‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 10 sur 124 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LE RELIEF DU NORD-EST. LE .HUA. LES VOSGES, l'àRDENNE,

l'argonne.

Le Jura franco-suisse a surtout la forme de chaînons parallèles alignes à la surface d'un plateau. Limites : au nord, eonlluenl de l'Aaret du Rhin; au sud, lac d'Aiguebelette. Longueur, 300 kilomètres ; largeur maxima, 70 à 80 kilomètres. — Versant français gradué, versant suisse abrupt. Plissements : voûte, val, combe, cluses, crêt, ruz. — Principales sections : section septentrionale : le Lomont, le Lurmonl : section septentrionale: crël île la Neige, Reculet. Passages difficiles.

Les Vosges. — Différences de composition. Abaissement des altitudes en allant du sud au nord. Ballon d'Alsace ; Hohneck ; cols de la Schlucht el du Bonhomme. Chaîne des ballons.

Plateau ardennais (604 m. à la Croix Scaille) ; plateau de Lorraine, côtes de Meuse; l'Argonne et ses délilc-.

Le Jura. — Aperçu général. — La France ne possédé qu'un versant des Alpes occidentales : son territoire ne

contient également qu'un Fragment du grand système montagneux qui porte le nom de Jura.

On désigne sous le nom général de Jura la série de hautes terres <|iii se prolongent, parallèlement aux Alpes, du sud-ouest au nord-est, au delà îles plateaux bavarois, souabes et suisses : ce sent des montagnes composées d'un calcaire particulier auquel le Jura a précisément donné son nom (Jurassique). Mais une différence notable sépare le Jura franco-suisse, du Jura souabe ou bavarois : le Jura allemand est surtoul un ensemble de plateaux; le Jura franco-suisse affecte la forme de chaînons parallèles au moins dans la plus grande partie de son étendue.

On donne comme limites au Jura franco-suisse : d'une part, au nord, le continent du Rhin et de l'Aar; d'autre part, au sud, le Rhône, ou plus exactement le lac d'Aiguebelette, à l'ouest de Ghambéry. Dans ces limites, l'ensemble du système comprend environ 300 kilomètres de longueur; la largeur la plus grande au centre est de 70 à 8<i kilomètres.

Description du Jura. — Le Jura est composé d'une série de chaînes parallèles, alignées à la surface d'un véritable plateau; ce plateau qui leur sert de piédestal va s'abaissant du sud-est au nord-ouest. Gomme les Alpes, le Jura se présente sous deux aspects bien différents selon qu'on regarde à l'est ou à l'ouest. Quand on les gravit en venant de France, on monte toute une série de terrasses étagées; de plateau en plateau, puis de chaîne en chaîne, on atteint la crête du bourrelet le plus oriental, qui est aussi le plus élevé. Au contraire, quand on vient de Suisse, on se trouve en présence d'une muraille presque verticale qui émerge brusquemenf de la plaine et dresse dun seul jet ses « crêts » hauts de 1500 à 1700 mètres.

Les géologues expliquent la formation des plis du Jura qui ont déterminé des chaînes et des chaînons parallèles par la poussée qu'auraient supportée les roches calcaires, quand se produisit au sud-est de leur masse l'énorme soulèvement des Alpes. Le plateau calcaire primitif aurait été alors tordu et poussé vers le nord-ouest, il aurait formé des plis, comme toute matière plastique qui est comprimée par une violente poussée horizontale.

Il en résulte que l'architecture Avs formes du Jura est

très caractéristique et que l'on peut employer des Lermes très précis < f 1 1 i d'ailleurs ne son! pas particuliers à la région jurassienne, pour désigner les accidents très nets de ce terrain à l'allure si simple et facile à comprendre. Ainsi on appelle: voûte, la cambrure convexe d'un pli; val, le sillon longitudinal compris entre deux chaînons parallèles, combe l'excavation produite par la rupture d'une voûte; cluses, d'étroites et profondes tranchées pratiquées au travers d'un chaînon; crût, l'arête d'une fracture de voûte; ru:, une coupure transversale d'un crèt. Les rivières jurassiennes tiennent de cette structure compliquée un cours caractéristique à nombreuses brisures. Nées souvent dans nue combe, elles en sortent par un ruz, s'engugenl dans nu val, qu'elles abandonnent à la première cluse qu'elles rencontrent. Quelquefois elles aboutissent à «les dépressions qui sont de véritables bassins fermés.

Principales sections du Jura. — Au nord, le Jura présente l'aspect général de plateaux, depuis la trouée de Belfort et la trouée de l'Aar jusque vers le val Travers. Il y a pourtant déjà dans cette section septentrionale deux chaînes bien caractérisées. Le Lomont d'une altitude moyenne de 500 mètres et le Larmont, voisin de Pontarlier et qui a un sommet de 326 mètres. Peu à peu le Jura s'élargit et gagne en altitude. Dans sa partie centrale il y a plusieurs masses de plateaux juxtaposées, par exemple le grand plateau /le IVozeroy, qui se dresse à plus de SUD mètres d'altitude moyenne, le plateau de Champa-

gnole presque aussi haut, le plateau de Lons-le-Saunier élevé seulement de 5 ou (><>n mètres. ,

Dans cette partie centrale sont les plus liants sommets

du Jura : à l'ouest dans le Jura français, la cime culminante

du créé de la Neige 1723 m. . le Reculet 1720 m. : à l'est

en Suisse, le Suchet 1595 m. . la Dent de Vàulion

1 495 m. et le mont Tendre 1680m. .

Là aussi, la largeur des plateaux et le redressement îles crêtes rendent le passage difficile d'un côté à l'autre. Pourtant, grâce à la rupture de continuité des plis qui se produisent entre Pontarlier el Vallorbe, ce que l'on appelle le décrochement, on a pu y faire passer le chemin île Ici'. Les autres passages importants du Jura sont le Val Travers où passe la lia le Pontarlicr-Neufchàtel, le val de Joux cl

le col de Jougne, utilisés par la ligne de PontarJier à Lausanne. Au sud, le chemin de fer de Lyon à ( îenève traverse la montagne par le tunnel du crét d'Eau.

Page 1