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II. — Les Vosges

Le système montagneux des Vosges, en y comprenanl les croupes du Hardi qui le prolongent au nord, se développe du sud-sud-ouesl au nord-nôrd-est sur une longueur de ^.~>0 kilomètres. Depuis la guerre de 1870-1871, la France n'eu possède plus qu'une faible partie.

Les g'éologues expliquent le modelé îles Vosges par l'effet du contre-coup qu'aurait produit le plissement des niasses du Jura. Quoi qu'il en soit, le système îles Vosges esl nu système de montagnes coupé de nombreuses t'ailles et 1res varié dans ses formes.

D'abord il y a une très grande différence entre les pentes vosgiennes d'Alsace et les pentes qui s'abaissent sur le plateau lorrain. Sur l'Alsace on descend brusquement, par des vallées courtes et profondément encaissées. Sur le versant lorrain la descente est graduelle et se t'ait par une série de plis de terrain mollement allongés.

Principales formes du relief vosgien. -- Le relief des Vosges doil surtout sa variété aux différences de composition du sol des parties méridionales et septentrionales du système. Les Vosges méridionales, au sud de la vallée de la Bruche, sont surtout composées de granits, de gneiss et de plusieurs espèces de schistes; au nord de la Bruche, les Vosges sont surtout formées d'un grès rouge dont la coloration est bien connue et très belle. C'est ce grès rouge qui a servi à bâtir la magnifique cathédrale de Strasbourg.

l'n trait essentiel de l'architecture des Vosges, c'est l'abaissement des altitudes que l'on constate du sud au nord. C'est dans les Vosges méridionales que sont les grands sommets et les crêtes les plus élevées. Ces sommets vosgiens portent souvent le nom de ballons, ce qui est un terme du langage local qu'il ne faut pas confondre avec le mol français qui indiquerait pour les sommets vosgien s des surfaces arrondies. Il y a. en effet, des sommets de formes très variées dans les Vosges, ici des plateaux, là des coupoles, ailleurs des falaises. C'est cette variété même qui

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rend les N'usées si pittoresques. Enfin les cols dinereiil aussi de forme : lundis que le col de Saverne est une entaille profonde de la montagne, presque une séparation, le col do la Schlucht entre Gérardmer el La vallée de Munster, n'est guère moins élevé, à 1 148 mètres, que les sommets voisins.

Description des Vosges. — On appelle souvent haute* Vosges la partie méridionale du système vosgien qui com-

Fig. 9. — Li's Vosges.

mence au col de Valdieu. Entre ce col et celui de Sainte- Marie-aux-Mines 760 m. , les lignes de frêles s'abaissent parement au-dessous de 1000 mètres. D'ailleurs les parties surélevées les plus remarquables smii en dehors dejla

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chaîne principale : ainsi le ballon de Guebwiller 1 420 in. . < 1 1 1 i est le poinl culminant de toutes les Vosges, se dresse sur le bord même de la plaint' alsacienne. Le ballon d'Alsace 1250 m. . au nord-ouesl de Belfort, esl enchâssé dans la masse principale des montagnes. On doit citer aussi, parmi les plus beaux sommets <\c> hautes Vosges, le Hohneck, auquel on accède par la belle route de la Schlucht.

Les rois sont élevés, généralement compris entre 700 el 1 200 mètres dans les hautes Vosges du sud. Ainsi le col de la Schlucht, où passe la route de Gérardmerà Golmar, par la vallée de Munster, esl à 1 148 mètres de hauteur. Les cols du Bonhomme, entre Saint-Dié el Colmar 950 m. • •I de Sainte-Marie-aux-Mines 780 m. . entre Saint-Dié el Schlestadt, son! d'un accès beaucoup plus facile

A partir du col de Sainte-Marie-aux-Mines, il y a décroissance beaucoup plus rapide de l'altitude, jusqu'à la profonde dépression du col de Saverne 380 m. . Les crêtes dépassent rarement 800 mètres. Les hautes régions se développent en formes molles de plateaux. Tel est le somme! du Donon dont la partie haute esl un petit plateau d'environ iOO mètres sur 100.

Dans cette région de la chaîne, le passage qui se l'ait par le col de Saverne est extrêmement facile : dans cette entaille gigantesque que l'on a peut-être tort d'appeler un col, passent la grande route, le canal de la Marne au Rhin et le chemin de fer de Paris à Strasbourg-.

Au nord du col de Saverne s'étendent les basses Vosges qui ne sont que de petits plateaux forestiers d'une médiocre altitude 100 m. environ . Les Vosges se terminent par les landes du Hardi dont le principal sommet dépasse un peu 500 mètres.

Au sud des Vosges la chaîne des Huilons se détache des Vosges granitiques à la hauteur du ballon d'Alsace. C'est cette chaîne de ballons que l'on appelle quelquefois à torl monts Faucilles : c'est bien une partie des Vosges, à meilleur titre que le Hardi au nord.

Le Plateau Ardennais. — Au nord du plateau lorrain qui s'appuie aux Vosges, se développe un pays de plateaux marécageux que l'on appelle VArdenne. La France n'en a qu'une partie : le reste est en territoire belge ou allemand.

L'étude de la composition el de la disposition du sol de l'Ardenne a prouvé aux géologues que sur ['emplacement île ce plateau aujourd'hui bas et à peine accidenté, s'étaient élevées autrefois de limites montagnes. Aujourd'hui l'Ardenne, à peine ridéeà sa surface par de faibles collines, n'a sur la frontière franco-belge qu'un sommet de 604 mètres, la Croix Scaille.

Plateau de Lorraine et côtes de Meuse. — Le plateau de Lorraine est adossé aux Vosges : comme elles, il est plus élevé dans sa partie méridionale que dans sa partie septentrionale. C'est un pays beaucoup moins montagneux que l'Ardenne, plus accidenté de collines. Ainsi, sur la rive droite de la Moselle, se dressent de beaux coteaux : de même les côtes de la Meuse, qui enferment la vallée du fleuve de ce nom, donnent l'impression de belles collines boisées. Les côtes de Meuse jouent un grand rôle dans l'organisation défensive du territoire français à l'est.

L'Argonne ou Forêt d'Argonne. — L'Argonne, qui a joué un si grand rôle dans l'histoire de nos guerres de la Révolution, au moment de la bataille de Valmy, n'est pourtant qu'un pays médiocrement accidenté, qu'une série de plateaux et de collines généralement formés de grès. < m l'appela et on l'appelle encore Forêt d'Argonne à cause de l'étendue des huis qui couvrent ses médiocres hauteurs. Les crêtes les plus hautes mesurent de 300 à •!:!<• mètres. Mais les passages sont rares dans ce pays boisé. C'est pourquoi les délilés des Fslettes, de la Chalade, de Grandpré, de la Croix-àux-Bois et du Chêne populeux furent si faciles à défendre et gênèrent si fort par leur défense la marche de l'ennemi.

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