I. — Les Alpes
Caractère général des Alpes françaises. - - Les Alpes françaises couvrent une surface d'à peu près 50000 kilomètres carrés, suit un dixième de la superficie de notre pays. Entre leurs deux extrémités du nord et du sud, il y a environ 300 kilomètres de longueur; la largeur occupée par leur massif entre la France, l'Italie et la Suisse varie de 150 à 200 kilomètres.
Les Alpes françaises sont de composition géologique très variée parce qu'elles ont été souvent remaniées par les mouvements du sol, parée que l'action des glaces, des eaux (•durantes, des dépôts lacustres a introduit aussi des modifications dans la structure primitive.
En raison de cette diversité on a pris l'habitude de désigner uns Alpes, non pas rigoureusement suivant une classification géographique, mais en tonnant des groupes qui correspondent h nos principaux pays ou à nos provinces.
Les Alpes de Provence. — A l'extrême sud, se dressent, entre la France et l'Italie, les montagnes que l'on désigne
tantôt sous le nom général d'Alpes de Provence, parce qu'elles couvrent celte province méridionale de notre pays, tantôt sous le nom d'Alpes Maritimes, parce que le sud de ces montagnes est en contact avec la mer. Mais, à vrai dire, les Alpes de Provence ne sont pas une dépendance des
Alpes .Maritimes : on peut comprendre sous le nom général
d'Alpes de Provence toutes lesmontagnes renfermées entre la frontière italienne, la Méditerranée, la vallée du Rhône, et, mi nord, la vallée de l'Ubaye.
Le nom spécial d'Alpes Maritimes esl réservé auxmontagnes qui forment le talus de la Provence alpestre ;i
l'est. Ces i itagnes
développent sur le territoire français des contreforts importants, cl s'abaissent au contraire d'une pente brusque vers l'Italie. Elles sont limitées au sud pur le col de Tende, au nord par le col d'Agnello : entre ces limites elles mesurent environ 130 kilomètres du nord au sud.
Les Alpes Maritimes se composent de quelques massifs de granit connue celui de Mercantour :'> 17i) m. . et d'un grand nombre de hauteurs composées de calcaires jurassiques. La cime dominante des Alpes Maritimes est Vaiguille
de Chambeyron 3400m. . Les cols y
son! Forl élevés, souvent compris entre 2500 et 3000 mètres. Le passage le plus importanl est le col de Largentière où de Larche 1 1 595 m.) entre les vallées de la Stura cl de l'Ubaye, et le col de Tende 1873 m. à l'issue de la vallée de la Roya.
Les grandes Alpes Provençales, situées à rintérieur de notre Provence, sont des montagnes profondément érodées, aux contours déchiquetés, aux parois abruptes : ce sont en général des hauteurs composées de roches jurassiques. Elles se soudent aux Alpes Maritimes par le nœud de VEnchastraye (2 050 m.). Le point culminant est le Pelât (3052 m.), montagne dénudée comme l'indique son nom.
Les petites Alpes de Provence sont beaucoup plus dispersées en groupes isolés que les grandes Alpes. On remarque d'abord, près de la mer, les monts dé YEsterel, aux belles roches de porphyre rougeàtre, puis les monts des Maures, composés de granits et de schistes cristallins.
Au nord de la Durance se dresse le Ventoux (1 '.'12 m.), nettement isolé au nord-est d'Avignon, le Léberon et les monts de Lure 1 82? m.). Au sud de la Durance, se développe la pittoresque montagne de la Sainte-Beau me (1154 ni. i, la chaîne de l'Étoile, les petits chaînons de Sainte-Victoire et des Alpilles ou Alpines.
Les montagnes de Corse sont peut-être, par le voisinage, apparentées aux roches de laSardaigne et de l'Italie ; par leur l'orme et leur composition chimique, elles sont plus analogues aux Alpes et aux massifs cristallins du sud de la France qui en dépendent. Ce sont en etl'et des monts formés en grande partie de granits et de porphyres et qui allongent leurs crêtes du nord au sud, coupées d'une seule grande brèche, le eol de Vizzavona ( 1 102 m.), où passe le chemin de fer d'Ajaccio à Gorte. Le point culminant de l'île est le mont Cinto (2710 m.), à peine plus élevé que le mont Rotundo l 2625 m.).
Les Alpes du Dauphiné. — On appelle Alpes du Dàuphiné la section des Alpes françaises qui se développe entre la Durance, le cours de l'Isère moyenne et de son aftluenl le Drac. Elles son! en général plus élevées «pie nos Alpes de Provence, mieux arrosées de pluies, c'est-à-dire plus riches en glaciers, plus riches en eaux, courantes et par conséquenl mieux pourvues de forêts et de pâturages. Le
paysage rappelle déjà beaucoup plus nos pays du nord.
Elles se divisent en plusieurs gTOUpeS.
Ce sont, d'abord à l'est, les Alpes Cotliennes, comprises entre le mont Genis et le col (VÂqnello, c'est-à-dire développées sur une longueur de L50 kilomètres environ. Leur point culminant est le Viso 3840 m. , grande pyramide qui se dresse en territoire italien. Les cols sont plus nombreux el plus profondément entaillés flans les Alpes Colliennes que dans les Alpes Maritimes. Le principal passage est le col du mont Genèvre L854 m. où passe la route de Briançon à Suze.
Par le nœud du nionl Thabor 3175 m. les grandes
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Fig. 7. — Profil transversal des Alpes du Dauphiaé, do Valence (Rhône) à Montcalieri (Pô).
Alpes du Dauphiné seul nouées aux Alpes Cottiennes. Les principales masses des grandes Alpes du Dauphin»'' seul le Pelvoux el [es Grandes Rousses. Le massif du Pelvoux, enfermé entre la Romanche et le Drac, est un superbe soulèvement de granits et de gneiss ayant un diamètre d'une trentaine de kilomètres et dressant plus de quarante sommets au-dessus de 3200 mètres, parmi lesquels la Barre des Écrins \ 103 ni. , le sommet le plus élevé des Alpes françaises après le mont Blanc Le Pelvoux lui-même est un sommet de 3954 mètres . Tout ce massif est couverl de magnifiques glaciers, glacier de la Pilatte, glacier Blanc, glacier Soir.
Le massif des Grandes Rousses, compris entre la Romanche, l'Isère el l'Arc, est de même nature que le
FRANCE El SES COLONIES. CL.
Pelvoux, mais de moindre altitude. Avec la belle chaîne de Belledonne (2980 m.) qui lui sert de talus au nord, il forme un groupe que l'on désigne sous le nom d'Alpes de Maurienne.
Les petites Alpes du Dauphiné se développent entre le Drac, le Rhône, la Durance et l'Isère. (Mi y distingue le Champsaur, prolongement méridional du Pelvoux, le Dévolu;/, les Vercors et les Alpes de la Grande Chartreuse
Les Alpes de Savoie. — Les Alpes de Savoie comprennent les belles montagnes si riches en glaciers et en eaux courantes qui terminent an nord les Alpes françaises.
La partie la plus élevée et la mieux isolée est celle du mont Blanc 4810 m.) où se dresse le point culminant de toutes les Alpes. Le mont Blanc est un grand massif rectangulaire, allongé du sud-ouest au nord-est, mesurant 45 kilomètres de longueur, 15 de largeur, et couvrant une superficie de 400 kilomètres carrés. Une série ininterrompue de cols l'isole de toutes parts. Outre son sommet du mont Blanc, il possède d'antres belles cimes, comme le dame du Goûter (4331 m.), les grandes dorasses \ 206 m.) et Y Aiguille du Géant l 4019 m.). Les cols qui font communiquer les vallées du pourtour t\u mont Blanc sont extrêmement élevés: ainsi le col d'Argentier e est à :5.")28 mètres d'altitude.
Fort arrosé de pluies, le mont Blanc possède d'énormes glaciers, en particulier la Mer de glace, composée des trois glaciers du Géant, de Leschaux et de Talèfre.
Les Alpes Graies ou Grées forment un second inassit' dont les hautes crêtes se développent sur les confins de la France et de l'Italie entre les Doires Ballée et Ripaire, l'Isère et l'Arc La partie lapins élevée des Alpes Grées est le massif du Grand Paradis en territoire italien, où il y a plusieurs sommets supérieurs à \ OOO mètres.
Quant aux grandes Alpes de Sacoie, elles sont surtout remarquables dans la chaîne de la Vanoise, entre les vallées de l'Isère et (le l'Arc. Le sommet de la Grande Casse 3861 m. y porte de beaux glaciers.
On appelle petites Alpes de Savoie un ensemble confus dont les principaux massifs sont ceux des Bauges, des Bornes et des Dranses, Le point culminant est dans les Dranses que l'on appelle souvent aussi montagnes du Cha-
biais; le somme! qui y culmine, la Dent du Midi 328o m. , esl en territoire suisse.
Parmi les nombreux passages des Alpes de Savoie il faut signaler le passage du petit Saint-Bernard, qui mène de la Savoie au pays d'Aoste. Le mont Genis est traversé par une route magnifique qui unit Lanslebourg à Suze. Quant au tunnel du mont Genis, qui es! proche du col de Fréjus 1335 m.), il a rendu tant de services depuis son achèvemeni en 1871, qu'il a l'ail grand tort à la circulation sur les roules et chemins des Alpes.
Résumé. — Dans l'ensemble les Alpes françaises offrent un assez grand nombre de passages commodes, entre la vallée du Rhône et celle du Pô. Leurs parties les plus riches en pâturages et en forêts sont oaturellement au nord, où les pluies sont le plus abondantes. C'est là que sont leurs plus beaux glaciers et leurs plus riches eaux courantes, là aussi par conséquent, en I >auphiné et en Savoie, que se sonl établis les groupes les pins nombreux de populations vraiment montagnardes.