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ÉTENDUE DE LA FRANCE

l'Aunis, de la Sainlonge el du Poitou. Ou peut cller, parmi les plus beaux travaux de cartographie faits pendant le règne de Louis XIV, les œuvres des frères Masse représentant les côtes de rOcéan, puis celles de Lamarche, de Naudin et d'Allemand, auteur d'une carte des passages entre la Maurienne et la Tarentaise. Au xviii" siècle fut dessinée, entre 1718 et 1730, la carte des Pyrénées de La Bloltière et Roussel. Le même La Bloltière est l'auteur d'une belle carte de la Savoie et du Piémont. Tout aussi remarquables sont les travaux du lieutenant général de Bourcet, dont la carte de la frontière des Alpes, de 1743, est une des plus belles des anciens modèles. Après la paix d'Aix-la-Chapelle, Berlhier, chef des ingénieurs géographes, reçoit la direction du dépôt des cartes et plans et donne une impulsion nouvelle aux travaux de géodésie. Il faut citer après lui Villaret, de Vault, puis le général Mathieu Dumas, chargé en 1790 de la môme direction. Le Comité de Salut public n'hésita pas à créer une « agence des cartes » pour fournir les documents nécessaires à nos olliciers; et c'est la Convention qui, en 1793, rétablit les fonctions d'ingénieur géographe au Service de l'armée.

Il y eut sous le premier Empire un corps impérial des ingénieurs géographes et une école des ingénieurs géographes créée en 1809.

Étendue de la France. — La superficie du territoire français s'élève, si l'on y comprend la Corse et les îles littorales, à 536408 kilomètres carrés. On a coutume d'observer que c'est la '250" partie des terres émergées et la 19*" de l'Europe. Mais, quand on veut comparer la superficie des pays Irançais à celle de toutes les terres du globe, il semble plus logique d'y comprendre ses colonies, ce qui lui est une supériorité notable en face d'autres nations d'Europe. D'autre part, si la Corse est annexée à la superficie du territoire français, on ne voit pas pourquoi l'Algérie-Tunisie n'y figurerait pas de même; et, à vrai dire, non seulement en temps normal de paix, mais même en Icinpg de guerre, r.\lgérie-Tunisie est plus commodément en relations avec la France à travers la mer qu'elle ne l'est avec le Soudan à travers le désert.

La comparaison de la superficie de notre pays avec celle des autres États d'Europe ne doit pas consister non plus dans une sèche appréciation des chiffres. La Russie (o 500 000 kilomètres carrés) est dix fois plus étendue que la France et même vingt-cinq ou trente fois, si l'on y comprend son empire asiatique. Mais combien de steppes, de savanes et de déserts sur cette étendue l

En terres cultivées, la Russie d'Europe vaut tout au plus trois ou quatre Frances, et comme la France a nombre de ses terres où rherbe reste vivante pendant l'hiver, où l'on récolte dès le printemps et jusqu'à l'automne, tandis que le sol russe devient inaccessible à la main du cultivateur pendant de longs mois de l'année, la comparaison de surface doit être corrigée par une comparaison de temps. La Suède et la Norvège, d'ailleurs politiquement séparées, ont un territoire plus étendu d'un tiers que celui de la F'rance. Mais que de montagnes glacées ou désertes dans cette immense surface de "76000 kilomètres carrés! Avec l'Autriche-flongrie et l'Allemagne, la comparaison devient plus juste ; encore l'Autriche a-t-elle plus de montagnes incultes, plus de steppes que nous, de même que l'Allemagne. Il est vrai que l'Allemagne a de certains petits territoires, ses champs de houille, qui comptent dans sa superficie comme la piei*re précieuse compte dans une parure. Quant à la Grande-Bretagne, elle vaut tellement par ce qui lui est extérieur, elle vit tellement en dehors de ses frontières, que c'est assurément l'État de l'Europe pour lequel l'évaluation de la superficie métropolitaine est la plus insignifiante.

Limites, dimensions et forme de la France. — L'étendue de territoire qui porte aujourd'liui le nom de France, et s'appelle ainsi en souvenir de la peuplade des Francs, auteur d'une reconquête et d'un retour à l'unité après la période gallo-romaine, a de tous temps frappé les observateurs étrangers par son unité et ses caractères distinctifs. C'était la Celtique au temps oi^i les navigateurs phéniciens et grecs sillonnaient son territoire pour aller chercher dans les pays du Nord soit l'étain, soit les bois, soit les grains nécessaires aux peuples des régions plus pauvres mais plus civilisées des bords de la Méditerranée. De bonne heure on opposait nettement la Celtique à l'Ibérie et et à la Germanie; de bonne heure aussi on la distingua du pays des Bretons peuplant les îles situées au nord de la Celtique.

Les Gaulois étaient connus aussi, comme un groupe ethnographique très cohérent, à l'époque où ils firent de grandes invasions jusqu'au temple de Delphes et jusqu'au Capitole de Rome.

C'est seulement à l'époque de la conquête romaine de Jules César que les Italiotes et autres riverains de la Méditerranée perçurent, pour en profiter, la division du grand peuple gaulois en un nombre considérable de tribus. Il

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