I. — Saint-Pierre et Miquelon
Le groupe «les petites iles de Saint-Pierre, Miquelon et
Langlade est le reste de notre puissance du XVIIe siècle au
Canada et dans 1rs parages voisins de Terre-Neuve. Ces pays valent peu par eux-mêmes, mais beaucoup par les facilités « | uïls nous donnent de prendre notre part de la pèche sur les bancs de Terre-Neuve et sur les rivages de celte grande lie. En effet, ces pays où L'hiver est prodigieusement froid de ^" à — 10" entre décembre et avril . n'ont que quelques pauvres cultures et un peu d'élevage. Ce qui explique la prospérité du gros bouçg de Suint- Pierre, capitale de ces établissements (6 000 hab. . ce sont les richesses en poissons des parages voisins, banc ou littoral de Terre-Neuve, notamment l'abondance de la morue.
On sait que le traité d'Utrecht en 1713 nous laissait non pas le droit, niais le monopole «le la pèche, le long «lu rivage de Terre-Neuve appelé pour celle raison French Shorc c'est-à-dire littoral français. Mais peu à peu l'âpreté des (nions anglais de Terre-Neuve et peut-être aussi notre excessive facilité à la tolérer, énervèrent ces ilroits. La convention franco-anglaise, soumise actuellement à l'approbation des parlements des deux pays, met fin à notre privilège et risque même de mettre fin à notre exercice de la pêche, si les termes dangereusement obscurs n'en sont pas modifiés.
Ce que nous perdrions là est de grande importance. Chaque année, 8000 matelots font la pêche dans ces parages. Cette industrie détermine d'abord dans nos établissements de Terre-Neuve une importation de 10 millions de francs dont 7 à 8 de France, et une exportation d'une douzaine de millions, dont les 'i 5 s'en vont sous pavillon français. 11 est bon d'ajouter que la pratique de la pèche à Terre-Neuve donne du travail non seulement à de nombreux matelots de nos pauvres et intéressantes populations de Bretagne, mais encore aux industries de la construction navale en bois, de la toilerie, du cordage, des filets et appareils de pêche, de la salaison et de la conserve. Le recrutement des équipages de nos navires de guerre est également intéressé au maintien île cette tradition de rudesse et de vaillance.