‹ La France et ses coloniesChapitre 102 sur 179 · I. — DÉFENSE CONTINENTALE · texte numérisé non relu

I. — DÉFENSE CONTINENTALE

Frontière des Pyrénées. — Les Pyrénées, grâce à leur structure de muraille, forment une excellente frontière naturelle, bien que la ligne de limite entre la France et l'Espagne jne suive pas exactement les crêtes. Mais, sur un développement total de f>70 kilomètres, plus de 400 dans la région du centre forment une zone où ne sauraient passer des troupes nombreuses avec leurs convois de vivres et de matériel. Les parties basses de l'est et de l'ouest offrent seules des passages que défendent des forteresses. Mais, dans ces régions mêmes, des armées de défense pourraient se cantonner dans de bonnes positions, puisque les cours d'eau fournissent des lignes perpendiculaires aux chemins d'invasion, et des bases 'd'opération excellentes. A l'est, Perpignan est, jusqu'à son démantèlement décidé, le centre de la résistance ; Villefranche et Mont-Louis l'aident à barrer la vallée de la Têt, Sur le Tech, Prats-de-Mnllo relie les défenses de Mont-Louis à celles de Forf-les-Bains et de Bellegarde qui commandent les passes de grande communication. Enfin Collioure et Port-Veudres sont à la fois des points d'appui pour les opérations continentales et maritimes. Une escadre pourrait, de ce côté, faire d'utiles diversions et, même, intervenir d'une manière décisive, en portant des troupes sur les derrières d'un ennemi trop aventureux.

A l'ouest, Bayonne est la grande place forte. Les ouvrages de Saint-Jean-Pied-de-Port ferment l'entrée par la Nive; et les batteries du Portalet barrent la haute vallée du gave d'Oloron.

Les forteresses de la région pyrénéenne n'ont pas été augmentées depuis longtemps. L'histoire montre d'ailleurs que, de ce côté, les avantages naturels de la défense sont trop considérables pour réclamer un grand renfort de travaux d'art. Voilà plus de deux siècles que la frontière entre la France et l'Espagne est restée identique (traité des Pyrénées, 1659).

Frontière des Alpes. — Les Alpes, au contraire, sont une barrière insuffisante, parce que les vallées du haut Var, du haut Verdon, de la Durance, de l'Arc, de l'Isère, assez larges et articulées, peuvent servir de chemins d'invasion.

Aussi les vallées ont-elles été bari'ées avec soin par des forts qui surveillent et dominent leurs étranglements, leurs passages

Page 1