Li'eirectlf en temps de g^uerre et en temps «le paix
Le service dans l'armée de terre ou dans l'armée de mer comprend vingt années divisées en quatre parties : 1° cincj ans dans Yannée active, qui commencent à partir du 1" juillet de l'année du tirage au sort ; 2* quatre ans dans la réserve de t armée active; 3® cinq ans
dans V armée territoriale; A^ six ans dans la réserve de T armée territoriale. Après le tirage au sort, les hommes de la première portion de la première partie du contingent sont incorporés dans un corps en garnison dans une région de corps d'armée quelconque. Les hommes de la seconde portion d'une part, les réservistes et les conditionnels d'un an libérés d'autre part sont incorporés dans un corps de la région qu'ils habitent.
Le service pour l'armée de mer est réglé de la même manière pour l'armée active et pour sa réserve ; mais, après la réserve de l'armée active, les hommes, en vertu de la loi du 4 décembre 1875, passent directement dans la réserve de l'armée territoriale.
Si tous les hommes qui doivent le service étaient présents 60U8 les drapeaux, on aurait, en temps de guerre :
1° Varmre active, portée à l'efTectif de guerre par le rappel des hommes en disponibilité (2° portion de la première partie du contingent, etc.) et par l'appel des réserves de l'armée active, le tout comprenant 880 000 hommes d'armée de campagne et 50 000 hommes devant rester en France et en Algérie ;
2^ Les troupes de remplacement ou de dépôt, formées parles parties des réserves et de la disponibilité excédant l'effectif mobilisé par la dernière classe du contingent encore insuffisamment instruite et par les classes suivantes qui peuvent être appelées par anticipation pendant la durée de la guerre, le tout comprenant par pure hypothèse environ 220 000 hommes;
3° L'armée territoriale^ qui, sans sa réserve, peut mettre sur pied au moins 450 000 hommes (90 000 X o), est réputée pouvoir fournir, en cas de besoin, plus de 000000 hommes (37 000 officiers et 579 000 hommes);
4^* Le dépôt de C armée territoriale, qui est d'environ 20000 hommes.
En outre, les corps forestiers (86 compagnies et 40 sections de compagnies de chasseurs forestiers) et les corps des douaniers (32 bataillons actifs et 6 bataillons de forteresse), qui sont organisés militairement et qui comptent dans l'armée territoriale, fournissent plus de 20 000 hommes.
Le tout forme un total d'environ 1 800000 hommes.
Si l'on ajoute, d'autre part, les vingt classes d'hommes dispensés, mais non exempts, et les hommes du service auxiliaire, deux catégo* ries qui comprennent environ 1 330000 hommes, et la réserve non organisée de l'armée territoriale, on arrive à un total qui, sur le papier, dépasse 3 millions et demi d'hommes mis, en cas de besoin, à la disposition du ministre de la guerre, sans compter Varmée de mer*
470 LA FKAiNCE.
Ces hommes devraient, en cas de guerre, être incorporés dans les 18 corps d*armée de la France (voir § 131), et même dans des cadres supplémentaires que le ministre de la guerre formerait suivant les besoins.
L'appel de toute cette masse d'hommes causerait une perturbation considérable dans la vie ordinaire de la nation et une interruption du mouvement économique ; elle parait peu vraisemblable ou du moins elle ne pourrait durer longtemps sans entraîner de très graves conséquences. Aujourd'hui, l'entretien sous les armes d'un demi-million d'hommes est par lui seul une perte énorme pour la production nationale en même temps qu'une charge très lourde pour le Trésor. Depuis 1870, l'état de l'Europe exige de toutes les grandes puissances des sacrifices qui pèsent lourdement sur les populations comme sur les budgets et qui gênent l'essor de la richesse.
L'armée active, dontl'effectif est déterminé chaque année approximativement par la loi du budget, est d'environ 520000 hommes (1). Mais le nombre des hommes au service est, en réalité, inférieur par suite de l'incomplet qui se produit après le départ de la classe libérée ; le total se réduisait à environ 504000 en 1887.
D'après le budget de 1888, il devait y avoir un effectif net (militaires présents ou en mission) de 466 341 hommes, dont 26 133 officiers, et 439 208 hommes de troupe, et, en outre, 39252 hommes absents (dans les hôpitaux, en congé ou punis par jugement) : total général 504 693 (2). Dans ce total est comprise la gendarmerie, qui comptait, en 1887, 25 812 hommes.
Milliers.
(1) 1869 Effectif au 1» janvier. 444
Millien.
1885 Effectif prévu parle budget 524 1887 — — 523
(525 avec les sapeurs-pompiers).
(2) Voici comment se décomposait l'effectif qui a servi de base au budget de 1887 :
(Corps de troupe 18.009 \
Administration centrale. . . 196 1
États-majors 3.768! «^ .^j.