L'ARMÉE
SoMiiAiRB. — 134. La défense du soL — 135. Le recrutemeut. — 136. L'efTectif en temps de guerre et en temps de pair. — 137. L'armée territoriale. — 138. La composition de l'armée active. — 139. Les corps d'armée et les régions territoriales. — 140. Les services administratifs. — 141. La Juslice militaire. — 142. Les écoles.
134. i^a défense dn boI. — 11 faut être toujours prêt à défendre le sol national, avec ses habitants et ses richesses, contre les ennemis qui pourraient l'envahir. C'est pourquoi il est nécessaire d'avoir une armée de terre et de mer qui protège l'indépendance nationale. L'armée sert en même temps à assurer l'influence que peut légitimement et que doit exercer une grande nation dans la politique générale du monde. Il est profondément regrettable pour la France, comme pour l'Europe entière, que l'état de la politique exige qu'elle soit si nombreuse, qu'elle coûte tant d'argent et détourne tant d'hommes du travail.
135. Le reeratemeMi. — Le recrutement s'est fait depuis 1789 de diverses manières. La loi du 26 février 1793, votée au moment où l'Europe se coalisait contre la France, avait ordonné la levée en masse ^d^v réquisition permanente de tous les Français de dix-huit à quarante ans non mariés ou veufs sans enfants : ainsi furent recrutées les armées de la Convention. Laloidu G septembre 1796 établit le recrutement par la conscription^ c'est-à-dire par l'appel annuel de tous les jeunes gens ayant atteint leurs vingt ans qui devaient, par voie de tirage au sort, fournir le contingent d'hommes nécessaires pour le recrutement; la conscription, très légèrement modifiée sous le Consulat et l'Empire, fournit des soldats aux armées de Napoléon. La Charte de 1814 TaboUt, La loi du 10 mars 1818, due au maréchal Gouvion Saint-Cyr, puis légèrement modifiée par celle
sion du dernier (Bordeaux) des seize hôtels des monnaies qui existaient en France, en 1789, hors de Paris.
du 9 juin 1824, établit en principe le recrutement par engagement volontaire et accessoirement par la conscription; mais, en fait, la conscription resta presque le seul mode de recrutement. Le roi fixait par ordonnance le contingent, c'est-à-dire le nombre d'hommes appelés sous les drapeaux. La durée du service militaire était et resta jusquen 1872 de sept ans.
Diverses lois ont, depuis ce temps, modiQé à plusieurs reprises la composition de l'armée. Celle du 31 mars 1832 consacra le recrutement par des « appels » votés chaque année par les Chambres, en le combinant avec la faculté de la substitution et du remplacement et avec les engagements volontaires ; celle du 26 avril 1855 institua Vexonération du service militaire au moyen d'une somme d'argent versée au Trésor et alimentant une caisse destinée à fournir une haute-paye aux rengagés ; celle du 1®' février 1868, due au maréchal Niel, et votée après la victoire de la Prusse sur l'Autriche en 1866, supprima l'exonération, rétablit le mode de remplacement de la loi de 1832, répartit les inscrits valides de chaque classe en deux parties, la première comprenant ceux qui avaient tiré au sort les plus faibles numéros, formant le contingent de l'armée active, et la seconde formant une garde nationale mobile, qui pouvait être appelée sous les drapeaux en cas de guerre.
Après les désastres de la guerre de 1870-71, il a fallu, par une loi nouvelle, accroître les forces militaires en vue d'assurer la sécurité du pays et rendre le service obligatoire pour tous les Français : c'est ce qu'ont fait la loi du 27 juillet 1872 sur le recrutement et celle du 24 juillet 1873 sur l'organisation de l'armée.
Sous la Restauration, la classe, c'est-à-dire le total des jeunes gens soumis à la conscription, se composait d'environ 285,000 hommes; mais il n'y avait que 40,000 hommes appelés sous les drapeaux jusqu à l'expédition d'Espagne (1823) et que 60,000 depuis cette époqu(3.
Sous le règne de Louis-Philippe et jusqu'en 1852, avec une classe d'environ 300,000 jeunes gens, l'appel a été de 80,000 hommes. Pendant la guérie de Crimée et pour la classe de 1858 (guerre d'Italie, 1859), il s'est élevé à 140,000; pendant les autres années, de 1856 à 1867, il a été de 100,000 pris sur des classes qui comprenaient environ 320,000 jeunes gens depuis l'annexion de la Savoie et de l'arrondissement de Nice.
La loi du 1»' février 1868 a changé la composition de l'armée. Celle-ci avait un effectif de 205,000 hommes sous la Restauration, de 338,000 en 1852, avant la guerre de Crimée. En 1868, elle corn-
prit, d'une part, 441,000 hommes sous les armes et, d'autre part, avec les réserves et la garde nationale mobile, 1,003,000 hommes disponibles.
Depuis 1872, la classe, diminuée par suite de la diminution du territoire, n a guère été en moyenne que d'environ 301,000 jeunes gens (1), et la première partie du contingent a varié de 132,000 à 152,000 hommes (Voir la figure 96, qui indique le contingent
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