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Effectif de l'armée [exprimé en miUier$ d'hommei,'.
Fig. 96. — Contingent et année depuis la Rérolution.
à diverses époques et le nombre des soldats et des hommes disponibles).
L'armée, conformément à la loi du 27 juillet 1872, se recrute par le contingent annuel et par les engagements.
I. En premier lieu par le contingent que fournit chaque année la classe. La classe se compose de tous les jeunes gens nés de parents français soit en France, soit à l'étranger, ou nés en France de parents étrangers qui sont nés eux-mêmes en France, ou des jeunes étrangers nés en France qui veulent acquérir la qualité de Français et qui ont eu vingt ans révolus dans le courant de l'année
(1) Voir le tableau plus loin.
précédente. La liste de ces jeunes gens est dressée dans chaque commune, du 1*' au 15 janvier de chaque année, par les soins du maire et comprend tous les jeunes gens qui ont, par leurs parents ou par eux-mêmes, leur domicile légal dans la commune. Un décret fixe chaque année l'époque du tirage au sort, lequel a lieu au ehef-lieu de canton devant le sous-préfet assisté des maires du canton. Le maire tire pour les absents, lorsqu'ils ne sont pas représentés par leurs parents ou tuteurs.
La classe de 1885, qui a tiré au sort en 1886 (V. p. 460), comprenait 306,854 jeunes gens (i). L'infirmité duement constatée est le seul cas d'exemption complète et définitive ; cette catégorie comprenait 39,760 individus en 1886. Les infirmes ne comptent pas dans le contingent, lequel, pour la classe de 1885, comprenait donc 267,094 jeunes gens. Ils sont répartis en cinq parties.
1* La première partie du contingent comprend tous les hommes propres au service actif. Cette partie se composait en 1886 de 132,496 jeunes gens ; cette partie est subdivisée elle-même enp?'cmière portion du contingent qui fait un service de cinq ans (en réalité quatre ans environ aujourd'hui) et qui comptait 90,216 hommes pour l'armée de terre et 5,639 pour l'armée de mer, et en seconde portion du contingent qu'on garde de 6 à 12 mois sous les drapeaux et qui comptait 36,641 hommes (2).
2* Il y a une certaine catégorie de jeunes gens qui, en vertu de l'article 17, sont provisoirement dispensés^ mais seulement en temps de paix, du service actif; ce-sont : l'aîné d'orphelins de père et de mère, le fils aîné de femme veuve ou d'un père aveugle ou ayant plus de soixante -dix ans, l'aîné de deux frères de la même classe et quelques jeunes gens placés dans des conditions analogues; cette catégorie forme la seconde partie du contingent, laquelle comprenait 46,466 jeunes gens (3).
(1) Ce nombre de 306,854 est le nombre définitif après révision des tableaux de recensement dressés par les maires. De ces tableaux ont été rayés 1,203 fils d'étrangers qui se sont réclamés de la qualité d'étrangers (sur un total de 2,993 qui étaient inscrits) et 230 jeunes gens nés en France d'étrangers qui euxmêmes y étaient nés (sur un total de 575 qui étaient inscrits). Dans les 306,854 sont comptés 2,058 Jeunes gens des classes antérieures omis dans les tableaux précédents et découverts dans la formation de la classe de 1885. Sur ces 306,854 jeunes gens, 7,584 ne se sont pas présentés ; conformément à la loi, ils ont été considérés comme aptes au service.
(2) Ces proportions sont variables, le ministre pouvant appeler toute la seconde portion. La première portion du contingent de la classe de 1887, appelée en 1888, est de 135,049 hommes, la seconde de 5,000 seulement.
(3) Dans la seconde partie du contingent de la classe de 1885, les fils ou
3** Une autre catégorie est celle des jeunes gens dispensés conditionne llement y en vertu de Tarticle 20, même en temps de guerre, parce qu'ils rendent à l'État des services d'une autre nature; tels sont les membres de l'instruction publique et les élèves de l'École normale supérieure, de l'École des chartes, de l'École des langues orientales, qui s'engagent à servir dix ans l'État dans leur carrière ; les jeunes gens qui se préparent au sacerdoce, etc.
En outre, les élèves de TÉcole polytechnique et de l'École forestière* sont considérés comme présents sou« les drapeaux ; les inscrits maritimes, les engagés volontaires, les engagés conditionnels d'un an qui sont réellement au service, sont rangés dans cette catégorie, laquelle forme la troisième partie du contingent ; elle comprenait 31,875 individus (1).
4^ Les jeunes gens qui, sans avoir une infirmité les rendant incapables de servir, ont cependant certaines infirmités ou une constitution trop délicate pour faire un service actif, sont classés dans la catégorie des setmces auxiliaires, laquelle est appelée en temps de guerre dans les bureaux, ateliers, etc., pour remplacer les hommes valides versés dans le service actif et pour assurer les services administratifs. Cette quatrième partie du contingent comprenait 16,531 individus en 1886.
5** La cinquième partie du contingent comprend les jeunes gens dont le développement physique est insuffisant ou qui n'ont pas atteint la taille réglementaire (1 m. 54) et qui pendant deux ans peuvent être ajournés à un nouvel examen; après quoi, ils sont exemptés ou classés soit dans le service actif, soit dans le service auxiliaire. Cette catégorie comprenait 39,726 jeunes gens en 1886.
Dans le contingent annuel figurent les ajournés des deux classes antérieures qui ont été classés par le conseil de révision. Ainsi, en 188G, en même temps que la classe de 1885 était versée
pelita-flls de veuves, de père aveugle ou âgé de plus de soixante-dix ans figuraient à raison de 37 p. 100, les frères de militaires, dans l'armée active, & raison de 54 p. 100, les autres à raison de 9 p. 100.
fl) Dans la troisième partie du contingent de la classe de 188S, les élèves des Écoles polytechnique et forestière figuraient à raison de 0,6 p. 100; les élèves de rÉcole normale supérieure, les professeurs des lycées et collèges à raison de 1 p. 100 ; les membres des associations religieuses vouées à renseignement primaire et reconnues comme établissements d'utilité publique à raison de 1 p. 100 environ, les instituteurs à raison de 8 p. 100; les élèves ecclésiastiques à raison de 5,7 p. 100; les jeunes gens (au nombre de 18,333] liés au service, en vertu d'un engagement volontaire, d'un brevet ou d'une commissioa  raison de 57,7 p. 100; les inscrits maritimes à raison de 13 p. 100; les engagés couditionuels d'un an (4,095) à raison de moins de 11 p. 100, etc.
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dans les régiments, 3067 hommes de la classe de 1883 et 7227 de celle de 1884 étaient classés dans la première portion de la première partie du contingent; 1 043 de la classe de 1883 et 2 801 de celle de 1884 dans la seconde portion. Le total des jeunes gens inscrits dans la première partie du contingent s'est trouvé être ainsi de 146634 (1), dont 132 496 pour la classe de 1885 et 14138 pour celles de 1883 et de 1884.
Après le tirage au sort, le conseil de révision^ composé de cinq membres, qui siège dans chaque département sous la présidence du préfet et qui tient successivement session dans chaque canton, assisté du sous-préfet et des maires, examine les jeunes gens de la classe, prononce les exemptions, arrête et signe la liste du recrutement cantonal sur laquelle les noms des jeunes gens non exemptés sont inscrits dans une des cinq parties du contingent. Le commandant de recrutement du département dresse une liste semblable sur le registre matricule du département. Les hommes portés sur ce registre y figurent pendant les cinq ans qu'ils sont à la disponibilité de Tarmée active et pendant les quatre ans de la réserve, et sont tenus de faire connaître tous leurs changements de résidence. La même obligation s'impose aux hommes appartenant à l'armée territoriale.
Sur le nombre des jeunes gens compris dans la première partie des listes du recrutement cantonal, le ministre peut, en vertu de l'article 32 de la loi de 1872, autoriser, jusqu'à concurrence de 4 p. 100, des jeunes gens qui se trouvent dans une situation malheureuse à rester dans leurs foyers à titre de soutiens de famille, La classe de 1885 a eu 5 317 dispenses pour ce motif.
Il peut aussi, à raison de 4 p. 100, accorder des sursis d'appel pendant deux ans de suite à des jeunes gens qui en ont besoin pour l'exercice de leur profession. Mais ces sursis sont des ajournements et non des dispenses ; aussi sont-ils peu recherchés ; il n'y en a eu que 299 en 1886. Lorsque les jeunes gens dispensés perdent leur droit à la dispense, ils sont tenus de rentrer sous
(1) En comptant les ajournés qui, après un an ou deux, ont été attribués définitivement à la première ou & la deuxième portion de la première partie du contingent, on a :
1877 159.574 hommes.
1882 155.886 homme».
les drapeaux pour terminer leur temps. 929 hommes ont été réintégrés dans les corps pour ce motif en 1886.
En second lieu, larmée se recrute par les engagements. Tout Français célibataire peut s'engager dans Tarmée de mer à partir de seize ans, dans Tarmée de terre à partir de dix-huit ans, sous certaines conditions. La durée de rengagement volontaire est de cinq ans. En cas de guerre, le Français qui a accompli le temps de service prescrit dans l'armée active et sa réserve peut contracter un engagement pour le temps de cette guerre. Les hommes qui, après avoir fait un an ou six mois de service, sont envoyés en disponibilité, peuvent contracter un engagement de cinq ans, et dans ce cas ils ne peuvent être renvoyés dans leurs foyers sans leur consentement.
Le nombre des engagements volontaires de cinq ans a été en 1886 de 21762, dont 13 624 pour l'armée de terre, et 8138 pour l'armée de mer. Il y a eu en outre 4157 engagements dans les corps étrangers, régiments étrangers, tirailleurs algériens et spahis.
Les rengagements peuvent être contractés jusqu'à l'âge de vingtneuf ans pour les caporaux et soldats, et de trente-cinq ans pour les sous-officiers et pour une durée de 5, 4, 3 ou 2 ans. Ils ont été, en 1886, au nombre de 5 181 pour la France et l'Algérie, dont 1 222 par des soldats, 372 par des caporaux ou brigadiers, 3 587 par des sous-officiers. Le nombre des rengagements a augmenté depuis quelques années par l'effet de la loi du 23 juillet 1881 sur les « primes de rengagement ».
Les engagements conditionnels (volontariat d'un an) sont ceux que contractent, au moment de l'appel sous les drapeaux de la première partie du contingent, des jeunes gens ayant certains titres, comme celui de bachelier, ou appartenant à certaines écoles, ou ayant subi un examen spécial et professionnel ; ils sont autorisés moyennant un<i « prestation » de 1 500 francs dont le ministre peut exempter un volontaire sur 100, h contracter un engagement d'un an, à condition d'avoir dix-huit ans accomplis au jour de l'engagement et de n'en avoir pas eu vingt au i" janvier écoulé. Ils peuvent d'ailleurs obtenir un sursis d'appel jusqu'à 24 ans.
Après avoir passé cette année sous les drapeaux, ils sont renvoyés dans leurs foyers s'ils ont, par un examen, satisfait aux conditions d'instruction militaire ; ils font ensuite partie de la disponibilité de l'armée active jusqu'à leur passage dans la réserve au bout des cinq ans. Le nombre de ces volontaires a été de 3392 en 1886.
LA FHAISCE.
Le tableau suivant montre qu'il est en diminution depuis 1878, Texamen professionnel ayant été rendu plus difficile.