lies rapporÉs de la popvlatlon »Tee 1» richesse. — Les
produits de l'agriculture et de l'industrie sont le fruit du travail » de l'homme. 11 est évident que plus on déploie d'activité intelligente, plus les produits sont nombreux, et que plus les produits sont nombreux, plus chacun a de chances pour en obtenir une somme plus considérable dans la répartition générale qui se fait chaque jour, sous forme de salaires, de profits, d'intérêts.
Il y a quatre-vingts ans, Yagriculture fournissait la moitié du blé qu'elle produit aujourd'hui, et ne donnait peut-être pas moitié autant de viande . Elle produisait à peu prés autant de seigle qu'aujourd'hui; mais la récolte de la pomme de terre, celle de la betterave, etc., étaient presque nulles; la culture maraîchère était relativement peu avancée. En résumé, la quantité de substances alimentaires, depuis le commencement du xix^ siècle, a certainement plus que doublé (voir liv. VI).
Il y a cinquante ans, Yindustrie était moins savamment armée par la chimie et par la mécanique, et pratiquée par un moins grand nombre d'individus ; elle n'avait pas la force des 567,000 chevaux que représentent nos machines à vapeur ; elle consommait quatorze fois moins de houille et dix fois moins de fer qu'au-
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jourd'hui; elle fabriquait vraisemblablement trois fois moins de tissus en tout genre et six fois moins de tissus de coton, ceux dont les classes peu aisées font une consommation beaucoup plus grande que les classes riches. En somme, la quantité des produits industriels, depuis le commencement du xix* siècle jusqu'à nos jours, parait avoir plus que quadruplé (voir liv. VII).
Le commerce extérieur, lorsqu'il n'avait pas encore la vapeur h sa disposition, parcourait moins facilement le monde. Goqime il nV vaitpas, d'une part, autant de richesses nationales à échanger et, comme, d'autre part, il n'était pas en rapport avec des pavs aussi riches qu'aujourd'hui, tels que l'Angleterre, les autres Etats de l'Europe, l'Egypte, les États-Unis, l'Amérique du Sud, il était bien moindre. Plusieurs des produits qu'il fournit et qui sont passés dans l'usage journalier de la vie, le coton, le sucre, le café, le cacao, le thé, étaient en beaucoup plus petite quantité et, il y a deux siècles, n'existaient pour ainsi dire pas. Le commerce de la France depuis la fin du dernier siècle est devenu au moins huit fois plus considérable (voir liv. VIll).
Or, comme depuis le commencement du siècle la population de la France n'a pas augmenté de moitié, il est évident que, toute proportion gardée, la moyenne des consommations individuelles a plus que doublé, et que les Français possèdent en plus grande quantité les choses que chacun cherche èi se procurer par son travail, c'està-dire plus de bien-être. De là, une mortalité moindre dans l'enfance, et un certain accroissement de la durée moyenne de la vie.
G est dans les départements du nord et du nord-est qu'il y a le plus d'activité industrielle; car c'est là qu'on trouve le plus grand nombre de forges, d'usines, de filatures, de tissages, etc. ; or c'est dans les déparlements du nord et du noi*d-est que Ton trouve les hommes les plus robustes, et que les hautes tailles sont le plus fréquentes.
II est vrai que la taille, comme nous l'avons dit plus haut (§ 100), est déterminée beaucoup moins par l'état économique d'une population que par son caractère ethnographique.
Mais la richesse, qui contribue à répandre la santé avec le bien-être, sans modifier essentiellement ces rapports, tend à améliorer l'état des populations et à diminuer les cas de rachitisme. Il ne faut donc pas croire, conformément à un préjugé très répandu, ({ue le travail industriel abâtardisse nécessairement la race. Il faut pourtant dire que le séjour des villes est moins favorable au développement physique que celui des campagnes et que leur mauvaise influence à cet égard croit avec le progrés de l'agglomération.
Les départements dans lesquels le nombre des jeunes gens -exemptés par les conseils de revision pour inQrmités ou pour faiblesse de constitution ne dépassait pas, il y a quelques années, A p. 100 sont : Pas-de-Calais j Oi^e, Aisne, Ardennes, Meuse, Aube, Haute-Marne, Haute-Saône, Càte-d'Or, Doubs, Jura, Ain, Orne.
111. lia popvlatlOM Bovs le rapport de la moralité. — 1^ Jus^ iice. Si les crimes avaient pour cause unique la misère, leur nombre devrait décroître à mesure que B*améliore Fétat économique; mais Us sont aussi TelTet des mauvaises pssions, particuUèrement de Tenvie qu'excite le spectacle de la richesse et, à mesure que la richesse ■augmente, il est à craindre qu'il ne se commette plus de crimes et de délits contre les propriétés. Les comptes rendus de la justice ne peuvent pas être une mesure de comparaison de la moralité française à diverses époques ; car les différences d'une période à une autre peuvent avoir pour cause un changement dans la législation ou dans Taclivilé de la police autant que dans la moralité même des populations. Toutefois on peut dire que le nombre des accusés pour mmes et même celui des prévenus pour certains délits est loin d'augmenter autant que le chiffre de la population et que la masse des richesses. Dans chaque société, la criminalité a un contingent à peu près constant comme la plupart des grands phénomènes qui font l'objet des études de la statistique; les moralistes connaissent certaines causes de cette régularité (voir plus loin, liv. Y, sect. vui).
Le nombre des accusés qui ont été traduits chaque année devant les cours .d'assises durant la période 1881-1885 a été d'environ 4,400, soit 12 sur 100,000 habitants. Les départements où l'on en comptait le plus, relativement à la population, sont les Bouches-du- Rhône et la Seine, plus Y Eure, la Corse, Y Hérault et VAube (27 sur 100,000 habitants).
Les départements où l'on en rencontrait le moins sont : Haute- Saône, Yonne, Savoie, Haute-Loire, Lot, Creuse. D'ailleurs les rapports varient quelque peu d'une année à l'autre.
Dans la catégorie des départements où l'on commet le plus de délits et de crimes sont ceux qui possèdent les plus grandes villes :* cela ne veut pas dire que la population des grandes villes soit nécessairement moins morale dans son ensemble; mais les occasions de satisfaire les penchants cupides y sont plus nombreuses, et les chances de se cacher plus grandes; il n'est pas étonnant qu'elles servent de rendez-vous aux malfaiteurs de toute la région.
Le nombre des accusations (chaque accusation implique un ou
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