CARTES, LIMITES, ÉTENDUE, POSITION DE LA FRANCE
Sommaire.
Les origines de la carte de France. «^ Les Gassini, La Condamine, Maupertuis, Delambre. Création d'un corps des ingénieurs géographes sous le premier empire.
Étendue de la France (.336 408 k. c). — Comparaison avec la superficie des autres États; la qualité des terres facteur important.
Limites, dimensions et forme de la France. — Unité et caractères distinclifs de notre pays : la Celtique, la Gaule, la Gaule gallo-romaine, la Gaule franque. Les limites naturelles.
Position de la France. — Position géographique et position astronomique. Zone des vents et pluies variables visitée par les vents marins venus de l'Atlantique, zone tempérée. Avantage d'un littoral «'avançant au loin dans l'Atlantique ; débouché maritime sur la Méditerranée.
Formes de la France. — Élégance et équilibre de ces formes.
Comment s'est faite la carte de France. — C'est une raison de lierlé pour un Français (jue de savoir comment a été dressée la première carte rigoureuse d'un Etat de grande étendue, qui est justement la carte de France. C'est aux travaux mathématiques des Picard , des Cassini, des La Condamine, des Maupertuis, des Delambre
et des Méchain qu'est due la découverte des procédés de cartographie scientifique qui furent ébauchés au xvn^ siècle, définitivement établis au xvin« quand les instruments mathématiques furent assez perfectionnés. En même temps, les mathématiciens découvraient des méthodes et procédaient aux mesures de géodésie universelle, sans lesquelles il ne peut pas y avoir d'encadrement de la carte de France : cette carte était dressée peu à peu, par efforts successifs.
La base de la carte de notre pays fut établie à la suite du « voyage lait par ordre du roy », voyage fait sous les auspices de l'iVcadémie des Sciences; la seconde opération d'ensemble qui donna un lien à tous les travaux topographiques est la mesure de l'arc du méridien compris entre Dunkerque et Barcelone, en 1792, par Delambre et Méchain.
Quant à l'exécution de la carte proprement dite, elle se fît à l'aide d'un nombre considérable de travaux qui furent l'ésumés dans la « carte géométrique de France », œuvre du fils et du petit-fils de Dominique Cassini, commencée en 1775 et terminée en 1783. C'est de cette carte que l'historien allemand de la géographie Peschel a dit : qu'elle fit époque dans l'histoire de la cartographie et servit de modèle à tous les autres pays. Enfin la « carte des chasses du royaume de France», qui représente rigoureusement et en détail les pays compris entre Mantes, Saint-Denis, Corbcil et Rambouillet, est une carte topographique qui fait le plus grand honneur à Guillaume de la Haye, graveur éniérite de toutes les œuvres de d'Anville. Cette œuvre, merveilleuse dans son exécution artistique comme dans sa rigueur statistique, fut commencée en 170 1- et terminée en 1807.
Tout récemment le général Berthaut, directeur du Service géographique de l'armée française, vient de révéler l'immense labeur cartographique des ingénieurs géographes militaires de l'ancienne France. Ce sont des titres d'honneur scientifique de notre pays qu'il faut l'etenir pour prouver que nous sommes le plus ancien peuple du monde qui ait fait de la géographie une science. Dès le règne de Henri IV, les ingénieurs Jean de Châtillon et Errard de Bar-lc-Duc relevaient des plans partiels et dessinaient des sites des régions de France où l'on risquait le plus d'avoir à porter la guerre. En 1626, Jean Fabre consti'uit une carte de la Valteline qu'il avait préparée en 1624 pendant la campagne de l'armée française dans ce pays. Dès 16'6o, Beaulieu portait le titre d'ingénieur et géographe ordinaire du roy. Mais c'est surtout à partir du moment où Colbert fait sentir son influence que les œuvres de cartographie s'appliquant à de grandes étendues du territoire français se multiplient. Ainsi l'ingénieur et le géographe ordinaire du roi, Sainte-Colombe, dresse en 1676 les cartes de