistique de 1801 à 1846 provient peut-être eo partie d'omissions dans le recensement de 1801.

LA POPULATION

NOMS det

DÉPARTSMSNTS et

AmW>NBI8PlimT8.

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Montmorilion. .

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Saiat- Yricix. . . .

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Neurch&teaa....

Remiremont. . . .

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Yoiges

ADxaa^B . .

Avalloa. . .

Joigny....

Sens

Toanerre .

Tonne.

Totaux pour la

France entière (')

SI

si si

POPULATION

CHIFS-LIIUZ

(1) En 1801, le canton de Laurière faisait partie de Tarr. de Beliac ; en 1824, il a été donné à celui de Limoges. En conséquence, pour chacun de ces deux arr., nous ne donnons que comme approximatifs la densité en 1801 et le rapport pour 1801-18t6.

(>) f^a perte du canton de Schirmeck, etc., en 1871, ayant enlevé à l'arr. de Saint-Dié plus de 210 kil. car. et de 21,000 hab. (voir § 84), nous ne donnons pns les rapports de 1801 et de iS46 pour rarrondissemcnt, et le calcul de res rapports pour le département n'est qu*approximatir.

'*^ Formant 86 départements, plus uu territoire.

La superficie est celle qui est donnée dun^t V Annuaire du Bureau des Longitudeê (année 1888). La mesure prise sur la carte d'état-raajor au 8000ii«, par le service géographique de l'armée, ne donnant jusqu'ici (avril 1888) que la surface des départements et non celle des arrondissements, n'a pa» pu être employée pour dresser ce tableau. Cotte mesure, oui donne (provisoirement) 536,408 kilomètres carrés, attribue une superficie un pen moindre au Territoire oc Belfort ainsi qu'à 6 départements, et une superficie plus

Srande à 80 départements, surtout aux départements côtiers, probablement parce qu'une partie de la laisse e mer a été comprise dans l'évolution. Calculée avec ces données, la densité de la France serait de 71 seulemout.

(5) L'accroistement de la population n'est qu'approximatif, parce qu'en 1801 et en 1846 la France possédait l'Alsace-Lon-aine, qu'elle a perdue en 1871, et ne possédait pas la Savoie et une partie de Nice, qu'elle a acquises en 1860. En tenant compte de ces différences, on trouve un accroissement oe 100 k 141,8 de 1801 à 1886 (voir Ylniroduction au reeetuement de 1886).

106. I^es rapports »Tee le climat, le sel et la raee. — L'homme a des rapports intimes avec l'air qu'il respire, avec le soleil qui réchauffe, avec, le sol qui le nourrit. A un climat ou h un sol in* grats correspond une population rare, quand des circonstances particulières ne modifient pas cette loi naturelle. Aussi, pendant que la population totale de la France augmentait, celle de plusieurs départements a-t-elle diminué depuis 1801.

Cette diminution a eu souvent pour causes les obstacles opposés parle climat ou par la nature du sol à la production de la richesse. C'est le cas des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, régions très montagneuses, et même du Jura et de la ffaute-Saône.

Elle a eu aussi d'autres causes, très diverses. Cac elle s'est produite avec intensité dans de riches départements agricoles, comme ceux de la vallée de la Garonne (Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne) et comme ceux de la Normandie [Eure, Calvados, Manche^ Chme){\). Dans ces régions, on doit l'attribuer soit à ce que les populations s'attachent davantage à leur bien-être, soit à ce que les change* ments survenus dans la culture ont diminué le nombre de bras nécessaires. Quoique dans la Seine-Inférieure l'accroissement de la population des fabriques aux environs de Rouen et du Havre compense à peu près la diminution de celle des campagnes, cependant la population rurale y est aussi en décroissance.

C'est dans les régions montagneuses qu'on remarque le mieux l'influence exercée par le climat sur la distribution de la population. Le département de VIsère peut servir d'exemple. 1* Les hautes régions au-dessus de 2,200 mètres, où la température moyenne est inférieure à 0** et où la végétation n'est en activité que pendant trois mois, n'y sont pas habitées (2); 2® les régions entre 2,200 et 1,700 mètres, où l'on peut commencer à cultiver le seigle, mais, qui sont presque exclusivement des régions de pâturages, n'ont guère d'habitants que pendant l'été dans les chalets de la montagne (3) ; 3* de 1,700 à 1,100 mètres, les arbres résineux, le

(1) Les arrondissemeDts qui ont le plus diminué sont ceux de Pont-Audetnery. lectoure, Agen, Falaise, Bernay^ Àrgentnn, Coutances, Gray, Brignoles, Mortagne^. Tonnerre, Bnrcelonnette, Sisteron, Monlauban^BarsuiSeine, ChâtiUonsur-Seine^ Marmande, Florac; de 1881 & 1886, ils ont perdu 24 à 12 p. 100 de leur population.

(2) On ne peut pas compter comme habitations les chalets qui ne sont occupés que l'été pour le plaisir des voyageurs, comme la cabane des Grands-Mulets- (Mont-Blanc) située à l'altitude de «3,050 mètres.

(3) Cependant dans les Alpes, mais non dans le département de Tlsère, le village de Saint-Véran , qui est à une altitudede 2,000 à 2,060 mètres, est habité toute Tannée. 11 passe pour être un des deux villages les plus élevés de: l'Europe.

U POPULATION. 42S

seigle, Tavoine et Forge se mêlent aux pâturages, et Ton trouve une densité de 13 habitants par kilomètre carré environ; 4® plus bas, de 1,100 à 500 mètres, les céréales poussent et le froment même commence à apparaître avec la vigne, le pommier et le cerisier ; la densité s*élève à 60 habitants par kilomètre carré ; 5<> de 500 à 200 mètres, la vigne est presque partout cultivée, ainsi que le châtaignier, le noyer et le mûrier, et la densité est d'environ 100 habitants par kilomètre carré; 6^ enfin elle est de 113 habitants par kilomètre carré dans les basses vallées telles que le Graisivaudan, où les terres sont presque partout très fertiles et où la température moyenne atteint 13 degrés.

Il y a des maladies et des infirmités qui tiennent ou qui paraissent tenir au climat et au sol. Ainsi, par exemple, les maladies de poitrine et la fièvre typhoïde sont fréquentes sous le climat sec et rude des Vosges; les maladies de poitrine, sous le climat rhodanien que balayent les vents du nord et du sud ; les rhumatismes et les maladies du système lymphatique, sous les brouillards humides du climat séquanien.

Les fièvres dites paludéennes sont engendrées par les émanations des contrées marécageuses. Le nord de la France n*en est pas gravement afl*ecté, même dans les wateringes de la Flandre; mais elles sévissent dans les marais salants de la Chof^ente-lnférieure, dans les Landes, que les plantations et les travaux de dessèchement ont cependant notablement assainies, dans le voisinage des étangs du Bas-Languedoc et des Bouches-du-Rhône, dans les plaines de la Corse, dans la Dombes, dont les conditions hygiéniques se sont aussi beaucoup améliorées, dans la Sologne, dans la Brenne,

Le goitre et le crétinisme sont des infirmités qui affligent principalement les régions montagneuses et les pays pauvres. On en rencontrait, en 1866, beaucoup dans la Savoie, la Haute-Savoie, les Hautes-Alpes, les Basses- Alpes, les Alpes-Maritimes et ïlsère, les Basses-Pyrénées, YAriège, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées- Orientales^ la Haute-IMre, le Puy-de-Dôme, la Lozère, le Cantal^ ÏArdéche, YAveyron, le Lot, les Vosges et le Jura, Cependant on rencontrait un certain nombre de goitreux dans YOise, de crétins et d'idiots dans les départements du Nord, de Y Aisne, de la Somme, de la Loire-Inférieure, dans l'ancien département de la Moselle, etc., qui appartiennent & la région des plaines. En Savoie, on a compté, dans une enquête faite en 1884, jusqu'à 5 crétins par 1,000 habitants ; une enquête terminée en 1873 porte même jusqu'à 22 sur 1»000 le nombre de ceux des Hautes-Alpes.

426 LÀ FRANGB.

Le bien-étre et la propreté, qui est souvent une conséquence du bien-être, peuvent beaucoup contre ce genre d*infirmité. A Varangéville et à Rosières^ près de Nancy, les goitreux étaient autrefois très nombreux; depuis que l'exploitation du sel a enrichi ces villages, le goHre est devenu une exception. Dans la Savoie, un village du canton de Borel (arr. de Moutiers) portait le nom de Villar-U-GoUreux ; détruit par un incendie, vers 4860, il a été rétabli dans des conditions favorables au point de vue de Thygiène ; peu d'années après, il était bien loin de compter parmi ceux où le crétinisme était le plus répandu chez les jeunes générations.

Les sourds-muets paraissent être nombreux dans les mêmes régions. Le recensement de i87â place dans les premiers rangs sous ce rapport la Savoie , la Haute-Savoie, les Hautes- Alpes , la Corse ^ Meurthe-et-Moselle^ \bl Haute- Loire, VAriège, VAin. Quelques départements, comme la Seine, la Savoie et la Gironde, ont des établissements spéciaux pour instruire et traiter les sourds-muets.

C'est surtout dans les départements du midi, particulièrement du sud-est, que Ton trouvait le plus d'aveugles {Corse, Tam-et" Garonne, Hérault, Aude, Alpes^Mariiimes, Var, Hautes- Alpes ^ Basses- Alpes), et surtout dans le nord-est {Savoie et Haute-Savoie, Lot-et-Garonne, Haute-Garonne, Gardy, le recensement de 1872 en a enregistré beaucoup aussi dans le Cantal, la Normandie (Manche, Calvados), dans Eure-et-Loir et surtout dans le nord-est.

L'aliénation mentale, au contraire, se rencontre plutôt dans les départements riches et paraît avoir plus de rapports avec l'industrie qu'avec le sol ou le climat ; les dix départements qui étaient notés comme en renfermant le plus sont : Maine-et-Loire, Seine, Saône-et-Loire, Seine-Inférieure, Haute-Saône, Rhône, Nièvre, Côted'Or, Meurthe-et-Moselle, Bouches-du-Rhône. Mais, comme ces départements possèdent des hospices spéciaux d'aliénés, leur contingent est formé en partie par les aliénés envoyés des autres départements.

Certaines affections ou certaines dispositions physiques, qui ne sont pas des maladies, semblent tenir en grande partie à la race.

La race celtique est généralement considérée comme étant de taille médiocre; aussi est-ce dans la Bretagne, dans la plaine du Centre et dans le Massif central qu'il y a le plus de jeunes gens réformés pour défaut de taille ; il faut y ajouter les Landes et les Alpes. Au contraire, chez les montagnards des Pyrénées, chez les habitants du Bas-Languedoc et de la Basse-Provence, où se retrouve encore le sang des Ibères mélangé à d'autres races, la taille est

U POPULATION. 427

plus élevée. G^est ôurtout dans le nord de la France, depuis la Manche jusqu'au Ju»*a, où se sont successivement portées les races kymriqtœs ou germaniques, Belges, Francs, quUl y a le moins de conscrits réformés pour défaut de taille, et qu'on rencontre les plus hautes tailles ; toute la vallée de la Saône et une partie de la vallée du Rhône, où se sont établis les Burgondes, ont le même caractère. Une partie du Poitou, la Saintonge, principaux centres des invasions étrangères en Aquitaine, ont aussi des tailles élevées, tandis que les petites tailles dominent sur les granits de la Vendée, où vivaient les frères des Limousins et des Bretons,

107. lies rapports »Tec la ipitolltl«ve el radmialstratioa. — La politique et l'administration exercent une influence sensible sur la répartition des habitants dans un pays.

Les chefs-lieux, et surtout la capitale, par la concentration des services administratifs, attirent un grand nombre d'individus et créent des intérêts permanents de diverse nature.

Le service militaire emploie une partie des forces de la jeunesse et la groupe, pour la défense commune, sur certains points, dans quelques grandes villes, dans les forteresses et dans les ports.

Aussi, en 1886, sur 235 villes ayant plus de 10,000 habitants, n'en compte-t-on que 79 qui ne soient pas au nombre des préfectures ou sous-préfectures ; dans ces 79 villes, Roubaix dépasse i 00,000 habitants, et cinq. Calais, Tourcoing, Cette, Levallois-Pefret et Boulogne-sur-Seine dépassent 30,000 habitants.

Parmi les chefs-lieux de département, il n'y en a que 8 qui aient moins de 10,000 habitants ; ils sont situés la plupart dans les régions peu peuplées des Alpes {Digne, Draguignan), ou des Pyrénées {Foix), ou du Massif Central {Privai, Mende, Guéret). Les autres sont Méiières (1), le plus petit des chefs-lieux de France (6,674 habitants]. Vesoul, dans la Haute-Saône, atteint presque 10,000 hab. au recensement de 1886 (9,733).

Il n'y a que 21 départements dans lesquels le chef lieu n'est pas la ville la plus peuplée : 1® les 5 départements dans lesquels sont nos ports militaires, dont on n'a pas fait dés chefs-lieux, quoiqu'ils fussent la ville la plus importante, aûn de ne pas mettre le préfet du département en contact immédiat avec un fonctionnaire plus important, le préfet maritime ; 2^ 11 dans lesquels l'industrie ou le commerce ont donné à dix sous-préfectures et même À quatre chefs-lieux de canton un développement plus grand qu'au

(1) DoDl 1,8CS hab. comptés à part, c'est-à-dire ne faisant pas partie de la population municipale.

chef-lieu du département, à savoir : Calais; Saint-Quentin; le Havre; Sedan, Charleville, Givet^ Rethel et Nouzon; Bems; Montluçon; le Creusot et Ckalon-sur^aône ; Millau; Castres ; Saint-Dizier ; Annonay; 3® 5 départements où la préfecture le cède de quelques centaines ou de quelques milliers d*habitants seulement à une sous-préfecture, ayant ou ayant eu une importance historique ou agricole : Narbonne, Dôle, Bastia, Fontainebleau, Pamiers.

108. liM rapports »Tec r»|^icvltare. — Le premier besoin de Thomme est de se nourrir : de lèt Timportance de Tagricullure. C'est pourquoi, en France, la majorité de la population est fixée dans les campagnes et se livre en gf ande partie aux travaux agricoles qui exigent beaucoup de bras. Cependant, à mesure que Tindustrie et les villes grandissent et que l'emploi des machines devient plus fréquent en agriculture, la masse de la population agricole tend à diminuer relativement; ce qui n'empêche pas que la population totale ait beaucoup augmenté depuis le commencement du siècle dans les départements riverains de TOcéan entre Brest et la Gironde, dans ceux de la Méditerranée, de la Loire et du Rhône. En 1846, on comptait encore 75 p. 100 de population rurale, c'est-à-dire habitant les communes rurales. Aujourd'hui, on n'en compte, d'après le recensement de 1886, que 64,0 p. 100, c'est-à-dire qu'elle est de 24 millions 1/2. C'est dans les régions où l'industrie et le commerce sont le moins actifs que la proportion de la population rurale à la population totale est le plus forte : la Bretagne^ le Poitou, le. Massif central, les Landes, les A Ipes, etc. Le territoire des communes rurales a une superûcie totale d'environ 496,500k. c, un peu plus de 94 p. 100 de celle de la France; nous avons dit que la densité de la population y était de 49. Un peu plus de la moitié de la population française (53 p. 100), environ i8millionsl/2 d'individus, vit du travail agricole et compose la classe des cultivateurs avec leur famille, leurs ouvriers et leurs domestiques.

109. Etem rapports a^ee l'iMduBtrle, le conànterce et les eelo- ■lefl. — La population dite urbaine, c'est-à-dire qui habite des communes urbaines (au nombre de 1,236 en 1886), était en 1886 de 13,7 millions d'habitants, soit 36 p. 100, avec une densité moyenne de près 428 habitants. Elle comprend la majeure partie des personnes vivant des professions libérales, de l'industrie et du commerce ; néanmoins, on exerce aussi le commerce et l'industrie dans: les campagnes, et l'on y pratique des professions libérales, telles que celles de prêtre, d'instituteur, de notaire, etc. Le nombre des personnes composant les familles qui vivent de ces occupations.

LÀ POPULATION. 429

pouvait être estimé, en 4881, à 9 millions 1/2 pour l'industrie, et à près de 4 millions pour le commerce. La population urbaine s'est constamment accrue pendant que diminuait la population rurale. Les causes de ce déplacement ne sont pas exclusivement économiques ; les hôpitaux et hospices qui attirent les malades et le service militaire qui agglomère dans les casernes les jeunes gens du contingent y contribuent.

Les industries des tissus, du bâtiment, de Vhabillement et de la toilette, qui employaient, en 1886, chacune près d'un million d'habitants, soit, en tout, près de la moitié du total, sont au premier rang ; au second, celles de Y alimentation, des transports, des mines et caiTih^es, des objets en métal.

L'alimentation (1/2 million) prend le premier rang dans le commerce ; l'habillement et la toilette viennent ensuite.

L'industrie et le commerce tendent à concentrer les populations sur un certain nombre de points favorisés soit par un débouché facile, comme un port, un confluent, soit par une force motrice, comme un cours d'eau^ soit par la présence de la matière première, comme une mine de houille (voir livre VII, section i). Aussi la plupart des départements dont la population a le plus augmenté depuis vingt ans doivent-ils cet avantage h la grande industrie ou au commerce. Tels sont les départements suivants : Seine, Seine-et-Oise, Nord, Pas-de-Calais, iîarne, Loire, Rhône, Bouches-du- Rhône, La Vendée et la Corse doivent leur accroissement à d'autres causes.

C'est aussi dans ces départements qu'en général la population urbaine est le plus considérable. Ainsi, dans la Seine, elle est de 98 p. 100; dans les Bouches-du-Rhône, le Rhône, le Nord, le Var, Y Hérault, les Alpes-Maritimes, elle dépasse 60 p. 100; dans Vaucluse, le Gard, 40 p. 100, la Seine-Inférieure 50 p. 100; dans la Loire 50 p. 100, la Gironde 50 p. 100, elle dépasse 40 p. 100.

C'est encore pour les mêmes raisons que l'on compte dans ces départements le plus de constructions sur un même espace. La Seine, le Nord, la Seine-Inférieure, le Rhône occupent les premiers rangs à cet égard ; viennent ensuite des départements industriels ou des départements agricoles : Manche, Somme, Pas-de-Calais, Calvados, Côtes-du-Nord, Sarthe, Aisne, etc.

Si l'on examine les villes, on en trouve 235 qui ont plus de 10,000 habitants et 52 qui en comptent plus de 30,000. Les 235 villes ont doublé d'importance depuis le commencement du xviu® siècle. Les 52 villes ont gagné 1,746,000 habitants dans l'espace seulement Ag vingt-cinq années, de 1861 à 1886. Cet excédent est dû moins à

Taugmentation effective de la population qu'à rémigration des campagnes et des pays montagneux, dont la population diminue au profit des villes. Au nombre des villes qui ont le plus profité sont : Paris, Lyon, \% Havre, Lille, Marseille, Roubaix; puis, au-dessous des villes de 30,000 âmes, le Creusoi, Montltiçon, Saint-Nazaire, Roanne.

Ce sont aussi le commerce et Tindustrie qui ont attiré la plus grande partie des 1,126,000 étrangers qui vivent sur notre territoire (voir § 402) : en premier Beu, les Belges, au nombre de près de 432,000, dans les départements du Nord, de la Seine^ des Ardennesy du Pas-de-Calais, de VOise, de la Marne, de VAisne^ de Seine-et'Oise, etc.; et en second lieu, les Italiens (240,000), dans les Bouches-du- Rhône, les Alpes-Maritimes, la Seine, le Var, la Corse, le territoire de Bel fort, le Rhône, le Nord, V Allier ^ Meurthe-et-Moselle, Y Aude, etc.; puis les Espagnols, les AKe^ mands, les Suisses, les Anglais, etc.

C'est aussi le commerce qui, après avoir attiré des individus vers les ports, les pousse, en général, à émigrer soit dans nos colonies, soit dans les pays étrangers, où le nombre des Français (sans compter les colonies) approche de 2 millions : aux États- Unis (107,000), sur les rives de la Plata (70,000), en Suisse, en Egypte, etc.

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